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Ix-x~O)I< n~ In[1+ (n-1~(B+1)J
et par (30) (E. K a m k e, Ditferentialgleichungen reeler Funktionen, Leipzig, 1952]. " Traitons maintenant le cas où !1 = 0 sur la variété (t9). On admettra que l'un des mineurs du déterminant !1 correspondant aux élements de la première ligne est non nul. L'égalité !1 = 0 exprime que les éléments de la première ligne sont une combinaison linéaire des éléments correspondants des autres lignes, c'est-à-dire que n-l
ak=
"
Li . 1
Îvj
ÔXh 7ft,
(31)
J
3=
où Îvj sont des fonctions bien définies des paramètres (t l , tion c se représente aussi par la formule
••
0'
tn-v. Si la fonc-
n=l
" c= Li
. 1 3=
ôu
ÎvjF )
(32)
'Sur la variété (19), alors la variété (19) s'appelle variété caracUristique de l'équation (16). On peut montrer que toute variété caractéristique (t9) de l'équation ·(16) peut être formée par les caractéristiques de cette équation et que si !1 = 0 sur la variété (t9) et si une surface intégrale u = u (Xl' XI' • • • , xn) passe par ~ette variété, alors cette dernière est caractéristique. " Par une variété caractéristique il peut passer une infinité de surfaces intégrales.
1-1-4. EXEMPLES
23
Exactement 'comme dans le cas de deux variables, on peut ramener l'équation quasi linéaire (16) à-une équation linéaire sans second membre en cherchant la solution de (16) sous la forme implicite: ' q> (Xl' •• " Xn ' u) = C,
où C est une constante arbitraire. On obtient pour la fonction q> l'équation al
Le système correspondant d'équations différentielles ordinaires est dXl
dXn
- al = Si q>l (Xl' ••• , Xn , u)
du
=an -=. C
=
(33)
Cl; ••• ;
=
(34)
Cn
sont des intégrales indépendantes de ce système, alors l'équation F (
nous donne la solution de l'équation (16) sous forme implicite. Au second membre on a écrit 0 et non pas une constante arbitraire, car F est une fonction quelconque. Pour construire une surface intégrale passant par la variété (19), on porte les expressions (19) dans les premiers membres des intégrales (34). En éliminant les paramètres t l , • • • , t n - l entre les n équations ainsi obtenues, on trouvera une relation entre les constantes arbitraires: F (Cl' •••, Cn ) = O.
Le premier membre de cette relation définit la forme de la fonction F. En remplaçant dans le premier membre de la dernière équation les Ch par les fonctions CJ'h (Xl' ••• , x n ' u), on obtient l'équation de la surface intégrale cherchée. 1-1-4. Exemples. 1. Considérons l'équation 3 (u - y)2 P - q = O.
(35)
Le système (4) s'écrit dx dy -=3(U-y)2. - = -1' ds 'ds'
du -=0
ds
(36)
'
et sa solution exprimée en fonction des valeurs initiales des variables (x, y, u) sera x
= (u o -
Yo
+ s)3 + Xo -
(uo -
YO)3;
y
=
-8
+ Yo;
u
=
UO'
(37)
Supposons que les équations (7) de la ligne l par laquelle doit passer la surface . intégrale cherchée sont de la forme x
En faisant Xe le déterminant
=
0; Ye
=
0;
= Ue = x = il; A
=
y
= t;
u
= t.
t
dans (37), on obtient
y
=
-8
XsYt -
+ t;
XtYs
=
u
(38)
= t;
382
s'annule pour s = 0, c'est-à-dire le long de l. La ligne (38) n'est pas une caractéristique de l'équation (35), car, en vertu de la dernière équation (36), u doit être constant le long d'une caractéristique. Il existe néanmoins une surface
24
TH~ORIE
CH. 1.
DES
~QUATIONS' AUX D~RIV~ES
PARTIELLES
intégrale de l'équation (35) qui passe par la ligne (38), plus exactement
-=}l''Z+II. 1
Ici p = U x ="3 z
-~ 3
.
et cette dérivée partielle devient infinie sur la ligne (38).
2. Considérons l'équation Pl
+ P2 + Ps =
u,
u étant une fonction de trois variables. En composant le système (17) et en l'intégrant, on obtient la solution suivante en fonction des valeurs initiales z~' et Uo des variables: Xk = S zî; u = uoe' (k = 1, 2, 3). (39)
+
Supposons qu'on demande de Xl
=
tl
+ t2;
X2
tr~uver
=
tl -
une surface intégrale contenant la variété t2;
Xs
=
1;
u
=
t l t 2•
En substituant ces expressions aux valeurs initiales dans l'équation (39), on trouve Xl . S fI t 2 ; x2 = s t l - t 2 ; Xs = s 1; u = tltlle'. (40)
+ +
+
+
Les trois premières équations admettent une solution par rapport à s, t l et t 2 (cas !1 =1= 0) :
en portant ces expressions dans la dernière équation (40), on obtient la surface . intég.rale cherchée:' . 1 -1 u = T (Xl +X 2 - 2x s+2) (ZI-x 2 ) r' . 3. Cherchons la solution de l'équation Ux
-
Uy
= 1 (x + y)
qui est continue avec ses dérivées partielles premières et qui vérifie la condition u = 0 pour X = O. Le changement de variables X
= Xl;
X
+y=
nous donne aussitôt la réponse: u (x, y)
=
xl (x
YI
+ y).
Cette formule nous donne effectivement la solution si- la fonction 1
d:: =Ih
(x, YI' •.. , Yn, Â)
(k=l, 2, •.• , n)
(41)
1-1-5.
TImO~E
AUXILIAIRB
25-
dépendent d'un 'paramètre Â. Supp.osons d'autre part que ces seconds membressont des fonctions continues possédant des dérivées continues par rapport.à tous les Yk dans le domaine 1 z - a 1 ~ A ; 1 Yk - bk 1 ~ B (k = f, 2, • n), (42} où a et bk sont des nombres donnés, et  E [a, ~]o Soit M = max{1 !k (z, y, ••• , Yn' Â) I} (k
=
f,
0
0
0'
0
0'
n)
pour les valeurs indiquées des variables. Sous ces conditions, le système (41) possède une solution unique vérifiant les conditions initiales: Yk Ix=a = bA (k = f, •• 0' n}. (43} Cette solution existe dans l'intervalle 1 z - a 1 ~ h, où h = min {A, B/Ml et on peut la trouver dans cet intervalle par la méthode des approximations successives (tome II, [11-3-2]). Les approximations successives calculées avec les formules indiquées au (tome II, [11-3-2]) seront des fonctions continues de z et  et en vertu de la convergence uniforme des approximations successives en z et  (tome II, (II-3-2]), on peut affirmer que les fonctions qui nous donnent la, solution du système (41) vérifiant les conditions initiales (43) seront des fonctions continues de z et Â. On aurait pu admettre de toute évidence que les seconds· membres des équations (41) renferment plusieurs paramètres au lieu d'un. On a donc démontré le Lem m e. Si les seconds membres des équations (41) dépendent des paramètreS'
"'l' ...,
Âs et remplissent les conditions indiquées ci-dessus, alors la solution du système vérifiant les conditions initiales (43), où a et bk sont des nombres donnés,. est formée de fonctions continues dépendant de z et de Âi : Yk = "Pk (z, Â1 , ••• , Â s ).
Rem a r que. Soient Zo et yg des valeurs comprises dans le domaine (42). Les solutions vérifiant les conditions initiales Yk (zo) = yg seront fonctions deces conditions initiales: Yk = "Pk (z, zo, y~, ••• , yf&),
(44r
de plus elles sont définies dans un voisinage de z = 3:0. Si l'on introduit la variable indépendante S = z - Zo et les fonctions fJk = Yk - Yi, le système· devient
~~k =fk (ç+zo, rh+Y~,
fJ2+yg, ... ,
fJn+y~L
Â),
c'est-à-dire que les conditions initiales figureront comme paramètres dans lesseconds membres et seuls des nombres bien définis figureront dans les conditionsinitiales fJk (0) = O. Le lemme ci-dessus nous permet d'affirmer que les fonctions (44) sont des fonctions continues en chacun de leurs arguments. . Passons maintenant à la démonstration du théorème énoncé dans [I-f-2] .. Pour simplifier, on commencera par traiter le cas d'une seule équation dy dx =
f (x, y).
(45)
Supposons que le second membre est continu et possède une dérivée continue pal'" rapport à Y dans le domaine 1z -
a 1 ~ A;
1Y -
b 1 ~ B.
(46),
Considérons la solution de l'équation (45) qui vérifie la condition initiale= YQ' où Xo et Yo. sont situés à l'intérieur du domaine (46). Cette solution dépendra de Zo et Yo: Y = cp (x, zo, Yo}, (47}) Y (xo)
26
CH. I. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
et sera définie pour les x assez proches de xo. Modifions un peu la condition initiale et considérons la nouvelle solution: y+ = q> (x, Xo, Yo
+
~Yo)'
(48)
Si ~Yo est assez pètit en valeur absolue, alors les solutions (47) et (48) existent .dans un certain voisinage de x = Xo' De l'équation (45), il s'ensuit que
d(~:-Y)=f(X,
y+)-f(x, y),
.et cette équation peut être mise sous la forme (49)
-où a (x
~y)= f (x, y+)- f (x, y)
\,
y+- Y
0
(50)
•
()n admet que cette relation est une fonction connue de x et ~Yo' puisque les solutions (47) et (48) le sont aussi. Il est immédiat de voir que la fonction a(x, ~Yo) est une fonction continue en ses arguments. Ceci est évident pour les valeurs de x et de ~Yo pour lesquelles y+ - Y =1= O. Si les fonctions y+ et y tendent vers la même limite y' lorsque x --+ x' et ~Yo --+ a', alors de la condition d'existence de la dérivée continue il résulte que f(x, y+2- / (x, y) =fy[x, y+8(Y+-Y)]-+l y (x, y'), y -y
.autrement dit, la fonction (50) est continue dans ce cas. En divisant les deux membres de (49) par ~Yo, on obtient une équation différentielle pour le rapport (y+ -
y)/ ~Yo :
d (Y+-Y) dx ~Yo
Pour x
=
.1:0'
on a y+ Ix=x
= •
=
Yo
a (x, ~yo)·
+ ~Yo
~Yo
•
(51)
et y Ix=x = Yo, c'est-à-dire que
y+-y 1 =1. ~Yo x=x o
Donc, (y+ -
y+-y
•
(52)
y)/ ~Yoest la solution de l'équation différentielle du dx =a (x, ~Yo) u,
(53)
-qui vérifie la condition initiale u 1X=Xo = 1.
(54)
Comme le second membre de l'équation (53) est une fonction continue du paramètre ~Yo pour tous les ~Yo assez proches de 0, la solution u vérifiant la -condition (54) est aussi une fonction continue de ~Yo et en particulier existe la limite du rapport mentionné lorsque ~Yo --+ 0, ce qui exprime que la fonction (47) possède une dérivée partielle q>yO (x, xo, Yo) par rapport à Yo' Cette dérivée partielle doit être solution de l'équation (53) pour ~Yo = O. Or, en vertu de (50), -on a a (x, 0) = 111 [x, q> (x, xo, Yo)]' donc, on peut affirmer que la dérivee
AUXILIAIRE
27
partielle
(55)
1-1-5.
THt:.OR~l\IE
qui vérifie la condition (54). Le second membre de l'équation (55) étant une fonction continue en ses arguments Xo et Yo. on peut grâce au lemme affirmer que la dérivée partielle
1 (xo.
u 1X=Xo = -
Yo)'
On obtient immédiatement cette condition initiale en mettant l'équation (45) avec la condition initiale y (xo) = Yo sous forme de l'équation intégrale (tome II. [11-3-2]): x
f (x.
Y=Yo+ )
y) dx.
Xo
Une dérivation des deux membres par rapport à initiale ci-dessus pour u =
Xo
nous donne la condition
Rem a r que 2. La démonstration précédente est valable pour le système d'équations (5), Soit la solution de ce système: Yk =
En donnant à
yY. ' ..•
lIî un accroissement
Y7&)
(k = 1, 2•. , " n).
(56)
L\Yt on obtient la nouvelle solution
Y"k =
Ecrivons le système (5) pour Yh et Yt, retranchons terme à terme et mettons les seconds membres obtenus sous la forme
Ih
(x. Yt. ' , " y~) -
th
yr,
(x. YI' • , .• Yn) =
y1iJ - h (x. YI' Yt. yi•.. '. Yit)) + + [h (x. YI' y;t. y~, •• " Y1i) - Ih (x, YI' Y2. Yâ • • , " y~)) + ' ,, ,,,+ [fk (x. YI' Y2. ' , " Yn-l' y~) - Ih (x, YI' Y2' • , '. !Jn-l' Yn)]. = (th (x. Yt.
Yà, ' , .,
On obtient pour les rapports Uk = (Yt. - Yk)/ L\y~ le système d'équations linéaires suivant:
où hdx, Yn ••. , Yi-17 yi.
"0'
y1i)-/k(X. YI' ... , Yi-l. lib Yj+l' ...• y;t)
Gltj= ---------'---~-__:;:-----------.:.....:....:----
Yi-Yi
avec les conditions initiales uklx=x o =0
(k =f=. i);
utlx=x. .=1.
. . •
(57)
28
CH. I.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
La suite de la démonstration est la même que pour une seule équation. et l'on s'assure que les fonctions (56) possèdent des dérivées partielles continues. par rapport à yf. Au lieu de l'équati0I.l (55), on obtient pour ces dérivées partielles le système d'équations n
dUh . ' ~l afh (X,'Yl' ... , Yn) u.
dx.LJ
aYi
(58)
1
1=1
dans les coefficients duquel il faut remplacer Yh par les fonctions (56). Les conditions initiales seront encore définies par les formules (57). A noter qu'on aurait pu obtenir directement le système (58) en portant les fonctions (56) dans les équations (5) et en dérivant les deux membres par rapport à yf. Mais on ne peut sans démonstration préalable affirmer l'existence de la dérivée partielle par rapport à y<~) de même qu'on ne peut en toute rigueur changer l'ordre de dérivation par rapport à x et à y<~) dans le second membre. A noter encore que dans le cas d'une seme équation, l'équation linéaire sans second membre (55) s'intègre en termes finis. . ' Rem a r que 3. Si les seconds membres th des équations (5) possè den sous les conditions (6) des dérivées partielles par rapport à Ys jusqu'à un ordre m continues, alors il en est de même des fonctions CJ'h (x, Xo, y<ï>, ••• , y
1-1-6. Equations non linéaires du premier ordre. Nous passons à l'étude des équations aux dérivées partielles du premier ordre dans le cas général. Comme pour les équations linéaires envisagées précédemment, nous commencerons par le cas de deux variables indépendantes. Une équation aux dérivées partielles du premier ordre pour une fonction de deux variables indépendantes est de la forme F (x, y, u, p, q) = O. (59) Voyons quelle est la signification géométrique de cette équation. En tout point (x, y, u), l'équation (59) est une relation entre p et q, c'est-à-dire une relation entre les cosinus directeurs de la normale à une surface u = u (x, y). Les normales vérifiant cette relation forment une,surface conique de sommet (x, y, u). Les plans passant par le point (x, y, u) perpendiculairement aux génératrices de ce cône figurent toutes les positions possibles du plan tangent en (x, y, u) aux surfaces intégrales cherchées. Tout comme la famille des normales génératrices du cône, cette famille de plans dépendra d'un seul paramètre. L'enveloppe de cette famille de plans est un cône que l'on appellera cône T. L'équation (59) équivaut donc à la donnée d'un cône T en chaque point de l'espace, quant à la surface intégrale de l'équation (59), elle doit être telle que le plan tangent en-l'un quelconque de ses points soit tangent au cône T correspondant à ce point. Composons les équations des génératrices du cône T en un point donné (x, y, u). Soient p et q des fonctions d'un paramètre a véri-
'1-1':6: ":mQUATIONS NON LIN:eAIRES DU PREMIER ORDRE
29
fiant l'équatio-n (59) au point (x, y, u). Le cône est l'enveloppe de la famille de plans: p (a) (X - x) + q (a) (Y - y) - (U - u) = O. (60) En dérivant par rapport à a, on obtient l'équation auxiliaire
~~ (X -
x)
+ :: (Y -
y)
= O.
(61)
En dérivant l'équation (59) par rapport à a, on trouve p dp +Q~=O da
da
'
(62)
où P
=
Fp
;
Q = F q.
(63)
Dans la suite, on admettra que F p et F q ne sont pas simultanément nulles dans le domaine de variation des variables, c'est-à-dire que ~ + F~ > O. Une exception toutefois, le cas des solutions singulières de l'équation (59). Si l'on admet que ~~ et ~ ne sont pas simultanément nulles, alors des équations (61) et (62) on déduit que X-x p
-
Y-y
Q .
Enfin, l'équation (60) nous donne l'équation des génératrices du cône: X-x P
Y-y U-u Q - pP+qQ·
(64)
Pour obtenir les génératrices du cône T, il faut porter dans les dénominateurs les diverses valeurs de p et q vérifiant (59) en (Xi y, u). Dans le cas de l'équation linéaire (2), nous avions une direction bien définie en chaque point et le plan tangent aux surfaces intégrales devait contenir cette direction. Ici, nous avons en chaque point non pas une direction, mais un côneT et le plan tangent aux surfaces intégrales cherchées doit être tangent à ce cône. Nous ne pouvons donc pas construire directement les courbes caractéristiques pour l'équation non linéaire (59) comme nous l'avons fait pour l'équation linéaire (2) à l'aide du champ de directions. Le champ de directions est remplacé ici par un champ de cônes T. Cependant, nous allons montrer que si l'on connaît une surface intégrale S: u = u (x, y) de l'équation (59), on peut la recouvrir de lignes analogues, aux lignes caractéristiques de l'équation linéaire (2). En effet, tout· plan tangent à la surface intégrale S doit être tangent au cône T correspondant ,au point de contact et par conséquent doit contenir ulie génératl"ice du ,-cône, plus exactement celle
30
CH. 1. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
le long de laquelle il est tangent au cône. Ces génératrices des cônes T forment un champ de directions sur la surface intégrale S. En intégrant l'équation différentielle du premier ordre correspondant à ce champ, on recouvre S par une famille de lignes l' dépendant d'un paramètre. Les cosinus directeurs du champ de directions mentionné doivent être proportionnels aux dénominateurs de l'équation (64), où p et q se déterminent directement à partir de l'équation de la surface intégrale S. Donc, le long des lignes l' recouvrant la surface intégrale S, on doit avoir dx
dy
dy 'ds
=
du
P-O= pP+qQ'
(65)
ou dx ds
=p.
Q
du
; a:; = pP+qQ.
(66)
Pour trouver les lignes l' il suffit d'intégrer l'équation du premier ordre dx
dy
p=7[;
(67)
les dénominateurs P et Q ne dépendent que des variables x et y, car la fonction u et ses dérivées partielles p et q sont des fonctions connues de x et y sur S. En intégrant l'équation (67) et en se servant de l'équation de la surface u = u (x, y), on obtient les lignes l' cherchées. Les seconds membres des équations (66) n'ont un sens que si la surface intégrale u = u (x, y) est dûment choisie. La connaissance de la surface intégrale nous donne p et q en fonction de x et y. Nous allons adjoindre au système d'équations (66) deux équations contenant tes différentielles dp et dq de façon à obtenir un système d'équations différentielles ne dépendant pas du choix de la surface intégrale de l'équation (59). Désignons par r, cr et t les dérivées secondes de la fonction u: r = U xx ; cr = U Xll ; t = u YlI ' et par X, Yet U, les dérivées du premier membre de l'équation (59) par rapport à x, y et u: X=F x
Y=F y
;
;
U=F u '
En dérivant le premier membre de l'équation (55) par rapport à x et à y, on obtient X + Up + Pr + Qcr = 0; y + Uq + Pcr + Qt = O. D'autre part, on a de toute évidence dp dx dy Q ds = r ds + cr ds = Pr cr,
+
dq = ds
cr
dx ds
+t
dy ds
= Pcr+Qt.
1-1-6. :eQUATIONS NON L1N:eA1RES DU PREMIER ORDRE
31
De ces équations il s'ensuit immédiatement que
~~ = -(X +Up);
~;
=
-(y +Uq),
donc, on peut ajouter les deux dernières équations aux équations (66) et obtenir ainsi un système de cinq équations différentielles à cinq fonctions du paramètre auxiliaire s: dx _
(lS-
dy _ Q . du _ p + Q' ,a;s'(I;"-P q,
p .
:=-(X+Up);
~;=-(Y+Uq).
(68)
On peut donc affirmer que les équations (68) sont réalisées sur toute surface intégrale le long de toute ligne l'. Le système d'équations différentielles (68) peut être considéré en soi, indépendamment des surfaces intégrales de l'équation (59). On l'appelle système caractéristique de l'équation (59). Signalons que pour déduire les équations (68) on s'est servi des dérivées secondes de la fonction u. De plus il est essentiel que lors de l'intégration de (68) les seconds membres possèdent des dérivées premières continues. Formulons le résultat obtenu en tenant compte de tout ce qui vient d'être dit. Soit u (x, y) une solution de l'équation (59) possédant des dérivées premières et secondes continues dans un voisinage d'un point (x o' Yo)' Posons U o = u (xo, Yo),. Po = U x (x o' Yo), qo = u y (x o' Yo)· Nous admettons que la fonction F (x, y, u, P, q) est continue et possède des dérivées premières et secondes continues dans un voisinage de (x o, Yo, u o, Po, qo). Sous ces cOJlditions le système (68) possède une solution Xo (s), Yo (s), U o (s), Po (s), qo (s) vérifiant les conditions initiales (xo' Yo, u o, Po, qo) pour s = O~ Des raisonnements précédents, il s'ensuit que la surface intégrale U = u (x, y) contient la solution du système (68) pour tous les s assez proches de 0, autrement dit U o (s) = U [x o (s), Yo (s)]; Po (s) = U x [xo (s), Yo (s)] ; qo (s) = u y [x o (s), Yo (s)J~ Comme déjà indiqué plus haut, le système (68) peut être considéré en soi, indépendamment de l'équation (59), comme un système du premier ordre pour des fonctions de (x, y, u, p, q). Il est immédiat de vérifier qu'il admet pour solution F (x, y, Ut Pt q) = C. (69) En eff et, en dérivant le premier membre de (69) par rapport à s et de par les équations (68), on obtient dF ~==XP+ YQ+U
(pP+qQ)-P (X +Up)-Q (Y +Uq) ==0.
~2
CH. 1. THEORIE DES EQUATIONS AUX DERIVEES PARTIELLES
1-1-7. Variétés caractéristiques. Toute solution du système (68) est constituée de cinq fonctions du paramètre auxiliaire s: x (S), y (S), U (S), P (S), q (s). (70) •
Nous allons distinguer uniquement les solutions du système qui, portées dans l'intégrale (69), annulent la constante C. Appelons ces solutions bandes caractéristiques de l'équation (59), autrement dit, on appelle bande caractéristique de l'équation (59) un système de fonctions (70) vérifiant le système (68) et la relation F (x, y, u, p, q) = O. (71) Les trois premières fonctions (70) définissent une courbe gauche, Jes deux dernières, un plan tangent à cette courbe. Toute courbe gauche appartenant à une bande caractéristique s'appelle courbe .caractéristique de l'équation (59). Dans le paragraphe précédent, on a montré que toute surface intégrale peut être recouverte par des handes caractéristiques, donc par des courbes caractéristiques. Si l'on prend un point (x o' Yo, ua) sur une surface intégrale, alors en vertu du théorème d'existence et d' unicité, le système (68) définit une seule bande caractéristique vérifiant la condition initiale. x = = x o, y = Yo, u = ua' P = Po, q = qo (Po et qo sont les valeurs de p ~t de q au point (x o, Yo, ua»~ et cette bande doit entièrement appartenir à la surface intégrale considérée. En d'autres termes, si une bande caractéristique possède un élément en commun avec une surface intégrale, alors elle est entièrement contenue dans cette surface. De cette assertion il résulte aussitôt que si deux surfaces intégrales sont tangentes en un point, c'est-à-dire ont les éléments p et q en commun en ce point, alors la bande caractéristique correspondant à ces valeurs initiales appartient à ces deux surfaces intégrales. Autrement dit, si deux surfaces intégrales sont tangentes en un point (x o' Yo, uo), alors elles seront tangentes le long de la bande caractéristique qui vérifie les conditions initiales x = xo, y = Yo, u = ua' P = Po, q = qo. On admet bien sûr que les surfaces intégrales et la fonction F satisfont les conditions mentionnées dans le paragraphe précédent et que tous ces raisonnements sont valables au voisinage d'un point (xo' Yo). Signalons encore que pour qu'une solution du système (68) vérifie la relation (71), c'est-à-dire soit bande caractéristique, il suffit, en vertu de (69), de s'assurer que cette relation est vérifiée par les valeurs initiales de cette solution, Le. F (x o, Yo, ua' Po, qo) = O. (72) 1-1-8. Méthode de Cauchy. Nous avons étudié le lien existant entre le système (68) et l'équation (59). Nous avons vu en particulier que toute surface intégrale est une famille de bandes caractéristiques dépendant d'un paramètre. ,Supposons maintenant que nous avons réussi à intégrer le 'système (68),' donc que 'nous connaissons toutes
1-1-8.
M~THODE
DE CAUCHY
33
les bandes caractéristiques. Montrons comment il est possible de construire les surfaces intégrales de l'équation (59) à partir de ces caractéristiques. Nous admettons que la solution du système (68) est exprimée en fonction du paramètre s et des valeurs initial~s des fonctions du système: x=x(s, x o, Yo, u o, Po, qo), y = y (s, x o, Yo, u o, Po, qo),
u = u ( . . . . . . . • • . . .),
(73)
P = P ( . . • • • • • • • • • .),
q=q( • . . • • • • • • • • •).
Pour obtenir la famille des bandes caractéristiques, on admettra que les valeurs initiales (x o' Yo, uo, Po, qo) sont fonctions d'un paramètre t: Xo (t), Yo (t), u o (t), Po (t), qo (t), (74) et vérifient la relation (72). On admet de plus qu'elles possèdent des dérivées continues pour t E ]to, t I [ et que les seconds membres des équations (68) ont des dérivées continues par rapport à (x, y, u, p, q) dans un domaine contenant la variété (74) en son intérieur. On a vu au numéro précédent que la relation (71) sera satisfaite pour toute valeur de s. En portant les fonctions (74) dans les seconds membres des formules (73), on obtient x = x (s, t), y = y (s, t), u = u (s, t) (75) (76) P = P (s, t), q = q (s, t). Les équations (75) sont les équations paramétriques d'une surface. Si le déterminant (77) ~ = XsYt - XtY~ est différent de 0, ce que nous admettrons dans la suite, alors- de même que pour l'équation linéaire on peut déterminer l'équation explicite u = u (x, y) de cette surface. L'équation (71), ainsi qu'on l'a vu plus haut, sera vérifiée mais l'on ne sait pas si les fonctions p et q définies par les formules (75) seront ou non les dérivées partielles de la fonction u (x, y) par rapport à x et à y. Si ceci a lieu, une dérivation de la fonction u (x, y) par rapport à s et t nous donne au
âs -
ôx
ay
au
ax
lJy
Pas - q-as = 0, fit- P fit - q fit=O.
(78)
Comme le déterminant d'ordre deux formé avec les coefficients en p et q est par hypothèse différent de 0, on peut affirmer qu'inversement, si p et q définies par les formules (76) vérifient les relations (78), alors elles sont les dérivées partielles de u (x, y) par rapport à 3-01017
34
CH. 1. THeORIE DES 1:QUATIONS AUX D1:RIV1:ES PARTIELLES
x et à y. La première relation (78) découle immédiatement des trois premières équations du système (68). Il reste seulement à définir sous quelles conditions sera réalisée la deuxième relation (78). On. admet que F (x, y, u, p, q) possède des dérivées premières et secondes au voisinage de (x o' Yo, u o, Po, qo)' Cela étant, les seconds membres. des équations (68) possèdent des dérivées premières continues et ces équations nous disent d'autre part que x s , Ys et Us ont des dérivées. continues par rapport à t, c'est-à-dire que les dérivées Xst, Yst et Ust: existent et sont continues. Il ,eo est de même des dérivées Xts, Y ts et Uts et de plus Xst = Xts, Yst = Yts, Ust = Uts' En effet, ceci résulte' du fait que si une fonction f (x, y) possède dans un domaine une· dérivée f xy continue, alors la dérivée f yx existe aussi et f yx = f xy' Ce théorème peut être prouvé en modifiant légèrement les raisonnements du (tome l, lV-1-5l) (cf. par exemple G. F i k h t e n g olt z~ Cours de calcul différentiel et intégral, t. 1. Naouka, 1970 (en russe)). En désignant par L le premier membre de la deuxième équation. (78) et en dérivant par rapport à s, on obtient aL
a2 u
ôs =
(j'l.y
f)2 x
P ôt as - q ôt ôs
ôt ôs -
(Jx ôq ôy - ôp --ôs ôt - ôs dt •
,
Par ailleurs, en dérivant par rapport à t la première relation. (78), qui, on l'a vu, est réalisée, on obtient
0= ô2 u
_
P â2 x
âs ât
a2 y _ â p âx
âs at -
q as at
at
_.!..!L
as
ây as'
at
En retranchant terme à terme les daux dernières équations,. aL on peut mettre 7ii'" sous la forme aL _
ap
+ aq
ax
a;- - 7 f t 7h
7ft
ay
op
ax
aq
ay
as - as at - as 7ft '
ou, compte tenu du système (68), aL_
--a;-- p
ap Q aq 7 f t - at
ax
ay
+(X +Up) 7ft +(Y +Uq) at .
Une dérivation par rapport à t de la relation (71) qui est vérifiéepar les fonctions (75) et (76) nous donne
0= X ax at
+y
ay at
+U
au at
+p
ap at
+ Q aqat
.
En retranchant les deux dernières égalités, on obtient pour aL as
fJ L U --a;-=
(
ax
p 7ft
+ q 7ft oy au ) -7Ft
ou
aL as
= _ UL '
35
1-1-9. PROBLÈME DE CAUCHY
d'où ~
- S Uds L=Loe
0
où L o est la valeur du premier membre de ]a deuxième relation (78) pour s = 0 :
L
QUo
0=
(j"t"- Po
QXo
QYo
at"- qo fit·
On voit que la relation L = 0 sera réalisée pour tout s si elle l'est pour s = 0, c"est-à-dire qu'une condition nécessaire et suffisante pour que la deuxième relation (78) soit réalisée est que les fonctions (74) vérifient la relation duo
dxo
dt" = Po lIt
+ qo dt· dyo
(79)
On peut donc affirmer que si le déterminant .1 est non nul pour s = 0 et t = t ' (t ' E ]to' tIl), et si les fonctions (74) vérifient les relations F (x , Yo, ua, Po, qo ) = 0 , (duo dx'J dyo (80) [ t = Po Cit qo -;It, o
+
alors les équations (75) définissent pour les s et t proches de s = 0 et de t = t ' une surface intégrale u = u (x, y) de l'équation (59). Les deux premières équations (75) nous donnent des fonctions continûment dérivables s (x, y) et t (x, y). En les portant dans u (s, t), P (s, t). et q (s, t), on obtient des fonctions continûment dérivables de x et y que nous désignerons par u (x, y), p (x, y) et q (x, y) pour ne pas introduire de nouvelles notations. Or, p (x, y) = U x (x, y), q (x, y) = u y (x, y), donc u (x, y) possède des dérivées secondes continues. Pour la solution obtenue u o (t) = u [x o (t), Yo (t)l pour s = 0 et t proche de t ' , c'est-à-dire que la surface u = u (x, y) contient une portion de la ligne x = X o (t), y = Yo (t), u = U o (t). 1-1-9. Problème de Cauchy. Le problème de Cauchy pour l'équation (59) se formule dans les mêmes termes que pour l'équation linéaire: on demande de trouver une surface passant par une courbe donnée l. Traitons d'abord le cas particulier où la courbe donnée est située dans un plan x = X o parallèle au plan (y, u) et est définie dans ce plan par l'équation explicite u = '" (y), autrement dit, on demande de trouver la surface intégrale qui vérifie la condition suivante: (81) u Ix= xo = '" (y). En étudiant le problème de Cauchy on démontrera toujours non seulement l'existence et l'unicité de la solution, mais aussi la drpendance continue de cette solution par rapport aux conditions ini3*
36
CH. I. TH:eORIE DES:eQUATIONS AUX DBRIVBES PARTIELLES
tiales. Soit Ul une solution pour laquelle on remplace 'i' (y) par '\jJ (y) ô (y) dans la condition (Si). La dépendance continue par rapport aux conditions initiales revient ici à rendre dans un domaine fini de variation de (x, y) la quantité 1 U - Ul 1 aussi petite que l'on veut si 1 ô (y) 1 est assez petit. Cette dépendance continue s'appelle généralement validité du problème de Cauchy. On admettra que l'équation (59) est écrite sous la forme résolue par rapport à p : p = f (x, y, u, q). (S2)
+
De la condition de Cauchy (Si), il résulte immédiatement que pour paramètre on peut prendre la variable y. L'équation paramétrique de la courbe l sera alors: x = x o ; y = y; u = 'i' (y). Il nous reste encore à définir sur cette courbe les fonctions p et q comme des fonctions du paramètre y de telle sorte que soient réalisées les deux .conditions (SO). Ces conditions s'écrivent ici (83)
,d 'où l'on voit que Po et qo sont définies de façon unique sur l. On obtient la solution du problème en appliquant la méthode d~velop pée dans)e paragraphe précédent. Pour que les conditions mentionnées dans le numéro précédent soient remplies, il faut que la fonction 'i' (y) possède une dérivée seconde continue. Les conditions imposées à f résultent de celles imposées à F dans [I-1-S}. Considérons maintenant une condition initiale plus générale, plus exactement, exigeons que la surface intégrale passe par la courbe (84) x :...-
+
et exprimons les dérivées par rapport aux nouvelles variables en fonction des dérivées par rapport aux anciennes: ux,
. d , ou"
=
p;
u y'
=
p
+ q,
p = U x ' ; q = u y ' - ux,
F [x'
+
y', u,
U x',
u y' -
ux'
La ligne (S4) s'écrit dans les nouvelles variables: x' = 0; u = 'i' (y'),
(S5)
31
1-1-10. UNICITg DE LA SOLUTION
c'est-à-dire qu'on est conduit à un problème de Cauchy du type précédent. Sa résolubilité se ramène à celle de l'équation (85) par rapport à U x '. Si la courbe l est définie paramétriquement par x =
X o (t)
;
Y = Yo (t) ;
u =
Uo
(t),
on doit déterminer les fonctions Po (t) et qo (t) à partir des équations:
F [x o (tl' Yo (t), Uo (~), Po (t), qo ,(t)] = 0, { U o (t) - Po (t) X o (t) - qo (t) Yo (t) = O.
(86)
Le jacobien des premiers membres de' ces équations par rapport à Po et qo, soit ~o = Y~ (t) F po - x~ (t) F qo' (87) est confondu précisément avec le déterminant (77) pour s = 0, ce qui résulte immédiatement des deux premières équations du système (68). On admet que le déterminant (77) est non nul sur l et que le système (86) nous donne sur l des valeurs bien définies pour Po et qo. Sous ces conditions, on peut se servir de la méthode développée dans le numéro précédent pour construire la solution en se souvenant que le jacobien (87) est différent de zéro non seulement pour s = mais aussi pour les s proches de O. Pour que les fonctions Po (t), qo (t) possèdent des dérivées premières continues, il faut exiger que les fonctions X o (t), Yo (t) et U o (t) en possèdent des secondes continues. Ceci ressort de la deuxième équation (86).
°
1-1-10. Unicité de la solution. En résolvant le problème de Cauchy on a construit une surface intégrale à l'aide des bandes caractéristiques. L'unicité de la solution découle, de prime abord, directement du fait que toute surface intégrale peut être recouverte par des bandes caractéristiques. Mais pour le prouver on a dû admettre que la fonction u (x, y) possédait des dérivées secondes continues. Sous les hypothèses faites plus, haut, on a obtenu dans (1-1-9] une solution dont u (x, y) possédait des dérivées secondes continues. Cependant, cette démonstration simple de l'unicité ne passe pas si l'on suppose que u (x, y) admet seulement des dérivées premières continues. On démontre toutefois sans peine le théorème d'unicité en admettant seulement l'existence de dérivées premières continues. Nous le ferons pour l'équation (82) avec la condition de Cauchy (81). La démonstration repose sur le lemme suivant. Lem m e. Supposons qu'une fonction u (x, y) continue dans un triangle ~ fermé limité par les droites x=x o ; x -
X o=
1
A (y - YI); (YI
<
x-
Y2)'
X o=
-
1
A (y - Y2)
(88)
38
CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV:eES PARTIELLES
est définie et possède des dérivées premières continues pour x un triangle plus grand limité par les droites 1
>
1
x=x o ; x-x o=T(Y-Y3); x-xo=-T(Y-Y')
Xo
dans
(89)
(Y3 < YI < Y2 < y,,). Supposons d'autre part que 1 U x 1~ A 1 u y 1
+B
sur le triangle D. tout entier privé de la base x
1u (x o, sur la base x
(90)
1 u l,
=
xo, et que
y) I~ M
(91)
= X o' Sous ces conditions 1u
sur le triangle
~
(x, y)
1 ~ MeB(x-xo) ,
(92)
tout entier.
Commençons par prouver ce lemme pour A = B = 1. Supposons par absurde qu'il existe dans ~ des points en lesquels 1 u (x, y) 1 > > Me x - xo • La fonction u (x, y) e Xo - X n'atteint pas alors son maximum sur la base. Comme la fonction u (x, y) et ses dérivées ne figurent dans toutes ces conditions que par leurs valeurs absolues, on peut, quitte à changer le signe de u (x, y), admettre que le produit u (x, y) eXo - X atteint son maximum en dehors de la base de Do. De plus, on peut fixer un nombre  > aussi petit que l'on veut tel que la fonction
°
v (x, y)
= u (x, y)
(93)
e-(1+)..)(x- x o>
atteigne son maximum en dehors de la base de ~. Montrons que cela est impossible. Si ceci a lieu en un point intérieur de Do, alors V x = Vu = Oencepoint, d'oùu x (1 + Â) u = 0, u y = O(u>O), ce qui contredit (90) pour A = B = 1. Si ceci a lieu sur le côté x - X o = y - YI (mais pas en un sommet de ~), alors Vu ~ Oet en dérivant le long de ce côté on obtient V x + v y = O. D'où Uu ~ 0; U x = -ur (1 Â) U (u > 0), (94)
+ +
ce qui contredit encore (90) pour A = B = 1. Si ceci a lieu sur le côté x - Xo = -(y - Y2)' on trouve par analogie Vu ~ 0, V x - v y = = 0, d'où u ll ~ 0; U x = u y + (1 + Â) u (u > 0), (95) ce qui contredit encore (90) pour A = B = 1. Supposons enfin que la fonction (93) atteint son maximum en un sommet du triangle D. On a en ce sommet vx~ 0, Le. ux~ (1 + Â) u. Si de plus u y = 0, on obtient de nouveau une contradiction avec (90). Si u y < 0, en dérivant le long du côté x - X o = Y - YI' on trouve V x vy ~ 0, d'où U y < 0, ux~ -uu + (1 + Â) u, ce qui contredit (90) pour
+
39
1-{-1O. UNICIT:€ DE LA SOLUTION
A = B = 1. Si enfin u y > 0 au sommet considéré, en dérivant le long de x - X o = -(y - Y2)' on obtient comme plus haut une
x' - Bxo= - (y' - y~)
(Yh= ~ Yk) , la condition (90), en la condition 1 U x' 1~ 1 u y' 1
+1
U
l,
.et la condition (91), en la condition similaire 1 U (Bx o, y') 1~ M. D'après ce qui a été prouvé plus haut, on obtient 1 U (x', y') 1~ ~ Me(x' -Bxo) dans 6. ' et en revenant aux anciennes variables, l'inégalité (92) dans 6>. Prouvons maintenant l' unicité de la solution de l' équation (82) vérifiant la condition (81) et les conditions du lemme. Supposons -qu'il existe deux solutions UI (x, y) et U 2 (x, y) daus la bande xo~ ~ x~ Xl telles que 1 Uk (x, y) 1 et 1 Uky (x, y) l, k = 1, 2, soient inférieures à un nombre Ml' S'agissant de f (x, y, U, q), on admettra ~eulement que quels que soient (x, y) de cette bande et Uk, qk, k = = 1, 2, inférieures en module à Ml' on a J f (x, y, U2' q2) - f (x, y, U I , ql) I~ ~ B 1 U 2 - UI 1 A 1 q2 - . ql l,
+
tOù A et B sont des constantes. En retranchant l' équ~tion (82) pour .u1 (x, y) de l'équation (82) pour U 2 (x, y) et en utilisant l'inégalité précédente, on obtient A 1 (u 2 - UI}Y 1 + B 1 U2 - . UI 1· En appliquant le lemme à la différence U 2 - u l et en tenant compte du fait que cette différence s'annule pour x = X o (Le. M = 0), on voit sur (92) que U 2 (x, y) - u i (x, y) = 0 dans tout triangle 6, ~e qui prouve l'unicité de la solution. Le cas général de l'équation (59) avec des conditions initiales supportées par une courbe quel-conque se ramène au cas étudié plus haut par un changement de variables et par la résolution de l'équation différentielle par rapport -il l'une des dérivées (cf. [1-1-9]). Considérons maintenant dans le triangle b. deux solutions .ul (x, y) et U 2 (x, y) de l'équation (82) vérifiant des conditions initiales distinctes: 1 (u 2
-
UI)X
1~
ull X=2:o
= "i'1 (y);
u 2 1:x.=2:o
= "i'2 (y).
40
CH. I. TlmORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
En appliquant le lemme à la différence lité suivante dans le triangle t::.. : lu 2 (x, y)-u1(x, y)l~ max
U2 -
u 1 , on obtient l'inéga-
1'I'2(Y)-'I'1(Y)le B(X-xo).
Yl~Y~YJ
Cette inégalité prouve la dépendance continue de la solution par rapport aux conditions initiales '1' (y) figurant dans la formule (81). Le problème de Cauchy appelle encore une remarque. Si la fonction'l' (y) ne possède pas de dérivée seconde continue, l'application de la méthode de Cauchy peut conduire à une surface u = u (x, y) telle que u (x, y) n'ait pas de dérivée. On démontre que dans ce cas le problème ne possède pas de solution dont la dérivée soit continue (A. H a a r, Acta Szeged, 1928, 4, nO 2). Une démonstration du lemme dans un cas plus gén~ral et ses applications à la démonstration des théorèmes d'unicité pour les équations aux dérivées partielles sont acc~ssibles dans l'article: A. M y c h k i s, Unicité de la solution du problème de Cauchy. UMN, 1948, 3, nO 2. 1-1-11. Cas singulier. Soit donnée une bande vérifiant les deux relations (80) et telle que le jacobien (87) y soit nul: .
â o =xsYt -XtYsls=o = y~ (t) Fpo-x~ (t) Fqo =0.
(96)
Supposons qu'il existe une surface intégrale u = u (x, y) passant. par cette bande et telle que u (x, y) possède des dérivées premières et secondes continues. Si F Po et F q,) ne sont pas simultanément nulles, alors de (96) et de la deuxième relation (80), on déduit que la bande vérifie les équations (66) dans lesquelles il faut remplacer s par t. Les calculs effectués dans (1-1-6] montrent alors que la bande vérifie toutes les équations (68), c'est-à-dire est une bande caractéristique. Donc, si sous les conditions (96) il existe une surface intégrale contenant la bande donnée, alors celle-ci est une bande caractéristique (on admet que F Po et F qo ne sont pas simultanément nulles). En outre,. comme dans le cas d'une équation linéaire, par cette bande il peut passer une infinité de surfaces intégrales. Il faut mener une bande fi} qui possède en commun avec la bande (74) un point (x o' Yo, u o) et les valeurs de Po et qo en (x o' Yo, uo) et de plus qui soit telle que le déterminant (87) ne s'y annule pas. Sous certaines conditions il passe par cette bande une surface intégrale qui contiendra la bande (74), car elle contient son élément initial. La bande fi} étant arbitraire, le problème admet une infinité de solutions. Si .1 0 = 0 sur la bande donnée, mais que cette bande ne soit pas caractéristique, alors le problème n'admet pas de solution dans la classe des fonctions u (x, y) dont les dérivées premières et secondes sont continues. Il est possible que la courbe l soit singulière pour la surface intégrale. A noter que lorsqu'on a appliqué la méthode de Cauchy, on s'est servi des dérivées secondes de la fonction u (x, y).
1-1-11. CAS SINGULIER
Si l'égalité (96) est réalisée et si la bande n'est pas caractéristique,._ alors seules les trois premières équations du système (68) sont satisfaites sur cette bande. Nous glisserons sur la démonstration des; propositions formulées ci-dessus. Les raisonnements précédents admettent une signification géométrique simple. Si une courbe l nous est donnée, alors la première, des conditions (80) nous dit que le plan défini par Po (t) et qo (t) doit être tangent au cône T le long de l et la deuxième condition, que le vecteur tangent à l doit être situé dans ce plan. Si l'on considère l'équation (64) des génératrices du cône, on constate que la condition .1 0 =F 0 traduit le fait que les tangentes à r ne sont pas confondues avec les génératrices du cône T. Résoudre' le système d'équations (86) par rapport à Po (t) et qo (t) revient à. mener un plan tangent au cône et contenant une tangente à l. Supposons que l'on peut mener par les tangentes à l des plans qui sonttangents à T et qui varient continûment le long de l (Po (t) et qo (t) doivent posséder des dérivées continues). On prolonge ainsi la courbe l à une bande. En prenant cette·· bande pour conditions initiales dans (73), on obtient une surfaceintégrale. Si les tangentes à l sont des génératrices des cônes T,.alors en menant un plan tangent au cône le long de la génératricecorrespondante, on obtiendra les valeurs de Po et qo le long de T. La bande ainsi obtenue peut être une bande caractéristique. Dansce cas le problème possède une infinité de solutions. Il suffit de couper la courbe l par une autre courbe II telle que la tangente à II au point d'intersection M de l et de II soit coplanaire mais non confondue avec la tangente à l en M et telle qu'aucune tangente à II ne soit confondue avec une génératrice de T. La surface intégrale· passant par II contiendra aussi l. Il est possible enfin que les tan-gentes à la courbe l soient des génératrices des cônes T sans quecette courbe soit une caractéristique, autrement dit, le prolongement de cette courbe à une bande par la méthode indiquée n'est pasune bande caractéristique. Dans ce cas on peut à partir de chaquepoint de l mener une bande caractéristique si l'on connaît les valeursinitiales (x o' Yo, uo, Po, qo)' Si ces bandes caractéristiques forment une surface intégrale d'équation u = u (x, y), alors la courbe' l est une courbe singulière de cette surface. Ces raisonnements n'ont qu'une valeur illustrative. Signalons un type important de surfaces intégrales de l'équa-tion (59). Fixons un point (x o' Yo, uo). La deuxième relation (SO} sera alors vérifiée pour toutes valeurs de Po et qo, puisque toutes. les dérivées figurant dans cette relation sont identiquement nulles. On obtient une première relation (80) qui nous donnera en général une infinité de valeurs pour Po et qo' Ce seront justement les valeurs de Po et qo qui définissent toutes les positions possibles du plan. tangent au point fixe (x o' Yo, u o). On peut comme plus haut admet~-
·42
CH. I.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
AUX Dl!':RIVl!':ES PARTIELLES
tre que Po (t) et qo (t) sont fonctions d'un paramètre t. En portant les valeurs fixes (x o' Yo, u o) et les expressions de Po (t) et qo (t) dans la formule (73), on obtient une surface intégrale de l'équation (59) ·qui a la forme d'une surface conique de sommet (x o, Yo, u o). Cette .surface sera engendrée par des génératrices curvilignes qui seront tangentes en (x o' Yo, u o) aux génératrices du cône T. Cette surface .s'appelle conoïde intégral de l'équation (59) de sommet (x o, Yo, u o). On démontre que le problème de Cauchy se ramène à la construction .suivante. On trace les conoïdes intégraux dont les sommets sont les points de la courbe l et on prend leur enveloppe. Tout ce qui vient d'être dit doit bien sûr être rigoureusement prouvé, mais nous ne nous attarderons pas sur ces démonstrations. 1-1-12. Cas d'un nombre quelconque de variables indépendantes. Etudions l'équation du premier ordre (97)
pour un nombre quelconque n de variables indépendantes. La méthode de Cauchy d'intégration d'une telle équation est .-calquée sur le cas de deux variables indépendantes. On se limitera -donc à l'indication des résultats. Le système caractéristique correspondant à l'équation (97) est de la forme dXl
dXn
-p;- = ... - -p;;- ••• -
du
PIPI
-(X~~Upn)
+ ... + PnPn
=ds
dPI -- -('\1 UPI) -
+
(Xk=F xk ; Pk=F pk ;
•••
U=F u ).
(98)
Indiquons comment on obtient formellement le système (98). Soit .lJ, = u (Xl' ••• , Xn ) une solution de l'équation (97) possédant des ..dérivées premières et secondes continues. Il est évident que X'u Pk et U sont des fonctions de (Xl' •.. , x n ). Ecrivons le système d'équations du premier ordre (k =, 1
dXk - P k dS-
... , n ) ,
-.où s est une variable auxiliaire. En portant les solutions de ce système dans l'équation u = u (Xl' ••. , x n ) et en dérivant par rapport à s, .-.on trouve
.De façon analogue n
d%sk
=
~ i=1
UXkXiPi'
1-1-12. CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE VARIABLES
Une dérivation de (97) par rapport à
Xk
nous donne
n
Xk+UPk+
~
43
n Pi
::~
=Xk+UPk+
i=l
~
UXkXiPi=O• .
i=l
Ces égalités en traînent
On a donc obtenu toutes les équations du système (98). Etudions ce système plus en détail par rapport aux fonctions Xk, U et Pik de la variable auxiliaire s. Il admet l'intégrale évidente F (Xl' .•. , Xn , U, Pl' ... , Pn) = C. Supposons qu'on a réussi à intégrer le système indiqué:
{
= X k(s,
plO») U - U (s , k x IO , ) u(O) , plO») k, k , u(O) , plO») k, Pk-- P k (s , XIO) Xk
lO ) xk ,
u(O) , k ,
(99)
XkO l , u(O), PkO l sont les valeurs des fonctions pour s = O. On admettra que ces valeurs initiales dépendent de (n - 1) paramètres:
OÙ
En portant (100) dans (99), on obtiendra pour Xk et u des expressions qui dépendront de n paramètres. Le déterminant fonctionnel t1= D(Xl' xn) "'1
D (s, tl' ... , t n - l )
peut, en vertu des premières équations du système, être mis sous la forme .. " P n 8xn
.. " at;"
,
(101)
... ,
Si ce déterminant est différent de zéro au voisinage de s = 0, alors les équations (100) définissent une surface U = U (Xl' ... , x n ). Pour que cette surface soit une surface intégrale de l'équation (97), il est nécessaire et suffisant que les fonctions (100) vérifient les n
44
CH. I. THÉORIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES
relations suivantes: (0) (0)) 0 u
{) U (0)
{)t.
}
n
=
~
(102)
{)x IO )
s
(0)
LJ Ps
{)t·
s=1
(j=1, 2, ... , n-1).
(103)
}
Le problème de Cauchy consiste à chercher une surface intégrale de l'équation (97) contenant une variété à (n - 1) dimensions donnée: On admet que cette variété est prolongée en une variété (100) de tellesorte que soient vérifiées les relations (102) et (103). Si dans ces~ conditions le déterminant (101) est différent de zéro sur une tellevariété, alors la méthode exposée précédemment nous donne la solution du problème de Cauchy et cette solution est unique. Comme dans le cas de deux variables indépendantes, on peut construire un conoïde intégral de l' équation (97) en fixant un point (x~O), x~O), u(O») et en choisissant p~O), ... , p~) comme des fonctions de (n - 1) paramètres de telle sorte que la relation (102) soit satisfaite. Si l' équation est résolue en Pl: (104)
et si la condition initiale est de la forme : uIXI=x(0) l
=
1J' (x 2 ,
••• ,
Xn)
(105)
alors le problème de Cauchy possède une solution unique. Nous n'exhibons pas ici toutes les conditions de continuité et d'existence des dérivées de 1 et de 'P. Il faut procéder comme pour n = 2. Pour l'équation (104) avec la condition initiale (105), on peut, en assujettissant 1 et '\jJ à des conditions bien définies, déterminer le domaine dans lequel existe la surface intégrale. Supposons que la fonction 1 est continue avec ses dérivées I Xk ' f pk et. lu (k = 2, .. " n) pour 1 Xl - x(~) 1 ~ a et xk' Pk et u arbitraires. Supposons par ailleurs que ces dérivées possèdent à leur tour des dérivées par rapport à X1l" Xk' u et Pk continues et que les dérivées lx!, IXk,lu,lpk' I xkXI ' f XkU ' f XkPI ' f uu ,. luP ' f pkPI sont bornées en valeur absolue par un nombre A pour les valeurs k indiquées des arguments. Supposons enfin que 'P (X2' ••• , x n ) admet des dérivées premières et secondes continues et que n
11Pxkl+LJ l'i'xkxil~B
(k=2, ... , n).
i=2
Sous ces conditions l'équation (104) possède une solution bicontinûment dérivable vérifiant la condition (105) dans le domaine 1 Xl - xCî) 1 ~ a. quels que soient
1-1-13. INTEGRALES COMPLÈTE, GENERALE ET SINGULIÈRE :Eh
(k -
2, ... ; n), où ex.
ex. <
tcf. E. K a
ID
~
45
a et
1
[
ln 3
A ln 1 + 2 (n-1) (B+1)
k e. Math. Z., 1943, 49,
nO
]
3].
1-1-13. Intégrales complète, générale et singulière. Dans ce paragraphe et dans les suivants on indique une autre méthode d'intégration de l'équation F (x, y, u, p, q) = 0 (106) et notamment de résolution du problème de Cauchy. Cette méthode -donne plus facilement la solution dans certains exemples. En expo.sant la méthode de Cauchy nous avons établi ses conditions d'appli~abilité ainsi que les conditions d'existence et d' unicité de la solution du problème de Cauchy. Nous allons nous attacher maintenant .essentiellement à l'aspect formel du problème en utilisant largement la théorie des enveloppes d'une famille de surfaces dépendant d'un {lU de deux paramètres. La méthode de Cauchy d'intégration de l'équation (106) implique l'intégration complète du système d'équations ordinaires correspondant: dx
dy
du
P - Q - pP+qQ
dp
dq
-(X+Up)
-(Y+Uq)'
(107)
Nous allons montrer que l'intégration de l'équation (106) n'exige que la connaissance d'une solution de cette équation dépendant de deux constantes arbitraires. Supposons que cette solution est: u = cp (x, y, a, b), (108) où a et b sont des constantes arbitraires. Les dérivées partielles p et q sont données par les formules: p
=
CPx (x, y, a, b);
q
=
CPll (x, y, a, b)
(109)
.et l'on obtient ainsi la relation F lx, y, cp (x, y, a, b), CPx (x, y, a, b),
= 0 (110)
qui doit être réalisée par rapport à (x, y) et par rapport à (a, b). Admettons que les constantes a et b peuvent être éliminées entre les relations (108) et (109) et que cette élimination nous conduit à l'équation (106). Dans ce cas, la solution (108) de l'équation (106) s'appellera intégrale complète de cette équation. Il est immédiat d'obtenir les autres solutions de cette équation à partir de l'intégrale complète. Supposons que dans la formule (108) la constante b est fonction de a, Le. b = w (a). On obtient ainsi une famille de surfaces intégrales dépendant d'un seul paramètre: u =
(111)
46
CH. 1. THnORIE DES nQUATIONS AUX DnRIVnES PARTIELLES
L'enveloppe de cette famille qui s'obtient par élimination de a entre l'équation (111) et l'équation cra lx, y, a, w (a)l CPb lx, y, a, w (a)l w' (a) = 0, (112}
+
aura le long de la ligne de tangence à la surface enveloppée les mêmes: p et q que cette surface, donc cette enveloppe sera aussi surface· intégrale de l'équation (106). L'ensemble de ces surfaces intégrales forme l'intégrale générale de l'équation (106) quelle que soit la fonction arbitraire w (a). Cette intégrale, on le voit, contient la fonction arbitraire w (a). On peut ensuite construire l'enveloppe de la famille de surfaces intégrales (108), dépendant des deux paramètres a et b. Ceci nous amène à éliminer a et b entre l'équation (108) et les équations CPa (x, y, a, b) = 0; CPb (x, y, a, b) = O. (113) La surface intégrale obtenue ne contient aucun élément arbitraire et s'appelle généralement intégrale singulière de l'équation (106). On admet bien sûr que toutes les éliminations mentionnées sont possibles et nous conduisent à des fonctions possédant des dérivées continues. On peut obtenir aussi les intégrales générale et singulière par la méthode de variation des constantes arbitraires. On cherchera la solution de l'équation (106) sous la forme (108), en admettant que a et b sont des fonctions inconnues de (x, y). Au lieu des formules (109) on se servira des formules suivantes pour calculer les dérivét's partielles de la fonction u: p = CPx + cpaa x + cp bb x ; q = CPy + cpaa u + cp bby. Si nous imposons aux fonctions a et b de vérifier les relations: cpaa x cp bb x = 0; cpaa u cp bb y = 0, (114) alors les expressions des dérivées partielles ne changeront pas et la fonction (108) définira comme précédemment une surface intégrale. Tout se ramène à l'étude des équations (114). Ces équations possèdent les solutions évidentes: a = const et b = const. On obtient ainsi une intégrale complète. Si a et b satisfont les relations
+
+
CPa = 0; cp b = 0, on obtient une autre solution évidente qui est une intégrale singulière. Si l'une au moins de ces égalités n'est pas vérifiée, le déterminant du système (114) qui est homogène par rapport à CPa et CPb doit s'annuler: a x , bx b :=0. ay,
y
On admet que a et b ne sont pas simultanément constantes. Lefait que ce déterminant soit nul nous donne une relation entre a et b
1-1-14.
INT~GRALE COMPL~TE
ET
PROBL~ME
DE CAUCHY
47
(tome III l , (I-2-11 J). On suppose que cette relation est de la formeb = û) (a). Les équations (114) se ramènent à une seule équation de la forme (fla + (flbÛ)' (a) = 0, et l'on obtient l'intégrale générale. On démontre que moyennant certaines conditions, l'équation (106) n'admet pas de solutions autres, que celles indiquées plus haut. En fait, cela revient à dire que la connaissance d'une intégrale complète nous permet de résoudre· le problème de Cauchy.
1-1-14. Intégrale complète et problème de Cauchy. Montrons maintenant comment le problème de Cauchy se résout à l'aide d'une intégrale complète. Soit à trouver la surface intégrale qui passe par la courbe x = x (t); Y = Y (t); U = u (t). (115)Le problème consiste à trouver dans l'intégrale générale défini&· par (111) et (112) une fonction b = û) (a) telle que la surface intégrale obtenue passe par la courbe (115). Voyons préalablement unepropriété de l'enveloppe. Soit donnée une famille de surfaces à un, paramètre: 'P (x, y, u, a) = O. (116)· Supposons que par tout point M de la courbe (115) il passe une surface de la famille (116) et que le plan tangent à cette surface en M contient la tangente à la courbe (115) en M. Montrons que dans cecas l'enveloppe de la famille (116) contient la courbe (115). En effet, par hypothèse
1f' [x (t), y (t), u (t), al =
o.
(117)·
A noter qu'à des points distincts de la courbe (115) correspondent. des valeurs distinctes de a, donc des surfaces distinctes de la famille (116). Une dérivation de la dernière relation par rapport à t nous donne , 'PxXt 'Pl/Yt 'PuUt 'Paat = O. Par ailleurs, le fait que le plan tangent à une surface (116) contient. la tangente à la courbe (115) s'exprime par la relation
+
+
+
+ 'PyYt + 'PuUt =
O. (118) Des deux dernières relations on déduit que 'Paat = 0, d'où'Pa = 0,. puisque at =1= O. Ainsi les fonctions (115) vérifient identiquement. en t les équations 'P = et 'Pa = 0, autrement dit, l'enveloppe de la famille (116) contient bien la courbe (115). Supposons maintenant que nous connaissons une intégrale complète de l'équation (106) et mettons cette intégrale sous la forme'PxXt
°
tîi8
CH. I. THÉORIE DES ÉQUATIONS AUX
D~RIV:E:ES
PARTIELLES
:implicite:
'P (x, y, u, a, b) = O. (119) Il nous faut définir la fonction b = w (a) de telle sorte que soient :réalisées les relations (117) et (118). Le premier membre de (118) -est la dérivée par rapport à t de celui de (117). Désignons par ''Y (t, a, b) la fonction obtenue en portant les fonctions (115) dans ,,(119). On a (120) 'Y (t, a, b) = 0; li' t (t, a, b) = O. L'élimination de t entre ces égalités nous donnera une relation entre .a et b, c'est-à-dire la fonction cherchée b = w (a). Ainsi, pour résou.dre le problème de Cauchy à l'aide d'une intégrale complète il faut y porter les fonctions (115), dériver l'équation obtenue par rapport à t .et éliminer t entre les deux équations obtenues. La relation établie <entre a et b définit la surface intégrale qui contient la courbe (115). On peut procéder autrement. Exprimons a et b en fonction de t à partir (120) et portons-les dans (119). Nous obtenons une famille de ~.surfaces à un paramètre t. L'enveloppe de cette surface nous donnera la surface intégrale qui passe par la courbe (115). Signalons encore un lien entre l'intégrale générale et les bandes .,caractéristiques qui s'obtiennent par intégration du système (107). L'enveloppe de la famille (111) est tangente à une surface enveloppée le long d'une courbe la. En menant le long de la le plan tangent .-commun à l'enveloppe et à l'enveloppée, on obtient une bande. Cette bande appartient à deux surfaces intégrales: à l'enveloppe et à l'enveloppée, donc c'est une bande caractéristique. On peut par conséquent affirmer que les formules u=cp(x, y, a, b); CPa(x, y, a, b)+CVb(X, y, a, b)w'(a)=O, . (121) { P=CPx(x, y, a, b); q=cpy(x, y, a, b) >-définissent, quelles que soient a fixe et b = w (a), la solution du .système (107) qui vérifie la condition (106). On peut admettre que les formules (121) définissent quatre des variables x, y, U, p, q en fonction de la cinquième et des trois constantes arbitraires a, b et c = w' (a). L'intégrale générale du système >(107) contient quatre constantes arbitraires. Mais la relation (106) nous dit que la famille .des bandes caractéristiques ne doit dépendre que de trois constantes arbitraires. C'est ce qu'expriment les formules (121). Dans un prochain paragraphe consacré au cas d'un nombre quelconque de variables indépendantes, on s'assurera par des calculs ,directs que les équations (121) donnent bien la solution du système {107). Voyons maintenant s'il est possible de définir une intégrale singulière directement à partir de l'équation différentielle sans le se.cours d'une intégrale complète. Une dérivation de (110) par rap-
l-l-t5. EXEMPLES .
49
port à a et à b nous donne
0; F uCPb + FpCPXb + F qCPub = O. La définition de l'intégrale singulière (113) nous permet d'affirmer que sur la surface intégrale singulière on a : FuCPa
+ Fp<J>xa + F qCPu a = FpCPxa
+ F qCPu a = 0;
FpfPxb
+ F q<J>ub = O.
On admettra que le déterminant de ce système homogène par rapport à F p et F q ne s'annule pas sur la surface intégrale singulière, ce qui revient en fait à admettre que les équations (109) sont solubles par rapport à a et b. Ce système nous donne F p = F q = O.
(122)
Donc, l'intégrale singulière peut être obtenue par élimination de p et q entre les trois équations suivantes:
P, q) = 0; F q (x, y. u. Pt q) = O. (123) Les équations (122) indiquent qu'lI est impossible d'appliquer le théorème des fonctions implicites à l'équation (106) relativement à la variable P ou q. Ceci exprime qu'il est impossible d'obtenir l'intégrale singulière en résolvant le problème de Cauchy ainsi que nous l'avons fait dans [1-1-9], en admettant que l'équation était résolue en p (ou q). On aurait pu arriver à ce résultat par une autre voie. Quelle que soit la courbe considérée sur la surface intégrale singulière, le déterminant (96) sera nul le long de cette courbe en vertu des conditions (122). Ceci montre que le problème de Cauchy n'admet pas de solution pour toute courbe de la surface intégrale singulière. F (x, y,
U,
P, q)
=
0; F p (x, Y.
Ut
1·1·15. Exemples. 1. L'équation U
+
= xp
yq
+ f (P,
q)
(124)
est analogue à l'équation de Clairault étudiée au (tome II, [l-t-tin. En remplaçant p et q par a et b on obtient immédiatement l'intégrale complète: u = ax
+ by + f (a,
L'équation u = xp
b).
+ yq+ pq
admet pour intégrale complète:
u=
ax
+ by + ab
En appliquant la méthode indiquée ci-dessus, on obtient l'intégrale singulière: 'U
== -xY.
Si l'on considère une courbe quelconque XD
'-01017
=
cp (t) ; Ye
= 1{> (t) ;
Uo
=
-cp (t) 1{> (t)
(125)
50
CH. 1. TH1!:ORIE DES 1!:QUATIONS AUX D1!:RIV1!:ES PARTIELLES
de cette surface, alors les équations (86)
'l' (t) qo + Poqo + cp (t).'1' (t) = 0, cp' (t) '1' (t) + 'l" (t) cp (t) + cp' (t) Po + '1" (t) qo = admettent les solutions Po = -'l' (t), qo = -cp (t) et -le long de la courbe (125) cp (t) Po +
°
on aura
Fpo=q+cp(t) =:0;
Fq.=p+'P(t)=:O.
L'équation
1
u=xp+yq-T (p2+ q2)
admet pour intégrale singulière 1 u= <) (x 2 ~
+ y2).
(126)
Si l'on résout l'équation (1241) par rapport à p, on obtient F=p-x+ V x 2+2qy-2u- q2=O,
et la dérivée partielle du premier membre de l'équation par rapport à u est infi· nie sur la surface (126). 2. Soit donnée une équation en p et q seulement: f (p, q) = O. Cette équation admet la solution évidente:
u = ax
+ cy + b,
les constantes a et c vérifiant la relation f (a, c) = o. En résolvant cette dernière par rapport à c, soit c = ft (a), on obtient l'intégrale complète: u = ax
+ ft (a) y + b.
Cette équation définit une famille de plans. L'intégrale générale sera l'enveloppe de cette famille de plans à un paramètre, c'est-à-dire une surface développable (tome II, (V-2-13]). Etudions à titre d'exemple l'équation p! p2 q2 = k 2• (127)
+
Le cosinus directeur de l'angle de la normale n à la surface cherchée et de l'axe des u s'exprimant par la formule cos(n u)=+
,
1
- li 1 + p2 + q2
+ -
1
Vi + k 2
'
l'équation (127) dit que les normales n font un angle constant avec l'axe des u. Une intégrale complète est u=ax+
Vk 2-a2y+b;
on reconnaît une famille de plans. Le système (68) s'écrit dx 2 da = p;
dy 2 da = q;
du 2(2+2) ds P q;
°
dp da = ;
dq=O, da
et sa solution exprimée en fonction des conditions initiales est ~
=
2p(;s
+ xo;
y
=
2qos
+ Yo;
u
=
2 (pl
+ q:) s + uo; p = Po; q =
qo. (128)
l-f-15. EXEMPLES
On obtient les bandes caractéristiques en imposant à Po et qo de vérifier la relation pX + qX = kt. Ce sont des droites le long desquelles p et q gardent des valeurs constantes. . Supposons qu'on demande la surface intégrale qui passe par le cercle Xo = cos t; Yo = 0; Uo = sin t. Les équationa(86) s'éerivent ici p~ + q3 = k 2 ; cos t = -Po sin t, d'où Po= -cotg t; qo=Vk2-cotg2 t. En portant ces valeurs dans les trois premières équations (128), on obtient l'équation paramétrique de la surface intégrale cherchée en fonction des paramètres , et t: x= -2, cotg t+cos t; y=2s.yk2 -cotg2 t; u=2k 2,+sin t. 3. Considérons maintenant un type plus général d'équations du premier ordre: . li (x, p) = f 2 (y, q). Pour déterminer une intégrale complète on admettra que les deux membres de l'équation sont égaux à une même constante a: ft (x, p) = a et f2 Cy, q) = a. La résolution de ces équations par rapport à p et q nous donne p = q>l (x, a) et q = q>2 (y, a) et l'on obtient l'intégrale complète u=
J
q>d x , a) dx+
J
(j>2
(y, a) dy+b,
.où b est la deuxième constante arbitraire. Appliquée à l'équation
pq-xy=O ou
.E...=.J!.. x q'
(129)
cette méthode nous donne 1 1 u="2 ax2 + 2a y2+b.
Soit à déte rminer la surface intégrale quîpasse par la courbe 1 x
= t;
Y= - ;
t
(130) ~
u = 1.
En portant ces expressions dans (130) et en dérivant par rapport à t, on trouve 1 1 t 1=2' at2 2atl +b; at- at 3 =0.
+
L'élimination de t entre ces équations nous donne b = 0 et nous obtenons une famille de surfaces intégrales à un paramètre. 1 1 u=2" ax 2 + 2a yI. L'env.eloppe de cette famille est la surface intégrale cherchée, soit:. u = xy. Si pour condition initiale on avait pris la courbe x = t; Y = t; u = t~,
. (t3t)
S2
CH. J. THSORJE DES :SQUATIONS AUX :DSRIVSES PARTIEI.J·ES
la méthod~ ;précédente nous aurait conduits aux équations ( ~ a+ ~ -1) ,1I+b=O; 2( ~, a+ ~ -1) , ' 0,
'"
d'où il s'ensuit que a =1,b = 0 et nous n'aurions pas pu trouver une surface intégrale passant par la courbe (131). Il est immédiat de voir qu'on peut prolonger la courbe (131) en une bande caractérist ique en posant p = , etq -:.' t. En effet, les fonctions, x = t; Y = t; u = t~; P = t; q = 1 vérifient l'équation (129) et le système (1.07).
4. Si l'équation ne contient pas les variah' et de la forme F (u, P, q) = 0
indépendantes, t'est-à-di11!
on peut déterminer une intégrale complète en cherchant la solution d, l'équa'tionsous la forme ' u = q> (x + ay), (t32) où
est une constante arbitraire. Voyons à titre d'exemple l'équation
CI
pq -
u
=
O.
(t33)
En effectuant la substitution (132) et en posant CI
[q>' (,)]' -
~
=
x
on trouve
dOLDe
l'intégrale
q> (,) = O.
L'intévation de cette équation différentielle ordinaire nous œmplète de l'équation (t33): (x+ay+b)1 u= 4a ,~
+ G1/,
système (68) s'écrit dans le cas de l'équation (133): ~
IIi"' ~ q;
~
~
et son intégration nous donne x = qoe'' (xo - qo) ; y = poe' ... ..'('
'.
~
d,::;= P; fiS = 2pq;
+ .
i
P
=
+ (Yo -
poe';
q
d,
Po) ;
=
= P; u
=
~
fiï=- q, Poqo~'
+ (Ue- PolJe) ;
qoe'.
Supposons qu'on cherche la, sUrface intégr~le qui p:asse par la droite ft;;; ,
,'Xo
=
t;
1I~ ,
t;
Uo
= t•
.on détermine Po et qo à partir des équations
=
t; Po = 1, a"où Po = J et qo=t., En, portant Po et qo, dans les trois premièreséquati()DS , Prio
(f3St) et en posant e'':'''- ;v~"on obtient les équations paramétriqueS deJ8'SUiface d1erchée en fonction des paramètres ,v ,et t: , , x 7""", Iv; 11 = v; u 7"""tv~,
:w,,' sous
la forme explicite,
.U, ~
xy. .'
I.;I-te~
CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE
:vARIAB:J,.ES
53:
'1..1·16. CaS d'un nombre quelconque de variables. On 'appellfJ, de l'équation F (Xit •• 0' Xn, U, Pl' •• 0' Pn) = 0 (134) une solution (135) intégrale complète
de cette équation contenant n constantes arbitr aires as et telle que l'élimination des as entre les équations P. = q>%J& (xi t
Xn , al'
0.0'
000,
an), (k = 1, 2,
00.'
n)
(135t )
et l'équation (135) donne l'équation (134).On admettra que ait sont des fonctions de n - 1 paramètres: ait
=
ait (tt,
0
•
0'
t n -l )
= 1, 2, ... ,
(k
n).
(136)
En portant ces expressions dans (135) et en éliminant les n - 1 paramètres entre les n équations u = Cf> (Xl' Xn , al' ••• , an), , Xn , al' ••• , an)=O (j=1, ... , n-1), 0
Cf>Cj(xh
•• ,
(137)
on obtient l'intégrale générale de l'équation (134). Cette intégrale dépend du choix des n fonctions (136). Passons maintenant au problème de Cauchy. On demande de trouver une surface intégrale de l'équation (134) contenant une variété de n - 1 dimensions donnée: u
=
u (tt, • -
0'
t n -l );
Xit
=
Xit (t lt
0
0
tn-t) (k = 1, 2, .. 0' n).
.,
(138)
Ce problème se résout exactement comme pour le cas de deux variables indépendantes. En portant les expressions (138) dans (135) OD obtient une égalité de la forme
t n -It al' •
an) = O.
(139) En adjoignant à cette égalité les n - 1 relations obtenues par dérivation de (139) par rapport à tlt t n -1' soit '" (t it
••
0'
0
"'Cl = 0 ; """2 = 0;
0
0
.,
.,
"""n-l = 0,
(140) on obtiendra n équations à partir desquelles on peut déterminer ait (k = 1, 2, ... t n) en fonction des paramètres tt, ., 0' t n -ll c'est-à-dire les fonctions (136). En portant ces fonctions dans (137) et en éliminant t lt t n -1 entre les n équations (137), on obtiendra la surface intégrale qui contient la variété (t38). A noter que dans la formule (139) le nombre de paramètres peut être inférieur 0
•• ,
o ••
;
S4
CH. I. THeORIE DES ::eQUATIONS AUX DeRIv:eES PARTIELLES
à n _. 1. Dans ce cas il faut dériver (139) par rapport à ces paramètres. Si l'on fixe les paramè~res tjt les n équations (137) à n 1 variables (u, Xl' ••• , x n ) définissent une courbe dans l'espace à n 1 dimensions de point générique (U, Xl' . . • , x n ). En adjoignant l'équation (135 1) à ces équations, on prolonge cette courbe en une .bande du premier ordre. Cette bande appartient à deux surfaces intégrales: à l'enveloppe qui s'obtient par élimination des paramètres i j entre les équations (137), et à une surface enveloppée. Donc, cette bande est caractéristique, c'est-à-dire vérifie le système de Cauchy (98). Ceci nous permet, si l'on connaît une intégrale complète (135), de trouver la solution du système (98) en fonction de 2n -1 constantes arbitraires. On admettra pour simplifier que an est une fonction de (al' .. ~, an -1)' ces derniers jouant le rôle des paramètres t l , • • . , t n -1' Les formules (137) et (135 1) deviennent:
+
+
ail "', an), (J)a j + cp an bi -:- 0 (j = 1, 2, ..., n - 1), U=(J)(Xl , " ' , X n ,
Ph=(J)Xh(X1,
... , X n , al' ... , an)
(k=1,
(141)
2, ... , n),
où par bi on a désigné la dérivée de an par rapport à ai' Les formules (141) définissent la bande du premier ordre mentionnée. Dans ces formules al' ... , an et bl , • • • , bn -1 sont arbitraires, puisque le choix de la fonction an (al' ... , an -1) l'est. Prouvons formellement que la bande définie par les formules (141) vérifie le système (98). En portant les expressions (141) de U et Ph dans l'équation (134), on obtient une identité en Xh et ah (k = 1, ... , n) dont la dérivation par rapport à as nous donne n
U(J)aj+'
LJ
Ph(J)Xkaj-O
k=1
(j
=
1, 2, ... , n!~l),
n
U(J)an
+Li
k=1
PkCf'xkan
=0.
En multipliant la dernière égalité par bit en l"aJoutant à laprécédente et en se servant de (141), on obtient les n ....... 1 égalités suivantes: l
n ,
.LJ
k= 1 :
•
Ph (<:eajXk 1
..
.
+ Cf'~nxkbj) =0. ' , "
•
'li
,
' "" , . ; :." ,,(142)
.t"
"
,"\
1
En prenant par ailleurs la différêntielle totale du :premier membre de la 'deuxième équation (141), on obtient les: n ,-,.1 ,égalités sui-
· 1-1-17.
TImOR~ME
55
DE JACOBI
vantes: n
~ (<PajXk
k=1
+ <PanXkbj) dXk =0
(j = 1, 2, ... , n - 1).
(143)
Si l'on admet que l'un au moins des déterminants d'ordre n - 1 du système (142) ou (143) est différent de zéro, alors on peut affirmer que dXk sont proportionnelles à Pk' c'est-à-dire que dX
dXn
p;-I = ... =-p;;-. n
D'autre part, de (141) il s'ensuit que du
=
~ Pk dXk et
k=1
dXI
dxri,
du
--p;- = ... = --p;;- = PIPI + ... + pnPn
•
(144)
Revenons à l'identité obtenue en portant les expressions (141) de u et Pk dans (134) et en dérivant par rapport à Xk: n
X k +UCVXk + ~ PiCVxoXk =0. i=1
1
En multipliant par dXk et en remplaçant, en vertu de (144), Pidxk par Pkdxh on obtient n
(X k
+ Up",) dXk + Pk 1=1 ~ CVX.Xk dXi = 1
O.
Or n
LJ
i=l
= dPk,
donc (X k
+ Upk) dXk -+ Pk dPk =
0, Le. ~:k
et l'on obtient en définitive le système tdXI
---p;- =
dXn
...
= P;;- -
du
PIPI
+ ... + PnPn dPI
-
(145)
1-1-17. Théorème de Jacobi. Considérons maintenant le cas particulier où l'équation (134) ne renferme pas la fonction inconnue u et est résolue par rapport à une dérivée. Pour la symétrie de la notation, on désignera les variables indépendantes par t, Xl' . • . , x n et on admettra que l'équation est résolue par rapport à Po = Uh
56
CH. J. TMORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES
c'est-à-dire est de la forme: Po
+H
(t,
Xl'
0
0
0'
Xn ,
Pl' ••• , Pn) =
00
(146)
Le système (145) correspondant à cette équation s'écrit dt
dXI
T=
Hp!
= ••.
dXn
dPI -H
= H pn =
... -
XI
dpn _ -H xn
= Po+PIH pl +du... +PnHp n •
(147)
Toutes les relations à l'exception de la dernière ne contiennent pas Po et u. On obtient ainsi le système canonique:
~tk =Hpk ;
d:'k
= - H Xk (k== 1, 2, ••• , n),
où Xk et Pk sont des fonctions de t. Si l'on réussit à intégrer ce système, on déduit Po à partir de (146) et u par une quadrature de l'équation du = (Po PIHpl PnHpn) dt. Comme l'équation (146) ne contient pas u, on peut ajouter une constante arbitraire à sa solution. Supposons que nous connaissons une intégrale complète de l'équation (146). Cette intégrale dépend de n 1 constantes arbitraires dont une additive:
+
+
0
•
0
+
+
u = "P (t, Xl' X n, ait an) - aoo Appliquons les relations (141) à ce cas en faisant jouer à ao le rôle de an' Comme <Pao = -1, l'intégrale générale du système canonique s'écrit: "Pak = bk ; Pk = "PXk (k = 1, ••. t n). 0
0
0'
0
•• ,
Ceci fait l'objet du théorème classique de Jacobi mentionné déjà dans le (tome IVI , [11-221). Signalons que si l'équation (134) ne renferme pas la fonction inconnue u et n'est résolue par rapport à aucun Pk, c'est-à-dire est de la forme F
(Xl'
0
0
0'
Xn,
Pl'
0
0
0'
Pn)
= 0,
alors le système (145) correspondant à cette équation s'écrit: dxl Fp!
=
dXn
00.
= Fp n
=
dpI -Fx } -
_ • • • -
dpn -F xn du
-
--::----:----:----:=--P1F P1 PnFPn
+ .0. +
et l'on obtient encore le système canonique: dxk
(i8=Fpk
0
,
dPk
dS =
-
F Xk
(k= 1,
00.'
n),
= ds?
1-1-18. SYST.BMES DE DEUX :eQUATIONS DU PREMIER ORDRE
57
dans lequel le paramètre s joue le rôle d'une variable indépendante. Si l'on réussit à intégrer ce système, on détermine u à l'aide d'une quadrature. Le théorème de Jacobi nous indique comment intégrer le système canonique correspondant à l'équation (146) si l'on connaît une intégrale complète de cette dernière. La méthode de Cauchy développée dans (1-1-2] nous montre, à l'inverse, comment on peut, si l'on sait intégrer le système (147), trouver les solutions de l'équation (146) vérifiant des conditions initiales quelconques et, en se servant de ces dernières, montrer, en particulier, comment on peut trouver une intégrale complète de l'équation (146). 1-1-18. Systèmes de deux équations du premier ordre. Nous avons exhibé de nombreux exemples dans lesquels nous avons déterminé une intégrale complète par des procédés élémentaires. Il se pose la question de savoir s'il est possible d'élaborer une méthode générale de recherche d'une intégrale complète de toute équation du premier ordre. Pour exposer cette méthode il nous faut étudier préalablement la résolution d'un système de deux équations du premier ordre en u: F (x, y, u, p, q) = 0; <1> (x, y, u, p, q) = O. On admet que ces équations sont résolues par rapport à p et q, soit p = / (x, y, u); q = g (x, y, u). (148) On dira que ce système est complètement intégrable s'il admet une solution dépendant d'une constante arbitraire. On se propose d'établir une condition nécessaire et suffisante d'existence d'une telle solution et de donner une méthode de détermination de cette dernière si cette condition est remplie. En dérivant la première équation (148) par rapport à y et la seconde par rapport à x, on obtient de toute évidence ou en vertu de (148)
/1/
+ /ug =
+
g% guI· (149) Si cette relation entre les variables x, y, u n'est pas réalisée identiquement, alors elle définit u comme une fonction de x et y et seule cette fonction qui ne contient pas de constante arbitraire est susceptible d'être solution du système (148). Donc, la réalisation de la relation (149) est une condition nécessaire pour que le système (148) soit complètement intégrable. Montrons qu'elle est suffisante et indiquons en même temps une méthode de résolution du système (148). On peut traiter la première équation (148) comme une équation à une variable indépendante x, puisque y est un paramètre dans cette équation. En intégrant cette équation· du premier ordre, on obtient u en fonction de la variable indépendante x, du paramètre y
~8
~t
CH. L THBORIE DES BQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
d'une constante arbitraire C (y) que l'on supposera dépendre de y: u = cp [x, y, C (y)]. (150)
'Cette fonction doit satisfaire aussi la deuxième équation (148), -c'est-à-dire qu'on doit avoir
de
g (x, y, u)-cpy
-;ry-
CPc
(151)
'
,équation dans laquelle il faut remplacer u par son expression (150). Montrons maintenant que si la relation (149) a lieu, le second membre ;(}e (151) ne contient pas x. En effet, en annulant la dérivée du second membre de l'équation (151) par rapport à x, on obtient (gx
+ guCPx -
CPux)
= O.
(152)
Comme la fonction (150) vérifie la première des équations (148), ,on a les relations évidentes:
=
f;
=
f ll
+ fu
=
fu
Ces relations nous permettent de mettre la condition (152) sous la forme: (gx gui - fl/ - fu
+
-et cette condition est manifestement réalisée, puisque l'on admet que la. relation (149) l'est identiquement. Donc, sous ces conditions, l'équation (151) est une équation du premier 'ordre en C (y) dont l'intégration nous donne C en fonction de y et d'une constante arbitraire b. En portant l'expression de C dans (150), on obtiendra la :solution du système (148) en fonction d'une seule constante arbitraire. Donc, pour que le système (148) admette une intégrale complète il est nécessaire et suffisant que la relation (149) soit identiquement réalisée. Si cette condition est remplie, l'intégration du système (148) se ramène à celle de deux équations différentielles ordinaires du premier ordre et la solution générale du système (148) contient une seule .constante arbitraire. Le problème résolu est étroitement lié à l'intégration de l'équation aux différentielles totales: p
4x + Q dy + R
du =·0,
(153)
<>ù P, Q et R sont des fonctions données de (x, y, u). Cette équation se ,ramène directement au système (148) si l'on pose
" P f = =7ï;
g==
Q
-7f'
1-1-19. M:eTHODE DE LAGRANGE-cHARPIE
59
et la condition d'intégrabilité (149) devient P (Ru - Qu) Q (Pu - R x ) R (Qx - Pu) = o. Nous avons déjà signalé que cette relation était une condition nécessaire et suffisante d'intégrabilité complète de l'équation (153) (tome II, [111-2-11]).
+
+
1-1-19. Méthode de Lagrange-Charpie. Cette méthode est une méthode générale de construction d'une intégrale complète d'une équation aux dérivées partielles du premier ordre: F (x, y, u, p, q) = o. (154) Cherchons une deuxième équation de la forme
+
+
_
I
•
_
qU--I.F p, Fql·
PU--IFp, Fql'
<1>p,
De façon analogue, en dérivant par rapport à x, et y, on aura
Fp,
1
Fxl
1
Fy ,
Fql
,
qX=-\.F p, Fq\; PY=-I,F p,' Fql' ,
.
Fy , Fq ,
Fu,
Fq 1~
.
+ F P'
.
Fx
t '
"[
+ j F p.' , Fu
,
p , 0"
ou (157)
60
CH. 1. TImORIE DES :eQUATIONSAUX
D:eRI~ES
PARTIELLES
En développant ces déterminants et en utilisant les notations de (1-1-6] on obtient l'équation suivante pour la détermination de la fonction
+ Q
+ Up)
(X -
p -
O.
(158)
Strictement parlant cette équation doit être satisfaite si l'on remplace p et q par leurs expressions tirées de (154) et (155). Mais on exigera plus, plus exactement, qu'elle soit identiquement vérifiée. Le système d'équations différentielles ordinaires correspondant à l'équation linéaire sans second membre (158) est justement le système de Cauchy (107): dx
dy
P=-o=
du pP+qQ
dp _ _ ----".d..:.q...".-._ -(X+Up) -(Y+Uq)·
(159)
Il nous suffit de trouver une intégrale de ce système telle que les équations (154) et (155) soient solubles par rapport à p et q. On sait que le système (159) possède une intégrale évidente F = C. La connaissance de cette intégrale facilite la recherche d'une autre intégrale du système. On peut aussi se servir de la relation évidente F = O. Si l'équation (154) ne contient pas la fonction inconnue u, c'est-àdire est de la forme F (x, y, p, q) = 0, alors on cherchera l'intégrale sous la forme:
+
(160)
ou sous la forme détaillée (Fp
+ (F q
F lI
ce qui revient à intégrer le système
~=
dJ =
!..px =
d
q y•
(161)
Le premier membre de (160) s'appelle crochet de Poisson des fonctions F et
dx
== ffi x + CJ)uP;
dro dy
=
001/
+ OOuq,
1';1-20. SYSTttMESD'2QUATIONS LINBAIRES -
61
alors le crochet de Mayer s'écrit: [F, a>] =
F P'
dF dx d dx
+
Fq ,
q,
dF dy d • dy
(162)
On dit que deux fJnctions F et sont en involution si leur crochet de Poisson ou de Mayer est nul. Dans le premier cas, ces fonctions doivent dépendre des variables (x, y, p, q), dans le second, il faut ajouter u à ces variables. La méthode de Lagrange-Charpie consiste donc à trouver une intégrale du système (159) ou (161) qui soit en involution avec F. Signalons un fait qui saute immédiatement aux yeux lorsqu'on compare les méthodes de Cauchy et de Lagrange. Avec la méthode de Cauchy on doit trouver toutes les intégrales du système (159), avec la méthode de Lagrange-Charpie, une seule. Si l'on connaît une intégrale complète de l'équation (154), on peut complètement intégrer le système (159). 1-1-20. Systèmes d'équations linéaires. Pour généraliser la méthode de Lagrange-Charpie au cas d'un nombre quelconque de variables indépendantes, il nous faut préalablement étudier l'intégration d'un système d'équations linéaires homogènes en une seule fonction inconnue. Considérons un tel système de m équations: Xl (u)=aUPI +a 12 P2+ .•• +alnPn=O, X 2 (u)=a 21 PI +a 22 P2+··· +a2nPn =0, (163) { X m (u)=amIPI am2P2 +amnPn=O,
......... ........... +
+ ...
où Ph = U Xk ' les coefficients .ih sont des fonctions continues et continûment dérivables des variables indépendantes X s et X h (u) désigne le premier membre de la k-ième équation. On demande une fonction u vérifiant simultanément toutes les équations du système (163). Les solutions u = const sont automati«Juement écartées, vu le peu d'intérêt 9u'elles présentent. On admet que les equations (163) sont linéairement independantes, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de Âh non tous nuls susceptibles de dépendre de X s et tels que l'on ait m
~ ;"hXh (u)=O, 1&-1
identiquement par rapport à X s dans un domaine de variation de X s et de PS. Si de tels Âk existaient et si l'un d'eux était non nul, alors le premier membre d'une équation de (163) serait linéairement dépendant de ceux 'des autres équations. Cette équation serait donc une conséquence de toutes les autres et on pourrait la supprimer. ' . Supposons que m ~ n et considérons les n premières équations du système. Ces équations étant linéairement indépendantes, le déterminant formé avec leurs coefficien'ts doit être différent de zéro; Donc, le système san~ second membre en Pa n'admet que la solution triviale Pl = ... = Pn = 0, d'où il résulte que u = = const, autrement dit, pour m ~ n le système n'admet pas de solutions (autres que la solution 'évidente u = const);- On supposera-donc dàns la suite que m <
<no
62
~QUATIONS
CH. 1. TH:mORIE DES
AUX .D:mRIV:mES PARTIELLES
On peut former de nouvelles équations linéaires sans second membre à partir des équations (163) et ces équations peuvent être linéairement indépendantes de (163). Etablissons tout d'abord quelques identités élémentaires. Si ul et Us sont deux fonctions quelconques des variables indépendantes Xl' • • • , X n , on a les identités évidentes: X k (Ui
+ us) = =
X k (ut U2)
+ X k (us); ~Xk (U2) + u2X k (UI). X k (ut)
(164)
Dans Xi (u) remplaçons la fonction u par le premier membre de lak-ième équation, c'est-à-dire par l'expression de X k (u). En tenant compte de (164), on trouve n
2J
Xi(Xk(U»=
n
Xi(aks)u xs
+ 2J aksXi(U X,).
8=1
8=1
n
n
De façon analogue, Xk (Xi (U» =
LJ
Xk (ais) UXs
+ 2J ai,Xk (u x ,).
8=1
8=1
En se servant des dérivées secondes de la fonction u, on peut de toute évidence éc rire: n
n
n
n
LJ aksXi (u x ,)=8=1 LJ aks t=1 LJ aituxsXt= 8, 2J aitaksUxsXt· t=1
8=1
La dernière expression ne change pas lorsqu'on permute les indices i et k: n
n
8=1
8=1
2J aisXk (u xs )= 2J aksXi (u x ,), et l'on obtient la formule suivante: n
Xi (Xk (U»-Xk (Xi (U»=
2J [Xi lahs)-Xk (ais)) u xs '
(165)
8=1
où le second membre est une fonction linéaire homogène de Ps = u xs dont les coefficients dépendent de Xk' Généralisons la notion de crochet de Poisson à un nombre quelconque de variables indépendantes. Le crochet de Poisson de fonctions q> et"l' des variables Xl' • • • , X n et Pl' . . . , Pn se définit de façon analogue par l'égalité: n
(cp, '\')= ~ (CPPj'i'Xj-CPXj'\'Pj)· .1=1
Supposons que CP=Xi (u) et ,\,=Xk (u). On a
En portant ces expressions dans le second membre de (166), on ohtient:
(166)
1-1-21. SYST:I!:MES COMPLETS ET JACOBIENS
ou ce qui revient au même: n
Li [Xi (aks)-X. (ais)] Ps·
(Xi (u), ~1& (u»=
1=1
Une comparaison avec le second membre de (165) nous donne l'importante identité: Xi (X k (u» -
X k (Xi (u» = (Xi (u), X k (u».
(167)-
Si u est solution du système (163), c'est-à-dire Xl (u)
== 0
(l = 1, ... , m),
alor.;; elle sera aussi solution de l'équation linéaire sans second membre (Xi (u), X k (u» = 0
(168}
quels que soient les indices i et k. En faisant prendre toutes les valeurs possibles aux indices, on forme m (m - 1) nouvelles équations linéaires sans second 2
membre qui résultent, au sens indiqué, du système (163). Certaines de ces équations peuvent se transformer en identités, c'est-à-dire que leurs coefficients en Pk sont nuls. J oignons les autres équations (celles qui ne se transforment pas en: identités) à celles du système (163) en nous assurant à chaque fois que l'équation, adjointe n'est pas une combinaison linéaire des précédentes (si une équation est. une combinaison linéaire des précédentes, il faut immédiatement .l'écarter). En faisant cette opération avec toutes les équations nous obtenons un nouveau systè-me qui peut être composé de plus de m équations. Formons les crochets de Pois-· son des premiers membres du nouveau système en prenant soin d'écarter ceux. qui ont déjà été dans le système initial. Joignons les équations obtenues aU' nouveau système comme nous l'avons déjà fait plus haut. Poursuivons cette procédure. Deux cas peuvent se présenter. Ou bien nous obtenons un système de n équations qui n'admettra donc 'que la solution triviale u = const et il en sera de même du système initial. Ou bien nous obtenons un système de moins de n, équations tel que toutes les nouvelles équations déduites par le crochet de Poisson sont des combinaisons linéaires des équations de (163). Un tel système est dit complet. Des raisonnements précédents il s'ensuit donc que le système initial' ou bien n'admet que la solution triviale ou bien est équivalent à un système complet.
On admettra que le système (163) est complet, c'est-à-dire ou bien les crochets. de Poisson (Xi (u), X h (u» sont des combinaisons linéaires des premiers membres des équations initiales: m
(Xi (u), Xk (u»=
2J ~li, k)X z (u),
(169),
1=1
les coefficients ~~i,h) étant des fonctions de nuls.
Xh'
ou bien ils sont identiquement
1-1-21. Systèmes complets et jacobiens. Etablissons quelques propriétés: fondamentales des systèmes complets. Introduisons les nouvelles variables. indépendantes Yh =
au VYI
·au Yn
Yj(u)=bil~+... +bin-a-=O
(j=1, 2, ... , m),
64
CH. 1. TImORIE DES
~QUATIONS
AUX D:&RIVOS PARTIELLES
où, en vertu de la règle de dérivation de fonctions composées, n
'" ajs-a a'Pl =Xj(YI). bjl= LJ
(170)
Xs
.=1
Pour toute fonction u on a YJ (u) = Xj (u), le premier membre ne contenant que les variables indépendantes Ylp le second, que les variables indépendantes :th' Donc, quels que soient les indices i et k, Xi (X h (u» = Yi (Yh (u» et Xi (X k (u» - X h (Xi (u» = Yi (Y h (u» - Y k (Yi (u»). Compte tenu de (167) et (169), il vient YdYk (u»-Y,dYd u
»=
m
.~ l'li, h)Ydu) 1=1
où les coefficients 'V~i ,h) se déduisent à partir des coefficients ~~i,h) par un simple passage aux nouvelles variables. On voit donc que si le système initial est complet, il en est de même de tout système obtenu par un changement des variables indépendantes: .
Voyons maintenant une delxièmc propriété des systèmes complets. Formons m combinaisons linéairef, des premiers membres des équations (163): Zi (u)
= djlX I
(u)
+ ... + djmX m (u)
(j = 1, •••• m),
les coefficients dU étant supposés dépendre de Xll et le déterminant Il dU Il. différent de zéro. Sous ces conditions le système d'équations Zj (u)
=0
(j = 1. 2•••
0'
m)
(171)
sera manifestement équivalent au système (163). Montrons que si le système initial est complet, il en est de même de tout système équivalent. En effet, le crochet de Poisson (Zi (u), Zk (u» sera la somme d'expressions de la forme dipX p (dkqX q (u» -
dkqX q (dipX p (u»,
ou, en vertu de (164), la somme d'expressions de la forme d iP [X p (dkq ) X q (u)
+ dkqX p (X q (u»] -
d kq [X q (d iP ) X p (u)
+ dipX q (X p (u»] = dipX p (dkq ) X q (u) -
+
dkqX q (d iP ) Xp (u)
+ dipdkq [X p (X q (u» -
+
X q (X p (u»].
Les expressions X p (X q (u» - X q (X p (u» étant toutes linéairement dépendantes de X j (u), le crochet de Poisson (Zi (u), Zk (u» dépend linéairement de X j (u), donc de Zj (u), ce qui exprime que le système (171) est complet. Introduisons maintenant une notion qui est un cas particulier de la notion de complétude, plus exactement, on dira qu'un système (163) est jacobien si tous les cro.chets de Poisson (Xi (u), Xk (u» sont identiquement nuls, c'est-à-dire si tous les coefficients en Ps· sont identiquement nuls. Il est immédiat de transformer un système complet en jacobien par des opérations algébriques élémentaires. En effet, soit donné un système (163) complet. Ce système étant composé d'équations linéairement indépendantes, sa matrice est de rang m et on peut le résoudre par rapport à m variables PS. Sans restreindre la généralité on peut admettre qu'il est soluble par rapport à Pl' ••• , Pm, c'est-à-dire qu'au lieu du système
65
1-1-22. INTaGRATION DES SYST:Il:MES COMPLETS
(163) on obtient. le système équivalent
+ Cl. m+IPm+1 + + Cl. nPn = 0, P2 + C2. m+IPm+1 + + 2• nPn = 0, . . .. .. . .. . .. ...... Pm + Cm. m+lPm+1 +... + cm. nPn = O. Pl
(172)
C
1
D'après ce qui a été prouvé plus haut, ce système doit être complet. Montrons qu'il est aussi jacobien. Désignons comme toujours par Xi (u) les premiers membres des équations du système. Nous devons prouver que les coefficients p}i.k) de la formule (169) sont tous identiquement nuls. De la forme du système (172) et de la définition du crochet de Poisson il s'ensuit immédiatement que le premier membre de (169) ne contient pas Ps pour s ~ m, et que le coefficient en Pa (s ~ m) du second membre est visiblement égal à p~i.k). D'où il résulte aussitôt que les coefficients p~i,k) doivent être tous nuls, autrement dit le système (172) est bien un système jacobien. A noter qu'un système jacobien n'est pas forcément de la forme (172), mais, d'après ce qui vient d'être prouvé, si un système complet se ramène à la forme (172), alors il est jacobien. 1-1-22. Intégration des systèmes complets. On peut remplacer l'intégration d'un système complet (163) par celle d'un système jacobien (172) équivalent. Considérons la première équation du système (172) et le système d'équations différentielles ordinaires correspondant à cette dernière: dX I
dX II
dX m
-1-=-0-='" =-0-=
dX m +1 Cl. m+l
dXn
= ... =
Cl, n •
Ce système possède n - 1 intégrales indépendantes CPII (Xl' ••• , x n ) = C2 ; • • • ; CPn (Xl' ••• , Xn ) = Cn , les premiers membres de ces relations étant solutions de la première équation (172). Signalons qu'on aurait pu immédiatement trouver m - 1 intégrales, savoir: X2 = const; ••• ; Xm = const.
Introduisons les n - 1 nouvelles variables Ys = CPs (Xl' ••• , X n ) (s = 2, ••. , n). (173) Les intégrales étant indépendantes, le système (173) est soluble par rapport à n - 1 variables Xk et l'on peut choisir la fonction CPI(XI, ••• , x n ) telle que le système Ys = CPs (Xl' ••• , X n ) (s = 1, 2, ... , n) soit soluble par rapport à toutes les variables Xk' Si, par exemple, le système (173) est soluble par rapport à Xl' ••• , xn-Îl' il nous suffit de prendre CPI = x n • Ecrivons le système (172) dans les nouve es variables indépendantes. En se servant de la formule (170) et du fait que «PI' ••• , CPn sont solutions de la pre-
' : "= ..".'
mière équation (172), on s'assure que cette équation se ramène à la
.
.
au
fo~e
YI
'. O. On supprime ensuite tous les termes contenant aYi dans les m ~ 1 équations restantes et comme ces; équations sont linéairement. indépendantes, on peut résoudre le système qu'elles forment par rapport à
m-1 dérivées :u .
Sans restreindre 'la généralité, on peut admettre qu'il s'agit des dériiées 5-01017
CH. 1. TH~OR,IE DES· ~QUATIONS AUXn:eRIV:eES PARTIELLES
66
au L e systeme ' ' est d onc d e 1a forme: -au - , . . ., ~. transf orme aY2
uYm
(
au aYI au
YI (u)=-=O,
1
au
+h aY2
Y2 (u) = - -
{
2•
m+l
au aYm+1 + ... +h2n
-.<:1-
uYn
=0,
(174)
l ~~(~). 'a~: ~~~.~+~ ~Y~~' ~· ·.~:~n·a::· .~. ..
Le système initial est jacobien, donc complet et par suite il en est de même du système transformé. Ce dernier étant soluble par rapport aux dérivées, il est jacobien. Signalons que des raisonnements du [1-1-21] il s'ensuit immédiatement qu'un système jacobien se transforme en un système jacobien dans les nouvelles variables. La première équation (174) indique que la fonction u ne doit pas dépendre de YI' Montrons que les coefficients des autres équations du système (174) ne contiennent pas YI' En effet, toute expression
doit s'annuler identiquement, puisque le système (174) est jacobien, ce qui prouve notre assertion. On peut donc dans le système (174) écarter la première équation et intégrer les autres en admettant que u ne dépend pas de YI' On obtient ainsi un système fermé de m - 1 équations à n - 1 variables indépendantes. En appliquant l'opération précédente à ce système, on obtient un système fermé de m - 2 équations à n - 2 variables. Cette procédure nous conduit finalement à une seule équation pour une fonction u de n - m 1 variables. En désignant ces variables par YI' ••• , Yn-m+l, on obtient l'équation
+
au -1- g2 -.<:1au VYl UY2
-.<:1-
1
+
1
•• • -,-
gn-m+l
au .<:1 = UYn-m+1
°,
où les variables indépendantes Yi dépendent des variables indépendantes initiales Xl' • • ., X n . Le système d'équations différentielles ordinaires correspondant à cette équation admet n - m intégrales indépendantes: 'l'l (YI' •. " Yn-m+l)
=
Cl; ••. ; 'l'n-m (YI' .•. , Yn-m+l)
=
Cn - m ,
et la solution générale de cette équation est
=
'1' ('l'l' ••. , 'l'n-m), où 'l'est une fonction arbitraire. Cette formule nous donne aussi la solution générale du système initial (163). u
1-1-23. Crochet de Poisson. On se propose d'utiliser les résultats précédentes pour élaborer une méthode de détermination de l'intégrale complète d'une équation non linéaire du premier ordre dans le cas d'un nombre quelconque de variables indépendantes. A cet effet, comme dans le cas de deux variables indépendantes, il nous faut étudier un problème auxiliaire. Soit à déterminer une x n ) sachant que ses dérivées partielles sont des fonctions fonction u (Xl' • données des variables indépendantes Xk: Pk = Pk (Xl' ••• , X n ) (k = 1, 2, .. 0' n). (175) 0
0'
67
1-1':23. CROCHET DE POISSON
La dérivation étant indépendante de l'ordre dans lequel elle est effectuée, on voit que les fonctions (175) doivent vérifier les 1/ in 2- 1) relations suivantes: o Pi (Xli .. , , xn)
OPk (xl. . .. , Xn)
OXh,
OXi
(176)
Ces relations sont nécessaires et suffisantes à la détermination de la fonction u. Ce fait a été prouvé pour n = 2 et n = 3 (tome Il, [111-2-8]). En généralisant la formule de Stokes à un espace à n dimensions on s'aperçoit, comme pour n = 3, que si la condition (176) est remplie, l'intégrale curviligne (Xl • • • . •
U
(Xl' .•. , Xn)=
Xn) n
~
)
Ps (Xl' ... , Xn) dxs
s=1
ne dépend pas du chemin et donne une fonction u ayant (175) pour dérivées partielles. On démontre la suffisance des conditions (176) dans le cas général par récurrence. Supposons que la suffisance des conditions (176) a été prouvée pour n - 1 variables et prouvons qu'elle est valable pour n variables. Nous supposons donc que les fonctions (175) satisfont les conditions (176). Notre assertion étant vraie pour n - 1 variables, on peut, en se servant des n - 1 premières fonctions (175), former une fonction u des variables (Xl' .. " Xn-l) telle que U Xk = = Pk (Xl' .•• , Xn) (k = 1, 2, ... , n - 1). Dans cette fonction Xn figurera comme paramètre, car Pk en dépend. On peut par ailleurs ajouter à la fonction U une constante arbitraire que l'on supposera dépendre de XnOn obtient ainsi la fonction U
(Xl' •.. , Xn-l' Xn)
+ e (x n ),
qui vérifie les n - 1 conditions: U
Xk
=
Reste à choisir e conduit à l'équation
Pk (Xl' . . . , Xn) (x n )
(k
=
1, 2, ... , n - 1).
tel que l'on ait uxn =
Pn (Xl' •.. , Xn),
ce qui nous
de (xnJ d =Pn (Xl' "', Xn)-U~ • n Xn
Il reste à montrer maintenant que le second membre de cette équation ne dépend que de Xn. En dérivant par rapport à Xk pour k < n et en tenant compte de (176) et de l'égalité U Xk = Pk' on obtient 0Pn OXk
02 U _ oXn oXk -
oPn oXk -
0 oX n
(OU) _ OXk -
0Pn OXk -
OPk oX n =
0 ,
c.q.f.d. Admettons maintenant que les dérivées partielles Pk sont définies implicitement par les n équations: F s (Xl' .• " Xn ' Pl' ••• , Pn)
=
as
(8 = 1, ... , n),
(177)
que nous supposons solubles en Pk' Montrons que pour que les Pk définies par les équations (177) satisfassent aux conditions (176), il est nécessaire et suffisant que tous les crochets de Poisson des premiers membres de (177) soient identiquement nuls, c'est-à-dire qu'on doit avoir les n (n 2- 1) identités suivantes en
68
CH.
r. THEORIE DES EQUATIONS AUX DERIVEES PARTIELLES
Xi et Pi: (178)
Ceci étant, on admet que les seconds membres des équations (177) sont des constantes arbitraires. Prenons deux équations (177) et dérivons-les par rapport à X s : n
i -aF ax s
+ LJ----=O· "" aFi api
aFk axs
.
api
aXa
'
1=1 n
+~ ""
1=1
àFk api =0. api axs
· l'lant 1a premlere "" equat'Ion par -aaFk e t 1a secon d e par aFi En mu It lp - , en rePs aps tranchant la première de la seconde et en sommant sur s, on obtient: n
n
n
n
"" "" aFk aFi api _ "" "" ( F.l' F k)+.LJ LJ api aps àx s .LJ LJ 1=18=1
1=1 8=1
aFi aFk. api api aps ax s
= O.
En changeant les indices des variables de sommation dans la deuxième somme, on peut mettre la formule précédente sous la forme: (179)
Si Pk vérifie les relations (176), alors de la dernière formule il s'ensuit immédiatement que les identités (178) sont valables quels que soient les indices. Prouvons la réciproque, c'est-à-dire que si les identités (178) ont lieu, alors les Pk définies par les formules (177) verifient les relations (176). Si les identités (178) sont valables, la formule (179) s'écrit: n
n
'" '" aFk aFi (à Pi _ aps ) =0 :LJ LJ api aps axs aXi '
1=1 s=1
les indices i et k pouvant prendre des valeurs quelconques. En attribuant les valeurs 1, 2, •.• , n à l'indice k, on obtient n égalités que l'on peut traiter comme n équations sans second membre en les n quantités suivantes: n
'" aFi LI aps
(!.!!.L _ axi aps ) axs
(j = 1, 2, ...• n).
(180)
s=1
Le déterminant de ce système est le jacobien des fonctions F s par rapport à PS. Ce jacobien, est différent de zéro, puisqu'on a admis que le système (177) est soluble en PS. On peut donc affirmer que les quantités (180) sont nulles. En fixant j et en attribuant les-valeurs 1, 2, ... , n à i, on obtient encore un système
69
1-1-24. M:BTHODE DE JACOBI
d'équations sans second membre en les quantités ôp J _
ôPs
Ô:l:s
{}Xj
(
1 2 , ... ,:1:. ) S=,
(181)
Le déterminant de ce système étant différent de zéro, car c'est le jacobien des fonctions Fs par rapport à PS' il s'ensuit immédiatement que les quantités (181) sont nulles, ce qu'on voulait. Donc, pour que le système (177) définisse les dérivées partielles Pk d'une fonction u, il est nécessaire et suffisant que les fonctions Fi soient deux à deux en involution. On a admis que les seconds membres des équations (177) sont des constantes arbitraires et de ce fait on a exigé que les relations (178) soient identiquement vérifiées. Si l'on fixe certaines de ces constantes, il suffit alors d'exiger que les relations (178) soient satisfaites en vertu des équa-
tions ainsi obtenues. . Signalons encore quelques propriétés élémentllires du crochet de Poisson. Si cp et 'l' sont des fonctions de Xk et Pk' et a et b des nombres, alors de la définition du crochet de Poisson, il s'ensuit immédiatement que: (cp, cp) = 0; ("1', cp) = - (cp, "1'); (0, cp) = 0; (acp, b'1') = ab (cp, '1'). Soit ro une fonction de
«cp,
Xk
et
'1'), ro)
Pk.
On a l'identité:
+ «'1',
ro), cp)
+ «ro,
cp),
'1') =
(182)
0,
appelé communément identité de Poisson. Cette identité contient les crochets doubles de Poisson. Chaque terme de cette identité est le crochet de Poisson d'une fonction et du crochet de Poisson des deux autres fonctions. Pour vérifier l'identité (182) on remarquera préalablement que chaque terme contient des dérivées du premier ordre. Cette identité étant symétrique par rapport aux fonctions cp, 'P et ro et aux variables Xk et Pk' pour la vérifier il suffit de s'assurer que tous les termes contenant :cp se simplifient dans le premier membre. En utilisant la définition du crochet !/Poisson, on s'assure que le coefficient en ôcp du premier membre de l'identité est: {} Pk
n
'" [ {} ({}'i')
LI
s=1
{}Ps
{}Xk
{}ro {}x s -
{} {}x s
({}'l') {}Xk
{}ro ] {}Ps
-
{} ôX s
({}ro) {}'l' ] {}Xk
{}Ps
•
En dérivant on constate que ce coefficient est bien nul. 1-1-24. Méthode de Jacobi. On se propose maintenant de généraliser la méthode de Lagrange-Charpie, plus exactement, de chercher une intégrale complète d'une équation du premier ordre pour un nombre quelconque de variables indépendantes en admettant que cette équation est de la forme FI (Xl' ••• , Xn' Pl' •
0
0'
Pn)
=
0,
(183)
c'est-à-dire ne contient pas la fonction inconnue u. Si l'on réussit à choisir encore n - 1 fonctions F k de telle sorte que les n fonctions obtenues soient deux à deux en involution et soient solubles en Pk' alors en considérant le système
70
CH. 1. THeORIE DES :eQUATIONS AUX' D:eRIV:eES PARTIELLES
(177) dans lequel on posera al = 0, on trouvera les Pk vérifiant les conditions (176) et par suite on aura u. Le système (177) nous donne n - 1 constantes arbitraires; on obtient encore une constante arbitraire en remontant des dérivées partielles Pk de u à la fonction u. Les fonctions Fk se déterminent de proche en proche. Supposons que l'on connaisse les m premières fonctions FI' F 2 , ••• , Fm (on rappelle que ces fonctions sont deux à deux en involution et solubles par rapport à m variables Pk)' Pour trouver la fonction Fm+l' on forme les m équations : (FI' u) = 0; (F 2 , u) = 0; ... ; (Fm, u) = O. (184) Ces équations sont des équations linéaires sans second membre pour la fonction F m+l de 2n variables indépendantes Xk et Pk' La forme détaillée de ce système est: n
~ (:~:
::k - ::~ :;:)
=0
(j = 1, ... , m).
(185)
k=1
Les fonctions FJ étant solubles par rapport à m variables Pk' un jacobien d'ordre m des fonctions FJ par rapport aux variables Pk est différent de zéro, et par suite la matrice du système (185) est de rang m, c'est-à-dire que les équations (185) sont bien linéairement indépendantes. Montrons que ce système est complet. Formons à cet effet les différences (165) pour le système (184): (Fp , (F q' u)} -
(F q' (Fp , u».
Il nous faut montrer que ces différences sont identiquement nulles. L'identité (182) nous permet de mettre cette différence sous la forme: -«F q' u), F p ) -
«u, F p ), F q) = «Fp , F q), u}.
Les fonctions Fp et F q étant en involution, cette différence est nulle. Donc, d'après ce qui a été dit au [1-1-22], le système (185) possède 2n - m solutions indépendantes. Outre les solutions évidentes u = FI; u = F 2; .•• ; u = Fm, (186) ce système doit encore en posséder 2n - 2m et toutes ces solutions sont solubles par rapport à 2n - m variables Xk et Pk. Donc, le système (185) possède nécessairement une solution u = F m+l telle que les équations FI = 0, F 2 = a2; ... • • • ; Fm+l = am+l soient solubles par rapport à m + 1 variables Pk' Pour trouver la fonction suivante F m+2' on forme le système (FI' u) = 0; ... ; (Fm+l , u) = 0, qui est justiciable des mêmes raisonnements que le système (184). On construit ainsi n fonctions deux à deux en involution et le système (177) sera soluble en tous les Pk (pour al = 0). Ceci nous conduit, comme nous l'avons vu plus haut, à une intégrale complète de l'équation (183). On a admis que l'équation ne contient pas la fonction inconnue. Si elle la contient, c'est-à-dire si elle est de la forme F (Xl! ••• , X n , u, Pl' •.• , Pn) = 0, on peut, en augmentant le nombre des variables indépendantes d'une unité, arriver à une équation ne contenant pas la fonction inconnue. Il suffit pour cela de chercher la solution sous la forme implicite: v (Xl' ••. ,
Xn ,
u) = C,
où C est une constante arbitraire. En appliquant la règle de dérivation des fonctions implicites, on obtient comme toujours une équation pour v qui ne renferme pas v.
71
1-1-25. SYST:Il:MES CANONIQUES
1-1-25. Systèmes canoniques. Etablissons un lien e~tre les raisonnements précédents et le système de Cauchy. On étudiera le cas où l'équation ne contient pas la fonction inconnue et est résolue par rapport à une dérivée. Pour des raisons de symétrie, introduisons n + 1 variable"s indépendantes et désignons l'une d'elles par t et la dérivée par rapport à t par Po = Ut. L'équation devient alors: Po + H (t, Xl' ••• , X n ' Pl' ••• , Pn) = 0, (187) et le système de Cauchy correspondant sera un système canonique (1-1-17] (188)
dpk = -H . dt xk
dXh =H dt Pk'
Supposons que cp (t,
Xl' • • • , X n '
Pl' •.. , Pn)
= C
est une intégrale du système, c'est-à-dire que n
CPt
'" + LJ
(dXh
dph )
CPXk ~+CPPh ( f t
=0
h=1
en vertu du système (188). La dernière équation s'écrit encore: CPt
+
('189)
(H, cp) = O.
Donc, pour que la fonction cp soit intégrale du système, il est nécessaire et suffisant qu'elle soit solution de l'équation (189). Soient cP et'iJ deux intégrales du système. Montrons que leur crochet de Poisson (cp, 'iJ) est aussi une intégrale du système (ou une constante). De la définition du crochet de Poisson on déduit immédiatement que
En substituant la fonction Cl) = (cp, '1') à cP dans la relation (189), on trouve: (CPt, '1') (cp, '1't) (H, (cp, 'iJ)} = O.
+
+
Vu que cP et '1' sont des intégrales, on peut dans la dernière égalité effectuer la substitution: CPt = -(H, cp); 'iJt = -(H, 'iJ), et obtenir en définitive la relation -((H, cp), 'iJ) -
(cp, (H,
'1')}
+ (H,
(cp,
'1'))
=
0,
qui est identiquement réalisée en vertu de (182). Donc, le crochet de Poisson de deux intégrales du système canonique est aussi une intégrale de ce système ou une constante. Supposons maintenant que nous connaissons n intégrales du système (188):
CPs (t, Xu ••• ,
Xn,
Pl' ••• , Pn)
=
as
(s
=
1, 2, ••• , n),
(190)
ces intégrales étant delL"<: à deux en involution et solubles par rapport à Ph. J oignons l'équation différentielle (187) aux équations (190) et montrons que les 11 1 fonctions obtenues sont deux à deux en involution en tant que fonctions des variables t, Xl' • • • , x n et de Po, Pl' ••• , Pn • Les fonctions (190) seront de toute évidence en involution même après adjonction de la variable indépendante t, puisqu'elles ne dépendent pas de Po. Il suffit donc de vérifier que chaque fonction (190) et le premier membre de (187) sont en involution. En égalant le
+
72
CH. 1. TH:mORIE DES
~QUATIONS
AUX D:mRIV:eES PARTIELLES
crochet de Poisson correspondant à zéro, on obtient la relation
qui est nécessairement réalisée, puisque les fonctions (190) sont des intégrales du système (188). Compte tenu des résultats de [1-1-24] on peut affirmer que si l'on résout les équations (190) par rapport à Ph (k = 1, ... , n), et l'équation (187) par rapport à Po, et que l'on porte les expressions de Ph ainsi obtenues dans la fonction H, alors la somme Pl dXl
+ P2 dx 2 + ... + Pn dxn -
H dt
sera la différentielle totale d'une fonction v (t, Xl' ••• , Xn, al' ••• , an) qui sera visiblement une intégrale complète de l'équation (187). Le théorème de Jacobi nous permet d'affirmer que les n autres intégrales du système canonique (190) s'obtiennent par une simple dérivation, plus exactement, elles sont definies par les égalités vak = bk (k = 1, ... , n). 1-1-26. Exemples. 1. Considérons le système d'équations linéaires sans second membre
+
Xl = Pl (X2+ X4-3x 1 ) Ps+ (XS+XI X2+ XI X4) P4 =0, { X = P2+(XSX - x ) PS+ (X XSx +X -XI X2) P4=0. 2 2 4 1 2 4
(191)
Le crochet de Poisson des premiers membres nous donne encore une équation: X s = Ps X1P4 = O. Les crochets de Poisson (Xl' X 2) et (X 2' X S) ne diffèrent du premier membre de la dernière équation que par un facteur multiplicatif. On a donc un système complet de trois équations. Sa résolution par rapport à Pl' P2 et Ps nous donne le système jacobien:
+
Pl
+ (xa + 3xl) P4 =
0;
P2
+ X2P4 =
0;
Pa
+ X1P4 = O.
Les solutions de la dernière équation sont Xl' X2 et X4 - X1XS' Introduisons les variables indépendantes Xl' X2' Xa et t = X4 - XIXa' Le système devient:
~+3xt ÔXl
ôu =0; ôt
~+X2~=0; ~=O. ÔX2
ôt
ôXs
Les deux premières équations forment un système jacobien par rapport aux 2
variables Xh X2 et t. Les solutions de la deuxième équation sont Xl et t _ ~2 • Introduisons les nouvelles variables indépendantes équations mentionnées deviennent:
Xl'
X2 et
't'
=
t-
x 22 2 • Les
.!!!:...+3x2~=0· ~=O. ÔXt 1 Ô't' ' ôX 2
La première équation a pour solution u='t'-xi
x2
ou U==X4-Xlxa-y-xl,
et toute fonction de u est solution du système (191). 2. Trouver une intégrale complète de l'équation FI = (Pl X2)2 (Xl P2)2 - XaPs
+
+
+
=
O.
(192)
73
1-1-27. MSTHODE DES SSRIES MAJORANTES
L'équation (FI' u) = 0 s'écrit: au au au au 2 (Pl+x2) -a-+ 2 (X l +P2) -a--xa - a - - 2 (X 1 +P2) -a-~
~
~
~
. au au -2 (Pl +X 2 ) -a-+Pa -a =0. P2 Ps Cette équation admet la solution évidente u = Xl P2. Posons
(193)
+
F2
=
Xl
+ P2 =
a2·
Joignons à l'équation (193) l'équation
au
au
apI
aX 2
(F 2 , u) = - - - - - = 0 .
Cette équation et l'équation (193) admettent pour solution u que Fs
=
XsPs
=
=
XsPs,
c'est-à-dire
as.
(192 2 )
Résolvons les équations (192), (1921) et (192 2) par rapport à Pl' P2 et Pa: as Ps
=-x;-.
En remontant des dérivées partielles Pit P2 et Ps de u à u, on trouve l'intégrale complète de l'équation (192): u=
-XIX 2 +-r
as-a~ Xl +a 2 x 2 +a s ln xa+a.
1-1-27. Méthode des séries majorantes. En étudiant le problème de Cauchy on a admis que les fonctions données et les fonctions inconnues sont des fonctions réelles de variables réelles indépendantes, dérivables jusqu'à un certain ordre. Dans ce numéro et dans les deux suivants, on se propose de prouver que le problème de Cauchy admet une solution unique pour les équations et systèmes d'équations d'ordre quelconque sous réserve que les fonctions soient analytiques. On admettra que les variables indépendantes Xl' ••• , X n sont toujours réelles et que les fonctions données et les fonctions inconnues peuvent prendre des valeurs complexes. On aura besoin préalablement de quelques propositions auxiliaires. Soit donnée une série entière de m variables 00
.•. , zm)
=
~
apll•.. Pm Zfl,
Pl, .", Pm=O
... ,
ZPm
m'
(194)
convergente pour 1 Zl 1 ~
RI; ••• ;
1 Zm 1 ~
Rm•
(195)
On admettra que les rayons de convergence de la serIe (194) sont légèrement supérieurs aux nombres Rh' Soit M le maximum du module de la fonction (194) sous les conditions (195). On a vu que la
74
CH. I. TImORIE DES :eQUATIONS AUX DaRIVaES PARTIELLES
série entière de la fonction M
(196)
(tome 111 2 , UV-3l) a tous ses coefficients strictement positifs et supérieurs en module à ceux de la série (194). On exprime ce fait en disant que la série (196) est une série majorante de la série (194). En général, on appelle série majorante de la série oc
2J
CPI •.. Pm
Pl,.··, Pm=O
Zfl , ... ,
z!:tm
(197)
une série de la même forme dont les coefficients sont positifs et supérieurs en module aux coefficients respectifs de la série (197). On sait que toute série entière converge absolument à l'intérieur de ses disques de convergence (tome 111 2 , UV-3l). Si une série majorante de la série (197) converge pour 1 Zk 1 < Pk (k = 1, 2, ... , m), alors on . peut de toute évidence affirmer que la série (197) converge à l'intérieur des disques 1 Zk 1 < Pk' Supposons que dans (196) tous les Rh. sont égaux (ceci revient à remplacer les R k par le plus petit d'entre eux) et considérons les fonctions M
(198)
et M
(199)
Les séries entières respectives de ces fonctions sont: 00
M
Pl
Zl
Pm
•• , Zm
RPI+'" +Pm
et
Pl, .. " Pm=O
+ ... +
En développant (Zl zm)P on s'assure que les coefficients du développement en série de la fonction (199) sont supérieurs aux coefficients respectifs du développement de (198), c'est-à-dire que la fonction (199) (ou la série entière correspondante) sera aussi majorante de la fonction (197) (resp. de la série entière correspondante). La méthode des séries entières majorantes est utilisée pour démontrer l'existence de la s~lution des équations différentielles lorsque les fonctions mises en jeu sont analytiques. Effectuons cette démonstration d'abord pour une équation différentielle ordinaire du
1-1-27. M:eTHODE DES S:eR1ES MAJORANTES' ,
75
premier ordre. Soit donnée une équation différentielle dy dx
=1 (x,
y),
dont le second membre est une série entière en x et y, convergeant au voisinage de x = y = 0, c'est-à-dire que 00
dy _ dx -
~
p q
LJ
apqx
y .
(200)
p, q=O
On demande une solution qui soit régulière en x = 0 et qui vérifie la condition initiale y lx=o = O. (201) Pour trouver cette solution il suffit de composer sa série de Maclaurin, c'est-à-dire de calculer les valeurs des dérivées pour x = O. Le terme constant de cette série est donné par la condition initiale (201) et est nul. La valeur de la dérivée première en x = 0 est donnée par l'équation différentielle, soit y~ = aoo. Dérivons les deux membres de l'équation par rapport à x pour déterminer la dérivée seconde: 00
y"
=
L
+
papqxP-1yQ
P. q=O
00
,~
qa pQ x P yQ-l y ' ,
p, q=O
En portant x = 0; y = 0 et y~ = a oo dans le second membre, on trouve la valeur de la dérivée seconde en x = 0, soit y~ =
alO
+
a01aOO •
En poursuivant cette procédure, on définit les dérivées de tout ordre pour x = 0 et on forme la série de Maclaurin: , " yo Yo 2+ (202) Yo 11 x 2! x •••
+
+
Des calculs précédents il ressort qu'il n'existe qu'une seule solution régulière vérifiant la condition initiale donnée. Mais pour affirmer que cette solution existe bien, il nous faut démontrer que la série (202) possède un rayon de convergence plus grand que zéro. Signalons que toutes les opérations effectuées sur les séries sont licites en vertu des propriétés fondamentales des séries entières à l'intérieur de leurs disques de convergence. Si la série (202) est convergente, alors sa somme est solution de l'équation (200) en vertu du procédé qui a servi à former les coefficients. Les calculs précédents nous montrent que les coefficients de la série (202) sont des polynômes de a pq à coefficients numériques positifs. En effet, en dérivant successivement l'équation et en portant les valeurs initiales des dérivées dans le second membre, les seules opérations qu'on ait effectuées sur les coefficients sont l'addition et
76
CH. 1.
T~ORIEnES
SQUATIONS AUX nSRIY:eES PARTIELLES
la multiplication. Par conséquent, si l'on remplace la série du second membre de l'équation (200) par une série majorante, alors la série (202) sera remplacée aussi par une série majorante. Si cette série majorante converge au voisinage de 0, il en sera de même à fortiori de la série (202). Le fait majeur de la suite de la démonstration est que la substitution à la série du second membre de l'équation (200) d'une série majorante nous donne une équation 'intégrable en termes finis. Supposons que la série du second membre de l'équation (200) converge absolument pour 1 x 1 ~ R et 1 y 1 ~ R et soit M le maximum de sa somme sous les conditions indiquées. En passant à la série majorante, on obtient l'équation différentielle dy
M
(fX- (
x ) (
t-lf
y ) ,
(203)
t-]f
qui est à variables séparées:
En l'intégrant et en tenant compte de (201), on obtient
y2 X - - M R l n (1 --) Y - -2R R ' d'où y= R- R
V 1 + 2M ln ( 1- ~ ) .
(204)
Le radical doit prendre la valeur 1 pour x = 0 pour que la condition initiale (201) soit vérifiée. La fonction (204) est régulière en x = 0 et par suite se développe en série entière. Les coefficients de cette série sont de toute évidence les mêmes que ceux obtenus par dérivation terme à terme de l'équation (203) avec le procédé ci-dessus. Donc, la série (202) converge au voisinage de 0 pour l'équation (203). Donc, elle converge à fortiori, comme nous l'avons vu plus haut, pour l'équation initiale. Ceci prouve non seulement l'unicité mais aussi l'existence d'une solution régulière vérifiant la condition initiale (201). 1-1-28. Théorème de Kovalevskaïa. La méthode des séries et fonctions majorantes est favorable à la démonstration de l'existence et de l'unicité de la solution du problème de Cauchy pour des équations aux dérivées partielles. On opérera toujours sur des équations différentielles sous forme résolue. Soit donnée une équation différentielle du premier ordre Pl
=f
(xu ••.• x n ,
U,
P2' • • ., Pn),
(205)
77
1-1-28. TH:eOR:E:ME DE KOVALEVSKAYA
où
t
est une fonction régulière au point xn - 0,. u -- u(O) ' 2 P = p(O) X 1- - ' " -2 '•
• • • ,•
Pn --
p(O).
n
,
(206)
les valeurs initiales des variables indépendantes ont été prises égales à zéro sans nuire à la généralité. On cherche la solution qui vérifie la condition initiale suivante: uI X1 =o=
+
+
A=
t (0, ... ,0, (
La nouvelle fonction u' doit satisfaire l'équation u;1 =
t (Xl' ••• , Xn'
U' +
(209)
et la condition initiale (207) est remplacée par u' lx 1 =0 = o. Portons notre attention sur les arguments de la fonction du second membre de l'équation (209). Si l'on pose X s = 0 et u' = 0, alors AXI devient égal à (
+
Xl =
... = Xn = U" =
+
XX2 =
... =
'0 u Xn = .
(210)
D'autre part, en tenant compte du terme soustrait au second membre de (209), on peut affirmer que ce second membre s'annule pour les valeurs initiales (210). des arguments.
78
CH. I. THEORIE DES EQUATIONS AUX· n:eRIV:eES PARTIELLES
On a donc réduit la condition initiale et les valeurs initiales des arguments de la fonction du second membre de (209) à zéro. En conservant les notations précédentes, on s'est donc ramené au problème suivant: étant donnée l'équation différentielle Pl
= f
(Xl' ••• , X n , U,
P2' . . . , Pn),
(211)
où f est une fonction régulière et nulle au point Xl
= ...=
Xn
=
U
=
P2
= ...=
Pn
= 0,
on demande la solution de cette équation qui satisfait la condition U
lx 1=0 = O.
(212)
On remarquera que le second membre de l'équation (211) doit se développer en une série de la forme 00
f = (213) - 0) , (a0···00···0-
convergente au voisinage de O. Exactement comme dans le cas d'une équation différentielle ordinaire, en se servant de l'équation (211) et de la condition initiale (212), on calculera les coefficients de la série de Maclaurin de la fonction inconnue u, c'est-à-dire les valeurs de toutes les dérivées partielles en O. En dérivant par rapport à tout argument autre que Xl' on peut poser préalablement Xl = O. La condition initiale (212) nous montre donc que aa2+ ...+anu ) ( uX ~ a2 ••• uX ~ an 2
n
= 0
0 '
(214)
où ah sont des entiers naturels positifs. Calculons maintenant les valeurs initiales des dérivées par rapport à Xl' De l'équation (211) il s'ensuit
( ~) aXl 0 =
0•
(215)
En dérivant un nombre quelconque de fois les deux membres de l'équation (211) par rapport aux variables X 2 ' • • • , X n et en portant ensuite les valeurs nulles des arguments, on obtiendra au second membre les valeurs déjà calculées des dérivées (214) et (215) et l'on pourra ainsi définir
1":1-28.
TH:E:OR~ME
DE KOVALEVSKAYA
79
quelles que soJent les valeurs positives a 2 , • • • , an. On considère ensuite l'équation déduite de (211) par dérivation par rapport à Xl et on procède comme pour l'équation "principale. On obtient des valeurs bien définies pour les dérivées
En poursuivant cette procédure on peut calculer n'importe quelle dérivée partielle de la fonction inconnue pour les valeurs initiales des arguments et former la série de Maclaurin: (216)
Comme dans le cas d'une équation différentielle ordinaire, les raisonnements précédents prouvent que le problème de Cauchy admet une solution régulière unique. Pour prouver l'existence de cette solution, il faut montrer que lorsqu'on porte les valeurs initiales des dérivées dans la série (216), celle-ci converge dans des disques centrés en l'origine. Comme dans le paragraphe précédent, on peut affirmer que si l'on remplace la série (213) par une série majorante et si la série (216) formée pour l'équation majorante converge, alors elle convergera à fortiori pour l'équation initiale. Supposons que la série (213) converge absolument et uniformément pour 1 Xl 1 ~
1 Xn 1 ~
p; .•. ;
p;
1u 1~
p;
1 P2 1 ~
~
R; • . .; 1Pn 1 ~ R,
et soit M le maximum du module de la somme de cette série. La fonction M
(f-
~l
)
•••
(f-
x; ) (1-+) (1- ~ ) ... (f-
P~
-M )
majore la série (213). A noter qu'on a soustrait le nombre M pour éliminer le terme constant. La fonction
(t -
Xl
+ ...:
Xn
+
M U
)
(1- P2 + .R' + Pn )
-M
majorera à fortiori la série (213). Si l'on divise la variable Xl par un nombre a E lO, 1[, alors des puissances de a apparaîtront aux déno-
80
CH. 1. THEORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
minateurs des coefficients des termes en
Xl
et la fonction
M
( 1-
~-+X2+ ... +xn+u) (1- P2 + .•• + Pn ) ex
-M
R
p
majorera à plus forte raison la série (213). On a donc affaire à l'équation majorante
En calculant les coefficients de la série de Maclaurin de la solution de cette équation qui vérifie la condition initiale (212), on obtient une série entière qui s'annule pour X s = 0 et la série majorante de la série (216) pour l'équation (211). Si cette série converge, il en sera à plus forte raison de même de la série (216) formée pour l'équation (211). On se propose maintenant de trouver la solution de l'équation (217) qui vérifie la condition initiale (218) où 11' est une série entière à coefficients positifs. Les coefficients de la série de Maclaurin de cette solution se calculent comme plus haut à une différence près: c'est que la condition initiale (218) amènera non plus des zéros mais des nombres positifs au second membre de la formule (214) pour toutes les valeurs positives de ah. Les autres coefficients s'obtiennent par des additions et des multiplications sur les coefficients positifs et strictement positifs déjà calculés du développement en série du second membre de l'équation (218). Donc, si pour l'équation (217) on remplace la condition initiale nulle (212) par la condition initiale (218), où 11' se développe en une série à coefficients réels positifs, alors la série (216) formée pour l'équation (217) avec la condition initiale,(218) sera majorante de la série (216) formée pour l'équation (217) avec la condition initiale nulle (212) et à fortiori majorante de la série (216) composée pour l'équation (211) avec la condition initiale (212). Tout revient donc à prouver que la série (216) formée pour l'équation (217) avec une condition initiale de la forme (218), où 11' possède la propriété mentionnée ci-dessus, converge dans des disques centrés en l'origine. Autrement dit, tout revient à trouver une solution de l'équation (217) vérifiant une condition initiale de la forme (218) et à prouver que cette solution se développe en série de Maclaurin au voisinage de O. On cherchera cette solution sous forme d'une fonction d'une seule variable z = Xl a (x 2 x n ).
+
+ ... +
1-{-28.
TH:eOR~ME
DE KOVALEVSKAIA
81
Ceci étant, U X1
=
du dz;
du
U Xk
(k = 2, ... , n) ,
= a dz
et, par suite, l'équation (217) devient du
M
dz -
(
a;" (1- (n~1) Z
1-
ou (
M,
)
1_(n-1)Ma) du _ R dz
(n-1)a R
(dU dz
"
~: )
)2= __M
M.
z -+u 1- _a_ _ p
On admettra que le nombre a est pris assez proche de 0 pour que le coefficient en :~ soit strictement positif. En développant le second membre de la dernière équation à l'aide de la formule de la somme d'une progression géométrique, on obtient une série entière sans terme constant à coefficients strictement positifs. Cette équation s'écrit alors 2
du) 2 ( dz
du
h dz T
où h > 0 et
~~ = h -
h
JI" 1 - ;2
le radical étant supposé égal à 1 pour z binôme de Newton nous donne - h
JI" 1 -
h~
h
o.
La formule du
"21 (})
= -
= u=
(219)
+1T h
1 (1.) 2" 2"-1
-
2!
<ç2 -h 3
+
1 (1 ) ( 1 ) 2 2"-1 2 -2 cp3 3f
ho
+ ... ,
et tous les coefficients en les puissances de
6-01017
82
CH. I. TImORIE DES :e.QUATIONS AUX D:e.RIV:e.ES PARTIELLES
D'a près le théorème d'existence établi antérieurement, cette équation admet une solution régulière vérifiant la condition initiale u Iz=o = O. Cette solution se représente par une série .00
u= ~
CkZR
k=l
dont tous les coefficients sont strictement positifs. Si l'on porte Z = Xl a (x 2 x n ) dans cette série, on obtient la solution de l'équation (217) sous forme d'une série entière à coefficients strictement positifs. Cette solution vérifiera pour Xl = 0 une condition initiale (218), où'i' (x 2 , • • • , x n ) est une série entière à coefficients strictement positifs. D'après ce qui a été dit plus haut, la construction d'une telle solution de l'équation (216) achève la démonstration du théorème d'existence de la solution du problème de Cauchy. Cette démonstration est due à Goursat. Mais le théorème porte généralement le nom de Kovalevskaïa, car c'est elle qui la première en a donné une démonstration complète. De la démonstration précédente, il s'ensuit que les rayons des disques de convergence de la série (216) (qui donne la solution du problème (211), (212» ne dépendent que des rayons de convergence du second membre de l'équation (213) et du maximum du module M de ce second membre et pas de la forme de la fonction f. S'agissant de l'équation (205) avec la condition initiale (207), il faut encore tenir compte de la dépendance par rapport au rayon de convergence et au maximum du module de la fonction rp (x 2 , • • • , x n ) figurant dans la condition (207). Cette remarque concerne également les résultats du numéro suivant.
+
+ ... +
1-1-29. Equations d'ordre supérieur. La méthode développée s'applique sans changements presque aux équations d'ordre supérieur. Voyons à titre d'exemple une équation du deuxième ordre à deux variables indépendantes, résolue par rapport à la dérivée seconde par rapport à x: r = f (x, y, U, p, q, s, t) (p = u x ' q = u y , r = U xx , S = u xy , t = U yy ). (220) Les conditions initiales sont: u Ix=o = rp (y) ; P Ix=o = 'i' (y). (221) Supposons que rp (y) et 'i' (y) sont des fonctions régulières en y = O. Posons rp (0) = uo; 'i' (0) = Po; rp' (0) = qo; 'i" (0) = So; rp" (0) = t o et admettons que le second membre de l'équation (220) est une fonction régulière au point x = y = 0; u = U o ; P = Po; q = qo; s = So; t = t o'
1-1-29. :mQUATIONS D'ORDRE SUP:mRIEUR
83
Ceci étant, l'équation (220) admet une solution régulière uniqu~ vérifiant les conditions de Cauchy (221). Nous sauterons la démonstration de cette proposition, qui est analogue à la précédente, et indiquerons seulement comment calculer les coefficients de Maclaurin de la solution cherchée. Les conditions initiales (221) nous donnent immédiatement la valeur des dérivées 1 ( a +o:u) , ax aya 0
aa U ) , ( aya 0
quels que soient les ex ~ 0, c'est-à-dire que les conditions initiales nous donnent la valeur initiale de la fonction U et de ses dérivées partiellf's dans lesquelles la dérivation par rapport à x a été effectuée une fois au plus. L'équation (220) nous donne ensuite (
a2u \ Ôx 2
Jo·
Une dérivation des deux membres de (220) plusieurs fois par rapport à y nous permet de déterminer les valeurs de ô2+au ) ( ôx 2 aya
o·
En dérivant les deux membres de (220) par rapport à x 'et en effectuant sur l'équation ainsi obtenue exactement les mêmes opérations que sur l'équation initiale (220), on trouve les valeurs de (
ô3+au ) Ôx3 Bya
o·
En poursuivant cette procédure, on obtient tous les coefficients d~ Maclaurin de la fonction u et ces coefficients sont unique~. ' Formulons maintenant le théorème de Kovalevskaïa dans le cas général pour des systèmes d' équations d'ordre' quelèoIlque. Soi'" donné un système de m équations arhUh _ ( BlUi) --rh=-=--fh Xh Ui' a h B ln
BX I
Xl· ••
Xn
(k= 1, ... , m),
étant les fonctions inconnues, Xl' • • • , X n7 les variables; indépendantes. Les seconds membres de ces équations contiennent les variables x s , les fonctions inconnues Uh et leurs dérivées jusqu fit
U I , ••• , U m
l , or d re
rh
rh
. d es d ' · ' -() - rUh par rapport auxqueIl es ce a.. l' exceptIOn erlvees . Bxlh
"
système est résolu. Les conditions initiales sont de la forme:
6*
84
CH. I. TIœORIE DES
~QUATIONS
AUX
D:eRI~ES
PARTIELLES
On admet que les fonctions figurant aux seconds membres des égalités (223) sont régulières en x = (0, ... , 0). Calculons à l'aide de ces fonctions les valeurs prises au point x = (0, ... , 0) par toutes les fonctions figurant dans hl. ( ) (k = 1, ... , m). Supposons que les fonctions tk (...) (k = 1, , m) sont régulières au voisinage des valeurs calculées de leurs arguments. Si les conditions énumérées sont remplies, le théorème d'existence et d'unicité nous dit que le système (222) admet une solution régulière satisfaisant les conditions initiales (223). Signalons qu'on aurait pu bâtir la théorie des équations différentielles à dérivées partielles en ne considérant que des fonctions analytiques. Cependant cette approche présente des défauts qui seront mis en évidence lors de l'étude des équations d'ordre supérieur. 1-2.
~quations
d'ordre supérieur
1-2-1. Types d'équations du second ordre. On commencera l'exposé de la théorie générale des équations d'ordre supérieur par l'étude des équations linéaires du second ordre. Soit donnée une équation linéaire du second ordre par rapport à la fonction u (Xl' ••• , x n ): n
ft
~
i. k=l
aik
(X) UXiXk
+ k=1 ~ bk (x) lh k + C(X) u = O.
(1)
On admet que les coefficients aik sont des fonctions données des varia.hIes X s et que aki = aik, puisque le résultat est indépendant de l'ordre de dérivation. Les fonctions et les variables indépendantes sont supposées réelles. La théorie générale classe les équations en types. Tout varie d'un type à l'autre, de la position des principaux problèmes et des méthodes de résolution jusqu'aux solutions qui sont douées de propriétés analytiques différentes. Dans ce numéro, on se propose de définir les principaux types d'équations de la forme (1). Considérons à cet effet la forme quadratique par rapport aux variables auxiliaires
68 : n
2J
i, k=l
aikSt~k'
(2)
En attribuant aux variables X s des valeurs x~O), on obtiendra une forme quadratique à coefficients numériques. Si cette forme est définie positive ou négative (tome 111 1 , [11-2-41), on dit que l'équation (1) est de type elliptique au point X s = x~O). On dira qu'une équation ~st de type elliptique dans un domaine D de l'espace (Xl' ... , x n ) si elle l'est en tout point de D. La forme quadratique (2) se ramène à une somme de carrés dite forme réduite. Si les co_efficients de la
1-2-1. TYPES D':mQUATIONS DU SECOND ORDRE
85
forme réduite sont non nuls et de même signe, la forme (2) est de type elliptique. On dira que l'équation (1) est de type hyperbolique dans un domaine D si les coefficients de la forme réduite de (2) sont tous de même signe à l'exception d'un qui est de signe contraire. L'équation (1) est de type ultrahyperbolique si aucun coefficient n'est nul et la forme quadratique réduite n'est ni elliptique, ni hyperbolique. Si les coefficients aik sont constants, le type de l'équation ne dépend pas des valeurs prises par les variables indépendantes. L' équation de Laplace est de type elliptique, l'équation des ondes, de type hyperbolique. Il existe enfin une classe d'équations (1) dites équations paraboliques. Ces équations sont définies par les- coefficients dominants aik (x) et aussi par les coefficients b i (x) en les dérivées UXi. Les coefficients de la forme quadratique réduite sont tous de même signe à l'exception d'un qui est nul. On prouvera dans le numéro suivant que l' équation (1) peut être ramenée, au point fixe x = x(O) , à la forme n
n
h
i=l
'Ai (x(O» uy.y. Z Z
+ i=1 LJ bi (x(O»
u y.
+ c (XO)u = 0
Z
par un changement de variables linéaire non dégénéré. La condition de parabolicité de l'équation (1) au point x(O) se traduit, après réduction à l'équation précédente, par le fait qu'un 'Ai (x(O» (pour fixer les idées 'An (x(O») est nul et les autres tous strictement positifs ou tous strictement négatifs, le coefficient b~ (x(O» en uYn étant différent de zéro. Un exemple classique d'équation parabolique est l'équation de la chaleur n-l
2J
i=l
UX.x. Z Z
Ux
n
=
O.
Les variables Xi' i = 1, 2, ... , n - 1 sont généralement traitées comme des variables spatiales, la variable x n , comme le temps. Les classes (types) définies n'englobent pas toutes les équations (1). Il existe en effet des équations pour lesquelles plusieurs coefficients 'Ai (x(O» sont nuls. Si les bi (x(O» correspondants ne sont pas nuls, on dit alors qu'au point x(O) l'équation est ultraparabolique ou parabolique avec plusieurs temps. Dans le cas contraire, l'équation ne contient pas de dérivées suivant certaines directions et les Y, correspondants joueront le rôle de paramètres. Nous n'envisagerons pas toutes les situations susceptibles de se présenter, nous limiterons notre étude aux cas où l'équation est de type elliptique, hyperbolique ou parabolique dans le domaine qui nous intéresse. Si les coefficients de l'équation (1) contiennent la fonction u et ses dérivées partielles ux Z., alors on ne peut parler du type de cette
m
CH. I. TImORIE DES :mQUATIONS AUX DSRIV1mS PARTIELLES
.équation qu'en fixant une solution u(O) (Xl' ••• , x n ). En portant Il, = u(O) et U x = u~o: dans les coefficients, on obtient uniquement z des fonctions de x" et on pourra alors d'après ce qui a été dit plus haut définir le type de l'équation pour la solution u(O). Si l'on a affaire à une équation non linéaire: alors pour définir le type correspondant à une solution donnée (ln considère les coefficients
a,R, = l
ôF
u(O),
pour u = u(O)
ôUXiXk
et on détermine ensuite le type de l'équation linéaire. 1-2-2. Equations à coefficients constants. Considérons l'équation (1) avec des coefficients aih constants et la forme quadratique correspondante. On se propose par une transformation linéaire \des variables indépendantes de réduire l'ensemble des termes contenant les {iérivées secondes à une forme élémentaire. Soit donc le changement linéaire de variables Yh
+ ... +
= ChlXl
ChnXh
(k = 1, 2, ••. , n).
()n admet évidemment que le déterminant de la matrice aSSOClee à cette transformation est non nul. On passe des dérivées par rapport ~nx anciennes variables aux dérivées par rapport aux nouvelles variables à l'aide des formules: n Ux i
n
=~
8=1
C"iUy, 8
ux.x l k
=
2J
s, t=1
C"iCtkUy 8 Yt'
En portant ces expressions dans l'équation (1), on obtient l'équation transformée n
,i, 2Jk=1 où les coefficients des formules
ai':
aihUYiYh
+ ... = 0,
s'expriment en fonction des anciens à l'aide n
aiR. = LJ 8.
Cfschtast·
(3)
t=1
Si d'autre part on substitue dans la forme quadratique (2) les variables 'lJs à ~s à l'aide de la transposée de la matrice Il C ih Il et que l'on exprime les anciennes variables en fonction des nouvelles, soit ~h =
Cl k'lJl
+ ... +
cnk'lJn
(k = 1, ..., n),
1-2-2. :eQUATIONS A COEFFICIENTS CONSTANTS
87
alors on vérifie immédiatement que les coefficients ailt de la forme quadratique transformée sont définis par les formules (3), c'est-à-dire n
n
2J
ft h=l
aih~i~h
= f, ~ aik1)i1)h' h=1
Or on sait que l'on peut toujours choisir les coefficients Cih tels que la forme quadratique (2) se réduise à une somme de carrés, c'est-à-dire que n
n
i, k=1
i=l
~ aik~i~h == LJ
 i ll:,
autrement dit, aih = 0 pour i =1= k et aii =  i • Les signes des coefficients  i définissent le type de l'équation. Dans les anciennes notations, l'équation transformée s'écrit: n
2J
i=l
ÂiUX.X~+ ••• =O. ~ •
Si l'équation est linéaire et à coefficients constants par rapport aux dérivées premières et secondes et à la fonction u, l'équation transformée s'écrit : n
2J
i=1
n
Âiux.x. l
l
+2J biux. + cu = i=1
/ (Xl' ••• , x n ).
l
(4)
En multipliant les variables X s par un nombre dûment choisi, on peut toujours rendre les coefficients non nuls  i égaux à +1. Supposons que tous les  i sont non nuls et montrons que par une transformation élémentaire de la fonction u nous pouvons faire disparaître les termes contenant les dérivées premières. Soit 1
U
=ve
n
~
b'.
--L..J 2 . -2. ,.. x.l 1=1
(5)
l
En portant cette expression dans l'équation (4), on obtient une équation de la forme n
2J
i=1
ÂiV X •x i +CiV l
= /1 (Xl'
••. ,
X n )·
Les  i sont tous de même signe pour une équation elliptique et l'on peut admettre qu'ils sont strictement positifs quitte à multiplier les deux membres de l'équation par -1. La substitution Xi = V~i fait disparaître les coefficients Âi et en~ gardant les notations précédentes, on peut affirmer que toute éqW\tion linéaire elliptique
88
~QUATIONS
CH. 1. TImORIE DES
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
à coefficients constants peut être réduite à la forme n
LJ
i=1
Ux.x. Z l
+
ClU
= Il (Xl'
.. "
X n )·
(6)
Toute équation hyperbolique à coefficients constants se ramène à la forme n-1
~ Ux .x . - Ux x
i=1
Z
n n
l
-t- cu = 1 (Xl'
... , X n ),
toute équation parabolique, à la forme n-1
LJ
Ux .x . - Ux l l n
i=1
la variable indépendante
Xn
+ cu = 1 (Xl' ..• X n),
est assimilée au temps et désignée par t.
1-2-3. Formes normales dans le cas de deux variables indépendantes. Dans (1-2-2] on a montré que si les coefficients de l'équation (1) sont constants, on peut ramener l'ensemble des termes contenant des dérivées secondes à nne forme normale par une transformation linéaire. Si les coefficients dépendent de X u on n'a guère d'espoir de réaliser cette réduction à une forme normale par une transformation linéaire et l'on doit faire appel à des transformations plus générales et même dans ce cas on ne peut résoudre ce problème que dans le cas de deux variables indépendantes. Soit donc une équation du second ordre à deux variables indépendantes linéaire en les dérivées secondes: a (x, y) Uxx 2b (x, y) UX1/ C (x, y) u1/1/ = O. (7)
+
+
+ ...
Faisons le changement de variables: ~
=
= 'li'
(x, y).
(8)
On passe des dérivées par rapport aux anciennes variables aux dérivées par rapport aux nouvelles à l'aide des formules: Ux Uxx
= u,Cf'x + Urt'li'x; u ,I = u~
u ,I1I
=
UX1/
=
+ u,,'li'xXt u;;
E TI portant ces expressions dans l'équation (7), on obtient l'équation transformée a' (~, TJ) u" 2b' (~, 11) U;lI c' (~, 11) U = 0,
+
+
TlTl + ...
1-2-3. FORMES NORMALES DANS LE CAS DE DEUX VARIABLES
où a' (~, 11) = a
+ 2b
c' (S,11) = a'l'i + 2b'l'x"Py + C"P~, b' (S,11)
89
(9)
= a
L'identité a'c' -
b'2 = (ac -
b2) (
(10)
se vérifie par une substitution directe. Il est immédiat de voir que le signe de la différence ac - bl}; définit le type de l'équation (7). Cette dernière est elliptique, hyperbolique ou parabolique selon que ac - b2 est >0, <0 ou nul. En vertu de (10), le changement de variables conserve le signe de ac - b2't donc le type de l'équation. Les équations hyperboliques à coefficients constants se ramènent dans le cas de deux variables indépendantes à la forme élémentaire U xx uuu = O. (11)
+ ...
Le changement de variables t_
x+y.
1::1-
2
'
'11= '1
x-y 2
(12)
nous conduit à la forme élémentaire U'T1
+ ... =
O.
(13)
On voit donc que si une équation est hyperbolique, elle se réduit dans le cas de deux variables indépendantes à la forme (11) ou (13). On passe facilement d'une forme à l'autre. Revenons à l'équation (7) et supposons qu'elle est hyperbolique dans un domaine D du plan (x, y). Cela signifie que l'équation du second degré (14) a (x, y) 1'2 + 2b (x, y) l' + c (x, y) = 0 possèd e dans D des racines distinctes réelles. On admet que ou bien a =1= 0, ou bien e =1= O. Si a = c = 0, l'équation (7) serait de la forme élémentaire (13). Sans nuire à la généralité, on peut admettre que a =1= O. Considérons l'équation différentielle à dérivées partielles du premier ordre a (x, y) u~ 2b (x, y) uxuu c (x, y) = O. (15)
+
+
u:
En désignant les racines de l'équation (14) par fI (x, y) et f 2 (x, y) on voit que l'équation (15) se scinde en deux équations: Ux = fI (x, y) ul/ (16 1 ) et
90
CH. I.
TH~ORIE
DES BQUATIONS AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
Si les coefficients a, b et c, donc les fonctions Il et 12, sont suffisamment réguliers, alors les équations (16 1 ) et (16 2) possèdent des solutions bicontinûment dérivables dans une partie du domaine D (cf. (I-1-2J). Dans la transformation (8), prenons pour q> (x, y) une solution de l'équation (16 1) et pour 'tp (x, y), une solution de l'équation (16 2), On peut choisir ces solutions telles que le déterminant q>~'tp,l - q>1I'tp~ ne s'annule pas dans la partie considérée de D. On a cP~ = Ilq>u;
\j)~ =
121Py,
d'où q>x,!,,I -
<J>lI'tpX!= (fI -
12)
fPy'tpye
(17)
De ces formules il s'ensuit que si le déterminant s'annule en un point, il en sera de même des deux dérivées partielles premières de fP ou 'l'. Il faut donc prendre des solutions de (16 1 ) et (16 2 ) dont les deux dérivées partielles premières ne sont pas simultanément nulles. Les fonctions cp et 'tp vérifient l'équation (15) et en vertu de (9) on a a' = c' = O. De la formule (10) il s'ensuit que b' =1== 0, si bien que l'équation (7) se réduit à la forme (13). Nous avons vu dans [I-1-2l que les solutions des équations (16 1) et (16 2 ) étaient locales, c'est-à-dire qu'elles ne sont distinctes de constantes que dans un domaine qui, en général, est une partie du domaine dans lequel Ih (x, y) sont continûment dérivables, et l'équation (7) ne peut être réduite à une forme normale que dans le domaine indiqué. Cette remarque sur le caractère local de la réduction de l'équation (7) à une forme normale est également valable pour la suite de l'exposé. Passons maintenant à une équation elliptique. Dans ce cas ac - b2 > et les racines de l'équation (14) sont conjuguées complexes. Considérons l 'u~e des équations (16):
°
Ux
=
-b+i vac-b2 a
u y•
Si l'on admet que les coefficients a, b et c sont des fonttions analytiques de x et y et que a =1= 0, on peut trouver une solution de cette équation sous forme d'une fonction analytique [1-1-28]: U = = cp (x, y) i'tp (x, y). De plus
+
ab CPy - .yac=a b b vac-b2 li 'tpy + a 2
CPx = 'l'x = -
'tpy, q>y.
Faisons la substitution (8). En se servant du système en fP et '1' et des formules (9), on trouve b'
= 0;
a'
=
c'
=
(ac - b2)
(cp~
+ 'tp~) ; .
1-2-4. PROBLt1ME DE CAUCHY
91
en divisant par a' on met l'équation sous la forme f)2 u
f)~2
f)2
+ f)11u + ... = o.
(18)
2
La formule (17) devient CPx'1'y-CPy'1'x= -
2 -.1-ac-b2
a
CPy'1'y.
Le problème est donc résolu pour le cas elliptique aussi. La résolution de ce problème dans le domaine tout entier, sous certaines conditions portant sur les coefficients a, b et c, qui ne sont pas considérés comme des fonctions analytiques, est accessible dans le travail de 1. V e k ua, Problème de réduction de formes différentielles elliptiques à la forme canonique et système généralisé de Cauchy-Riemann. DAN SSSR, 1955, 100, nO 2 (en russe); voir également l'ouvrage du même auteur: Fonctions analytiques généralisées, M., Fizmatguiz, 1959 (en russe). Il reste à étudier l'équation parabolique. Dans ce cas l'équation (14) possède une racine double et l'équation (15) nous donne des équations (16 1 ) et (16 2) identiques. Pour cp (x, y), prenons une solution de (16 1) et pour '1' (x, y), une fonction quelconque telle que le jacobien de cp et '1' soit non nul. Le coefficient a' sera nul dans l 'équation transformée en vertu du choix de cp (x, y). De plus, l'équation étant parabolique, on a ac - b2 = 0 et la formule (10) nous dit que b' = O. Donc a' = b' = O. La fonction c' ne peut être identiquement nulle, car le cas échéant on aurait obtenu une équation du premier ordre et la transformation inverse qui fait passer de (~, 11) à (x, y) ne nous aurait pas donné une équation (7) du second ordre. Donc, dans le cas parabolique, on obtient la forme canonique suivante: U1I11
+ ... =
0,
(19)
où les termes non écrits ne contiennent pas de dérivées secondes mais contiennent nécessairement la dérivée première par rapport à ~. 1-2-4. Problème de Cauchy. On a vu au [I-1-2Jl que pour conditions initiales de l'équation du second ordre F (x, y,
U,
p, q, r,
St
t)
=
0
(20)
on peut en particulier prendre la valeur de la fonction u et de sa dérivée U x = P au point x = x o :
u Ix=xo = cp (y);
P Ix=xo = '1' (y).
(21)
Ces conditions seront appelées conditions initiales spéciales. Ces conditions initiales reviennent à se donner la valeur de la fonction inconnue u et de sa dérivée partielle p le long d'une courbe x = x o du plan (x, y). A noter que les valeurs de l'autre dérivée partielle du
92
CH. I. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
premier ordre, q 1%=%0 = cp' (y), s'obtiennent immédiatement à partir de la première condition (21). Donc, en vertu des conditions initiales, on connaîtra la fonction u et ses dérivées partielles premières le long de la courbe x = X o' Les conditions initiales se généralisent sans peine. Soient données dans le plan (x, y) une courbe  sans point double et les valeurs de la fonction inconnue u le long de cette courbe. On connaît ainsi les valeurs prises le long de 'A. par la dérivée de u suivant une direction tangente à Â. Pour déterminer la dérivée première suivant une direction quelconque, on doit disposer encore d'uIle donnée le long de Â, plus exactement, on doit connaître les valeurs prises le long de  par la dérivée de u suivant une direction quelconque distincte d'une direction tangente à Â. La connaissance des dérivées suivant deux directions du plan (x, y) le long de 'A. nous permet de définir la dérivée de u suivant une direction quelconque du plan (x, y) le long de 'A.. Donc, dans le cas considéré, on doit connaître les valeurs prises sur  par la fonction U et par sa dérivée suivant une direction quelconque non tangente à Â. La donnée des valeurs de u le long d'une courbe 'A. du plan (x, y) se traduit par la donnée d'une courbe l dans l'espace (x, y, u). On connaît de plus les valeurs des dérivées partielles p et q le long de Â. En définitive donc, les conditions initiales consistent à se donner une courbe l de l'espace (x, y, u) et la position du plan tangent le long de 1. Paramétriquement ces conditions se traduisent par la donnée de cinq fonctions (22) x (t), Y (t), u (t), P (t), q (t), liées par la relation du
=
p dx
+ q dy.
(23)
La relation (23) revient à exiger que la donnée des deux dérivées partielles p et q le long de 'A. ne contredise pas la donnée de la fonction u le long de 'A., c'est-à-dire que la dérivée de u suivant une ;direction tangente à Â calculée d'après p et q prenne les mêmes valeurs que eelles obtenues à partir de la donnée de u le long de 'A.. Les cinq fonctions (22) liées par la relation (23) définissent une bande dans l'espace (x, y, u) et le problème de Cauchy revient à chercher une surface intégrale de l'équation (20) contenant cette bande. Le problème de Cauchy se pose dans les mêmes termes dans le cas plus général où la fonction inconnue dépend d'un nombre quelconque de variables. Considérons par exemple l'équation différentielle du second ordre dans le cas de trois variables indépendantes: F(xl , x 2 , x a, u, U%l' U%I' u x3 , u x1xi ' U X1X2 ' " .)=0. (24) Les conditions initiales consistent ici à se donner la fonction U et ses dérivées partielles du premier ordre sur une surface S de l'espace (Xl' x 2 , xa). La fonction u étant donnée sur la surface S, pour défi-
1-2-~. PROBL~ME
DE CAUCHY
93
nir toutes seS dérivées partielles du premier ordre le long de S, il suffit de se donner le long de S une dérivée suivant une direction quelconque nOil contenue dans un plan tangent à S. Si la surface S support des conditions initiales est le plan Xl = xl°), on obtient les conditions initiales spéciales: u Ixl=xio> =
U Xl
Ixl=xiO) = 'i' (x 2 , x 3 ).
(25)
Paramétriquement, le problème de Cauchy revient à se donner sept fonctions de deux paramètres Xl
(t 1 , t 2 ),
{
X2
(t 1 , t 2 ),
u xt (t 1 , t 2 ),
U X2
X3
(t l , t 2 ),
(t 1 , t 2 ),
U X3
U
(t l , t 2 ),
(tl' t 2 ),
(26)
liées par la relation du = U Xl dX 1
+ U X2 dX2 + U X3 dx3 •
(27)
La donnée des fonctions Xl' X 2 et Xs équivaut à la donnée d'une surface, les autres données, à la donnée de la fonction U et de ses dérivées partielles du premier ordre le long de cette surface. Les données (26) liées par la relation (27) sont généralement appelées bande ou, plus exactement, bande de premier ordre dans l'espace (Xl' X2 , XS, u) et le problème de Cauchy consiste à trouver une surface intégrale de l'équation (24) contenant une bande donnée. Si la fonction u dépend de n variables indépendantes (Xl' . • . , x n ), la bande est définie par 2n 1 fonctions de n - 1 paramètres xk (th' •• , t n - l ), U (t l , ••• , t n - l ), UXk (tH • •• , t n - l ) (k = 1, 2, ... , n), liées par la rela tion
+
n
du= ~ u Xk dXk. k==1
Si l'une des variables indépendantes est le temps t et la surface qui supporte les conditions initiales est le plan t = 0, alors on a affaire à un problème, classique en physique mathématique, d'intégration d'une équation avec des conditions initiales données (tome II, [111-2-8]). Les conditions initiales définissent la fonction U et toutes ses dérivées partielles premières sur la courbe ou la surface qui supporte ces conditions. Si l'on adjoint l'équation différentielle initiale aux conditions initiales, alors ainsi qu'on l'a vu au [1-1-29], on peut dans le cas de conditions initiales spéciales, définir de façon unique toutes les dérivées partielles secondes de la fonction inconnue sur la courbe ou la surface indiquées. On dira qu'une bande est caractéristique si avec l'équation différentielle initiale elle ne définit pas de façon unique les dérivées partielles secondes. Cette question sera étudiée
94
CH. I. TIϞRIE DES ~QUATIONS AUX D~RIVl!lES PARTIELLES
plus en détails dans le numéro suivant pour le cas d'une équation quasi linéaire à deux variables indépendantes. 1-2-5. Bandes caractéristiques. Considérons l'équation ar + 2bs + ct + h = 0,
(28)
dans laquelle a, b, c et h sont des fonctions données de (x, y, u, p, q). On demande de trouver une surface intégrale contenant une bande donnée: x (t), y (t), u (t), P (t), q (t)
(du = p dx
+ q dy).
(29)
On a de toute évidence dp
=
r dx
+ s dy;
=
dq
s dx
+ t dy,
et en joignant à ces deux équations l'équation initiale (28), on obtiendra un système de trois équations du premier ordre pour la détermination des dérivées secondes de la fonction inconnue sur la courbe Â: x (t), y (t) qui supporte les conditions initiales: dx.r-t-dy.s=dp, dx . s + dy . t = dq,
{
ar
+ 2bs+ ct =
(30)
-- h.
Les fonctions r, s, t sont inconnues, les autres, des fonctions de t connues en vertu de (29). Si le déterminant du système (30) n'est pas nul, on obtient des valeurs bien définies pour les dérivées secondes. Donc, une condition nécessaire et suffisante pour que le système (30) soit incompatible ou indéterminé est que le déterminant !J. =
dx,
dy,
0
0, a,
dx, 2b,
dy = 0, c
(31)
ou, sous la forme développée, a dy 2
-
2b dx dy
+
C
dx 2 = O.
(32)
Trouvons la deuxième condition qui exprime que le problème est indéterminé, c'est-à-dire que le système (30) admet une infinité de solutions. On admettra que l'un des mineurs du second ordre du déterminant (31) est non nul, pour fixer les idées 0,
dy
a,
c
= -adY=l=-O.
Le système (3D) aura un seul déterminant èaractéristique (tonie III! 1I~2-2l) et pour qu'il soit indéterminé il est nécessaire et suffisant
1-2-5. BANDES
CARACT~iUSTIQUES
95
d'ajouter à la condition (31) 18. condition suivante: O'
dx,
dp, 0, dg, a, -h,
dy =0,
c
ou sous la forme développée . a dp dy
+ h dx dy + c dx dq
= 0,
(33)
condition qui exprime que le déterminant caractéristique est nul (tome III l [1-2-21). En se rappelant de la relation (23) on obtient en définitive les trois équations suivantes qui définissent la bande caractéristique comme une bande le long de laquelle le système (30) admet une infinité de solutions: ady2-2bdxdy+cdx2=0, (34) a dp dy+ h dx'fly + cdx dq= 0, { du= pdx+ qdy. l'raitons séparément le cas de conditions initiales spéciales: u Ix=xo
= cp (y);
P Ix=xo = tp (y).
(35)
Dans ce cas la variable y joue le rôle du paramètre t dans les formules (29) et la variable x est constante: x = X O' La condition (32} nous conduit à l'égalité a = O. A noter que cette relation n'est pas remplie identiquement mais par substitution des conditions~initia les (35) dans la fonction a. Le système (30) devient alors s dy i= dp; t dy = dg; 2bs
+ ct =
-he
.?our que ce système soit indéterminé il est nécessaire et suffisant que la troisième équation résulte des deux premières. En multipliant la troisième équation par dy et en tenant compte des deux premières t on obtient la condition suivante: 2b dp
+ c dg '= -h dy,
qui remplace dans ce cas la condition (33). Pour les conditions initiales spéciales (35), on aura en définitive les relations suivantes pour la détermination de la bande caractéristique: a = 0; 2b dp
+ c dq =
-h dy; du
=
La condition a. 0 montre qu'on ne peut trouver l'équation (28). La deuxième condition 2b
dp dy
+c dydq
+h=O
q dy. U xx
(36)
à partir de
96
CH. I.'!'!œORIE DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
exprime que les quantités p et d définies sur la droite x = X o sont q telles que l'équation (28) est satisfaite, car s = ddP et t = dd sur cette y y droite. La troisième condition nous donne la formule évidente: q 1x=xo = cp' (y).
1-2-6. Dérivées d'ordre supérieur. Au numéro précédent on a vu comment déterminer les dérivées secondes sur une bande donnée. On se propose maintenant de trouver les dérivées d'ordre supérieur. On suppose que le déterminant (31) est non nul. Considérons la différentielle totale des deux premières équations (30) et dérivons l'équation donnée (28) par rapport à x et à y. On a ainsi quatre équations du premier ordre pour déterminer quatre dérivées troisièmes de la fonction inconnue U sur la bande donnée: (dX)2 U xxx + 2 dx dy u:X: Xll + (dy)2 U Xllll = , (dX)2 u xxy + 2 dx dy U xyy + (dy)2 u YYlI = , au xxx + 2bu xxy + CU xyy = ••. , au xxy + 2bu xyy + CU yyy = ••• Le déterminant de ce système s'écrit : (dy)2, (dx) 2 , 2 dx dy, o 0, (dX)2, 2 dxdy, (dy)2 ~l= o • c, a, 2b, 0, a, 2b, C On démontre que ce déterminant est égal au carré du déterminant (31), c'est-à-dire qu'il est lui aussi non nul. En effet, désignons par l'une racine de l'équation a + 2by;+ cy 2 = 0, (37) ajoutons à la première colonne de ~1' la deuxième colonne multipliée par y, la troisième colonne multipliée par y2 et la quatrième colonne multipliée par y3. Les éléments de la première colonne sont: (dx
+
y dy)2, y (dx
+
y!dy)2, 0, 0,
d'où il vient que ~1' qui est un polynôme du quatrième degré homogène en dx et dy, est divisible par (dx + y dy)2. Le coefficient en {dX)4 dans l'expression de ~1 est égal à c2 • En désignant par YI et Y2 les racines de l'équation (37), on peut écrire: 2 . ~1 = c (dx + YI dy)2 (dx + Y2 dy)2, ou, compte tenu de la propriété des racines du trinôme du second degré,
1-2-6.
D~RIV~ES
97
D'ORDRE SUP:8RIEUR
On a admis que l'équation (37) possédait des racines distinctes. Donc, si L\l = L\2 sous cette condition, alors cette égalité est également vraie dans le cas de racines égales. Pour s'en assurer il suffit de modifier légèrement les coefficients a, b et c de telle sorte que l'équation (37) admette des racines distinctes et ensuite de passer dans l'égalité L\l = L\2 à la limite, en faisant tendre les nouvelles valeurs des coefficients vers les anciennes, c'est-à-dire vers celles pour lesquelles l' équation (37) admet une racine double. On obtiendrait de même cinq équations du premier degré pour déterminer cinq dérivées du quatrième ordre et le déterminant de ce système sera aussi non nul, et ainsi de suite. Supposons que ces dérivées sont analytiques et régulières. Comme dans le cas de conditions initiales spéciales et de l'équation résolue par rapport à r [1-1-29], on peut dans un cadre plus général calculer les dérivées de tout ordre sur la bande donnée en admettant que le déterminant L\ est non nul. En formant la série correspondante de Taylor, on aurait pu établir sa convergence comme dans [I-1-28J. Passons maintenant au cas où la bande donnée est caractéristique. On se limitera à l'étude des conditions initiales spéciales (35). Ces conditions définissent S et t pour x = x o et il reste à trouver r. En portant les conditions initiales obtenues dans l'équation (28), on obtient, en vertu de (36), une identité et la dérivée r semble de prime abord indéfinie pour x = X O• En dérivant les deux membres de l'équation (28) par rapport à x, on trouve:
ar x
+ 2bsx + ct x + (a x + aup + apr + aqs) r + + (...) s + (...) t + (...) =
0,
(38)
où les points de suspension remplacent des expressions analogues à celle des parenthèses contenant les dérivées de a. Si dans l'équation (38) l'on porte les conditions initiales (35) et les dérivées secondes déjà connues: s 1x=xo = 'P' (y); t Ix=xo =
+
al (y) Cù~ (y) 7-01017
+
+ ~1 (y)
0)1
+
(y)
+
Y1
(y) = O.
98
CH. I. TIffiORIE DES :E:QUATIONS AUX
D~RIV:E:ES
PARTIELLES
Cette procédure ne s'arrête pas ici. L'intégration de l'équation de Riccati et des équations linéaires ultérieures fait apparaître de nouvelles constantes arbitraires, et toute la difficulté du problème consiste à choisir ces constantes telles que la série de Taylor obtenue soit convergente. On démontre qu'il existe une infinité de telles constantes pour l'équation hyperbolique, autrement dit par une bande caractéristique il passe une infinité de surfaces intégrales. Les conditions (36) ou, dans un cadre plus général, les conditions (34) sont donc les conditions nécessaires et suffisantes que doivent remplir les conditions initiales pour qu'existent des surfaces intégrales contenant la bande caractéristique donnée. Considérons à titre d'exemple l'équation parabolique du second ordre:
t -
Ux
= 0, i.e.
Ux
=
U 1JU •
On a a = b = 0, C = -1 et l'équation (32) donne dx = 0, c'est-à-dire que x = const. La solution du problème de Cauchy doit présenter une singularité le long de toute courbe x = X o. Supposons qu'on a affaire à des conditions initiales spéciales (35). En faisant x = Xo dans l'équation (39), on trouve", (y) = cp" (y), donc la fonction '" (y) est complètement définie par la donnée de la fonction cp (y). On voit que la deuxième condition (35) est réalisée. Donc, dans le cas considéré, il suffit de se donner uniquement la première condition (35). En dérivant l'équation (39) par rapport à x et en faisant x = x o, on définit complètement la valeur initiale: r Ix=xn = cp(IV) (y). En dérivant ensuite l'équation (39) deux fois par rapport à x et en faisant x = x o, on obtient la valeur initiale de la dérivée troisième par rapport à x pour x = x o, et ainsi de suite. Les valeurs initiales des dérivées par rapport à xse définissent de façon unique et les équations différentielles de type Riccati se transforment en relations purement algébriques. Après avoir déterminé les valeurs initiales des dérivées de tout ordre par rapport à x pour x = x o, on peut construire la série de Taylor correspondante. Il s'avère que cette série converge au voisinage de x = X o dans le cas seulement où cp (y) est une fonction entière satisfaisant à une condition subsidiaire. On rappelle que dans le problème de la diffusion de la chaleur dans une barre illimitée (tome II, [VII-4-2l) on a cherché la solution de l'équation (39) vérifiant la première condition (35) sous forme d'une intégrale définie, sans supposer évidemment que cp (y) est une fonction entière. Pour passer aux notations du (tome II, [VII-4-2l) il faut remplacer x par t et y par x dans l'équation (39) et poser a2 = 1 dans l'équation du (tome II, [VII-4-2l). Si l'on admet que cp (y) = 0, on obtient de toute évidence une solution de l'équation (39) qui est identiquement nulle. Montrons que l'équation (39) admet encore une solution élémentaire vérifiant
1-2-7.
CARACT~RISTIQUES
la même condition initiale u Posons 1 u = ---::=r===- e "JI X-Xo
ReELLES ET IMAGINAIRES
Ix= xo
= 0 sauf au point y = 0, x =
99
x o'
'11 2
4(x-xo>
pour pour
u=O
x~xo'
La fonction (40 1) et toutes ses dérivées tendent vers 0 lorsque x tend par valeurs décroissantes vers x o, autrement dit, la fonction définie par les formules (40 1) et (40 2 ) et toutes ses dérivées restent continues en traversant la droite x = x o, et s'annulent sur cette droite à l'exception du point x = x o, y = 0 qui est un point singulier pour la fonction. Une dérivation immédiate de (40 1) nous montre que la fonction u est solution de (39). La fonction u n'est visiblement pas une fonction analytique et régulière de x en tout point de la droite x = x o, car elle est identiquement nulle à gauche de cette droite et distincte de zéro à droite. Donc, la fonction u ne se développe pas en une série entière de (x - xo). La solution (40 1) diffère d'un facteur multiplicatif constant de la solution qui nous donne une source élémentaire de chaleur (tome II, [VII-4-2l).
1-2-7. Caractéristiques réelles et imaginaires. Les coefficients de l'équation (28) ne dépendant que de x et y et pas de u, p et q, on ne peut déterminer le type de cette équation qu'en fixant un point dans l'espace (x, y, u, p, q). Cette équation sera de type hyperbolique, elliptique ou parabolique selon que b2 - ac est >, < ou = O. Soit donnée une bande (29) que nous supposerons réelle. Si l'équation est de type elliptique le long de la bande (29), l'expression du premier membre de la condition (32) ne peut s'annuler et par suite aucune bande réelle ne peut être bande caractéristique. Dans la suite on n'étudiera que le type hyperbolique. L'équation (32) est un trinôme du second degré en :~ qui admet dans le cas hyperbolique deux racines réelles distinctes que nous désignerons par /-11 (x, y, u, p, q) et /-l2 (x, y, u, p, q). L'équation (28) se décompose en deux: dy = /-li dx (i = 1, 2) et les équations (34) se transforment en deux systèmes: dY-fltdx=O, {
a/-li dp -f- h/-l i dx + c dq = 0,
(i=1, 2)
(41)
du= p dx+qdy,
auxquels correspondent deux systèmes de caractéristiques. La situation se simplifie singulièrement lorsque les coefficients a, b et c en les dérivées secondes de l'équation (28) dépendent seulement des variables indépendantes (x, y). L'équation (32) se transfor7·
100
CH. 1. THEORIE DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
me alors en une équation différentielle ordinaire du premier ordre: a (x, y) dy 2
-
2b (x, y) dx dy
+ c (x,
y) dx 2 = O.
Dans le cas hyperbolique, cette équation définit dans le plan (x, y) deux familles de courbes appelées courbes caractéristiques, ou caractéristiques, de l'équation (28). Si l'on se donne des conditions initiales, c'est-à-dire la fonction u et sa dérivée première sur une courbe caractéristique, alors la bande ainsi obtenue soit nous conduit à un système (30) incompatible, soit est une bande caractéristique. Si la courbe support des conditions initiales n'est pas caractéristique, alors le système (30) admet une solution et l'on obtient des valeurs bien définies pour les dérivées secondes et d'ordre supérieur. Dans le cas elliptique, l'équation (32) possède des racines imaginaires et l'on n'obtient pas de courbes caractéristiques dans le plan (x, y). Si le~ variables (x, y) sont complexes, on peut déduire les caractéristiques imaginaires à partir de l'équation (32). On admet évidemment que toutes les fonctions sont analytiques. Dans le cas parabolique enfin, l'équation (32) nous donne une famille de caractéristiques dans le plan (x, y). On voit en s'adressant aux résultats du (1-2-3] que pour réduire l'équation à sa forme' canonique on a pris une famille de courbes caractéristiques pour lignes de coordonnées dans le plan (x, y). 1-2-8. Théorèmes fondamentaux. Comme dans le cas d'une équation du premier ordre, la variété caractéristique joue un rôle essentiel dans l'intégration d'une équation du second ordre. Les équations du second ordre sont justiciables des mêmes théorèmes fondamentaux que celles du premier ordre. Supposons que le long d'une courbe l de l'espace (x, y, u) deux surfaces intégrales de l'équation (28) présentent un contact d'ordre fini, c'est-à-dire que ces surfaces intégrales possèdent le long de cette courbe un plan tangent commun, mais certaines dérivées d'ordre supérieur au premier sont distinctes le long de cette courbe. Il est immédiat de voir que cette courbe et le plan tangent le long d'elle forment une bande caractéristique. En effet, si la bande obtenue n'était pas caractéristique, alors des raisonnements de (I-2-61 il s'ensuivrait que l'on obtiendrait des valeurs bien définies pour les dérivées de tout ordre le long de la courbe l. On a donc le Thé
0
r ème 1. Si deux surfaces caractéristiques présentent un
contact d'ordre fini le long d'une courbe l, alors cette courbe et le plan tangent le long d'elle forment une bande caractéristique.
La propriété essentielle d'une bande caractéristique est que le long d'elle l'équation nous conduit à un système (30) indéterminé. Cette propriété ne dépend visiblement pas du choix des variables indépendantes, d'où le
1-2-8. TH:mORElMES FONDAMENTAUX
101
Thé 0 r è "m e 2. Les bandes caractéristiques se transforment en bandes caractéristiques par tout changement des variables x, y inversible et différentiable. Soit donnée une surface intégrale S de l'équation (28). Sur cette surface u, p et q sont des fonctions définies des variables (x, y). En portant u, p et q dans les coefficients de l'équation (28), on exprime ces derniers en fonction de (x, y) et l'équation (32) devient une équation différentielle du premier ordre définissant deux systèmes de courbes l sur S. Les équations (23) et (32) seront satisfaites le long de chaque courbe l. Il est immédiat de voir que cette équation est identiquement satisfaite en tout point d'une courbe l. S'il en était autrement, il existerait un point M en lequel le système définissant les dérivées secondes serait impossible. Ce qui contredit le fait que la bande définie par la courbe l et le plan tangent à S en M se trouve sur S. On obtient ainsi le Thé 0 r ème 3. Toute surface intégrale peut être recouverte par une famille de bandes caractéristiques. Signalons que si l'on se place dans un domaine réel, ce résultat n'est valable que pour les cas hyperbolique et parabolique. Dans le premier cas la surface intégrale peut être recouverte par deux familles de bandes caractéristiques. Prouvons la réciproque. Thé 0 r ème 4. Si une famille de bandes caractéristiques forme une surface S d'équation u = u (x, y), où u (x, y) est bicontinûment dérivable, alors S est une surface intégrale de l'équation (28). Soit donnée une surface S recouverte par une famille de bandes le long desquelles sont satisfaites les équations (34). Le long de chacune de ces bandes on a dp = r dx
+ s dy;
dq = s dx
+ t dy.
En portant ces expressions dans la deuxième équation (34), on obtient as dy 2
+ (ar + ct + h) dx dy + cs dx a dy 2b dx dy + dx 2 -
C
2
=
2
=
0, O.
En multipliant la deuxième équation par s et en retranchant ensuite de la première, on obtient l'équation (28). A signaler que dx dy est non nul, puisque x et y sont des variables indépendantes. Dans le cas d'une équation du premier ordre, on disposait d'un système d'équations différentielles ordinaires pour la détermination des bandes caractéristiques, grâce à quoi l'intégration de l'équation aux dérivées partielles du premier ordre s'est ramenée à celle d'un système d'équations différentielles ordinaires. Dans le cas présent le système (34) est un système de trois équations (aux différentielles totales) pour les cinq fonctions inconnues.E. L é v i (Math. Ann.,
102
CH. 1. THÉORIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIVEES PARTIELLES
1927, 97) montre comment élargir le système (34) de façon à obtenir un système spécial de cinq équations différentielles du premier ordre à cinq fonctions inconnues. Il exhibe la solution du problème de Cauchy pour ce système, ce qui nous donne la solution du problème de Cauchy pour l'équation (28). Dans le numéro suivant on traitera des cas particuliers où le système (34) admet une intégrale. 1-2-9. Intégrales intermédiaires. Pour simplifier les calculs on ramène les ·équations (41) qui définissent les bandes caractéristiques à une nouvelle forme. En se rappelant que le produit des racines d'une équation du second degré est fllfl2="::' , on peut mettre le système (41) pour i = 1 sous la forme a h dy - fll dx = 0; dp fl2 dq dx = 0; du - (p qlll) dx = O. a
+
+-
+
(42)
Le système correspondant à i = 2 se déduit du précédent par permutation de f-tl et 112' Cherchons une solution V (x, y, u, p, q) dont la différentielle totale est nulle en vertu des équations (42): V x dx
+ V y dy + Vu du + Vp dp + V q dq =
O.
(43)
En tirant dy, du et dp à partir du système '(42) et en les portant dans (43), on doit annuler les coefficients en dx et dq. Donc, pour que la fonction V soit une intégrale du système (42), soit V (x, y, u, p, q) = C,
(44)
il est nécessaire et suffisant qu'elle vérifie les deux équations linéaires à dérivées partielles du premier ordre: h VX+IlIVy+ (P+lllq) Vu - -a V p =0, {
(45)
V q -1l2Vp = O.
Si l'on intervertit III et 112, on obtient un système analogue exprimant la condition nécessaire et suffisante pour que la fonction V soit une intégrale du deuxième système de bandes caractéristiques. Les méthodes de résolution du système (45) ont été développées au (1-1-22]. Supposons qu'on ait réussi à trouver une solution de ce système distincte de la solution triviale qui est égale à une constante. Montrons que toute solution non singulière de l'équation du premier ordre (44) est solution de l'équation (28). En effet, la différentielle totale de V doit s'annuler en vertu de (42), c'est-à-dire doit être une combinaison linéaire des premiers membres de ces équations:
dV=a(dY-llldx)+~(dP+1l2dQ+:
dX)+Y(dU-Pdx-qdy).
(46)
Supposons qu'on connaisse une surface intégrale S de l'équation (44). Sur cette surface, u, p et q sont des fonctions définies de (x, y) et l'intégration de l'équation du premier ordre dy - J.l-l dx = 0 nous donne une famille de courbes qui recouvrent la surface S. De plus le long de ces courbes on a de toute évidence du = p dx q dy. Les expressions en a et y de la formule (46) étant nulles le long des courbes l, on a le long de ces courbes, c'est-à-dire sur S:
+
~
(dp+1l2 dq+ :
dX) =0.
1-2-10.
~QUATIONS
DE MONGE-AMP:ElRE
103
La surface S n'est pas une solution singulière par hypothèse, donc le coefficient en dp ou dq de (43) est non nul. Il s'ensuit que ~ =1= 0 et par suite les équations (42) sont toutes trois satisfaites sur les courbes l, c'est-à-dire que la surface S est recouverte par les bandes caractéristiques de l'équation (28). En vertu du théorème 4 du numéro précédent, cette surface est une surface intégrale de l'équation (28). Donc, étant en possession de l'intégrale (44), on obtient une certaine classe de solutions de l'équation (28) par intégration de l'équation du premier ordre (44). Soient VI et V 2 deux solutions indépendantes du système (45). L'expression VI -
+ 2bs + ct + g (rt -
S2)
+h =
0
(g =1= 0),
appelées généralement équations de Monge-Ampère. Le système qui permet de déterminer les dérivées secondes le long d'une bande n'admet une solution qu'à la condition que l'expression A = a dy 2
-
2b dx dg
+ c dx~ + g (dx dp + dy dq)
soit non nulle. Si cette expression est nulle et l'expression B
=
a dp dy
+ h dx dg + c dq dx + g dp dq
ne l'est pas, on a alors affaire à un système incompatible. Une bande caractéristique est définie par les trois équations suivantes: A = 0;
B = 0;
du
= p dx
+ q dg.
f04
CH. 1. TH:f:ORIE DES :f:QUATIONS AUX D:E:RIV:E:ES PARTIELLES
Si l'on désigne par
les racines de l'équation f.l2 2bf.l ac - gh = 0, on peut déterminer les deux systèmes de bandes caractéristiques à partir des équations g dp + c dx + f.ll dy = 0; g dq + a dy + f.l2 dx = 0; du = p dx + q dy. Le deuxième système se déduit du précédent par permutation de f.ll et f.l2. Tous ces résultats s'obtiennent par les mêmes calculs que plus haut. Les équations de Monge-Ampère sont justiciables des théorèmes fondamentaux de [1-2-8]. Pour déterminer les intégrales intermédiaires on se sert du système f.ll
et
f.l2
+
+
Vx+pVu-~ vp_..tL Vq=O, g g Vy+qV u _..1:2.- V p_.!:. Vq=O. g
g
Le second système s'obtient par permutation de f.ll et des intégrales intermédiaires restent en vigueur.
f.l2.
Toutes les propriétés
1-2-11. Caractéristiques dans le cas de n variables. Considérons maintenant une équation du second ordre de n variables indépendantes: n
2J
i, k=1
ail~ux,xk+···=O
(aik=aki),
(48)
l
les termes omis ne contenant pas de dérivées du second ordre. On admettra provisoirement que les coefficients aik ne dépendent que des variables indépendantes X S • On se bornera à établir la condition sous laquelle l' équation (48) avec des conditions initiales ne permet pas de déterminer de façon unique les dérivées du second ordre, c'està-dire conduit à un système incompatible ou indéterminé. Cette condition est identique à la condition (32) pour deux variables indépendantes. On commence par le cas où les conditions initiales sont spéciales: U 1 (0)=cp(x 2 , · · .,xn ); Xl=Xl ux11 Xl=Xl<0>
=
tp (x 2 ,
••• ,
x n ).
Ces conditions permettent de déterminer toutes les dérivées premières et toutes les dérivées secondes à l'exception de U X1X1 sur l'hyperplan Xl = xt. Pour trouver la dérivée U X1X1 il faut poser Xl = x~O) dans l'équation (48). Si au =1= 0, on obtient une valeur bien définie pour cette dérivée. Si au = 0, on obtient une égalité impossible ou une identité. Donc, si les conditions initiales sont spéciales, la condition cherchée est au = O. (49) Passons maintenant au cas général où les conditions initiales sont supportées par une hypersurface S: <ù l (Xl' • • • ,. X n ) = O. (50)
1-2-11.
CARACT~RISTIQUES
Outre la fonction
(01
DANS LE CAS DE n VARIABLES
considérons n - 1 fonctions
1OS>
(0 S (Xl' • • • , X n }
(s = 2, ... , n) telles que l'on puisse effectuer le changement de
variables: x;
=
(Os
(Xl' • • • ,
x n ) (s
= 1, ... ,
n),
(51)
c'est-à-dire telles que ces dernières équations soient solubles par rapport à X S • Exprimons les dérivées par rapport aux anciennes variables en fonction des dérivées par rapport aux nouvelles variables en ne retenant que les termes contenant les dérivées qui nous intéressent:
L'équation transformée s'écrit al/luXlXl , ,+
... =
0,
(52),
où i, h=1
les termes omis ne contenant pas la dérivée Ux'x'. En vertu de (51)' l l les conditions initiales de l'équation transformée sont données sur l'hyperplan x~ = 0, c'est-à-dire sont spéciales. On peut donc se servir de la condition (49) mais seulement par rapport aux nouvelles variables. En tenant compte de (52), on peut donc affirmer que pour que les conditions initiales supportées par l'hypersurface (50) conduisent à une indétermination ou une incompatibilité lors de la re-cherche des dérivées secondes, il est nécessaire et suffisant que la, fonction (01 soit solution de l'équation (53);
cette équation étant vérifiée aussi pour (01 = O. Toute hypersurfaceremplissant cette condition sera appelée surface caractéristique, ou caractéristique, de l'équation (48). " un pOln . t M 0 (Xl(Q) , • • ., Xn!" 1es coeff·· Sl· l' on repere IClen t s aile prendront en ce point des valeurs bien définies que l'on désignera. par aiZ). Appelons direction caractéristique de la normale en M ().. la direction du vecteur dont les coordonnées réelles al' ... , an. vérifient l'équation (0) )
L'équation (53) exprime qu'en tout point de la surface S la directiofr de la normale à S est une direction caractéristique de la normale. Si la surface S est telle qu'en aucun de ses points la direction de lanormale n'est caractéristique, c'est-à-dire que le premier membre de-
106
CH. I. TH1WRIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIV:E:ES PARTIELLES
{53) est non nul sur S, alors d'après ce qui a été dit plus haut, le -changement de variables (51) ramène l'équation (48) à la forme
et donne de la surface S le plan x~ = O. Ceci permet de transformer le problème de Cauchy sur S en un problème de Cauchy sur le plan -x~ = O. Si l'équation (48) possède par exemple des coefficients analytiques et si la surface Sn' est pas caractéristique et 00 1 est une fonction analytique, alors le problème de Cauchy transformé (c'est-à-dire sur le plan x~ = 0) peut être résolu sous des conditions appropriées à l'aide du théorème de Kovalevskaïa. Si la surface S est caractéristique, alors la fonction u et ses dérivées partielles du premier ordre ·doivent être reliées par une certaine relation sur S. En effet, pour ·démontrer cette assertion il suffit de trouver une relation entre u et ses dérivées partielles par rapport à x~, ... , x~. Rappelons que l'équation de S est simplement x~ = O. Si S est une surface caracté-ristique, alors a~l = 0 pour x~ = 0 dans l'équation transformée et J'on obtient l'équation
"où les termes omis ne contiennent que les dérivées premières. Donc, les fonctions !Po et CP1 sont reliées par: n
~ i, k=2
2
, 8 cpo aik 8 '8 ' x· xk t
n
+
~'OCPl ,a 1 i --ç;-;vX.
i=2
+ . . . = 0.
t
-Cette expression ne se ramène pas à une identité par rapport à (flo -et CP1. Supposons maintenant que les coefficients aik dépendent de x s , de u et de U xs • Les conditions initiales sur la variété (50) à n - 1 -dimensions dépendent de n - 1 paramètres. Supposons que ces paramètres sont X 2 , ••• , X n • En portant les expressions des conditions .initiales dans les coefficients aik, on obtiendra comme précédemment l'équation (53) qui doit être satisfaite en vertu de (50) et l'on peut . alors dire si la surface S d'équation 00 1 = 0 est caractéristique sous les conditions initiales données. Dans la suite on se limitera au seul cas où les coefficients aik ,dépendent uniquement de X s • A noter que si l'équation (48) est de .type elliptique, alors comme dans le cas de deux variables, l'équa.tion (53) ne possède pas de solutions réelles autres que 00 1 = const. La solution 00 1 = const ne présente manifestement pas d'intérêt )Jour notre problème.
107
1-2-12. BICARACTBRISTIQUES
1-2-12. Bicaractéristques. L'équation (53) doit être satisfaite en
vertu de (50). Exigeons qu'elle soit identiquement vérifiée par rapport à X S • Sous ces conditions, l'équation (53) est une équation différentielle aux dérivées partielles du premier ordre dont toute solution distincte d'une constante nous donnera une famille de caractéristiques: (54) où C est une constante arbitraire. Réciproquement, pour que l'équation (54) définisse une famille de caractéristiques, il est nécessaire et suffisant que la fonction w l soit solution de l'équation (53). On démontre comme plus haut [1-1-21 que toute caractéristique peut être englobée dans une famille de la forme (54) et donc que les solutions de l'équation (53) définissent toutes les caractéristiques. Dans les équations de physique mathématique, la variable temps joue un rôle exceptionnel en regard des autres variables qui sont assimilées aux coordonnées spatiales. On admettra dans la suite que la variable temps est X n et l'on posera X n = t. Pour les autres variables 'on se servira des notations Xl' • • . , X m , autrement dit, on conviendra que n = m 1. Ecrivons l'équation de la surface (50) sous la forme résolue par rapport à t, soit: t - W (Xl' . . • , x m ) = 0 et supposons que les coefficients aik ne dépendent pas de t. En portant le premier membre de l'équation t - W = 0 dans (53), on obtient l'équation suivante pour la fonction W :
+
m
"LJ
m
ôw -ôôw - 2 "LJ ai1~ -aXi Xk
i, k=l
ain
ôw + a -ann = Xi
o.
(55)
i=l
En principe, cette équation doit être satisfaite du fait que t = w. Or, elle ne contient pas t, donc on peut affirmer qu'elle est identiquement vérifiée. Revenons au cas général et écrivons le système de Cauchy correspondant à l'équation du premier ordre (53). L'équation (53) ne renfermant pas la fonction W Il on omettra la relation du système de Cauchy qui contient dw 1. On obtient ainsi le système d'équations différentielles ordinaires suivant:
(k = 1, 2, ... , n) n
dPk = _ ds
'" LJ i, ;=1
où s est un paramètre auxiliaire. Considérons une famille d'hypersurfaces caractéristiques Cù l (Xl' • • • , X n ) = C et posons Pk = ~Wl. (,xk
108
CH. I.
TH~ORIE
DSR~ES
DES :eQUATIONS AUX
PARTIELLES
Les Pi sont des fonctions de (Xl' ••. , x n ). En les portant dans les seconds membres des équations (56 1), on obtient un système du premier ordre pour (Xl' .•. , x n ). Si l'on prend une solution quelconque de ce système et qu'on la porte dans les expressions de Pk, on s'assure immédiatement que les fonctions obtenues sont solutions des équations (56 2). En effet n
n
i,3=1
i,3=1
(57) En remplaçant l'indice k par j dans l'équation (53) et en dérivant les deux membres par rapport à Xk, on trouve n
~ ôai i LJ . iJx~ PiPi
n
+
i, 3=1
+
~ ôPi LJ aii iJxk Pi. i,3=1
n
~ LJ
ôPi 0 aijPi ôXk ::::::s •
i,3=1
Les deux dernières sommes sont égales, puisque ail = identité nous permet de mettre (57) sous la forme dpk ds
=
aii.
Cette
n ~
_
LJ i,3=1
qui n'est autre que l'équation (56 2 ). Signalons que la relation (54) est une intégrale du système (56 1 ). En effet, n
~~1
=
~
k=1
n
k
: : : . d:S
=
2
~
i, k=1
aik
::~ ~~~
,
et la dernière somme est identiquement nulle en vertu de (53). Les courbes de l'espace Rn de point générique (Xl' ... , x n) obtenues par intégration du système (56 1 ) dans lequel on aura posé Pi = ~~~ s'appellent bicaractéristiques correspondant au système 001 = C des surfaces caractéristiques. Si lors de l'intégration du système (56 1 ) on prend pour point initial XkO l un point situé sur une hypersurface (ù 1 = Co, alors la bicaractéristique correspondante sera tout entière située sur cette hypersurface, autrement dit, toute surface caractéristique de l'équation (48) peut être formée de bicaractéristiques. Exhibons maintenant les conditions sous lesquelles les solutions du système (56 1 ), (56 2 ) forment une hypersurface caractéristique. La surface (54) est une variété à n - 1 dimensions dans Rn. Etant donné que le paramètre s figure dans l'équation de la bicaractéristique, pour former l'équation de l 'hypersurface caractéristique (54) il faut prendre une famille de bicaractéristiques dépendant de n -. 2 paramètres. On admettra que les valeurs initiales xkO l et PhO l des variables figurant dans le
1-2-12. BICARACT:eRISTIQUES
109
système (56 1), - (56 2) dépendent de n - 2 paramètres t 1 , • • • , t n -2En reprenant les raisonnements de [1-1-8] on s'assure sans peine qu'une condition nécessaire et suffisante pour que la famille de bicaractéristiques obtenue définisse une hypersurface caractéristique est que les valeurs initiales x~) et PkO) vérifient les relations suivantes [1-1-12]: n ~
LJ
a~O)p~O)p(O) - 0 lkl k-,
(58)
=0
(59)
i, k=1 n ~
L..J
p(O) 8
ôx
Ôt.}
(j = 1, ... , n - 2),
s=1
où aWi = aik (x~O». Ceci étant, on admet que l'un au moins des jacobiens d'ordre n - 1 des variables (Xh ... , x n ) par rapport aux paramètres (s, t 1 , • • • , t n - 2 ) est non nul. Tous les résultats exhibés découlent directement de la méthode de Cauchy d'intégration d'une équation du premier ordre (1-1-12). Une légère complication est apportée ici par le fait que l'équation de la surface intégrale est cherchée sous la forme implicite (01 (Xl' ..• . . . , x n ) = C et par suite le système de Cauchy (56) ne contient pas la fonction (01. Une surface intégrale singulière de l'équation (53), dite conoïde ~aractéristique, joue un rôle essentiel en physique mathématique. Le -conoïde s'obtient par la méthode précédente en admettant que les x'k° l (le sommet du conoïde) sont fixes, c'est-à-dire ne dépendent pas des paramètres, et en imposant aux p'k0 ) de vérifier la condition (58). Signalons que cette équation définit n quantités p'k0 ) comme des fonctions de n - 1 paramètres. L'équation (58) étant homogène, l'un des paramètres figure comme facteur dans PhO). On vérifie sans peine que les équations (56 1 ) et (56 2) ne changent pas si l'on remplace s par.!.a s et Pk par apk, où a ne dépend pas de s. Donc, le paramètre qui figure -comme facteur dans PhO) est redondant, car il figurera de toute façon par l'intermédaiaire de s. On peut donc considérer que l'une des quantités PkO) est égale par exemple à 1. Si les coefficients aik sont constants, les équations (56 2 ) montrent qu'il en sera de même des Pk et l'on voit sur les équations (56 1) que Xk seront des polynômes du premier degré en s, autrement dit, si les coefficients aik sont constants, les bicaractéristiques sont des àroites· de Rn. Traitons un cas particulier important. Posons Xl = t et considé...ons l'équation de forme spéciale m
Utt -
2J
i, k=1
aikuXiXk + ... = 0,
(60)
110
CH. 1.
TH~ORIE
D~RIV~ES
DES ÉQUATIONS AUX
PARTIELLES
où m = n - 1 et les coefficients aih ne contiennent pas t, c'est-à-dire dépendent seulement de X h • • • , X m • On admettra que la forme quadratique m
2J
1, h=l
aihSiSh
sS'
est définie positive pour toutes les valeurs de s'écrit dans ce cas
L'équation (53)
m (
O~oot1
) 2_
'"
LI
u
000 1 oro1 -_ 0 oXi
OXh -
•
i, k=l
On cherchera une hypersurface caractéristique sous la forme résolue par rapport à t: (ù
(Xh • • • ,
Xm ) -
t
0 ou t
=
Sous ces conditions Po = ~~1 premier ordre
=
=
(Xl'
(ù
••. ,
X m ).
(61)
-1 et l'on obtient l'équation du
m
~
1
(62)
aikPiPk = 1.
(63)
aik(ÙXi(ÙXk =
i, h=l
ou m
LJ
i, k=l
Le système de Cauchy correspondant est: dt
dXk m
2
~
m
2
ahiPi
~
i, k=1
i=l
dPh
-
m
aikPiPk 'i,
~
i=l
oaij OXk
PiPj
Si l'on particularise une hypersurface (61), alors de (63) et du dernier système, il s'ensuit que les bicaractéristiques qui la forment doivent satisfaire au système suivant: dXk
m ~
(f't = LI
akiPi
(64)
i=l
On peut traiter la surface (61) non pas comme une surface fixe dans l'espace Rn de point générique (Xl' . . . , X m, t), mais comme une surface mobile dans l'espace Rm de point générique (Xl' ... • • 0' x m ). On traitera par ailleurs les solutions du système (64) comme des courbes Iv de Rm paramétrées par le temps t. Ceci étant, la courbe  ne sera pas située sur la surface mobile (61).
1-2-13. LIEN AVEC UN
PROBL~ME
Ht
VARIATIONNEL
Si par exemple dans l'espace R3 de point générique (Xl' on a affaire au cône X~ X~ - c2t 2 = 0,
X2,
t)
+
alors on doit le traiter dans le plan (Xl' X 2) comme un cercle centré en l'origine, de rayon variable ct. Si les génératrices rectilignes de cecône sont des bicaractéristiques, alors les lignes  constituent dans le plan (Xl' X 2 ) un faisceau de droites issues de l'origine. On verra plus loin que cet exemple correspond au cas où l'équation donnéeest l'équation des ondes 2 Utt - c (U XIXI U X2X2 ) = O.
+
1-2-13. Lien avec un problème variationnel. Soit A la matricedes coefficients aik' La résolution du système (64) par rapport à Pi nous donne P = A -1 ~;, où A -1 est la matrice inverse de A. En portant les expressions de Pi dans l'équation (63), on transforme la forme· quadratique de Pi en une forme quadratique de ~; , c'est-à-dire qu'on obtient (65} où la matrice B des coefficients b ik se déduit de A à l'aide de la formule (tome III I , [11-2-1]):
= (A _1)* AA -1 = (A -1)*, ou encore, puisque A est symétrique, B = A -1. B
Munissons l'espace Rm de la métrique m
2
2.J
da =. b ik dXi dXk o i, k=1
L'intégrale
J
da
/
=
JV
m
~
i, k=l
'
bik dXi dXh
=
tl ....
f
JV to
m
~
(66}
i, h=l
étendue à une bicaractéristique quelconque d'une hypersurface caractéristique (61) est égale en vertu de (65) à la différence des bornes d'intégration, autrement dit, la longueur de tout arc de la bicaractéristique indiquée est égale, pour la métrique (66), à la différence des valeurs de t correspondant aux extrémités de cet arc. En comparant les résultats précédents à ceux de (tome IVl , [II-20]) on constate que l'équation (63) est l'équation de la fonction fondamentale d'un champ d'un problème aux variations posé pour
1.f2
CH. 1. THBORIE DES BQUATIONS AUX DBRIV:mES PARTIELLES
l'intégrale (66). Donc, la famille d'hypersurfaces (0 (Xl' ... , x m ) = t ·.est la famille de surfaces transversales d'un champ du problème aux variations posé pour l'intégrale (66). Il est aisé par ailleurs de vérifier que les bicaractéristiques correspondant à la famille de surfaces caractéristiques et définies par les équations (64) seront les extrémales ·de ce champ. Pour le prouver il suffit de s'assurer, en se servant de l'équation (64), que les bicaractéristiques coupent transversalement ,les hypersurfaces (0 (x l ' . . ., X m ) = t. En effet, la condition de transversalité se réduit à la proportionnalité de Pi = (0 Xi et des dérivées de l'intégrant de (66) par rapport à x; (tome IVl , [II-20)), c'est-à-dire à la proportionnalité de Pi m
·et de 2Jbi1~Xk. La résolution de l'équation (64) par rapport à Pi k=l
,nous donne m
Pi =
2J
k=l
bi1~Xh
'ee qui prouve notre assertion, savoir que la famille d'hypersurfaces caractéristiques est coupée transversalement par les bicaractéristiques. A noter que si nous avons affaire à un conoïde caractéristique, la famille de surfaces transversales est une famille de quasi-sphères de rayons t dont le centre (x(~), .•. , x~») est le sommet du conoïde. Si l'équation (60) décrit un processus ondulatoire dans l'espace R m • .alors l'équation du premier ordre (63) définit l'optique géométrique de ce processus à l'aide des surfaces caractéristiques et les bicaractéristiques sont les rayons définissant cette optique géométrique. Ces ,
L] ai1~uX'Xh + ... = 0
i, h=1
l
(ahi
= aik),
(67)
I-Z-U..PROPAGATIOK DE LA SURPACB DE DISCONTINUITS
H3
où aik sont des -fonctions données de (XIt ••• , x n ). Les surfaces caractéristiques seront définies par l'équation n
D (Xl' ••• ,
Xn ,
Pl' "', Pn) =
(Pt
2J
i, k=1
aikPtPk =
°
= ~:~ ) ,
(68)
où D (Xl' ••. , X n , Pl' . . ., Pn) désigne le premier membre de l'équation. Le système de Cauchy correspondant à cette équation, c'està-dire le système d'équations différentielles ordinaires définissant les bicaractéristiques, est constitué des équations (56 1 ) et (56 2). En remplaçant le paramètre auxiliaire 8 par 8/2 on ramène ce système à la forme: dXk
1
1
dpk
dS='2 D pk; fiS = -TDxk (k= 1, ... , n).
(69)
Les premières équations de ce système sont de la forme: (k=1, 2, ... , n).
En les résolvant par rapport à Pt et en portant Pi dans l'équation (68), on obtient n
(70) où B = A -1. Munissons Rn de la métrique n
da: = ~
i, k=l
b'k dXi dXk'
La différence essentielle qui existe avec le cas précédent est que le second membre de cette formule peut pour une équation de type hyperbolique prendre des valeurs aussi bien strictement positives que strictement négatives {forme quadratique alternée (tome IIIIt [11-2-41) et par suite dal peut être imaginaire. De (70) il s'ensuit que les bicaractéristiques sont caractérisées par la relation da l = 0, c'est-à-dire que la longueur de tout segment de bicaractéristique est nulle pour la métrique adoptée. 1-2-14. Propagation de la surface de discontinuité. Supposons que les dérivées secondes d'une solution u de l'équation (48) présentent sur la surface (71) 8-01017
H4
CH. 1. TJtBOlUB DES .8QUATIONS4UXDPIV8BS PARTIBLLES
une discontinuité de premjère espèce, mais cette fonction et se~ dérivées premières restent continues en traversant la surface (71). La solution u sera traitée des deux côtés de la surface (71) comme deux solutions distinctes de l'équation (48). Ces solutions vérifient les mêmes conditions initiales sur cette surface, mais leurs dérivées secondes prennent des valeurs différentes. On peut donc affirmer que la surface (71) doit être une surface caractéristique de l'équation (67). On aurait obtenu le même résultat en supposant que la solution u et ses dérivées partielles premières et secondes restent continues à la traversée de la surface (71), les dérivées d'ordre supérieur présentant, elles, une discontinuité. On dit qu'une solution de l'équation du second ordre (67) présente une discontinuité faible sur la surface (71) si à la traversée de cette surface elle reste continue avec ses dérivées premières, et certaines de ses dérivées d'ordre supérieur sont discontinues. Des raisonnements précédents il s'ensuit que seule une surface caractéristique peut être une surface de faible discontinuité. En assimilant la variable X n au temps t (x n = t), on transforme l'équation (71) en l'équation horaire d'une surface de faible discontinuité dans l'espace Rm: '1' (Xl' ••• , X m , t) = O. (72) Déterminons la vitesse de propagation de cette surface. Repérons un point M sur la surface (72) et menons à partir de M la normale ~t le point M à cette surface dans le sens où '1' > O. A l'instant t se retrouve en Ml. La limite du rapport MMI / ~t lorsque ~t-+ 0 s'appelle vitesse de propagation de la surface (72). Soit
+
~ '1'~ .. Vf i=1
g= ..
(73)
1
Les cosinus directeurs de la normale en M ont pour expression
'1'x, cos (n, Xi)=-. g
(74)
Dérivons la relation (72): m
LJ
i=1
'!'Xi dx, + '!'t dt = O.
La quantité dx i peut être traitée comme la projetée du déplacement infiniment petit MMlle long de la normale sur l'axe OXi. On a donc m
lJ
i=1
'1'x·MMl cos (n, '
X,)
+ '1't dt =
O.
115
I-2-1i. PROPAGATION DE LA SURFACE DE DtSCONTINUIT~
En tenant compte de (74) on obtient l'expression suivante pour la vitesse du mouvement de la surface (72): p= -~. g
(75)
Si m = 2, on obtient une courbe mobile sur le plan (XIt x 2 ), si m = 3, une surface mobile dans l'espace (:Ch X 2 , xs). Examinons à titre d'exemple l'équation des ondes pour m Uu -
=
1:
a2u xx = O.
L'équation (53) s'écrit
''l'f - a2"':
= 0 ou
:~
+ a.
=
Cette équation montre que le point de faible discontinuité doit sedéplacer sur l'axe Ox à la vitesse + a. Les caractéristiques seront deux familles de droites x ± at = c du plan (x, t). Considérons encore l'équation Utt -
1 (u x ,
Ut) U xx
=
0,
que l'on rencontre dans l'étude de l'écoulement d'un fluide compressible en dimension un. La condition (53) s'écrit Ut)"'~ = O. Supposons que sur l'axe Ox le fluide est au repos (pour fixer les idées, à gauche du point de discontinuité). On a alors U x = Ut = 0 à gauche et au point de discontinuité. La condition précédente devient "'~ - 1 (0, 0) ",~ = 0, et la vitesse de propagation de la discontinuité a pour expression: p= ± VI(O, 0). (76)
"" - 1 (u x ,
Passons maintenant à l'étude de l'équation des ondes à trois variables indépendantes: Utt -
a2 (u x1xi
+U
X2X2 )
= o.
L'équation (53) s'écrit dans ce cas:
a2 ("'~1 + "'~2) = 0, ou encore ''l'~ - a2g2 = 0 compte tenu de la formule (73). Cette équation du premier ordre exprime que toute courbe caractérisique du plan (Xl' X 2) se déplace à la vitesse a. On obtiendrait le même résultat pour une surface caractéristique de l'espace (Xh X 2 , xs) dans le cas de l'équation des ondes 2 Utt - a (u x1xi + U X2X2 + U X3X3 ) = O.
",t -
Signalons que le coefficient a 2 peut être supposé dépendre de (xIt. X 2 , xa). 8*
1t6
CH. I. TRSORIE DES
~UATIONS
AUX D:&RlV:&ES PARTIELLES
1-2-15. Discontinuités fortes. En étudiant les solutions discontinues des équations du second ordre on a admis que ces solutions et leurs dérivées premières restaient continues à la traversée de la surface de discontinuité, alors que les dérivées d'ordre supérieur présentaient une discontinuité. Ce n'est qu'à cette condition qu'on a pu affirmer que la surface de discontinuité est une surface caractéristique. Passons maintenant à l'étude des discontinuités fortes, c'est-à-dire au cas où sont discontinues les dérivées premières de la solution de l'équation du second ordre. On se propose d'établir les conditions sous lesquelles la surface de discontinuité est nécessairement une surface caractéristique. On étudie l'équation des ondes de trois variables indépendantes. L'opérateur composé du premier membre de cette équation: 1
Du = u xx + u YlI -(i'2 Utt, s'appelle opérateur de Lorentz. Considérons un autre opérateur constitué des dérivées du premier ordre: P (u) = U x cos (n, x)
+ u y cos (n,
1
y) - (i2 Ut cos (n, t),
(77)
n étant une direction dans l'espace (x, y, t). Soient D un domaine de l'espace (x, y, t), S sa frontière et n la direction de la normale extédeure à la surface S. En appliquant la formule de Gauss, on peut comme dans le (tome II, lVII-3-2l) écrire la formule de Green suivante pour l'opérateur de Lorentz:
Jl J[vou-uOv] d't
=
JJ
[vp {u)-uP (v)] dS,
(78)
et v sont des fonctions possédant des dérivées premières et second,es continues dans D. En particulier, quelles que soient u EC 2 (D) et v EC~ (D)*), on a QÙ U
JJJ[vDu-uDv] d't=O.
(79)
D
Supposons que le domaine D est partagé par une surface 0' en deux parties Dl et D 2' cette surface étant une surface de discontinuité pour les dérivées premières de la fonction u. Etablissons les conditions que ·doit remplir cette discontinuité pour que la formule (79) reste valable :sur D tout entier pour une fonction u à dérivées discontinues et une :fonction quelconque v E Cr: (D). On admettra que la fonction u reste 'continue à la traversée de (J. Soient M un point de (J, l, une direction ;quelconque du plan tangent à 0' en M. On admettra que la dérivée , *)On rappelle que C':(D) désigne l'ensemble des fonctions indéfiniment dérivables à support compact appartenant à D.
1-2-15. DISCONTINUlmS FORTES
111
~~ tend vers la même limite que l'on s'approche du point M d'uD, côté ou de l'autre de la surface (J et que cette limite est égale à laI dérivée suivant l des valeurs prises par la fonction u sur (J. Cette condition s'appelle parfois condition de compatibilité cinématique. Si· n est une direction fixe de la normale à (J en M, on admettra qu' à l'ap-, proche de Md 'un côté ou de l'autre de la surface, :: prend des valeurs,' bien définies susceptibles d'être différentes selon le côté considéré.Formulons maintenant la condition de compatibilité dynamique. Cette condition traduit le fait que l'expression (77) tend vers la même limite indépendamment du côté par lequel on s'approche d'uD point de la surface (n est la direction de la normale en ce point),. pourvu que la direction de n soit la même dans les deux cas. On admet par ailleurs que la formule (78) est valable séparément dans les parties Dl et D 2 de D. Ceci aura lieu visiblement si la fonction u" possède des dérivées premières et secondes continues dans Dl et D 2 et sur o. Si l'on applique la formule (78) à Dl et à D 2 , les directions de la normale extérieure à la surface (J seront opposées et les expressions respectives de P (u) seront de signes contraires. En ajoutant ces deux formules, on obtient la formule (79) pour D tout entier, puisque les intégrales étendues à (J se simplifient. La formule (79) est donc vala-ble pour le domaineD tout entier sous les conditions de discontinuité, forte imposées à la fonction u. Exhibons maintenant quelques conséquences importantes des: hypothèses avancées. Soit n le vecteur unitaire de la normale à (J.-. Considérons le produit vectoriel grad u X n. Si l'on désigne par 1 levecteur unitaire qui a le même sens que le projeté de grad u sur le " au au plan tangent a (J, alors grad u = al 1 ann et grad u X n =
+
:~1
n. Ce produit est donc continu à la traversée de (J. Les composantes de ce produit nous sont données par les trois expressions suivantes qui, en vertu des conditions cinématiques de compatibilité. doivent être continues à la traversée de (1: =
X
uxcos(n, y)-uycos(n, x)=M I , ullcos(n, t)-Ut cos (n, y)=M2 , { Ut cos (n, x) - U x cos (n, t) = M 3.
(80)
La condition formulée plus haut nous donne encore une quatrième expression qui doit rester continue à la traversée de (J: uxcos(n, x)+uycos(n, y)-
t
a 2 Ut
cos (n, t)=M i .
(81)
On traitera les équations (80) et (81) comme quatre équations du premier degré en "x, "1/ et "t. Si le rang de la matrice de ce système était.
H8
CH.
r.
TImORIE :DES :€QUATIONS AUX n:mRIV:€ES PARTIELLES
égalà. trois, c'est-à-dire si J'un des déterm.inants d'ordre trois de c'ette matrice était non nul, alors on aurait pu résoudre ce système par rapport à u x , u1/ et Ut et ces dérivées se seraient exprimées par l'intermédiaire des fonctions continues M k' Les dérivées premières de la fonction U étant continues à la traversée de a, on n'aurait pas eu de discontinuité forte. On peut donc affirmer que le rang de la matrice est strictement inférieur à trois, autrement dit, tous les déterminants d'ordre trois de la matrice o cos (n, y) - cos (n, x) o cos (n, t) -cos (n, y) (82) cos (n, x) -cos (n, t) 0 cos (n, x)
1
cos (n,y) --cos(n a2 , t)
sont nuls. Il est. immédiat que
i\~ +~: + i\~ = [ cos2 (n, x) + cos2 (n, y) i\~ = 0, ~k. étant le déterminant obtenu
et k-ième ligne. Donc, dire que les i\h
;2 cos (n, t) 2
par suppression de la sont nuls revient à dire que
2 (n, t)=O. cos2 (n, x)+cos2 (n, y)--;-cos a
Si la surface a a pour équation 'li' (x, y, t) met sous la forme évidente
'li'x + 'l'y 2
2
1 . a2
2
J2 ,
(83)
= 0, alors l'égalité (83) se
0
'li't = ,
et l'on constate donc que dans le cas d'une discontinuité forte, la surface a doit être une surface caractéristique de l'équation 0 u = O. Si la condition (83) est remplie, on démontre aisément que les déterminants d'ordre trois de la matrice (82) sont tous nuls et que Mi est une combinaison linéaire de Ml' M 2 et Ma, plus exactement, cos (n, t) M~ = cos (n, y) M 2 - cos (n, x) Ms. On voit ainsi que si les conditions cinématiques de compatibilité sont remplies, c'est-à..,dire que Ml' M 2 et Ma sont continues et la surface a est une surface caractéristique de l'équation 0 u = 0, alors M", est continue, c'est-à-dire que la condition dynamique de compatibilité est satisfaite. Signalons que dans les raisonnements précédents on a obtenu l'équation de la surface caractéristique sans étudier les solutions de l'équation Ou = f mais en utilisant uniquement l'égalité (79) dont le premier membre contient 0 u. . On a donc prouvé que si une fonction u présente une discontinuité forte sur la surface a et vérifie sur a les conditions cinématiques et
1-2;'18. MATRODB DB JUBMANN
H9
dynamiques de compatibilité, alors (J est une surface caractéristique et la fonction u satisfait l'identité (79) pour tout v E C~ (D) (et tout v E C~ (D». . La réciproque est également vraie: si une fonction u présente une discontinuité forte sur (J, vérifie les conditions cinématiques de comrpatibilité sur (J et l'identité (79) pour tout v E C~ (D), alors (J est une surface caractéristique et la fonction u satisfait la condition dynamique de compatibilité, c'est-à-dire que le saut [P (u)l(J de la fonction P (u) à la traversée de (J est nul. . En effet, on sait que u est continue dans D (donc [ul(J = 0) et {grad ul(J =1= O. De l'identité (79) il s'ensuit que ) v [P (u)]a dB = 0, a
ce qui, en vertu du choix arbitraire de la fonction v (tome IV h [11-2], 1111-4]), entraîne [P (u)la = 0, c'est-à-dire la condition dynamique de compatibilité. Comme [grad ul a =1= et [u~la' [ul/la, [Utla sont solutions du système d'équations (80), (81), ceci n'est possible, ainsi qu'on l'a vu plus haut, que dans le cas où (J est une surface caracté,ristique. Du point de vue physique, l'équation Du = f traduit l'équilibre ·des forces intérieures et extérieures agissant sur un volume élémentaire dans l'espace de point générique (x, y, t), l'équation [P (u)la == ,l'absence de forces extérieures surfaciques agissant sur une surface :élémentaire de(J. L'analyse effectuée montre que ces deux équations sont équivalentes à l'identité
°
°
) )) [vf-uDv]d-r==O, ' D
-où v est une fonction quelconque de C~ (D), si uest bicontinûment dérivable dans Dl et D 2 et sur (J. Dans [I-2-31] on décrira des classes plus larges de solutions discontinues de l'équation 0 u --:- f ainsi que ·d'autres équations différentielles linéaires qui seront définies à partir d'identités de ce type~ 1-2-16. Méthode de Riemann. On se propose maintenant de résouodre le problèm.e de Cauchy en commençant par une équation linéaire ·de deux variables indépendantes réduite à la forme normale: L (u) ."u~1/ a (x, y)u~ b (x, y)ul/ C (x, y)u = f (x, y). (84)
+
+
+
Dans la suite, ·onomettra souvent d'éci-ire les arguments, des; .coefficients et du second membre. Désignons le premier membre de -cette équation par L (u). Rappelons' que la condition (32) qui définit les caractéristiques est de la forme dx dy = 0 pour cette équation, de sorte que les caractértistiques seront des· droites ~ = const et
120
CH. 1. TImORIE
DES'~ATIONS Ame
DSRIVSES PARTIELLES
const, parallèles aux axes de coordonnées. Outre l'opérateur L Cu) on considère l'opérateur adjoint défini comme suit: L* (v) = v Xll - {av)x - (bv)lI cv.
y =
+
On admet de toute évidence que les coefficients a et b sont continûment dérivables. En se servant des expressions de L Cu) et L* (v), on établit immédiatement l'identité élémentaire suivante:
2 [vL Cu) - uL* (v)] = {uxv - vxu
+ 2buv)1I + + {u v - v u + 2auv)x. ll
ll
(85)
Considérons dans le plan (x, y) un domaine D de frontière Â. et supposons que les fonctions u et v possèdent dans D des dérivées premières et des dérivées secondes mixtes continues. En intégrant les deux membres de l'identité (85) sur le domaine D et en utilisant la formule classique (tome II, [111-2-4])
~~ D
( :; -
~~
) dx dy =
~ P dx + Q dy, Â
on obtient la formule de Green suivante:
2 ~
J[vL (u) -
uL* (v)] dB =
D
=
~
-
(uxv - vxu + 2buv) dx + (uyv - vyu
+ 2auv) dy.
(86)
Â
Passons après ces calculs préalables à la résolution du problème deCauchy pour l'équation (84). Soit donnée dans le plan (x, y) une courbe l qui est coupée én un point au plus par les droites parallèles aux axes de coordonnées. L'équation de cette courbe est de la forme x = x (y) ou y = y (x). On admet que les dérivées x' (y) et y' (x) existent et sont différentes lie zéro sur la portion de courbe l étudiée. On cherche la solution de l'équation (84) qui vérifie des conditions initiales sur l, c'est-à-direque les valeurs de la fonction u et de ses dérivées partielles U x et u ll sont données sur l et de plus du = U x dx u ll dy. On admettra que u, U x et u ll sont données sur l comme des fonctions uniquement de :cou de y. On admet que la fonction qui définit u sur l possède une dérivéecontinue et que U x et u ll sont continues. Les coefficients a et b possèdent, comme indiqué plus haut, des dérivées partielles continues par hypothèse et c et f sont continues dans le domaine contenant l envi-sagé. On montrera dans la suite que ce problème admet une solution sous les conditions posées. On se propose dans l'immédiat d'établir une formule qui nous donnera la solution (si elle existe)_du problème..
+
1-2-16. M2THODE DE RIEMANN
121
Soit B la- région du plan (x, y) limitée par un arc de courbel et deux droites parallèles aux axes de coordonnées issues d'un point fixe P (x, y) (fig. 1). Supposons que l'on connaisse dans ce domaine une solution de l'équation adjointe L* (v) = O. (87) y Pr-----I En appliquant la formule (86) à la solution u cherchée du problème de Cauchy et à la solution v de l'équation (87), on obtient, compte tenu de l'équation (84): - 2 ) ) vj da = ) )
AB
D
-
L'intégration le long de
Â
+ )+ ). BP
(88)
0
x
PA
Fig. 1
se décompose en une intégration le long de-
l'arc AB de courbe l et le long des droites BP et PA parallèles aux axes. L'intégrale le long de l'arc de courbe l est connue, car la fonction u et ses deux dérivées partielles premières sont données sur l. Le long de PA seule x est variable, donc en intégrant le long de PA,. on obtient l'intégrale -
) (uxv - V:JCU
+ 2buv) dx.
PA
La fonction à intégrer peut être mise sous la forme U:JCV -
vxu
+ 2buv =
(uv)x
+ 2u (bv -
v x ),
et par suite -
) (u xv-v xu+2buv)dx=(uv)P-(UV)A- ) 2u(bv- v:JC)dx,. PA
PA
où, par exemple, (uv) p désigne la valeur du produit uv au point P. De façon analogue ) (u yv-v ll u+2auv)dy=(uv)P-(UV)B+ ) 2u(av-v y )dy. BP BP
La formule (88) peut être mise sous la forme suivante: 2v(P)u(P)=
~
[(u xv-v xu+2buv)dx-
AB
- (uyv - vyu
+ 2auv) dy] + U (A) v (A) + u (B) v (E) +
+ ) 2u(bv-vx)dx+ PA
~ PB
2u (av-v y)dy-2 ) ) jvda. D
(89)
122
CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
Supposons que l'on connaisse une solution de l'équation (87) qui vérifie sur les droites PA et PB les conditions suivantes: bv -
Vx
= 0 sur PA et av -
Vu
= 0 sur PB
et qui soit telle que v CP) = 1. Sous ces conditions les intégrales le long de PA et PB disparaissent de la formule (89) et l'on obtient la formule suivante qui exprime la valeur de la fonction cherchée u CP) au point P (x o' Yo): 2u (x o, Yo) = u (A) v (A) + u (B) v (B)-I-
+
~ (u x v-v xu+2buv)dx-(u y v-v y u+2auv)dy-2)) fvda. (90) D
AB
Voyons maintenant plus en détailles conditions que doit remplir la solution v de l'équation (87). Le long de la droite PA on doit avoir Vx
= b (x, Yo) v.
Cette équation peut être traitée comme une équation différentielle de la variable indépendante x. En l'intégrant on obtient les valeurs suivantes de v sur la droite PA : x
S b(x. Yo) dx v (x, Yo)
= eXo
(sur PA).
(91)
(sur PB).
(92)
De façon analogue y
S a(xo. y) dy V
(xo, y) =
eYo
On rappelle que v (x o' Yo) = 1. Ainsi la solution v de l'équation (87) prend sur les doites PA et PB des valeurs données par les formules (91) et (92). Cette solution dépendra visiblement du choix du point (x o, Yo), plus exactement, ce sera une fonction d'un couple de points. Désignons-la par v (x, y; x o, Yo). (93) La solution de l'équation (87) qui vérifie les conditions (91) ~t (92) s'appelle fonction de Riemann. Cette fonction ne dépend ni des conditions initiales sur l, ni de la forme de l. Le point (x, y) fait office d'argument, le point (xo, Yo), de paramètre. A noter qu'on aurait pu prouver l'existence d'une solution en vérifiant directement que la: formule (90) donne bien la fonction u (x o' Yo) qui satisfait l'équation ·(84) et les conditions initiales sur l. Cette vérification présente quelques difficultés, aussi donnera-t-on dans un prochain numéro une autre] démonstration de l'existence de la solution du problème de Cauchy.
1-2-16.
M~THODE
123
DE RIEMANN
La méthode de Riemann ramène la résolution du problème de Cauchy à la recherche de la fonction de Riemann (93). Cette fonction -est solution d'une équation sans second membre (87), du même type que l'équation (84), mais avec des conditions subsidiaires qui diffèrent totalement des conditions initiales, plus exactement, comme on l'a vu plus haut, ces conditions se traduisent par la donnée des valeurs de la seule fonction v sur les caractéristiques PA et PB issues du point donné P. On prouvera dans la suite l'existence de la fonction de Riemann. Signalons !J que la formule (90) a été établie sous réserve Ar·- - - r - - - / que la solution existe. Donc, si cette solution existe, elle s'exprime nécessairement par la formule (90), ce qui prouve l'unicité. Il reste à 13 démontrer que la formule (90) donne bien la solution du problème de Cauchy. On prouve- 0 ra dans la suite non seulement l'existence de Fig. 2 la fonction de Riemann, mais aussi celle de la solution du problème de Cauchy, ce qui traduira le fait que la formule (90) donne bien la solution du problème. Supposons provisoirement que tous les théorèmes d'existence formulés ont été prouvés et étudions quelques corollaires de la formule (90). Nous avons indiqué que cette formule exprime l'unicité de la solution du problème de Cauchy. Par ailleurs, de cette formule il s'ensuit immédiatement que si l'on donne un accroissement aussi petit que l'on veut aux conditions initiales sur l, la solution du problème subit un accroissement aussi petit que l'on veut, autrement dit, la solution du problème de Cauchy dépend continûment des conditions initiales. Il s'ensuit encore de la formule (90) que la valeur de la fonc. tion inconnue u au point P dépend uniquement des conditions initia-
-
-
les sur l'arc AB de l. Si l'on prolonge les conditions initiales sur AB au-delà de A et B de deux] manières différentes, en conservant la continuité de ces conditions en A et B, on obtient en dehors du trian-
-
gle curviligne PAB deux solutions distinctes du problème de Cauchy, . plus exactement, on obtiendra deux systèmes différents de conditions initiales qui seront vérifiées par deux solutions différentes qui,
-
-
toutefois, seront confondues sur le triangle curviligne P AB, vu que les conditions initiales le sont sur AB. Les caractéristiques PA et PB seront ces courbes sur lesquelles les solutions, identiques sur le triangle mentionné, se disloqueront en deux solutions différentes. Les raisonnements de ce numéro n'impliquent pas de toute évidence l'analyticité des fonctions. Nous avons exigé que les parallèles aux axes de coordonnées (les caractéristiques) coupent la courbe l en un point au plus. Voyons la signification de cette condition. Prenons une courbe II (fig. 2) coupée en deux points par les parallèles
124
CH. 1. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIY:eES PARTIELLES
à l'axe des x et supposons que les conditions initiales sont données sur lI' En appliquant la méthode de Riemann on peut déterminer la valeur de la fonction u au point P en se servant du triangle curvili-
-
-
gnePAB ou PBC. Ces deux formules nous donnent des valeurs de U généralement différentes en P, donc le problème n'admet pas de solution. 1-2-17. Conditions initiales caractéristiques. Considérons maintenant le problème auquel nous a conduits la construction de la fonction de Riemann. Examinons seulement le cas d'une équation sans second membre. On demande de trouver une solution de l'équation. UXl/
+ aux + bUll + cu =
0,
(94)
si sont données uniquement les valeurs de la fonction inconnue U sur les droites CA et CB parallèles aux axes (cf. fig. 1). Soit (S,11) les coordonnées du point C. Signalons que si l'on connaît les valeurs de U sur CB, l'on connaît de même les valeurs de la dérivée partielle U x sur CB. Donc, en faisant y = 11 et en portant les fonctions connues U et U x dans l'équation (94), on obtient une équation différentielle ordinaire du premier ordre pour la fonction ul/ le long de CB. L'intégration de cette équation nous donnera la dérivée partielle ul/ le long de CB. De façon analogue, si l'on connaît U sur CA, l'on connaîtra de même les deux dérivées partielles premières de U sur CA. Les constantes arbitraires d'intégration des équations différentielles du premier ordre peuvent être déterminées du fait que ul/ et U x peuvent être supposées connues au point C. Ces raisonnements nous montrent pourquoi il suffit de connaître uniquement les valeurs de la fonction U le long des caractéristiques CA et CB. La méthode de Riemann s'applique intégralement au problème considéré et nous donne la formule 2u (P) =
U
(A) v (A)
+
+ U (B) v (B) +
~
~
(uyv-vllu+ 2auv) dy+
CA
(uxv -vxu
+ 2buv) dx,
CR
où, comme précédemment, v est la fonction de Riemann (93). Mettons la fonction à intégrer de la première intégrale sous la forme: Uliv -
vl/u
+ 2auv =
-
(uv)lI
+ 2v (au + u lI ).
En faisant de même pour la fonction à intégrer de la deuxième intégrale et en intégrant, on obtient la formule suivante: u(P)=u(C)v(C)+
~ CA
v(au+uy)dy+
~ CR
v(bu+ux)dx.
(95)
1-2-18.
THSOR~MES
125
D'EXISTENCE
Utilisons cette formule pour prouver une propriété de la fonction de Riemann. Signalons préalablement que l'adjoint de l'opérateur L* (v) est l'opérateur L (u). En effet, L* (v) = vX 1/ - avx - bV1/ (c - ax - b1/) v, et l'opérateur adjoint s'écrit: L l (u) = UX 1/ (au)x (bu)1/ (c - a x - by) u = = u xy aux bU1/ cu = L (u). Appliquons la formule (95) à la fonction de Riemann u de l'opérateur L* (v). Les coefficients en Vx et Vu de l'opérateur L* (v) sont égaux à (-a) et (-b), donc la fonction de Riemann de cet opérateur est la solution de l'équation (94) qui vérifie sur les droites CA et CB les conditions au u y = 0 et bu Ux = 0 et qui, de plus, est telle que u (C) = 1. Le point C (6, Tl) joue le rôle du point P (x o, Yo) de la fonction (93) . En se servant de la formule (95) pour ce cas particulier, on obtient la formule suivante: u (x o, Yo; 6, Tl) = v (6, ,,; x o, Yo), c'est-à-dire que la fonction de Riemann de l'opérateur L (u) se transforme en la fonction de Riemann de l'opérateur adjoint L* (v) si l'on y permute les points (x, y) et (x o, Yo). L'opérateur L (u) est symétrique par définition si L* (v) = L (v). La fonction de Riemann d'un opérateur symétrique est une fonction symétrique des deux points dont elle dépend. En se servant des expressions de L (u) et L* (v), on établit aisément que les conditions pour lesquelles L (u) est symétrique sont: a ~ b == O. Le problème qui consiste à déterminer la solution de l'équation (94) qui prend des valeurs données sur deux caractéristiques s'appelle problème aux conditions initiales caractéristiques. Comme dans le cas du problème de Cauchy, la formule (95) montre que le problème aux conditions initiales caractéristiques n'a dmet qu'une seule solution.
+
+
+
+
+
+
+
+
+
1-2-18. Théorèmes d'existence. Il nous reste à prouver les théorèmes d'existence de la solution du problème de Cauchy et du problème aux conditions initiales caractéristiques. On commencera par le dernier problème et on traitera seulement le cas d'une équation homogène. On demande de trouver la solution de l'équation (94) qui prend des valeurs données sur les caractéristiques x = X o et y = Yo: ulx=xo='f'(y); uly=yo=
+ +
126
CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
où
= ab
d et W/Y=Yo
+ bu -
=
c,
Yo)
= ro (x).
(99)
En traitant l'équation (97) comme une équation différentielle linéairedu premier ordre et en tenant compte de la première condition (96} on exprime la fonction u (x, y) au moyen de la fonction w (x, y) :
s
x
- 5b(s, y) dG u (x, y) = e
Xo
x
5 b(G', y) dG'
JeXo
[
w
(~,
y)
d~ + 1P (y) ]
•
Xo
De façon analogue on obtient dans le cas de l'équation (98): Tl
y
- Sa(x, 7) w(x, y)=e
dt)
Yo
5
[J
a(x, 7)' rdTl'
Y
d(x, ll)U(X, f)df)+
eYo
Yo
+
Yo) cp (x) ] •
Ces équations sont équivalentes aux équations (97) et (98) avec les conditions initiales (96). En posant S t)
5b(s', y)ds'
5a(x, t)')dt)'
KI (x, y; 6) = eX
K 2 (x, y; fI) =
d (x, fI), (100)
eY
on peut mettre u (x, y) et w (x, y) sous la forme: (1
-
U
(x, y)
=
e
~
5
b(s, y)
Xo
l
+ JKI (x, x
y;
~) w (~,
y) d s,
xo
(101)
y
- 5a(x, 1
ds 'i' (y)
w (x, y)
=
e
Yo
Tl) dt)
ro (x)
+
JK Y
2
(x, y; fI) u (x, 11) dll·
Yo
L'existence et l'unicité de la solution du système (101) s'acquièrent par la méthode des approximations successives. Pour remonter des équations (97) et (98) à l'équation (94), il faut qu'existe la dérivée mixte continue u xu • Des équations (101) qui sont satisfaites par les fonctions u (x, y) et w (x, y) on voit que ceci a lieu si b (x, y) possède des dérivées partielles premières continues et 1P (y), une dérivée continue. Si l'on porte w (x, y) tirée de la deuxième équa tion (101) dans la première, on obtient pour u (x, y) une équation de Volterra.
1-2-18. TH:BOR1l:MES D'EXISTENCE
t27
Passons à l~ démonstration de l'existence de la solution du problème de Cauchy. L'équation de la courbe l support des conditions initiales peut être mise, comme on l'a vu plus haut, sous la forme x = x (y) ou y = y (x), où x (y) et y (x) possèdent des dérivées continues non nulles. On admettra que les conditions initiales sur l sont des fonctions de x ou de y. Mettons ces conditions sous la forme: u 1 x = X(U) = '1' (y) = 'Pl (x) ; U x 1 U - y(x) =
= 'P (y);
w 1 U ....
=
y(x)
+
+ b [x,
y (x)] '1'1 (x)
=
(01 (x).
Comme plus haut on obtient donc le système d'équations intégrales. suivant: x
-5
U
(x, y)
=e
x(y)
x
b(s, y)d,
'1' (y)
+ )
KI (x, y; ~) w (~, y) d~,
x(y) y
- 5 a(x, 'Il) d'Il
W
(x, y)
=e
y(x)
(01 (x)
+
Y
~ K 2 (x, y; 11) U (x, 11) d11,
Y(X)
où KI (x, y ; ~) et K 2 (x, y; 11) sont définies par les formules (100). On. suit la marche habituelle pour démontrer la convergence de la méthode des approximations successives et l'on obtient ainsi le théorème· d'existence de la solution. Si le point P occupe la même position que. sur la figure 1, alors dans les estimations on peut remplacer la longueur du chemin d'intégration par (a - x) lorsqu'on intègre par rapport à ~ et par (~ - y) lorsqu'on intègre par rapport à 11, les quantités, a et ~ étant les valeurs maximales de x et y dans le rectangle de côtés. parallèles aux axes de coordonnées dans lequel est considérée la solution du problème et dans lequel les coefficients remplissent les conditions posées plus haut, à savoir, par exemple, que les dérivées partiel-les premières de a et b sont continues ainsi que c et f. On aurait pu envisager l'équation avec second membre (84). Il aurait suffit pour cela d'ajouter à l'équation (98) le second membre f (x, y). Il est aisé de, prouver l'unicité de la solution sans recourir à la méthode de Riemann, mais en se servant du système (102). On aurait pu démontrer les théorèmes d'existence en appliquant la méthode des approximations successives directement à l'équation (94) ainsi qu'on l'a fait pour les équations différentielles ordinaires. Commençons par le cas des. conditions initiales caractéristiques (96). L'équation (94) avec les conditions:.
128
CH. 1. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
initiales (96) est équivalente à l'équation intégro-différentielle ,U
(x, y)=cp(x)+'1' (Y)-CP(xo)x y
- ) ) fa (ç,
fi)
Ua (~,
li)
+ b (s, fi)
Xo Yo
UT}
+ c (~,
(~, fi)
fi) U
+
(s, fi)] dç dfl.
(103)
A noter que le terme non situé sous le signe d'intégration satisfait les conditions initiales (96) puisque de toute évidence cp (xo) = 'P. (Yo). Pour première approximation on peut prendre la fonction Uo (x, y) = cp (x) 'l' (y) - cp (xo).
+
Les autres approximations se calculent de proche en proche par les formules Un (x, y)
= Uo (x,
y)-
x y
-) ~ [a (~,
li )
rÔUn_l (~, fi) +b (r:
ô~
~, li
) iJun_l (S, li) iJlI
+
Xo Yo
'Ûn démontre à l'aide d'estimations élémentaires que les suites de fonctions Un (x, y),
ÔUn (x, y)
ôx
QUn (x, y)
ôy
'
= cp (x) + '1' (y)
+ ) ) [a (6,
fi) ua(;, li)
+
D xy
+b (6, li)
UT}
(~, li)
+c (~,
li)
U
(~, fi)] d; dfl·
Dans la formule (103), l'intégrale itérée figure avec ses bornes d'intégration -et sous cette forme la position du point P (x, y) par rapport aux caractéristiques x = Xo et y = Yo importe peu. Dans la dernière formule, on a affaire à une .intégrale double et la disposition relative du point, de la courbe et des axes est
1-2-18.
TH:eOR~MES
D'EXISTENCE
129
celle de la figuré 1. Pour première approximation, on prend "0 (x, y) = q> (x) 'P (y)
+
les autres approximations étant donnéeslpar les formules Un (x, y)
\ \ [t('0, 11)
= Uo (x, y) + J J
a
OUn_1 (;, 11) -l-
0;
,
D:ry
+b (;,
f)Toun_~~s,
11)
+c (6,
f)
Un-l
(s,
f) ]
d; dt].
Comme plus haut, on démontre par des estimations élémentaires des intégrales que dans le rectangle R la suite un (x, y) tend uniformément vers une fonction qui est solution du problème de Cauchy. La méthode des approximations successives s'applique également à la résolution du problème de Cauchy pour les équations hyperboliques quasi linéaires. Il faut à cet effet ramener le problème de Cauchy initial à un problème de Cau. chy avec des conditions initiales homogènes. Soit l'équation "%li = f (x, y, U, p, q). (106) Supposons que les conditions initiales supportées par la courbe l (d'équation (x» sont fonctions de la variable indépendante x, c'est-à-dire sont de la forme u (x), p (x) etq (x). On rappelle que u' (x) = p (x) y' (x) q (x). On ad..; mettra que les fonctions mentionnées possèdent des dérivées continues. Soit la fonction auxiliaire co (x, y) = " (x) [y - y (x)] q (x).
y=ry
+
+
Cette fonction possède visiblement des dérivées COx et COy continues et vérifie &Ir la courbe lIes conditions initiales requises. En remplaçant U par la nouvelle fonction inconnue uJ. = U - CO, on constate que cette dernière doit vérifier des conditions initiales nulles sur la courbe l. L'équation (106) nous donne une équation analogue pour Ul' On peut donc considérer que la solution de l'équation (106) satisfait des conditions initiales nulles. Supposons que la fonction f du second membre de (106) possède des dérivées premières par rapport à tous les arguments, continues pour les points (x, y) situés dans un voisinage de l et pour les valeurs (u, P, q) assez proches de O. L'équation (106) avec des conditions initiales nulles se transforme en l'équation u(x,
y)=-)) f(s,l1,
U,
p, q)dSdl1,
D xy
équation qui est justiciable de la méthode usuelle des approximations successives si l'on se limite aux points (x, y) d'un voisinage de la courbe l. Pour première approximation, on doit prendre Uo = Po = qo = 0, les autres étant données par les formules
JJ
f (;, 11,
Un (x, y)= -
Un-l' Pn-lt lJn-l) dS d11,
D xy
Pn (x, y) =
) f (x,
f), Un-H Pn-lt qn-l)
dl1,
BP qn (x, y)= .\
AP 9-01017
f
(S, y, Un-l' Pn-lt Pn-l' qn-l)
d;.
130
CH.!. TImORIE DES 1tQUATIONS AUX DSRIV:mES PARTIELLES
A noter qu'en appliquant la méthode des approximations successives à une équation linéaire on aurait pu de toute évidence envisager une équation avec second membre et, en procédant exactement comme on l'a fait pour l'équation (94), ramener les conditions initiales du problème de Cauchy ou du problème aux conditions initiales caractéristiques à d~s conditions nulles. Ceci étant, l'équation sans second membre initiale se serait transformée en une équation avec second membre pour la fonction transformée.
1-2-19. Formule d'intégration par parties et formule de Green. Les formules de Green et d'Ostrogradski résti.ltent des formules d'intégration par parties (16 1 ) et (31 2 ) pour intégrales doubles et triples prouvées dans le (tome II, [111-1-10), (111-2-41). Ces dernières peuvent être mises sous une forme unique quelle que soit la multiplicité de l'intégration si l'on se sert des intégrales de la forme ~ f dS étendnes .
à des hypersurfaces S d'un espace euclidien . Rm. Dans ces intégrales, dS (qui est toujours positif) représente l'aire élémentaire de la surface, JdS , l'aire de i 'hypersurface S. Dans le (tome 1l, [III -1-9)~ s (V-2-2l) toutes ces notions sont définies pour m = 3. Pour m > 3 elles se définissent de façon analogue; en particulier, si S est définie par l'équation explicite où X' alors
x m = q> (Xl' •.. , Xm -1), = (Xl' . . . , x m - l ) parcourt un domaine borné D m - 1 de Rm-l., dS
V/1 +
= -.
mij1 q>i. i=1
(x') dx' ,
1
dx' =dx1
•••
dx m _1 ,
au point x=(x', q> (x'» ES et
1 J/ fi +): ",~, f dS =
(x')
(x') dx',
où j (x') est la valeur de j au point X = (x', q> (x'» E S. Si S est la frontière d'un domaine borné D de l'espace Rm et si S est une surface différentiable, on peut la subdiviser en un nombre fini de parties S ktk = 1, ... , N, définies chacune par une équation explicite exprimant l'une des coordonnées Xl1{. en fonction des autres, et définir l'intégrale) j dS sur S comme la somme des intégrales j dS sur Sk.
J
~
s
La formule d'intégration par parties s'écrit:
) ::i D
v dx =
- ) D
u
::i
dx
+ ) uv cos (n. Xi) dS, S
i
= 1, ... , m.
(107)
1-2-19. FORMULE D'1NTfiGRATION PAR PARTIES ET FORMULE DE GREEN
131
Cette formule est de toute évidence vraie dans le cas oùD est un domaine borné d'un espace euclidien Rm, sa frontière S est unehypersurface régulière et les fonctions u et v de la classe Cl (D) (c'est-à-dire la classe des fonctions continues et continûment dérivables dans D = = DUS). Dans cette formule, cos (n, Xi) représente le cosinus de l'angle de l'axe des Xi et de la normale extérieure n à S. La formule (107) résulte de la formule
~ ;~
dx=
D
~
w cos (n, xi) dx,
D
qui est v~lable quel que soit i = 1, ... , m pour S et w douées des'. propriétés de dérivabilité indiquées ci-de~sus. En effet, si w= uv, on obtient (107). Utilisons la formule (107) pour établir la formule de Green pour un opérateur différentiel linéaire du deuxième ordre. On supposera, que toutes les dérivées qui interviendront dans la suite sont continues dans lJ et que S est régulière. . Soit m
L (u) =
m
. Li ai1~uXiXk + k=1 2J bkuXk + cu,
(108)
t, k=1
et m
L*(v)= ~
(109)
i. k=l
où aik, bk et c sont des fonctions données de x. Considérons l'intégrale ) vL (u) dx,
dx = dX1
•••
dx m ,
D
et transformons-la à l'aide de la formule (107). Ceci nous conduit à la formule de Green
1
[vL (u) - uL* (v)) dx =
D
1
[vP (u) -- uP (v)
+ uvQJ as,
(110}
s
où
(111~
et n désigne la normale extérieure unitaire à S. 9*
132
CH. I. THeORIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES
Définissons sur S une direction v que nous appellerons conormale à S. A cet effet, posons ,
N=
/
m
m
V k=l 2j [~ aik cos (n, i=l
Xi)]2
(112)
et définissons la direction v par les formules m
cos (v,
x,J= ~ ~
cos (n,
aik
Xi)
(k= 1, 2, ... , m).
(113)
i=l
La première formule (111) peut s'écrire encore m
au
~
peu) = N L.J
au
cos (v, x h) = N av '
aXk
k=l
et la formule de Green (110) devient en définitive ) [vL(u)-uL*(v)]d,;= )[N(v D
~~-u :~)+uvQJdS.
(114)
8
A noter que si m
~
ih =b aa. aXk i
L.J
(i=l, 2, ... , m),
k=l
alors Q = 0, l'opérateur L* (v) est confondu avec L (v) et l'on peut mettre L (u) sous la forme m
m
L (u)
=
~ aax . ~ i=l
~
aikuXk
+ cu.
k=l
Dans ce cas, l'opérateur L (u) est dit symétrique. Dans le cas général, l'opérateur différentiel L* n'est pas confondu avec L. On l'appelle adjoint de L au sens de Lagrange.
1-2-20. Méthode de Volterra. La résolution du problème de Cauchy pour équations du second ordre dans le cas où le nombre de variables indépendantes est supérieur à deux est bien plus compliquée. Nous avons donné les solutions explicites du problème de Cauchy pour l'équation des ondes avec des conditions initiales supportées par le plan t= 0 (tome II, [VII-1-9l). La méthode qui nous a permis d'obtenir ces solutions ne se généralise malheureusement pas. Dans ce numéro, on expose une autre méthode de résolution du problème de Cauchy pour équations à coefficients constants. Cette méthode, qui est une généralisation de celle de Riemann, repose, de même que cette dernière, sur un usage original de la formule de Green.- Cette méthode
1-2-20. M:eTHODE DE VOLTERRA
133
donne la solution du problème de Cauchy lorsque les conditions initiales sont supportées non seulement par le plan t = 0, mais aussi par des surfaces non caractéristiques. L'esprit de cette méthode est proche de celui des méthodes utilisées pour les équations à coefficients variables. Supposons que S est une hypersurface caractéristique de l'équation L (u) = 0 ou L (u) = f, où f est une fonction donnée. Soit <ù (Xh • • • , x m ) = 0 l'équation de S. Les quantités cos (n, Xi) sont proportionnelles aux dérivées partielles Pi = <Ù xi et, en vertu de (113), les cosinus directeurs de la direction '\i sont proportionnels m
à
~
aikPi.
Ces sommes ne sont autres que les seconds membres
i=l
des équat,ions des bicaractéristiques (1-2-12]: m
2" ---;[8= .LJ dXk
aikPh
i=1
qui forment l'hypersurface caractéristique S et l'on peut ainsi affirmer que si S est une hypersurface caractéristique, alors la direction '\i définie sur elle est confondue en chaque point avec la direction de la bicaractéristique située sur S et passa,nt par ce point. Donc, dans le cas considéré la direction '\i est située dans le plan tangent à S. Voyons maintenant le rôle de la formule de Green (114) dans la résolution du problème de Cauchy. Soit à trouver la solution de l'équation L (u) = - f (115) si les valeurs de u et de la dérivée conormale :~ sont données sur une surface SI. On admet que SIest telle que '\i n'est pas située dans un plan tangent. Sous ces conditions, la donnée de u et de :~ sur SI détermine la dérivée de la fonction u suivant une direction quelconque. Pour trouver la valeur prise par u en un point Mo (xi, ... • • . , X~) ~ SI procédons comme suit. Traçons un conoide caractéristique de l'équation (115) de sommet Mo et supposons que la moitié de ce conoïde forme avec une partie de SI un domaine borné D de l'espace de point générique (Xl' ... , x m ) (fig. 3). Appliquons la formule de Green (114) au domaine D en prenant pour u la solution cherchée de l'équation (115) et pour v, une solution singulière de l'équation adjointe L* (v) = O. La surface du domaine D est composée d'une partie de la surface SI sur laquelle sont données u et ~~. et de la surface latérale r du conoïde caractéristique. La direction v en un point M de r est confondue avec celle de la tangente en M à la bicaractéristique passant par M, ce qui permet de procéder à une intégration par parties sur r. Appliquons cette méthode à l'équation
134
des
CH. J. TH-e':ORIE DES -e':QUATIONS AUX D:.eRJV:.eES PARTIELLES
ondes L (U)
=
U xx
+U
gg -
Utt
= - f (x,
y, t).
(116)
Le conoïde caractéristique est ici un cône circulaire dont la génératrice et la hauteur font un angle de :. L'opérateur L (u) est symétrique; la formule (112) nous donne N = 1 ; les formules (113) entraÎnent cos (v, x) = cos (n, x); cos (v, y) = cos (n, y); cos (v, t) = - cos (n, t), d'où il résulte que la direction v se déduit à partir de la direction n Mo
Fig. 4
Fig. 3
par un anti-déplacement. Le cône caractéristique de sommet (x o, Yo, to) a pour équation (x - XO)2 (y - YO)2 - (t - t O)2 = O. (117)
+
Utilisons la solution
-1 .[,;v- n V où
(t-t O)2 - 1 - t-to ] r2 r'
+
(118)
(y - Yo.)2 . r2 = (x - X o)2 de l'équation L (v) = O. Considérons la moitié du cône (117) pour laquelle t < O. Sur la surf~ce latérale r de ce cône on a t - r t o = - 1 et la solution (118) est nulle sur cette surface. La dérivation suivant v sur r se traduit par une dérivation suivant la direction de la conormale sur r, c'est-à-dire suivant la direction de la génératrice du cône, donc sur r non seulement v = 0, mais aussi ~~ = O. La solution (118) présente une singularité pour r = 0, Le. la droite qui passe p,ar le sommet du cône parallèlement à l'axe des t est une ligne sin-
1-2-20. M:eTHODE DE VOLTERRA
135
gulière de la -solution (118). Entourons cette droite d'un cylindre circulaire T e de rayon 8. Désignons par D' la partie restante du domaine D. La frontière de D'est constituée de 8 1 , de r et de la surface latérale de Te (fig. 4). Soit 8~ la partie de la surface 8 1 comprise à l'intérieur du cône et à l'extérieur du cylindre T e' Appliquons la formule (114). Comme L (v) = L* (v), L (u) = - 1 (x, y, t). L (v) = 0 et que v = ~~ = 0 sur r, il vient
)) (v ~~ -
~~
U
T e +8'1
)
dS =
- ) S) Iv dT.
(119)
D'
En désignant l'angle polaire par qJ dans le système de coordonnées: X o = r cos qJ et y - Yo = r sin q>, on obtient
x -
) ) v
~~
d8 =
Te
) ) v ~~
8
(120)
d
Te
Sur Te on a r = 8 et, en vertu de (118), v sera du même ordre que ln 8. Comme 8 ln 8 -+ 0 avec 8, il en est de même de l'intégrale (120). On a par ailleurs
av , av
=-
av
=-
ar
t- to r V{t-t o)2_ r 2 •
Sur Te
V (t _-tO)2- r 2 = V (t ce radical tend vers (t o- t) pour lim r r U f)v d8=-lim 8-+0
JJ Te
av
e-+O
8 ~
t O)2 -
8 2,
'
0 car t < to. On a donc
rr
(t-to)u
J J V (t- t O)2_ B2
d
Te-
to
= 2n
J,.
U (X o,
!Jo'
t) dt,
, où t'est la valeur de t qui correspond au point d'intersection de la droite r = 0 avec la surface 8 1 , La formule (119) nous donne donc to
2n )
U
(x o' Yo, t) dt - ) )
t'
(v :~
-u
;~) dS + ) ) ) Iv dT, D
82
où 8 2 est la partie de la surface 8 1 comprise à l'intérieur du cône. Le second membre est composé d'expressions connues. En dérivant par rapport à t~, on obtient en définitive: .
1
u(xo,Yo,tO)=2n
a
ôt
o
[rl~Jr (v 82
~~ -
U
:~ )
d8 -
+ JJl Iv dT] . D
(121)
136
CH. J. TH:eORJE DES :eQUATIONS AUX n:eRIV:eES PARTIELLES
On a établi cette formule sous réserve que le problème admet une solution. A strictement parler, on aurait dû s'assurer que le second membre satisfait toutes les conditions du problème. C'est une entreprise assez ardue car la position du cône (117) varie avec t o• On a déjà résolu le problème dans le cas où S 2 est le plan t = O. Cette méthode de résolution du problème de Cauchy appartient à Volterra. Une autre méthode de résolution du problème de Cauchy, dite méthode d'Hadamard, est rattachée à la formule de Green. Quand on se sert de cette méthode on prend la solution de l'équation L* (v) = 0 qui devient infinie sur la surface latérale tout entière du conoïde caractéristique (le cône (117) dans le cas de l'équation (116». Cette circonstance implique des précautions particulières quand on ùtilise la formule de . Green et nous conduit naturellement à une notion nouvelle spéciale de l'intégrale. La solution singulière d'Hadamard des équations m
L (u)
=
~
s=1
Ux x -
s
S
Utt
= - t
est de la forme m
_ 1
m
v-,[(t-to)2- s~ (Xa-X~O»2J2-T. Un exposé détaillé de la méthode d'Hadamard appliquée aux équations linéaires à coefficients variables est accessible dans son ouvrage: Le problème de Cauchy et les équations aux derivées partielles linéaires hyperboliques. Paris, 1932. Dans l'ouvrage R. Cou r a n t, D. H i lber t, Methoden der mathematischen Physik. Berlin, 1931, on trouvera une application de la méthode d'Hadamard aux équations à coefficients constants. 1-2-21. Formule de Sobolev. On sait que la formule de Kirchhoff (tome II, rVII-3-11l) nous donne la solution de l'équation des ondes de quatre variables indépendantes. Soit u une solution de l'équation des ondes, possédant des dérivées premières et secondes continues dans un domaine D de l'espace (Xl' X 2 , xa), de frontière S. La formule de Kirchhoff exprime la valeur de u en tout point intérieur du domaine D en fonction d'une intégrale étendue à S, intégrale dans laquelle figurent les valeurs retardées de u et de ses dérivées premières. On a vu que si la surface S est dûment choisie, la formule de Kirchhoff nous donne la solution du problème de Cauchy pour des conditions initiales supportées par le plan t = 0 (tome II, [VII-3-11]). La formule de Kirchhoff peut être généralisée à une équation d'un nombre quelconque pair de variables indépendantes: Utt
=
U X1X1
-t- ux <)"- 2 + ... -t-- U x 2k +1'x 2k +1 '
(voir à ce propos [1-2-26]).
1-2-21. FORMULE DE SOBOLEV
137
Généralisons maintenant la formule de Kirchhoff au cas d'uneéquation des ondes à coefficient variable Utt
=
c2 (x, Y. z) (u xx
+
UllY
+ u zz ),
(122)
où c (x, y, z) > 0 est une fonction assez régulière. Dans la suite, on écrira souvent c (M) pour c (x, y, z), M étant le point de coordonnée,s (x, y, z). En appliquant la théorie des caractéristiques à l'équation (122). on est amené naturellement au problème d'extrémum de la fonction-nelle (123).
Dans ce cas la, condition de transversalité est confondue avec celled'orthogonalité et l'on peut construire un champ du problème variationnel comme, on l'a fait au (1-2-13], Soit T (M; Mo) la fonction fondamentale du champ central de centre Mo. Cette fonction nous. donne la valeur de l'intégrale (123) prise le long d'une extrémale· entre Mo et M. L'équation T (M; Mo) = const représente des quasisphères de centre Mo pour la métrique définie par la formule (123). Pour la fonction T (M; Mo) on a l'équation grad 2 't (M; Mo)
=
c2 (~)
,
(124}
c'est-à-dire 2+
Tx
2~
1
'ty T 'tz =
1
c2 (M) •
La fonction T (M; Mo) est visiblement une fonction symétrique de' Mo et M. Si c est une constante, alors T (M; M o)= .!..., où r est la c distance de Mo à M. Dans le cas général on se servira de T au lieu. pour déterminer les valeurs retardées d'une fonction u (M, t) de .!... c et, comme au (tome II, IVII-3-11]), on posera u (M, t -. T)
=
[u (M, t)l.
Supposons que u (M, t) est solution de l'équation (122) et pour sim-plifier l'écriture posons u (M, t - 't) = Ul (M, t). En passant aux valeurs retardées dans l'équation (122), on obtient. [uttl
=
c 2 (M) [~u],
138
CH. 1.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
AUX naRIVaES PARTIELLES
~Ù
d est l'opérateur de Laplace. En exprimant [du] en fonction de .ul' on trouve grad U l = [grad u] - [utl"grad 't, (126) dul ' div grad u l = [du] - 2 [grad Ut]· grad ' t { - [Ut]~L\'t [utt)!grad 2 'te
+
En portant dans (125) l'expression de [du] tirée de la dernière équa1tion et en se servant de (124), on obtient 1
c2 (M) [Utt] =ô,u I
+ 2 [grad utl pre~ière
Par analogie avec la ,grad
Ô:
l
t
=
grad 't + [utl L\'t- [Utt]
1 Cl
(M)
formule (126) on a
[grad utl-' [Utt] grad 'te
.En portant l'expression de [grad utl tirée de la dernière équation dans ]a formule précédente, on trouve l'importante formule suivante: dU I
OUt = - 2 gra d 't. grad'-ôt
au]
L\ 't - -
ôt •
'Multiplions les deux membres de cette équation par une fonction (M) qui reste à définir:
.(J
cr ô'u l = -' 2cr grad 't. grad
ô:/
(127)
..et choisissons cette fonction telle que le second membre soit la .divergence d'un vectèur de la forme ( - ~~t IV), où west un -vecteur ne dépendant pas de U I : cr ô'u1 = div ( -
~:l
w) •
(128)
Développons l'expression du second membre: A cr uU I
ÔUt w• = - iÔUt i t d·IV w-gra d at·
En comparant avec (127) on voit que l'égalité (128) sera réalisée et ·que w ne dépendra pas de Ul si les deux relations suivantes sont ::satisfaites: w = 2cr grad 't; div w = cr d't. (129) En portant la première relation dans la seconde on obtient l'équation .'Suivante pour déterminer cr: div (2cr grad 't) = cr L\'t, .c'est-à-dire que cr L\'t = 0, 2 grad cr· grad 't (130)
+
1-2-21. FORMULE DE SOBOLEV
139
ou, en passant aux coordonnées, 2 (ax't x + ay't y + az't z)+ ad't = 0, (131) autrement dit, on obtient une équation linéaire du premier ordre pour la détermination de a. Etant en possession de a, on peut déter- . miner le vecteur w à l'aide de la première formule (129). Soient Dun domaine de l'espace (x, y, z), S la frontière de ce domaine. Supposons que les fonctions a et Ut possèdent des dérivées premières et secondes continues dans D. La formule de Green nous donne
~, ~ ~
(cr dU1-U 1 da) dv =
J (0' ~:t -:u1 :~ ) dS,
~
D
S
Qù nest la normale extérieure à S. Les formules (128) et (129) nous permettent d'écrire la formule de Green sous la forme
- JJ~ u
1
da dv -
D
JJJdiv (20' ~~t
grad 't) dv =
D
= "
J\ J\ (aUl a an -
Ut
a(J )' dS. ---an:
S
En appliquant la formule d'Ostrogradski à l'intégrale renfermant la on obtient
dive~~ence,
a(J J\ J\ (au (Jan-t - u1 an
+ 20'
r \ J\
al: aUt)
an ~ dS + J J
U1
da dv = O.
'
D
S
Revenons à la fonction u. Comme
aUt
ifn=
[aU ] al: an J-"7i't on'
[ au
on obtient la formule suivante, fondamentale pour la suite:
~+a~ J\S J\ {a [~J-[Ul an an an
[!!:.-J} dS+ ot + ~ ) Jru] da dv = O.
(132)
D
Dans les calculs précédents, on aurait pu admettre que le champ est quelconque. La fonction a, solution de l'équation (130), dépend visiblement de 't, c'est-à-dire du choix du champ. Dans la suite, on n'aura affaire qu'à un champ central et l'on désignera la fonction a par a (M ; Mo). Tous nos raisonnements ne valent que pour un voisinage du point Mo dans lequel les extrémales de l'intégrale (123) ne se coupent pas et forment un champ. Si c est une constante, alors et l'on vérifie sans peine que la fonction comme" indiqué, 't = !:., C (J =lIr est solution de l'équation (130).
140
CH. 1. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
1-2-22. Formule de Sobolev (suite). Supposons que l'on ait réussi à construire une fonction cr (M ; Mo) possédant des dérivées premières et secondes continues au voisinage du point Mo, présentant une singularité en Mo et vérifiant les conditions suivantes:· 1) le produit cr (M; M o)1" (M; Mo) admet des dérivées premières et secondes, y compris au point Mo, et Hm cr (M; Mo)
1"
M-+Mo
c (~ )
=
(133)
0
cr (Mo; M)
2)
(.il!; Mo)
=
(134)
cr (M; Mo);
3) le laplacien de cr (M; Mo) vérifie l'inégalité
1.10 (M; Mo) 1 ~
't
K (M; Mo)
(135)
,
Où K est une constante (ne dépendant pas de M) ; 4) si SI est une surface fermée contenant Mo et n est la normale extérieure à SI' alors en contractant SI au point Mo on obtient Hm \ \ oa (~; BI-+Mo
JSI"
lft/ o) dS
= - 4n.
(136)
ôn
Si c est une constante, la fonction cr = 1/r vérifie toutes ces conditions. Considérons une fonction cr (M; Mo) vérifiant les conditions cidessus et établissons une formule pour les solutions de l'équation (122). Soient u (M, t) une telle solution dans un domaine D borné par unesurface S, Mo un point intérieur de D. Supposons qu'il existe un champ central de centre Mo contenant D et soit donnée une fonction cr (M; Mo) vérifiant les conditions ci-dessus. Soit D' = D-.........S 8' où S 8 est une sphère de centre Mo et de rayon e petit. Appliquons la formule (132) à D'. On trouve
~~ S
{cr [ .
~~ ] -
ru]
;~ + cr
:: [
:~
]} dS +
~ ~ ~ { } dS + se
+ ~ ~ ~ [u].1cr dv =
O.
(137)
D'
Montrons que l'intégrale étendue à Se est égale à - 4nu (Mot) lorsque e -+ O. En effet, les quantités [
~~
]
et
~[~] on at
sont bornées pour M -+ Mo; la fonction 1" (M; Mo) est de l'ordre de e. sur S 8' donc en vertu de (133) la fonction cr (M ; Mo) est de l'ordre de 1/e sur Se' L'aire de Se est de l'ordre de e2 • De là il résulte
141
1-2-22. FORMULE DE SOBOLEV (SUITE)
que les intégrales
tendent vers 0 avec
E.
Reste l'intégrale
La normale est ici extérieure au domaine D', c'est-à-dire intérieure .à Se. Sur Se la fonction u (M, t - T) tend vers u (Mo, t) lorsque ~-+ O. En tenant compte de (136) et d'après ce qui a été dit sur la direction de la normale, on voit que la dernière intégrale est bien égale à la limite à -4Jtu (11;[0' t). La formule (137) nous donne à la limite la relation annoncée t) =..!.. 4n
J\ J\ {cr [~J an s
ru]
~+ dS + an cr ~ an [!!!:...J} at
+ 4~ 1~ 1ru] ~crdv,
(138)
D
qui est due à S. Sobolev. Si c est une constante, alors cr = 1/r et ~cr = 0, l'intégrale triple est nulle et l'on retrouve la formule usuelle de Kirchhoff. Si c est variable (milieu non homogène), la valeur de u en Mo est la superposition des rayonnements retardés provenant non seulement de S, mais aussi du domaine D tout entier. La formule (138) peut être appliquée à la résolution du problème de Cauchy pour l'équation (122). Soit à déterminer la solution de l'équation (122) qui vérifie les conditions initiales: u (M, t)
It-o
=
fo (M) ;
Ut (M, t)
1 t=o
=
fI (M).
(139)
Appliquons la formule (138) à la solution cherchée prenant pour surface S une quasi-sphère St de centre Mo et de rayon t, c'est-à-dire supposons que l'équation de la surface S est de la forme T (M; Mo) = = t. Sous ces conditions, au 'second membre les valeurs des fonctions ru],
au] [ an'
[ ôaut
]
doivent être prises à l'instant t - T (M; Mo) ou à l'instant t = 0, puisque T (M; Mo) = t. En tenant compte des condtions initiales
142
CH. I. THeORIE DES
~QUATIONS
AUX
D~RIVEES
PARTIELLES
(139), on peut mettre l'équation (138) sous la forme
u{Mo, t)=
4~ ~ ~
{o
7: -fo :: +0 ~: fI} dS+
St
+ 4~ j ~ ~ [u] l1a dv, Dt
Dt est le domaine borné par St. L'intégrale double du second membre est une fonction connue que l'on désignera par F (Mo, t). On obtient ainsi pour u (M, t) l'équation intégrale OÙ
u(M o, t)=F (Mo, t+
4~ ~ ~ ~
[u]l1a(M; Mo)dv.
(140)
Dt
Pour déduire cette équation on aurait dû supposer que t est tel que dans le domaine Dt il existe un champ central de centre Mo et . une fonction 0 (M ; Mo) remplissant les conditions indiquées. A signaler que le domaine Dt varie avec Mo et t et que l'équation (140) est une équation de Volterra. On montre que pour tassez voisin de 0, cette équation possède une solution unique qui peut être trouvée par la méthode habituelle des approximations successives et que cette solution est en même temps solution du problème de Cauchy pour l'équation (122). Si Dt = R3, l'exigence que t doit être petit dans un voisinage du point 0 est due au fait que le champ du problème aux variations est susceptible de présenter des singularités pour de grands t. Si le domaine Dt est borné, il faut naturellement tenir compte des perturbations réfléchies par la frontière, ce qui ilmite singulièrement l'intervalle de variation de t.
1-2-23. Construction de la fonction (J. Construisons la fonction (J mentionnée plus haut. Nous allons montrer que cette fonction peut être explicitée si les extrémales du champ central sont connues. Prouvons préalablement les deux lemmes suivants. 1.
Lem m e
Soit donné le système d'équations différentielles
~h = X k (t, dt
Xl' X 2 , X 3 )
(k = 1,2, 3).
(141)
1, 2, 3)
(142)
Si l'on connaît l'intégrale générale Xk =
CPk (t,
aIt a2'
as)
alors
..!:.... ln dt
D (
=
àX t àXl
(k
=
+ àX2 àX + 2
àX s • àxs
[(143)
Dérivons le jacobien de (143) par rapport à t. Etant donné que par définition un déterminant est la somme des produits de ses éléments, on affirme que pour dériver ce jacobien il suffit de dériver
1-2-23. CONSTRUCTION DE LA FONCTION cr
séparément chàcune de ses colonnes et d'ajouter les déterminants ainsi obtenus (tome 111 2 , lV-25l). On obtient ainsi d
dt
D (CPl' CP2' CPs) D (al' a 2, as) Ô2CPl
ôal Dt Ô2 CPl oa 2 at ()2cpi ÔQ,s ôt
ÔCP2 ôal'
ÔCP3 ôal
aCP2 aa 2
ÔCP3 ôa 2
ÔCP2 ôaa
ÔCP3 ôas
ÔCPI ôa l
+
ÔCPI ôa 2 ÔCPI ôa3
+
Ô2CP2 ôal ôt a 2cp2 aa2 ôt a 2cp2 ôas ôt
ÔCPI aal
ÔCP2 aal
ÔCPl ôa 2 ÔCPI ôa 3
ÔCP2 ôa 2 ÔCP2 ôa s
ÔCP3 ôal ôcps ôa 2
+
ôcps ôas ô 2qJs aal {jt ô 2cps
(144)
ôa 2 {jt ô 2cps ôas at
Les fonctions (141) étant solutions du système (141), on obtient, les identités suivantes en t et ah:
ô:t == X
h
(t, CPIt CP2' CPa)
(k= 1, 2,3).
Une dérivation par rapport à as nous donne '3
Ô2qJk ~ axk aas ôt = L.J aXi i=l
0CPi
oa s
•
En portant ces expressions des dérivées secondes dans le second mem. bre de (144) et en développant chaque déterminant en une somme detrois déterminants, on trouve ~ D (CPI. qJ2. qJs) dt D (al' a 2, as)
= (
ôX l OXI
+
ôX 2 ÔX2
) • D (qJl' CP2' qJs) + axs ÔXs D (al' a , as) 2
,
c'est-à-dire la formule (143). Lem m e 2. Soient t un vecteur unitaire tangent à une famillede courbes à deux paramètres recouvrant un espace à trois dimensions ou une de ses parties, Ô le jacobien d'une transformation des coordonnées cartésiennes en coordonnées curvilignes (pour coordonnées curvilignes" on prend deux paramètres al et a 2 définissant une courbe de la famille et la longueur d'arc s le long de cette courbe mesurée à partir d'une surface coupant toutes les courbes de la famille ou du point de concours: de toutes ces courbes). Sous ces conditions on a div t =
ô
~~ cS
(145)
'144
CH.!. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
:Soient X (x, y, Z), Y (x, y, z) et Z (x, y, z) les coordonnées du vecteur t au point (x, y, z). Les courbes de la famille sont solutions du :système différentiel
= X.
dx ds
dy ds
'
= y.
dz ds
'
=Z
•
Les seconds membres ne contenant pas s, l'une des constantes arbitraires so figurera additivement avec s et l'intégrale générale du système sera de la forme oZ
=
(fll
(s
+ so'
al' a 2);
Y
=
(fl2
(s
+ so'
al' a 2); z = (fla (s
+ so,
al' a 2).
Le lemme 1 nous donne div t =
oX OX
+ oyaY + oZ oz
= ~
os
ln
D (cpt, CP2' CPs) D (so, at, a 2 )
,
..et pUIsque
-on obtient la formule (145). Revenons maintenant au champ central d'extrémales de centre Mo et à l'équation (130) que doit vérifier la fonction (J. Le vecteur grad T est tangent à une extrémale et de (124) il s'ensuit que :: = = n (M), où n (M) = tic (M). Ceci nous permet de mettre l'équation (130) sous la forme 2
o(Jo~M) n (M) + cr (M) L\'t' (M) = 0,
la longueur d'arc s étant mesurée à partir du point Mo. Utilisons le lemme 2 pour calculer 8T (M). On a grad 't' (M)
=
n (M) t,
<>ù t est le vecteur unitaire tangent à une extrémale du champ. D'où div grad 't' (M)
= 8't' (M) = t· grad n
(M)
+ n (M)
div t.
Le premier terme du second membre est la dérivée de n (M) par rapport à s, le second est, en vertu du lemme 2, égal à
n (M)
0 ln 6 os
et l'équation pour cr (M) s'écrit 2 ~~ n (M)
+ cr
[;on o~M)
+ n (M) _00_1:_6_ ] =
0,
1·2-23. CONSTRUCTION DE LA FONCTION
145
CI
ou 2
a ln cr as
aln n as
= _
a ln cS , as
d'où l'on obtient par intégration cr (M) = '1' (al'
-.r
a 2) n (M) cS '
'1' (al' a 2) étant une fonction arbitraire de al et a 2. Prenons pour al et a 2 les coordonnées angulaires '6'0' «Po d'un système de coordonnées
sphériques pour la direction de la tangente en Mo à l'extrémale passant par Mo. La formule précédente devient cr (M) =
(146)
'1' ({to, < P o ) . .. /" n (M)
V
D (x, y, z) D (s, 'Ô o,
Définissons la forme de la fonction 1f ('6'0' «Po) à partir de la première des conditions remplies par la fonction cr (M) (cf. [1-2-22]). Cette condition s'écrit Hm cr (M) 't (M) = n (Mo). M-Mo
La forme de l'intégrale (123) nous permet d'écrire ;8 T(M)= n(M)ds,
J
l'intégration ayant lieu le long d'une extrémale. Le théorème de la moyenne nous donne .
't
hm
(M)
s
, ..0
=n (Mo),
et la condition précédente pour cr (M) s'écrit Hm cr (M) s= 1.
(147)
, .. 0
Singalons que le point M tend vers Mo pour s~ O. Pour étudier le jacobien de la formule (146) on se servira des f~r mules établies au (tome IVI [11-21]) pour les variables canoniques dans le problème des géodésiques. On a «P = n 2 lM) lX'2 y'2 Z'2),
+
+
-et les variables canoniques s'écrivent Pl
=
2n 2 (M) x' ;
P2
=
2n 2 (M) y' ;
Pa
=
Les conditions initiales sont: x~ = sin '6'0 cos «Po; y~ = sin 'Ô o sin «Po; 10-01017
2n2 (M) z'.
z; = cos 'Ô o
146
CH. 1. TH1tORIE DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV:eES
PARTIELLES
et
= =
2n2 (Mo) P20 2n 2 (Mo) Pao = 2n 2 (Mo) Les extrémales du champ sont PlO
sin '6'0 cos
(148)
cos '6'0' définies par les équations:
x =
= ( url ~CJll) 8=0 PlO + ( Ôô CJlt r2
) 8=0 P20
+(
Ôô
CJlt ra
) 8=0 P30'
En se servant des formules (148) et en tenant compte du fait que '6'0 et
(~) =0; ( ~) 8r s=O ôra s=o
(~) =1:2n 2 (M o)' ôrt s=o
2
Les autres formules (149) nous donnent:
CJlk ) = 1 : 2n 2 (M ); (a'l-'k) = 11=0 0 ôrl 8=0
Ô ( ôrk
°
(l =1= k).
Utilisons les formules (148) et (149) pour composer le jacobien de la fonction
S
(s, vo,
z)
CJlo)
=
sin 'fr o cos
cos {to
°
=
= sin 'fr o.
Pour déterminer la fonction arbitraire'!' ({to,
V n (Mo) sin!'6'o
et on obtient en définitive l'expression suivante pour la fonction cr: cr (M , Mo) =
V
n (Mo) sin t}o D( ) • n (M) x, y, z D (s. t}o, (J'o)
(150)
147
1-2-24. CONDITIONS INITIALES GENERALES
On vérifie que cette fonction possède toutes les propriétés indiquées dans (I-2-22]. Si n (M) = const, alors (s, '6'0' Q)o) sont d' ordinaires coordonnées sphériques du point M et la dernière formule noua 1 donne cr = -. r
1-2-24. Conditions initiales générales. Supposons maintenant que les conditions initiales sont données non pas sur le plan t = 0, mais sur une surface d'équation t = Q) (M) : U It=Q(l\1)=/ o (.LH);
Ut It=q;(A-l)
= Il (M).
(151)
Résolvons ce problème pour t > Q) (M). Au lieu de l'hypersphère 't (M; Mo) = t considérons la surface 't (M; Mo) Q) (M) = t, (152)
+
et supposons que pour toutes les valeurs strictement positives et assez voisines de 0 de la différence [t - Q) (M)], la surface (152) est une surface fermée de l'espace, contenant le point Mo. Les points intérieurs à cette surface vérifient l'inégalité 't (M; Mo) Q) (M) < t. (153)
+
Utilisons maintenant la formule (138) en prenant la surface (152) pour S. Dans l'intégrale étendue à S la fonction à intégrer s'écrit lu] = u (M; t - 't) = u [M; cp (M)] = fo (M); [Ut) = fI (M). Montrons que [ ~~ ] dépend aussi des conditions initiales. On a a/ o (M) Ô1&
-
ôu lM; cp (M)] ôn
ôu (M; ôn
t)
!t=q>(M)
+
+ ôu (M; t) ôt
ôq> (M) 1t=q>(M) • ôn '
d'où ôu(.il-f; t) 1 = ôn t=
ô/o(M) _ ôn
ôu(M; t) 1 ôcp(M) ôt t=q>(M) • ôn '
autrement dit, [ ôu (:; t) ]
= ôlo~:)
_
ôcpô~M)
Il (M).
En posant F(M o; t) =
=4~
~~
{cr
ô/o (At!) ôn
+ cr (~_ ôn
8cp ) fI (M)ôn
't(M; Mo>+
-
ôa ôn
fo }' dS,
148
CH. I. TlffiORIE DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
on obtient pour u (Mo; t) une équation identique à (140): u(Mo; t)=F(M o; t)+
+ 4~
~
))
'[u]
~cr (M;
Mi» dv.
(154)
'(M; MO)+qJ(M)
Comme plus haut, on peut résoudre cette équation par la méthode des approximations successives et obtenir la solution qui vérifie les conditions initiales (151). Pour effectuer toutes les démonstrations avec rigueur, il faut que les fonctions c (M), 10 (M), fI (M) et cp (M) possèdent un certain nombre de dérivées partielles continues. . Voyons comment la surface (152) est rattachée à la théorie des caractéristiques. Le conoïde caractéristique de l'équation (122) de sommet (Mo, t) est défini dans l'espace à quatre dimensions (M; t i ) par l'équation (155)
t l et M (x, y, z) sont les coordonnées courantes, t et Mo, des paramètres. La surface (152) est le lieu géométrique des points de' l'espace qui possèdent les mêmes coordonnées .(x, y, z) que les points d'intersection du conoïde caractéristique (155) avec la surface t i = = cp (M) de l'espace à quatre dimensions, autrement dit, la surface (152) est la projetée de l'intersection mentionnée sur l'espace (x, y, z) . .Plaçons-nous; pour plus de suggestion, dans l'espace à trois dimensions (x, y,' tl). L'équation (155) définit une surface de type conique. Cette surface coupe la surface fI = cp (x, y) suivant une courbe dont la projetée sur le plan (x, y) est une courbe fermée l qui est l'analogue de la surface (152). Le projeté du sommet du conoïde sur le plan (x, y) doit tomber à l'intérieur de l et l'analogue de l'intégrale triple de la formule (154) est une intégrale double sur la partie du plan (x, y) intériure à l. Ce domaine dépend bien sûr de la position du sommet (x o' Yo, t) du conoïde. Si ce sommet tend vers un point (x~, y~, t~) de la surface t l = cp (x, y), alors la courbe doit se contracter au point (x~, y~,). De façon analogue, la surface fermée S doit se contracter au point Mo si le sommet du conoïde (155) tend vers un point (M~, t ' ) de la surface t l = cp (M). . Ces propriétés géométriques de la surface S, nécessaires pour prouver rigoureusement l'existence de la solution du problème de Cauchy, sont liées au fait que le plan tangent à la surface t = cp (M) ne doit pas trop s'écarter du plan t = O. On démontre que cette condition se traduit par: OÙ
grad 2 cp(M)
<
c2
tM) .
(156)
Ceci étant, il est essentiel que la fonction c2 (M) soit reliée à 't (M; .Mo) par l'équation (124). Si la condition (156) est remplie, on dit que la surface t = cp (M) est orientée dans l'espace. S'agissant de l'équa-
1-2-25.
~QUATION
DES ONDES
G~N~RALIS~E
149
tion hyperbolique générale m
~
Utt --
i, j=1
aijU x . Xj
+ ... = 0,
Z
est une fonction de Xl' X 2 , • • • , X m , on dit que la surface t = = ep (Xl' X 2 , • • • , X m ) est orientée dans l'espace en l'un de ses points si l'on a en ce point où
U
m
~
i, j=1
aijepx.epx. Z
J
<
1.
Les constructions et formules décrites et leurs applications à la résolution du problème de Cauchy pour l'équation (122) ont été proposées par S. S 0 bol e v (Travaux de l'Institut de seismologie de l'Académie des sciences d'U.R.S.S., 1930, n06 et 1934, n042). Elles ont été généralisées par V. Gog 0 1 a d z é à des équations linéaires hyperboliques de quatre variables indépendantes plus générales (DAN SSSR, 1934, 1). La méthode indiquée a été généralisée dans un travail de S. S 0 bol e v (Matem. sb., 1936, 1 (43), n01) à des équations linéaires hyperboliques générales à un nombre pair de variables indépendantes. Dans le numéro suivant on indiquera les modifications apportées à la méthode développée pour des équations plus générales (ce qui a été fait dans le travail de V. Gogoladzé), puis on généralisera la méthode à un nombre quelconque pair de variables indépendantes seulement pour l'équation des ondes à coefficient c2 constant.
1-2-25. Equation des ondes généralisée. Considérons l'équation plus générale
4 c
3
Utt
3
= LJ ~ ai,ux zz ~ biux z. + hu, .x . + LJ i=1
(157)
i=1
où les coefficients ai" bi" c et h sont des fonctions de Xl' X2' Xs, et de plus les coefficients ai sont supérieurs à un nombre strictement positif. Signalons qu'en multipliant les deux membres de l'équation par c2 et en incluant cette fonction dans les coefficients de l'équation, on peut admettre que c 1. Au lieu de la fonctionnelle (123) considérons la fonctionnelle
==
(158) où 3
ds 2
=
~ i==l
d x·2 _1.
ai
(159)
150
CH. I.
TH~ORIE
~QUATIONS
DES
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
La fonction fondamentale 't (M ; ..lfo) du champ central est solution de l'équation 3
~ L..J
ai't~.l =~. C
(160)
i=l
La valeur retardée d'une fonction quelconque u (M ; t) se détermine comme dans [1-2-21]. Au lieu de (131), on obtient l'équation suivante pour la fonction a: 3
2
3
~ ai'tx.aX.+a~ [ai't X'X'+ l
l
_
. i=l
l
(2 uXi ~ai -
l
bi) 'tx.J=O. l
(161)
i= 1
La condition (133) devient Hm M-M o
a(M ; Mo) 't (M ; Mo) =
~ (Mo)
Ji a~a~ag
(n (M) =
/~f))'
(162)
c,
où a~ est la valeur de la fonction ai au point Mo. Au lieu de (135) on a la majoration K
IL(a) 1~'t(M; Mo) ,
(163)
où L (u) est le second membre de l'équation (157) et }( est une constante. La formule (136) devient 3
Hm ~ ~ ~ aiaxi cos (n, Xi) dS = - 41[.
Sl- M o S 1
(164)
'-1 1-
Au lieu de (138) on obtient la formule u (Ai 0
;
t)
= 4~ ~ ~ {aP ([u]) -
lu] P (a)
+ a [ ~~ JP ('t) + aR lu] } dS +
S
+ 4~ ~ ~ ~
[u] L * (a) dv,
(165)
D
où 3
P (v) =
~
3
aivxi cos (n, Xi),
R=
~
bi ) cos (n, Xi),
(::: -
i=1
i=1
3
L* (a)
=
~ L..J
{)2 ai (J _
i=1
1
OX~
+ ha
{)bi(J oXi'
,
L* (a) étant l'adjoint de l'opérateur L (a). En se servant de la formule (165) on peut comme dans (1-2-22] ramener le problème de
151
1-2-26. CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE VARIABLES
Cauchy avec les conditions initiales (139) à l'équation intégrale
4~
u(M o ; t)=F(J111 o ; t)+
) ,\
J ru] L*(a)dv.
D
On peut établir une formule identique à (150) pour la fonction CI (M ; Mo) :
,
(166)
où s est la longueur d'arc de l'extrémale reliant Mo à M et ds 2 se calcule par la formule (159). 1-2-26. Cas d'un nombre quelconque de variables indépendantes. L'application de la méthode de S. Sobolev au cas de plusieurs variables indépendantes implique l'introduction de plusieurs fonctions a. On se propose d'appliquer cette méthode à une équation des ondes à coefficients constants :
~ Utt c
2k+1
~ u x zz .x .
=
~ i=1
(167)
(cf. S. S 0 bol ev, Sur une généralisation de la formule de K irchhojj. DAN SSSR, 1933, 1). , X 2 k+l) et Appelons R 2k +l l'espace de point générique (Xl' considérons l'espace R2k+2 de point générique (Xl' , X 2 k+l' t l ) ou (M; t l ). Le cône caractéristique de l'équation (167) de sommet (Mo; t) est défini dans R2h +2 par l' équation
tl
=
r
t--, c
(168)
où 2h+1
r
2=
~ (Xi - X~)2.
(169)
1=1
Par [cp] on désigne comme plus haut la valeur retardée de la fonction cp: [cp(M; t)]=cp
(M, t - ; ) ,
c'est-à-dire la valeur de la fonction cp sur le cône caractéristique (168) par rapport à t. Comme indiqué dans [I-2-11], il existe sur la surface caractéristique des relations entre la fonction u, solution de l'équation (167), et ses dérivées. Etablissons ces relations pour les dérivées
152
CH. I.TJmORIE DES :eQUATIONS AUX n:eRIV:eES PARTIELLES
de u par rapport à t: Us
= [~:~ ]
(s=O, 1,2, ... ),
(170)
les dérivées Us étant considérées comme des fonctions dans Signalons préalablement que l'équation (124) s'écrit ici (
r ) 2
grad T
R2k +1.
1
(171)
="C2.
En dérivant la fonction Us par rapport à (Xl' ••• , X 21àl) aussi bien directement que par l'intermédiaire de l'argument on obtient, 00mpte tenu de la formule de vérification immédiate
(t - ;)
r
grad Us+{ ·grad c =
[
{}S+lU ] {}t s+1 •
grad
r
grad"'C -
[{}S+2 U {}t 8 +2
où le point désigne le produit scalaire dans suivante: dus =
- 2 grad U
R2h+1,
r
S
Jgrad C ' 2 r
la formule
r
+1 • grad -c - u s+1 d -. c
(172)
L'introduction de l'opérateur 2k+l
r r =-2 ~ L(v)= -2gradv·grad--vd ccc
i=l
(173)
nous permet de mettre (172) sous la forme dU s = L (u s +]).
(174)
Ce que nous voulions. L'opérateur L vérifie la relation vL (w)
+ wL (v) =
- div (2vw grad ; ) .
(175)
On a dr s = (2k
+ s --1) sr
Introduisons les fonctions o. 1
=
S
-
2 ;
(176)
0i:
(2k-2) (2k-4) ... (2i+2) 2i r-k-i+I • (k- i) ! ch-i (2k-2) (2k-3) (k i-l) ,
+
Oh = r- 2h +1
(i = 1, 2,
, k -1).
(177)
On a L(Ol)=O;
L(Oi+l)=dO i
;
dah=O
(i=1,2, ... ,k-1). (178)
1-2-26. CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE VARIABLES
153
Soit D un domaine de l'espace R2k+l ne contenant pas Mo. Composons l'intégrale (2k+ 1)-uple: Il.
)
~
(_1)S-1
D s=1
[(US-l~crk-S+l- O'k-S+l~US-]) +
+ (0'
h-s+l L
(us)
+ usL (0' k-S+l))] dXl ••• dX 2
k+l.
(179}
Cette intégrale est nulle en vertu de (174) et (178). En tenant compte de (175) et de la formule v~w - w~v = div (v grad w - w grad v), on peut transformer l'intégrale (179) en une intégrale étendue à la surface S limitant le domaine D. La formule
U ] [a +1 U a.!..C an: = fn san - als+1 ar;- , aus
J
S
[f)S+I
nous permet d'écrire [
aS-lu
als-l
J-
O'h-Hl
[alu ] an ats-l -
-
O'k-s+l
a.!..c a-;;:
asu } [a7S] dS = 0"
où n est la normale extérieure à S. Si le point Mo est inférieur au domaine D, la formule précédente reste valable pourvu qu'on entoure Mo d'une petite sphère. En passant ensuite à la limite, on obtient. la formule suivante: u (Mo. t) = A
J±(-i)'{ aa;~'+1 [ :;~~~ J-
S s=1
- 0'k-s+l [
] an asu atS-1 -
cr k-s+l
a ; [asu ---a;;- at S
où la constante A est définie par 2k-1
II r(i;2)
A=
i=1
•
2k-1 2k-1
2(2k-1)n
2
II r(it i=1
1
)
J}
dS,
(180)
154
CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
La formule (180) est confondue avec celle de Kirchhoff pour 2k + 1 = = 3. Si pour surface S on prend la sphère de centre Mo et de rayon ct, alors les valeurs retardées des dérivées des fonctions u dépendent des conditions initiales ul t=o et Ut It=o et l'on obtient la solution expli-cite du problème de Cauchy, solution qui a déjà été déduite sous une forme différente au (tome II, (VII-1-9l). La formule (180) nous permet de même de résoudre le problème de Cauchy dans le cas où les -conditions initiales sont données sur une surface t l = cp (M). A noter que les dérivées des conditions initiales figureront sous le signe .d'intégration, de sorte que pour que ce problème admette une solution, il faut que les dérivées des conditions initiales jusqu'à un ordre -qui dépend de k soient continues, ce que nous avons signalé précédemment. S. K h ris t i a nov i t cha généralisé cette méthode aux .équations hyperboliques non linéaires (Matem. sb., 1937, 2, nO 5).
1-2-27. Inégalité énergétique. Considérons l'équation hyperbolique n
n
L (u) === ~ aikllx,xh i,h=l
1
+ i=l 2J biux . + cu-
Utt
= /,
(181)
1
-où aUn b h c et f sont des fonctions de (Xl' . . . , Xn , t), les fonctions bh ,c et f sont continues, les fonctions aik possèdent des dérivées premières continues dans les domaines de l'espace (Xl' . . . , Xn , t) qui seront précisés ultérieurement. L'équation (181) étant par hypothèse hyperbolique, on a l'inégalité n i,
n
2Jk=l aik;i;k ~ v i=l 2J sI
(v
>
0),
(182)
-on admettra que v est une constante strictement positive pour les {).omaines considérés. Pour plus de suggestion, on supposera dans la .:Suite que n = 2, de sorte que l'on se placera dans un espace à trois .dimensions de point générique (Xl' X2 , t). Tous les raisonnements va1ent pour le cas général. On se propose d'estimer les solutions de l'équation (181) en fonction des conditions initiales et des coefficients. Ces estimations entraîneront directement entre autres l'unicité de la solution du problème de Cauchy et la dépendance continue de cette solution par rapport aux conditions initiales. Les raisonnements seront calqués .sur ceux qui nous ont permis de prouver l'unicité de la solution du problème de Cauchy et du problème aux limites au (tome II, [VII-117]) pour l'équation des ondes. Prouvons préalablement le lemme suivant. Lem m e. Si une fonction w (t) positive, absolument continue, vérifie pour presque tous les t > 0 l'inégalité dw (t) dt~Cl(t)W(t)+C2(t),
( 183)
où
Ci
155
IN~GALIT~ ~NERG:eTIQUE
1-2-27.
(t) sont· des fonctions intégrables, alors t
t
SC1(t 1)dtt w(t)<e o
t
[w(O)+
Jc2 (t 2)e
SC1(t 1)dt 1
-
0
° Si en outre
Cl
(t) ~O, alors pour presque tous les t t
dt 2
J.
>
0
(184)
t2
Sc1(tddt 1
d~?) ~cI(t)eO
t
[w(O)+
~ c2 (t 2)e
-
SC1(t 0
1
)dt 1
.
dt 2]-\-c 2 (t).
(185)
o
De (184) et (185) il s'ensuit en particulier que si Cl (t) est une constante strictement positive (Cl (t) = Cl) et C 2 (t) est une fonction croissante, alors (186)
et (187) t
- Scl(tddt 1 En effet, multiplions les deux membres de (183) par e et mettons le résultat sous la forme t
- ~'cl(tddtt
d
dI(w(t)e
°
0
t - )'Cl(tl)dt 1
)~c2(t)e 0
•
En intégrant cette inégalité par rapport à t entre 0 et t, on obtient la majoration (184). Si Cl (t) ~ 0, la majoration (185) résulte de (184) et de (183). Ce que nous voulions. Supposons que, dans un domaine ~ adhérent au plan t = 0 et compris dans le demi-espace t > 0, l'équation (181) admet une solution continue avec ses dérivées premières et secondes dans ~. Supposons que ~ contient un domaine D de type cône tronqué dont la base inférieure B (0) est située dans le plan t=O et la base supérieure B (T), dans le plan t = T > 0, que cos (n, t) > 0 sur la surface latérale S et que S est orientée de façon spatio-caractéristique, c'està-dire que sur S 2
2
cos (n, t) -
h
aih cos (n, Xi) cos (n, Xh) >0
(188)
i,11=1
(on rappelle que la normale n à S est dirigée vers l'extérieur de D). Soit B (t 1) la sec tion de D par le plan t = t 1 . Consi dérons
156
CH. I.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
la relation t
t
~ ~~
-
o
~ ~~
2UtL (U) dX I dX 2 dt l = -
B(tl)
0
2ud dX I dX 2 dt l
(189)
B(tt>
pour tE [0, Tl. En se servant de la formule (107) et des identités 2
2
~
2
i,
2 i,
h=l
l
(aihuxkut)-
2
~ ~
-
~ a~.
aihuXixkUt = 2
h=l
i,
~
aihuXiuXk - 2
k=l
i,
k-1
on peut mettre la relation (189) sous la forme 2
~~
~
(
B(t)
i,
+ U~) dXI dx
aihUXiuXk
k= 1
2-
2
- ~ l (~ B(O)
t
+~
i,
k=1
aihUxpXk +U~) dX I dx2 + 2
~
~
[- 2
o 8B(tl)
i,
aikuxJpt cos (n, Xi) +
h=l
2
+( ~
aihuxpXk +ui) cos (n, t) ] dS dt] +
;,k=1 2
t
+~ I~(2 ~ o B(tl)
i,
aa'k _...;.:l..;..,U
at
k=1 t
2
- 2
U
xi xk
~ biuxiUt - 2cuut) dX I dX2 dt l = -
l ~ l 2ud dXI dxz dt
t=1
0 B(tr)
l ,
(190)
où ôB (t l ) est la frontière de B (tl)' L'intégrant du troisième terme est positif, car il ne diffère que par le terme strictement positif cos (n, t) de la somme 2
,2J aik (U Xi cos (n, k=1
1,
t) - Ut cos (n, Xi» (U Xk cos (n, t) - Ut cos (n, Xh»
+
2
+ U~ (cos 2 (n, t) -
~ aik cos (n, Xi) cos (n, Xh»), i, h=l
1-2-27. IN:eGALIT:e :eNERG:eTIQUE
157 2
~ aik~tSh'
dont le premier terme est une forme quadratique
i, h=l
définie positive et dont le second est positif en vertu de (183). De (190) il s'ensuit donc 2
t
~ K (0) - ~ ~ ~
K (t)
o
~ ~:it
(2
2
2
- 2
uXPXk-
i, h=l
i, k=l
B(tl)
~ a;:k
UxhUt t
~ btuxiUt - 2cuut) dX I dX2dt l
-
i=l
JJJ2ud dX dX2dt I
l ,
(191)
0 B(tl)
ou" 2
K (t)
=
J( ~
~
aikuXiuXh
+ U~) dX
i, k=l
B(t)
I
dx 2.
(192)
.
Supposons que
aXk ' I ~l
(193)
1
où Co>O. Alors 1~
~
2
a:~k
h
UXiUXh dX I dX21~Co
B(tl) i, k=l
2
J~
~
IUXil,/uXkl dX I dx 2·
B(t!) i, h=l
On a par ailleurs
Or, en vertu de (182), 2
2
i=l
i, k=l
~ U~i ~ ~ ~
aihUXiUxk ,
donc t
1
JJ j o
2
~ a:~k
UXiU X : l dXI dX 2 dtll ~ Cl
B(tl) i, k-l
.
t
JK (t l ) dt
lt
0
OÙ Cl est une constante strictement positive dépendant des coefficients. De façon analogue 2
t
J
Jo ~ ~ 2ut ~ (b B(t!)
i=l
2
i -
~ k=l
.
::::')
UXi dXI dX2 dtll~C2
t
Jn K (t
l)
dt l
,
158 OÙ C2
CH. I. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eIUV:eES PARTIELLES
est une constante identique à Cl' Posons L (t)
=
JJu2dxI dx
(194)
2•
B(t)
De par l 'inégalité 12ab 1~ a2 + b2 et du fait que 2
. LJ aihUXiuXk~O, k=1
(195)
l,
on trouve t
t
11112CUtudX1dx2dtll~C31 o B(tl)
[K(tl)+L(tI)]dtl ·
0
Compte tenu de la relation 121utl ~u~
+ 12
et de (195), on obtient
1112IUtdXldx21~K(tI)+M(tl)' B(t l )
où M (tl) =
11 j2 dXI dx2·
(196)
B(tl)
En portant les majorations obtenues dans (191), on aura t
K(t)~K(0)+(CI+C2+C3+1)
JK(tl)dt l + o t
+ C3
t
JL (tl) dt l + JM (il) dt o
l•
(197)
0
Majorons L (t). Considérons l'intégrale t
JI (t)
=
JJJ [u 2 (Xl' X o
2,
tl)]tl dX I dX 2 dt}"
B(tl)
Cette intégrale peut être traitée comme une intégrale triple étendue au domaine Dt borné inférieurement par le plan t l = 0, supérieurement, par le plan t l = t et latéralement, par la surface S susindiquée sur laquelle cos (n, t) > O. La formule d'Ostrogradski nous donne immédiatement
JI(t)~
1Ju dxl dx2-1 Ju 2d:r dx2, 2
B(t)
1
B(O)
1-2-27. IN1tGALIT2
~NERG~TIQUE
1591
c'est-à-dire que t
JJu2dxldx2~ JJu 2dx l dx2+ ) JJ2UUtldxldx2dtl' B(t)
B(O)
d'où, compte tenu de
(198)!
B(tl)
0
12uutll~uri+u2 t
et de (195), il s'ensuit t
J
J
o
0
(t)~L (0) + K (t I ) dt t + L (t I ) dtl.
L
(199)J
Ajoutons (197) et (199):
K (t) +L{t)~ t
t
~K (0) + L (0) + C S[K (tI) + L (tl)] dt t + ) M (tI)'dt 1, o
(200}
u
où la constante C = Cl + C2 + C3 + 2 dépend des coefficients aik" bit c et des dérivées de aik. Utilisons maintenant les inégalités: t
(186) et (187). La fonction w (t) =
J[K (tI) .+ L (tt)] dt
l
remplit les:
o
conditions du lemme avec
t
cI(t)=C,
c2 (t)=K(O)+L(0)+
Jo M(tI)dtl
et w(O)=O.
Elle est donc justiciable des majorations t
w(t)=
Jr [K(tI)+L(tJ)]dtl~
r_6+ Jr t
eCt_f
c
o
M(t1)dt l
J
0
et
d~it)
= K (t) + L (t) ~
t
eCt [
6
+ JM (t J) dt l J,
(201);
o
où
+
K (0) L (0). Ces majorations sont dites énergétiques. En vertu de l'hypothèse (182), on a Ô=
K (t) ~
JJ ("U~l + VU~2 + un dXl dx2· B(t)
Sans nuire à la généralité, on peut admettre que le facteur v de la, condition (182) vérifie la double inégalité 0 < ,,~1. De (201) il
j.
160
.(
CH. I. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
résulte alors
j J(ui + U~I + ut + u l
2
)
dX I
dX2~
.B(t)
Ct
~~[
2
JJ( ~
B(O)
aikuXiuXk+u~ + u 2 )
dxl dx 2
+
i, k=l t
+)
~
1/2
dX 1 dX 2 dtlJ .
(202)
o BUl) Cette majoration est valable pour tous les t E [0, Tl et pour tout domaine du type indiqué. Les constantes C et 'V ne dépendent que des
u 1 t=o = Ut 1 t=o = 0, (203) .alors la solution du problème est u == O. Soit (x~O) , x~O), fOl) un point quelconque. Supposons que le conoïde caractéristique de sommet (X~O), X~O), t
-et 'par suite 'u == 0 dans D. Cette assertion reste en vigueur si les -conditions initiales homogènes (203) sont données non pas sur le plan :(x, y) 'tout entier mais seulement sur la baSé B (O) du domaine D, puisque ceci suffit pour que ô = O. D'où l'on conclut que la valeur prise par la solution de l'équation sans second membre associée à (181) ;au point (x~O), x~O), t
1-2-28.
TH~ORj;;MES D'UNICIT~
(xi°!'
ET DE
D~PENDANCE
CONTINUE
161
x~O), t(O»).
On admet que ce conoïde forme avec le plan t = 0 un domaine D du type mentionné ci-dessus. Comme plus haut, dire que la solution dépend continûment des 0 et les fonctions conditions initiales revient à dire que si f
de sommet
==
lu 1 t=o
=
x 2 );
IUt 1 t=o
=
x 2)
(204)
sont petites (dans un sens quelconque), alors il en est de même de la solution U (Xh X 2 , t). Supposons que par conditions initiales petites on comprenne que les intégrales L (0) et K (0) sont petites, c'est-à-dire que L (0) ~ e et K (0) ~ e, où e est un nombre strictement positif petit. De (201) il s'ensuit alors immédiatement que K (t) ~ 2ee Ct ;
IL lt) ~ 2ee Ct
sur le domaine D tout entier. On démontre que la solution dépend continûment des conditions initiales non seulement dans l'hypothèse que les intégrales K (t) et L (t) sont majorées, mais aussi dans l 'hypothèse que le module de la fonction U l'est pour n = 1, c'est-à-dire pour le cas de deux variables indépendantes: Xl et t. Ceci résulte directement de la méthode de Riemann [1-2-16] si l'équation a été ramenée à la forme canonique adoptée dans la méthode de Riemann. Si l'on a affaire à plus de deux variables indépendantes, alors les inégalités indiquées ne nous permettent pâs de conclure que U (pour f == 0) est petite si 1
K (t)
=
[a (x, t)
)
ui + un dx,
~1(t)
où a (x, t) ~ m > O. La 'petitesse de L (0) et K (0) entraîne, en vertu des majorations précédentes, celle de L ft) et K (t) pour 0 ~ t ~ T. D'où l'on déduit que les intégrales ~2(t)
62(t)
2
) u (x, t)dx; SI (t) 11-0tOI7
) il(t)
62(t)
u~(x,
t)dx;
) ui (x, ~1(t)
t) dx
(205)
162
CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
sont petites. Supposons que ces intégrales sont inférieures à f}>O. L'inégalité de Cauchy-Bouniakovski nous donne {u (x, t) - U [~1 (t), t]}2 = x
x
) ux(x', t) dx'
= [
x
J2 ~ ) ui (x', t) dx·
~1(t)
~1(t)
) f2dx, 61(t)
d'où {u(x, t)-U(~I(t), t)}2~a"
[~I(t)~X~~2(t)],
(206)
où a = ~2 (0) - SI (0) dans D. Grâce à l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski on trouve la majoration x
[
) lu(x',
t)ldx'J2~af},
(207)
~1(t)
[61 (t)~X~~2 (t)]. De (206) il s'ensuit que u [~1 (t), t] = u (x, t)
+ v (x,
où
t),
Iv (x, t)l ~yaf).
En intégrant les deux membres par rapport à x entre et en se servant de (207), on obtient
lu [SI (t),
t] 1~
lf all b
~1 (t)
+ yaf},
(208)
et 62 (t) (209)
+
où b = ~2 (T) - 61 (T), de sorte que 1 U [SI (t), t] ~ (1 b_l) Y af}. En vertu de (208) et de la dernière inégalité, on obtient la majoration (210)
où f} est la majoration des intégrales (205), b = 62 (T) - 61 (T). On a donc majoré 1 u (x, t) 1 dans le domaine D tout entier en supposant que b > O. Majorons maintenant la solution u (x, t) en fonction du second membre f. Supposons que f est non nul et que les conditions initiales sont de la forme (203). Soit 1 f 1 ~ Mo, où Mo > O. En vertu de (196) et de (201), il vient alors K (t)
+ LI(t)~atM:eCt.
(211)
On \peut se servir non pas de la majoration de 1 f 1 mais de celle Ide la fonction M (t l ) figurant dans la formule (201). Les intégrales K (t) et L (t), établies pour la différence U 2 - Ul de) deux solutions U 2 et U 1 de l'équation (181) avec des seconds mem-
c,
1-2-29. CAS DE L':eQUAT10N DES ONDES
163
bres différents' mais les mêmes conditions initiales, sont aussi petites que l'on veut si 1/2 - /1 1 est assez petite. Pour n = 1 on peut comme plus haut en déduire une majoration pour / U 2 - Ul /.
1·2·29. Cas de l'équation des ondes. Il est immédiat de voir (cf. (191» que les solutions de l'équation des ondes n
2J U x .x . -
i=1
1
Utt
= 0
(212)
1
VÉrifient l'inégalité énergétique n
ft
) B(t)
(~u~i+uï)dx~) (~Uii i=1
+z4)dx,
(213)
i=1
B(O)
où dx = dXl ... dxn • Cette inégalité a été établie dans l'hypothèse que U possède des dérivées premières et secondes continues. Si U possède dans les domaines considérés des dérivées continues jusqu'à l'ordre m 1, alors n'importe quelle dérivée DIU, l~ m - 1 est aussi solution de l'équation (212) et par conséquent vérifie l'inégalité (213), c'est-à-dire que
+
n
) B(t)
n
[~ (D 1u x ,)2 + (D ut)2] dx~) [~(D1UXI)2+ 1
i=l
B(O)
(D 1ut)2J dx.
(214)
i=1
La formule de Poisson (tome II, [VII-1-9J) nous donne la solution du problème de Cauchy pour l'équation (212), solution dont la régularité croît avec celle des dérivées des conditions initiales
(q>, ~)m = ) [q>~+ ~ ~ Dl
BR
*) Il est d'usage de désigner 11*
wg
(l)
(D) par L 2 (D).
164 OÙ
CH. 1. THÉORIE DES 111QUATIONS AUX D111RIV111ES PARTIELLES
Dl désigne une dérivée d'ordre l de type quelconque, ~), la som-,
me de telles dérivées. On démontre que W~ (BR) est un espace hil- l hertien complet. ~ Désignons par qJ h les moyennes de qJ définies au (tome IV l' [III-21). On sait que qJ h sont des fonctions indéfiniment dérivables dans B R - h convergeant vers qJ lorsque h~ 0 pour les normes des espaces W~ (BRJ, où RI < R. De façon analogue, 1Ph convergeront vers $ pour les normes de W~-l (B RI)' Soit Uh (x, t) la solution du problème de Cauchy pour l'équation (212) qui vérifie les conditions initiales qJh et 1Ph' On voit sur la formule de Poisson que Uh possède des dérivées continues de tout ordre. Faisons tendre h vers 0 et étudions ce passage à la limite dans le cône Dl = { (x, t): 1 x 1 < RI, 0 < t < 1 x Il. Le cône Dl vérifie toutes les conditions imposées au domaine D de [I-2-271, donc les fonctions Uh sont justiciables des inégalités (214) dans lesquelles le rôle de B (t l ) incombe aux sections de Dl par le plan t=t l • Ces inégalités ont également lieu pour les fonctions V l ,2 (x, t) = = Uhl (x, t) - Uh2 (x, t) (car celles-ci sont aussi solutions de l'équation (212)), c'est-à-dire que n
[~
}
(D l v1. 2xi)2+ (D 1v1.
dx~
2t)2 ]
i=i
B(t)
n
~ } [~(DlVi. B(O)
2xi)2
+ (D lV1. 21)2] dx.
(215)
i=1
Le second membre de (215) tend vers 0 avec hl et h 2 pour l = 0, 1, m - 1, donc il tendra vers 0 sur toute section B (t), t E [0, Rll. Les fonctions VI. 2 tendent aussi vers 0 pour les normes de L 2 (B (t)), puisque pour toute fonction V régulière on a 0
o
0
•
••
,
t
(x, t) = v (x, 0) + } Vtl (x~ t I ) dt lt o donc (en vertu de l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski) V
t
V2
et
(x, t) ~ 2v 2 (x, 0) -t-- 2t } vl1 (x, t 1) dt l o
J v2dx~2 B(t)
t
} v 2 dx+2t} B(O)
l
v~! dxdxIo
(216)
0 BU!)
En intégrant (215) et (216) par rapport à t entre 0 et t 2 ~ RI, on s'assure que les fonctions VI, 2 tendent avec toutes leurs dérivées jus-
1-2-29. CAS DE
L'~QUATION
DES ONDES
165
qu'à l'ordre m· vers 0 pour la norme de L 2 (Dl). En vertu de la complétude de l'espace L 2 (Dl) et des propriétés des dérivées distributionnelles décrites dans le {tome IVI , (111-5], [111-61) il existe un élément U de l'espace W~ (Dl) vers lequel convergent les fonctions Uh pour la norme de W~ (Dl). Bien plus, on voit sur (215) et (216) que Uh (x, t) convergent pour les normes de W~ (B (t» et Uht (x, t), pour les normes de W~-l (B (t», quel que soit t E [0, R I l, de sorte que U (x, t) E W~ (B (t» et Ut (x, t) E W~-l (B (t» quel que soit t E E [0, RIL et U vérifiera les inégalités (214) et (216). Pour m ~ 2 la fonction U sera solution de l'équation (212) pour presque tous les (x, t) de Dl. On a ainsi réussi à trouver une solution du problème de Cauchy pour l'équation (212) dans le domaineD I dans l'hypothèse que les conditions intiales q:J et 11' sont des éléments de W~ (BR) et W~-l (BR) respectivement (m~ 2). Bien plus, on a montré que la régularité de cette solution n'est pas affectée par la croissance de t si U (x, t) E W~ (E (t» et Ut (x, t) E W~-l (B (t». Si q:J et 11' varient peu pour les normes des espaces W~ (B R) et W~ -1 (B R) respectivement, alors il en est de même de la solution correspondante U et de sa dérivée Ut pour les normes des espaces W~ (B (t» et W~-l (B Ct)~. De façon plus exacte, si Uk' k=1, 2 sont les solutions de l'équation (212) vérifiant les conditions initiales q:Jk et lPk' k = 1, 2, alors leur différence v = UI - U2 satisfait les inégalités (214) et (216) qui caractérisent la dépendance continue des solutions du problème de Cauchy par rapport aux conditions initiales pour les normes intégrales correspondantes. La solution du problème de Cauchy trouvée plus haut est unique dans la classe des fonctions de W~ (Dl)' m ~ 2. En effet, les raisonnements du (1-2-27] s'étendent à ces fonctions si toutes les intégrales sont des intégrales-Lebesgue et si les inégalités sont considérées non pas pour tous les t mais pour presque tous les t de [0, T]. Attirons l'attention sur le rôle particulier des espaces W~ (B (t» pour les équations hyperboliques. Ces espaces nous ont permis de mettre en évidence une propriété assez importante des solutions des équations (212), à savoir que leur régularité n'était pas altérée par la croisance de t. Bien plus, étant donné que l'inversion du temps (c'est-à-dire le changement de ten -t) ne modifie pas l'équation (212), le problème de Cauchy se résout dans ces espaces de façon analogue pour les t décroissants. Donc, la régularité des solutions n'est pas altérée par la décroissance de t. On a ainsi établi le fait suivant: les solutions de l'équation des ondes sans second membre conservent à tout instant t la régularité qu'elles avaient à l'instant initial. Ceci est vrai si la régularité des solutions U est caractérisée par le fait que le couple {u (x, t); Ut (x, t} est un élément des espaces W~ (B (t» X W~-l (B (t», tE] - RI' RIl. Cette propriété n'a pas lieu dans d'autres espaces. Elle est mise en défaut si par exemple la régularité des solutions est caractérisée par la continuité de telle
166
CH. I.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
ou telle dérivée (R. Cou r a n t, D. H i 1 ber t, Methoden der mathematischen Physik. Berlin, 1931). On a montré comment utiliser l'inégalité (213) et les inégalités (214) qui en découlent pour résoudre et analyser le problème de Cauchy pour l'équation (212). On peut de façon analogue étudier en détail l'équation des ondes avec second membre. Bien plus, l'inégalité (201) et celles qui en résultent sont fondamentales pour l'étude du problème de Cauchy pour les équations hyperboliques générales (181). Nous allons illustrer ceci dans le chapitre suivant sur des problèmes plus compliqués pour les équations (181) et montrer comment à partir des résultats obtenus il est possible d'établir la solubilité du problème de Cauchy.
1-2-30. Théorème d'immersion dans l'espace des fonctions continues et certaines de ses conséquences. Si une fonction f(x), xE De Rn possède des dérivées distributionnelles de carré sommable par rapport à tous les Xi jusqu'à l'ordre l et l ~ [ ; ] 1, alors elle est
+
équivalente à une fonction
Î
(x), continue dans D, et max
1
Î (x)
1
xCD
admet une majoration qui dépend de la norme de f dans l'espace WJ (D). Ceci est vrai sous certaines contraintes imposées à D, par exemple, pour un domaine D de frontière régulière. La proposition précédente est un cas particulier des théorèmes d'immersion de Sobolev. On se propose d'établir une proposition plus faible: la continuité de (x) seulement dans un ouvert D et une majoration pour max 1f (x) l, où D' cD. On commencera par le
l
A
xED'
Thé 0 r ème 1. Si une fonction f (Xl' . . • , x n ) possède à l'intérieur d'une boule D à n dimensions des dérivées continues jusqu'à un ordre· l et si (a=O, 1, ... , l),
(217)
alors dans toute boule Dl concentrique et intérieure à D, on a les majorations suivantes:
où [~ ] est lapartieentièrede; et c, une constante ne dépendant que du choix de Dl.
167
1-2-30. THeORËME D'IMMERSION
Composons la fonction auxiliaire
a (x) =
(1 1 {O
pour pour
(219)
1 11
l
1 ~
pour
+"2
2
2
< x <3" '
où 1
T- x
u = ----:--:::---~----;--
(~-x)(x-~)'
Il est évident que U~
X~
i . Ceci étant,
+
00
lorsque x~ ~ et U~
-
00
lorsque
a (x) tend respectivement vers 1 et 0 et il est
immédiat de vérifier que toutes les dérivées de cr (x) sont continues pour x = ~ et x = ~ . Soient Mo un point de Dl, et k, la différence des rayons de D et de Dl' Considérons le système de coordonnées sphériques de centre Mo:
= r cos 81 ; x = r sin 8 cos 8 ; . . 2. . . . . 1. . . 2. Xl
... .. .. .
x n - 2 = r sin 81 ••• sin 8n - a cos 8 n - 2 ; x n - l = r sin 81 ••• sin 8 n - 2 cos ,p; x n = r sin 81 ••• sin 8 n - 2 sin ,p,
o~ 8k ~ n dw n
=
et 0 ~ ,p
<
r n - l sinn -2
2n. Pour le volume élémentaire on a 81 sin n -3 8 2 • • • sin8n -2dr d8 1 •• • d8 n -2d ,p.
En éliminant dr et en faisant r = 1, on obtient l'aire élémentaire dan de la sphère unitaire. Introduisons la fonction
a1- l
F (M) = f (M).
ôr1-1 -
[r (l-1)1
ôl (M) ôr
l l -
ôl -
a ( hr 2
• ôrl-2
) ]
-
[r (l-1)! l l -
,
... ~. (-1)
(
r ) ]
a .h
+ ...
al-II (M)
11
ôr l - l
[ •
r l- l
(l-1)!
a(~)J,
168
CH. 1. TlffiORIE DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
où r = M aM. On vérifie immédiatement que F (Mo) =
ôFô~M) = 1 (M).
::1
1 (Mo);
[(l~:)1
F (M) = 0 pour r= k,
a(
~
)
+(-1)
1-
J+ ôll
l'ôr l '
J
[r (l-1)! l 1 -
( r ) a h'
(220)
et l'on peut écrire h
1 (Mo) =
ôFô(~) dr,
-)
o
l'intégration étant effectuée le long d'une demi-droite issue de Mo. En multipliant les deux membres de cette formule par dan = dw n : rn-Idr et en intégrant surIes intervalles 0:::;;; es:::;;; n; 0:::;;; 'l':::;;; 2n, on obtient
1(M o) =
- -1
O'n
~ ôF.::l(M) r -n+l dx t ur
• ••
dX
n,
Do
Do est une boule de centre Mo et de rayon k, et an l'aire de la sphère unitaire de Rn' Si l'on pose k = [ ; la formule précédente devient OÙ
J,
1 (M o) -- -
_1_ ~ _1 ôF (M) 11. ô O'n
r
r
r h-n+l d Xl
• ••
dX
n,
Do
d'où l'on déduit grâce à l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski
12 (Mo) :::;;;
-- 1 J\ (1rh ~ O'~
ôF (M) ) 2 d d n ôr Xl • •• X
Do
de d.l, J\ r 2k-2n+2r n-t d rde I' • • n-2 't'. Do
Dans la dernière intégrale, l'exposant est égal à 1 pour n pair et à 0 pour n impair. Donc
12 (Mo):::;;; Cl J\
(1rh
ôF (M) ) 2 ôr
dX I
•••
dx n ,
(221)
Do
où la constante Cl ne dépend que de k. Revenons à la formule (220). Le coefficient en 1 est nul pour r:::;;; ~ en vertu de (219). Par ailleurs, la règle de dérivation d'une fonction composée nous permet d'affirmer que :;, est une combinaison linéaire des dérivées d'ordre l par
169'
1-2-30. THÉORt:ME D'IMMERSION
rapport à
à coefficients bornés. On peut donc écrire
•. , X n
Xl'
1 {)F (M)
Th
{)r
~
=
al
+ L..J
{)lt
aal ... an a
al
Xl
•.•
a an ' xn
OÙ a est une fonction continue bornée et 1 aal ... an 1~ c 2r l - h -1._ Tous les coefficients sont bornés pour l ~ k 1, c'est-à-dire pour l ~ [ ~ + 1. Donc, compte tenu de la relation (Xl + ... + Xn )2 ~ ~ n (xi + ... + X~) et de (217), on déduit à partir de (221) 12 UWo)~ c2A2, OÙ la constante c ne dépend que de h. Si pour un entier naturel ~ > 0'
+
J
on al'inégalitél-~~[;J +1, i.e. ~~l-l;J-1, alors on peut reprendre tous les raisonnements précédents en remplaçant 1 par l'une quelconque de ses dérivées partielles d' ordre ~ et l par(l - ~). On a donc établi les majorations (218). C. q. f. d. Supposons maintenant que la fonction 1 remplit toutes les conditions du théorème, mais qu'elle n'est pas continue avec ses dérivées, autrement dit, 1 est un élément de l'espace W~ (D). Considérons une boule D 2 concentrique et intérieure à D. Considérons les fonctions moyennes th sur D (tome IV l' [III-2J), en admettant que hest inférieur à la différence des rayons de D et de D 2. On a pources fonctions
f I~
(x)
dx~ )
En effet, de la définition de niakovski il résulte que D2
D2
~ ) [h~
)
D2
)
û) (
!h et de l'inégalité de Cauchy-Bou1X
~ YI) 1(y)
û) (
IX~YI )
dy
h~
h1n
~) axl
~\
[j2(y)
D
()h! h
û) (
IX;;YI )
12 (y) dy] dx=:
1X
û) (
~ YI) j2 (y) dy ]
dx ~
'x-y I
D2
l
) 'x-y I
1x-y f
a
dy] 2 dx ~
/x-y/
= ) [
Comme
(222;
D
D2
) I~ (x) dx = ) [ h1n
j2 (x) dx.
a ... ax n n
~ln
)
û) (
IX~YI)
dxJ dy= ) j2(y) dy_
/'l.:-yl
h!) , = (aà a h xl ... à an n l
X
intégrales des carrés de tOutES les dérivéEs
D
. s'ensuit que les k~ l, Il {)hih
a xaI 1 ... axan n
,0 ~k ~ l,.
170
CH. 1. TH:~ORIE DES :eQUATIONS
Aux D:eRIV:eES PARTIELLES
<étendues à D 2 sont inférieures à A2, donc l
lJlfhll~l,)D2={) [fh+ ~ ~ (aXa.l~~~haxa.n )2Jdx}1/2~cIA. D2
k=l (k)
1
(223)
n
,On sait par ailleurs (tome IV l, [III-3]) que les fonctions h ten·dent vers f lorsque h -+ 0 pour la norme de W~ (D 2 ) , définie par {223), donc 1/ f h l - ! h 2 ,,~l,> D2 -+ 0 lorsque hl, h 2-+ O. En vertu de ]'inégalité (218) appliquée à la fonction !h1 - /h2 et à une boule Dl ·etmcentrique et intérieure à D 2 , la différence fh 1 - f h 2 tend avec -toutes ses dérivées par rapport à x jusqu'à l'ordre l - [ ~ 1 -vers 0 uniformément en x EDl lorsque hl, h 2 -+ O. Comme de plus les fonctions fh sont indéfiniment dérivables, la fonction limite 1 sera continue dans Dl avec ses dérivées jusqu'à l'ordre l ~ -1. La fonction Î est confondue avec f pour presque -tous les x. On a ainsi démontré le
J-
-[ J
Thé 0 r ème 2. Si des conditions du théorème précédent on <écarte celle qui porte sur la continuité de f et si les dérivées de f sont .distributionnelles, alors il existe une fonction Î équivalente à f et con.tinue avec ses dérivées jusqu'à l'ordre l - [ ; 1 dans l'ouvert D .
J-
t
.De plus, on a les majorations (218) pour Ce théorème et les résultats du paragraphe précédent nous permettent de tirer les conclusions suivantes sur l'existence des solu;tions classiques du problème de Cauchy pour l'équation (212): Si cp (x) = ult=o est un élément de W~ loc (Rn) et 'li' (x) = ut/t=o, 1 .un élément de W2:ï~c (Rn), et m>l+ [ nt + 1, l>2, alors la solution correspondante u (x, t) du problème de Cauchy pour .l'équation (212) est continue et admet des dérivées continues jusqu'à l'ordre l. Dire que cp E w~ loc (Rn) revient à dire que cpE w~ (B) pour toute boule Be Rn. Les raisonnements du numéro précédent entraînent l'existence d'une solution u (x, t) du problème de Cauchy .appartenant à w~ loc (Rn+ 1 ). Ceci et le théorème 2 ci-dessus affirment la continuité de u (x, t) et de ses dérivées jusqu'à l'ordre
J
.l=m-[ nt 1 J-1. La solution du problème de Cauchy pour l'équation 0 u = -= f (x, t) avec les mêmes conditions initiales sera classique si (Rn+!) 2, 100 + , f Ewm-l
1-2-31. SOLUTIONS DISTRIBUTIONNELLES
171
1-2-31. Solutions distributionnelles des équations du second ordre. Au [I-2-15J on a étudié la question de savoir lesquelles des fonctions u (x, t) définies dans un domaine D, possédant des dérivées partielles premières discontinues sur une surface régulière a et vérifiant les équations Ou = 0 ou Ou = /, il convenait d'appeler solutions (plus exactement solutions distributionnelles) de ces équations dans D. Du point de vue physique, c'est-à-dire si un problème de physique nous conduit à ces équations, il faut imposer à ces fonctions u la condition [P (u)J()' = 0 qui dit qu'aucune force extérieure n'est concentrée sur la surface de discontinuité. Du point de vue mathématique, il faut que ces fonctions soient justiciables de la formule de Green (79) dont le rôle est déterminant dans l'étude des équations différentielles. Au [I-2-15], on a montré que ces conditions sont équivalentes si u présente des discontinuités « régulières »,c'est-àdire remplit des conditions cinématiques de compatibilité et si les surfaces de discontinuité sont régulières. Les fonctions u remplissant toutes ces conditions et vérifiant l' équation 0 u = / en dehors de a, satisfont l'identité
) u 0 11 dx dt= ) /11 dx dt D
(224)
D
pour tout 11 E Cr: (D). D'autre part, au (tome IV l , [111-5], [111-6]) on a défini les notions de dérivées distributionnelles et d'opérateurs différentiels distributionnels pour les fonctions de L 2 (D). Dans le langage de ces notions, l'identité (224) exprime que l'opérateur distributionnel 0 a été défini pour u et que 0 u = /' On dira qu'une fonction u (x, t) est une solution distributionnelle de la classe L 2 de l'équation 0 u = / dans un domaine D si elle est de carré sommable sur tout domaine D' c D et si elle est justiciable de l'identité (224) pour tout 11 E C~ (D). Dans la suite, par D'on comprendra des domaines bornés tels que D' cD. De façon analogue, on appelle solution distributionnelle de la classe L 2 dans le domaine D de l'équation n
L (u) ==. ~ aihuxix1& t, h=1
n
+!J biuxi+cu=! t=1
(225)
toute fonction u (x) de carré sommable sur tout domaine D'et vérifiant l'identité
JuL* (11) dx= J/11 dx
D
D
(226)
172
CH. 1.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
AUX
D::eRIV~ES
PARTIELLES
pour tout 1'] E C~ (D). L'opérateur L* est l'adjoint de L au sens de Lagrange, c'est-à-dire
Pour que cette définition soit correcte, il faut que les coefficients admettent des dérivées secondes et les coefficients b h des dérivées premières. Supposons que les dérivées D1aik' l = 1, 2 et Db i sont continues dans D. Les solutions des équations (225) de la classe C2 (D) (les seules considérées jusqu'à présent) seront dites classiques. Les solutions classiques de l'équation (225) vérifient l'identité (226), car la formule de Green aik
j uL* (l']) dx = j 1']L (u) dx, D
(227)
D
a lieu pour tout u E C2 (D) et tout 11 E Cr: (D). La réciproque est vraie: si u E C2 (D) et vérifie l'identité (226), alors elle est solution classique de l'équation (225). En effet, de (226) et (227) il s'ensuit que
j [L (u) -f] 1'] dx= 0 D
pour tout 1'] E Cc: (D). De là il s'ensuit en vertu du théorème 2 du (tome IV l' UII-5l) appliqué à un domaine D' que L (u) = f. On a le Thé 0 r ème 3. Si les coefficients de L sont constants dans D, alors toute solution distributionnelle de L 2 de l'équation sans second membre associée à (225) peut être approximée pour les normes de L 2 (D') par des solutions classiques de la même équation. En effet, soit u une solution distributionnelle de L 2 de l'équation sans second membre associée à (225) dans D, c' est-à-dire que u E L 2 (D') pour tout domaine D'et (228)
pour tout 11 E Cc: (D). Pour 11 prenons les fonctions moyennes Vh décrites pour une fonction v E Cc: (D) dans le (tome IV l' [111-4]). Ces moyennes appartiennent à Cc: (D) pour h assez petit. Le noyau médiateur ne dépendant que de la différence des arguments, l'égalité D1vh = (DlVh a lieu pour toute dérivée Dl de v. Donc L (Vh) = = (L (v)h. D'autre part, il est immédiat de vérifier à l'aide du
I-2~31. SOLUTIONS DISTRIBUTIONNELLES
173
théorème de Fubini que ) uWhdx= ) Uh wdx D
(229)
D
quelles que soient U E L 2 (D) et w E Cr;' (D) si h est assez petit (h doit être strictement inférieur à la distance du support de w à la frontière de D). De tout ce qui précède il s'ensuit que
0= ) uL* (Vh) dx= ) u (L* (v)h dx = D
D
= ) UhL* (v) dx= ) D
L (Uh) v dx.
(230)
D
Soit un domaine D' cD. Les relations (230) sont valables pour tout v E Cr;' (D') et h strictement inférieur à la distance de D' à la frontière de D. Ceci nous permet d'affirmer en vertu du théorème 2 du (tome IV l' [III-41) que L (Uh) = 0 dans D', c'est-à-dire que Uh est une solution classique de l'équation sans second membre associée à (225). Lorsque h -+ 0 les fonctions Uh convergent vers la solution distributionnelle U pour la norme de L 2 (D'). C. q. f. d. Il est immédiat de voir que la réciproque est vraie aussi: si une jonction U peut être approximée pour les normes de L 2 (D'), D' c D, par des solutions classiques Um de l'équation sans second membre associée à (225), alors elle est solution distributionnelle de cette équation dans le domaine D. On aurait pu se servir de ces deux propositions pour définir les solutions distributionnelles de l'équation L (u) = 0 dans D comme la limite, pour les normes de L 2 (D'), de ses solutions classiques. Cette définition aurait été identique à celle donnée plus haut. Cependant nous ne ferons pas intervenir cette définition, car elle n'est valable que pour des opérateurs L à coefficients constants (ou, plus généralement, assez réguliers). Signalons seulement que c'est précisément cette approche ,qui a été développée dans les années 30 par S. Sobolev dans l'étude des solutions discontinues de l'équation des ondes et la résolution du problème de Cauchy corrrespondant. Par la suite, Sobolev et de nombreux autres auteurs se sont penchés sur la résolubilité du problème de Cauchy pour des équations hyperboliques à coefficients variables en se basant sur les solutions classiques du problème de Cauchy pour des équations spéciales approximant l'équation donnée. Les solutions distributionnelles de l'équation (ou du problème de Cauchy correspondant) ont été définies comme la limite (pour telle ou telle norme) de solutions classiques des équations approximantes (ou du problème de Cauchy correspondant). Si de bonnes représentations intégrales ont été
174
CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
trouvées pour les solutions des équations ou des problèmes aux limites correspondants, alors ces représentations ont été utilisées pour déterminer les solutions distributionnelles (cf. travaux de N. Gunter, G. Leray et autres). Le rôle dominant de l'identité (226) n'est pas apparu d'emblée bien que cette identité ait figuré dès les années 20 dans de nombreux travaux (par exemple, dans le travail de N. W i en e r, The Operational Calculus. Math. Ann., 1926, 95, pp. 557-584). Plus tard (à la fin des années 40- début des années 50) les solutions distributionnelles du problème de Cauchy et des problèmes aux limites pour des équations de types divers ont été définies sans faire appel aux représentations de ces solutions et aux processus d'approximation. Ces définitions qui se basent sur des identités intégrales ont été fécondes pour la résolution des problèmes aux limites. C'est précisément cette approche qui a été systématiquement développée dans les travaux de O. Lad y j e n s k a ï a et notamment dans sa monographie Problème mixte pour l'équation hyperbolique. Ces travaux mettent l'accent sur l'adéquation de l'introduction non pas d'une seule classe de solutions distributionnelles du problème, mais de toute une famille de classes de solutions distributionnelles si les coefficients de l'équation sont des fonctions suffisamment régulières. En revanche, si les coefficients ne sont pas suffisamment réguliers, il est souvent possible de rattacher à cette équation une classe bien définie de solutions distributionnelles. Ainsi, par exemple, si les dérivées des coefficients aik ou b i de l'équation (225) ne figurent pas dans l'expression de L*, alors la définition des solutions distributionnelles basée sur l'identité (226) est illicite. Dans le chapitre suivant, on exhibera une définition des solutions distributionnelles de divers problèmes aux limites, appartenant à différents espaces fonctionnels et l'on montrera comment appliquer ces définitions à l'étude de la résolubilité de ces problèmes. Etudions le problème de Cauchy suivant: n
L(u)e=
~
i, k=1
n aikuX.X1&+ l
~ biux.+cu-utt=f,
i=1
(231)
l
It=o = cp (x), Ut It=o = 'P (x), (232) en admettant que les coefficients de L sont des fonctions assez régulières (c'est-à-dire, différentiables autant de fois qu'il le faut) et que l'équation est hyperbolique. Multiplions l'équation (231) par une fonction arbitraire 'Y) (x, t) E C':' (Rn +1) (on rappelle que les fonctions telles que 'Y) (x, t) possèdent un support compact) et intégrons la relation obtenue sur le domaine R~+I= ({x, t) : x ERn, t > O}. Intégrons le premier membre par parties de telle sorte qu'il ne reste aucune dérivée de u. On obtient ainsi des intéU
175-
1-2-31. SOLUTIONS DISTRIBUTIONNELLES
grales étendues au plan R: = (ex, t): x E Rn, t = O} ~t contenant. les fonctions u 1t=o et Ut 1t=o qui seront remplacées par cp et'i' en vertU! de (232). En définitive, on est conduit à l'identité
J 1 uL* ('ll) dx dt + J('i''ll- CPT)t) dx =
R:+
(233)1
R:
où n
L* ('ll) =
{) (b (rl)
~
OZi
+ e'YI _ '1
'YI
'Itt
i, k=l
et où toutes les intégrales sont pratiquement étendues à un domaine.borné dans lequel 'll (x, t) est non nulle. Appelons solution distributionnelle de la classe L 2 du problème de' Cauchy (231), (232), une fonction u de la classe L 2 , loc (R~+I) (c'est-à-dire, une fonction de carré sommable sur toute partie bornée dlL domaine R";+I) et vérifiant l'identité intégrale (233) pour tout 11 E C:' (Rn +1). Il est clair que si les coefficients de L possèdent des dérivées con-tinues figurant dans L*, si f E Li, loc (R,,;+I) et si cp et 'i' sont deséléments de Li,lOC (Rn), alors cette définition est correcte, autre-ment dit, toutes les intégrales figurant dans (233) sont convergentes. Les solutions classiques du problème (231), (232) vérifient l'identité, (233). Si d'autre part une fonction u satisfait à cette identité pourtout 'll E (Rn +1) et est bicontinûment dérivable pour t ~ 0, alors elle sera solution du problème (231), (232). Pour s'en assurer il faut intégrer le premier membre de (233) par parties, ce qui conduit. à l'identité
Cc:
1 R:+
[L(u)-f]'lldxdt+ ) [('i'- U t)11-(<J>-u)'llt]dx=O.
(234}
R~
i
Les intégrales étendues à R: sont nulles pour 'll E Cc: (R:+ 1 ) et decette identité il s'ensuit en vertu du théorème 2 du (tome IV 1 ,· [111-5]) que Lu = f dans R:+l. Donc, l'identité (234) équivaut à, l'identité
1[('i'-
R:
u,) 11 - (q> - u) 'llt] dx =
o.
{235}
Considérons maintenant les 'll E Cr: (Rn+ 1 ) qui sont nuls pour t = O. Donc, l'intégrale qui contient 'll disparaîtra de (235) et de l'identit€ obtenue il s'ensuivra {toujours en vertu du théorème 2 du (tomeIV 17 [111-5]) que cp = ult=o, car pour 'llt'J=o on peut prendre une-
176
CH. I. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
fonction quelconque de Cr: (Rn). L'identité (235) se réduit donc à
.\
('P -
Ut)
Tl dx = 0,
R~
-d'où l'on déduit par analogie que'P = Utlt=o' Ainsi donc l'identité {233) recèle toute l'information nécessaire sur le problème (231), (232). De la démonstration de ce fait, on voit à quel point il est essentiel que cette identité soit réalisée pour tout 'Y) E C': (Rn +1). :Si l'on avait considéré une classe plus étroite de fonctions 'Y) , par exemple, la classe C': (R~+1), on n'aurait pas pu prouver que la fonction U satisfait les conditions initiales (232). De tout ce qui précède il est clair que la définition de la solution distributionnelle du pr'oblème (231), (232), exhibée plus haut, généralise bien la notion de solution classique. Cette généralisation est indispensable .:Si les fonctions f, cp et'P ne sont pas assez régulières. Si, par exemple, la fonction f est discontinue ou si cp et'P ne sont pas dérivables, alors le problème (231), (232) n'admet pas visiblement de solutions clas:siques (c'est-à-dire de solutions deux fois continûment dérivables .dans R~ +1). Cependant la généralisation de la notion de solution du problème (231), (232), implique encore une justification. Plus exactement, au [1-2-28] on a montré que, dans la classe des solutions clas.:Siques, le problème (231), (232) est déterministe, c'est-à-dire qu'il ne peut admettre deux solutions distinctes. Il y a intérêt à préserver ~ette importante propriété des problèmes dynamiques, faussi est-il nécessaire d'établir si le théorème d'unicité n'est pas mis en défaut ·dans la classe des solutions distributionnelles définie plus haut. La démonstration exhibée au (I-2-27] ne passe pas, car les solutions oétudiées doivent posséder des dérivées distributionnelles du second ·ordre au moins. Une autre démonstration du théorème d'unicité a été proposée au début du siècle par Holmgren. Mais cette démonstration implique la résolution dans la classe des solutions classiques du problème adjoint pour des conditions initiales et des seconds membres suffisamment réguliers et à support borné. Or ce problème est pratiquement identique au problème initial (231), (232). Ce problème a été étudié dans le cas d'équations à coefficients variables par Hadamard, puis par Schauder et autres par des méthodes assez complexes et pour des coefficients de L pourvus d'un grand nombre ·de dérivées. Il était nécessaire d'élaborer d'autres méthodes de démonstration du théorème d'unicité pour les solutions distributionnelles qui n'impliquent pas de trouver les solutions classiques du problème adjoint. Ceci a été fait dans les travaux de O. Ladyjenskaïa au début des années 50 (cf. monographie citée à la page 174 et l'article: O. Lad y j e n s k a ï a, Sur la résolubilité des problèmes aux limites fondamentaux pour équations paraboliques et elliptiques.
1-2-32. EXISTENCE ET UNICIT:m DES SOLUTIONS DISTRIBUTIONNELLES
t77
DAN SSSR, 1954, 97, nO 3). Pour trouver les solutions distributionnelles du problème (231), (232), on peut se servir des méthodes de Galerkine, aux différences finies, fonctionnelle de Lâdyjenskaïa et autres. 1-2-32. Sur l'existence et l'unicité des solutions distributionnelles du problème de Cauchy pour l'équation des ondes. Les solutions distributionnelles du problème de Cauchy pour l'équation des ondes n
Ou==2J ux.:c.-Utt=/ i=l 1
(236)
Z
peuvent être déterminées pour de « mauvaises » fonctions j,
J1
UDf) dxdt =
0
R:+
pour tout
1')
ECo (R n +1). Considérons la bande II = {(x, t): x ERn, t El 0, Tf}
12-01017
(237)
178
CH. 1.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
et le problème
o w=f""(x,
t),
W
It=T=O,
Wt
It=T=O,
(238)
TE
en admettant que C': (II) *). La solution de ce problème est donnée par la formule de Kirchhoff. C'est une fonction indéfiniment dérivable, nulle pour t ~ T et aux points (x, t) tels que t E[- T, Tl et 1x 1 est assez grand. En multipliant cette fonction par X(t), fonction indéfiniment dérivable, égale à 1 pour t ~ 0 et à 0 pour t ~ - T,. on obtient une fonction ;;; lx, t) = W (x, t) X (t) de C': (Rn +1) qui est confondue avec W (x, t) pour t ~ O. Donc, dans (237) pour 11 on. peut prendre la fonction ;;;. En tenant compte de l'égalité Dw = 7~ on trouve
~
vT dxdt=O.
R~+l
-==
Comme cette égalité est vraie pour toute fonction f E C': (II), on a v 0 dans II. T étant arbitraire, la fonction v 0 dans R~ +1. C. q. f. d.
==
1-2-33. Equations de type elliptique. Jusqu'ici nous n'avons étudié le problème de Cauchy que pour des équations hyperboliques. Considérons maintenant une équation elliptique élémentaire, l'équation de Laplace de deux variables indépendantes: U xx
+u
1JU
= O.
(239)
On sait que toute solution de cette équation est la partie réelled'une fonction analytique: j (z) = U (x, y) v (x, y) i (tome 111 2 ,. [1-2]). Considérons une solution de l'équation (239) au voisinage d'un point que l'on prendra pour origine des coordonnées. Supposons que U possède des dérivées premières et secondes continues en cepoint et en son voisinage et écrivons la série entière de j (z) :
+
00
f (z) = .~ cnz n. n=O
+
Cette série converge dans un disque 1 z 1 < R et de plus Cn = an bni sont des nombres complexes. En considérant la partie réelledes termes de la série
+
00
t (z) = n=O LJ (an + bni) (x +. yi)n *) Ce problème s'appelle problème adjoint du problème initial.
1-2-33.
~QUATIONS
DE TYPE ELLIPTIQUE
179
on obtient polir u (x, y) une représentation en série suivant des polynômes homogènes de (x, y): 00
u (x, y)
= ~
r
{an x n -
n
(n2~1) X n- 2 y 2 + ... ] +
n=O
+ bn [ -
nxn-1y
+ n (n- il (n-2)
X
n- 3 y 3 - -
••• ] }
(240)
+
et cette série converge absolument pour V x 2 y2 < R. Mettons la série (240) sous forme d'une série double de x et y: 00
2J
dpqxPyq,
(241)
P. q=O
et montrons que cette série converge aussi si les valeurs réelles de x et y sont assez voisines de O. En effet, les valeurs absolues des termes de la série (241) sont inférieures aux termes de la série double déduite à partir de la série 00
Li
n=O
Icn/(Ix/+ly/)n.
Or la série 00
2J 1Cn 1r n n=O
(r> 0)
converge pour r < R, d'où il résulte immédiatement que la serIe (241) converge absolument pour 1 x 1 1 y 1 < R. En regroupant les termes de la série (241), on obtient la série (240), autrement dit, la somme de la série (241) est égale à u (x, y). Donc, toute solution de l'équation (239) se représente par une série entière au voisinage de tout point (x, y), pourvu que ce dernier ne soit pas un point de discontinuité, en d'autres termes, toute solution de 1'équation (239) est une fonction analytique de (x, y). De là il s'ensuit aussitôt qu'une fonction harmonique est indéfiniment dérivable et que si deux fonctions harmoniques sont confondues sur une partie du plan (x, y), elles le seront partout sur ce plan. Signalons que la situation est complètement différente pour l'équation hyperbolique u yy - a 2 u xx = 0, (242)
+
où a est un nombre réel donné. Cette équation admet la solution évidente (tome II, [VII-1-2l) u = cp (x ay), (243,
+
où cp est une fonction arbitraire possédant des dérivées premIeres et secondes continues. En théorie des fonctions d'une variable réelle j
2*
180
CH. I. THÉORIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES
on démontre qu'on peut construire une fonction cp Ct) possédant des dérivées première et seconde continues mais pas de dérivée troisième pour aucune valeur de t. Si cp Ct) est une telle fonction, la solution de (242) n'admettra de dérivées troisièmes pour aucun (x, y) et par conséquent ne peut être une fonction analytique de (x, y). On peut envisager de poser le problème de Cauchy pour l'équation (239). On peut par exemple chercher la solution de l'équation (239) qui véri.fie les conditions initiales
ulx=o = f o (y);
uxlx=o = fI (y),
(244)
où fo (y) et fI (y) sont des fonctions analytiques données de y (I-1-29]. Ce problème admettra une solution bien définie au voisinage du point x = O. Mais ce problème est mal posé en ce sens que ses solutions peuvent varier fortement pour de faibles variations des conditions initiales. En effet, soient et fI (y) = 1.. sin (ny), n
fo (y) = 0
(245)
où n > 0 est un nombre donné. Il est im.médiat de vérifier que la solution de l'équation (239) qui satisfait ces conditions initiales est: enx_e-nx U =.
Ln~
. SIn
(ny).
(246)
Supposons que n -+ 00. La condition initiale fI (y) tend alors vers {) uniformément en y, car 1 sin (ny) 1~ 1 et la solution (246) tend vers l'infini si x :f= 0 et ny est différent d'un multiple de n. En effet, .si par exemple x > 0, alors e-nx -+ 0 et le rapport e nx /n 2 -+ 00 pour n -+ 00, puisque enx croît plus vite que n 2 • Donc, lorsque les con·ditions initiales tendent vers 0, la solution tend vers l'infini. En ·d'autres termes, la solution du problème de Cauchy pour l'équation (239) ne dépend pas continûment des conditions initiales. S'agissant de l'équation hyperbolique, cette dépendance par rapport aux -conditions initiales a toujours lieu dans un sens ou dans l'autre (cf. [1-2-28] ;[1-2-29]). Nous avons établi l'analyticité des solutions de l'équation de Laplace pour le cas de deux variables indépendantes. Il en va de même pour le cas de trois variables indépendantes: U xx
+ U yy + U zz =
O.
Brossons la démonstration de cette affirmation. Supposons que l'on soit en possession d'une solution de cette équation admettant des dérivées premières et secondes continues en 0 et en son voisinage. La fonction u sera analytique sur une boule de centre 0 et de rayon R.
1-2-33. :eQUATIONS DE TYPE ELLIPTIQUE
181
La formule (tome II, [VII-3-6l) u(X,y,z)= 1
=
4nR
R2_(X 2 +y2+ Z2)
\ \
J J u (~, 11, ~) [(X_;)2+(Y_lJ)2+(Z_~)2]3/2 dS
(247)
s
nous permet d'exprimer la valeur prise par la fonction u en un point intérieur quelconque (x, y, z) de la boule par l'intermédiaire de la valeur prise en un point (~, 11, ~) de la frontière S de cette boule. Pour les x, y, z situés au voisinage de 0, on peut développer la fonction [(x- ~)2+ (y - 11)2 +(z _ ~)2]-3/2= 3
= R-3 [
1 + (X2+y2+Z2)_~~X+2lJY+2~Z)
]-2
en une série entière des puissances positives de (x, y, z) à l'aide de la formule du binôme de Newton. L'intégrant de l'intégrale (247) sera représenté par une telle série dont les coeffiCients dépendent de (~, 11, ~). Une intégration terme à terms de cette série sur S nous donnera la série entière de u (x,. y, z). On démontre de façon analogue que les solutions de l'équation {)2
U
{)x2
+
{)2
U
{)y2
+k u = 0 2
sont des fonctions analytiques de (x, y). Ceci fera du reste l'objet du chapitre suivant. Une démonstration de l'analyticité des solutions pour une vaste classe d'équations de type elliptique èst accessible dans les travaux de S. Ber n ste i n. Jusqu'ici il n'a été question que des solutions classiques, c'est-àdire des solutions bicontinûment dérivables des équations elliptiques. Penchons-nous sur les propriétés des solutions distributionnelles (discontinues) de ces équations. Considérons l'équation (239) et le laplacien Ll correspondant. En appliquant à cet opérateur les mêmes raisonnements qu'à l'opérateur 0 == L\ - ~ {){)22 , (cf. a t [1-2-14]; [1-2-15]) on est conduit à la conclusion suivante: l'équation (239) ne possède pas de solutions présentant des discontinuités faibles ni non plus de solutions présentant des discontinuités fortes et vérifiant les conditions cinématiques et dynamiques de compatibilité. Cela se conçoit, car on a établi que seules les surfaces caractéristiques pouvaient être des surfaces de discontinuité faible et de discontinuité forte; or les équations elliptiques n'en possèdent pas. On prouvera un fait plus général:
182
CH. 1. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
Thé 0 r ème. Toute solution distributionnelle de L 2 de l'équation de Laplace est classique. Ce théorème est valable quel que soit le nombre de variables indépendantes. Pour plus de suggestion on le prouvera pour l'équation (239). Soit u (x, y) une solution distributionnelle de l'équation (239) dans le disque ouvert D po = {(x, y): V x 2 y2 < Po}, autrement dit u E L 2 (D p ) pour tout p < Po et
+
I JuC11 dx dy= 0
(248)
D po
pour tout 11 E Cc: (D po )' Le théorème établi au (I-2-311 nous dit que les moyennes Uh de la fonction u sont des fonctions harmoniques (donc analytiques) approximant u lorsque h -+ 0 pour les normes de L 2 (D p ), P < Po' Rappelons que Uh est définie sur D fH P ~ Po - h. Utilisons la propriété suivante des fonctions harmoniques: Uh
(x, y)
= n~2
J~
(x', y') dx' dy',
Uh
(249)
Be(x, y)
où Be (x, y) est un disque de centre (x, y) et de rayon 8, contenu dans D po - h ' Montrons que la famille de fonctions {Uh}, 0
JJ U~ (x', y') dx' dy' ~ JJ D pl +h 1
u 2 (x', y') dx' dy' e:: C~l + 2h l
DpI +2hl
(cf. (222». On obtient .
1Uh (x, y) 1~
1
Y n hl
((" ("
JJ
2 ('
Uh X
')d' d ,)1/2 x Y :::::::::
,y
cpI+2hl lm hl
(250)
Bhl(X, y)
pour tout (x, y) EDpl et h~hl' Par ailleurs, pour tous (x, y) et de DpI et h~hl' on a
(';;, y)
1 Uh (x, y) -
Uh (;,
y) 1~
n~f
JJ
1 Uh (x', y') 1 dx' dy'
,....,
~
D
~ n~f
(J J ,...., D
1 Uh (x', y')
1
2
dx' dy') 1
/ 2 1
E 11/2~
1-2-33. EQUATIONS DE TYPE ELLIPTIQUE.
~Ù
D= (B hl (x,
y) U B hl
(;,
Y) '" (B hl (x,
férence symétrique des disques B hl
nB
183
y» est la dif'" (x, y) et B hl (x, y), 1 D 1 l'aire y)
hl (;,
'"
'"
de D et d= V(X_;)2+(y_y)2 . Les inégalités (250) et (251) ·expriment que les fonctions {Uh (x, y)} sont équibornées ,et équicontinues dans le disque DpI" Donc la fonction limite, soit U (x, y), sera continue dans D p1 • Pour prouver qu'elle est harmonique, on se servira de la formule de Poisson (formule (25) du (tome II, [VII-3-4l) pour les fonctions Uh, h ~ hl et pour un disque quelconque Be (x, y) contenu dans D p1 • Dans cette formule, on peut passer à la limite pour h -+ 0 et s'assurer qu'elle est valable pour la fonction u. Or on a prouvé au (tome II, [VII-3-51) qu'il s'ensuit de là que U est harmonique dans Be (x, y). C. q. f. d. On vient donc de prouver que toutes les solutions distributionnelles de la classe L 2 de l'équation L\u = 0 sont des solutions classiques, c'est-à-dire d'ordinaires fonctions harmoniques. Au contraire, l'ensemble des solutions distributionnelles de l'équation ~u
=f si 1 est
(252)
.est hien plus riche. On sait que indéfiniment dérivable, la solution de l'équation (252) est donnée par le potentiel newtonien. Pour le cas de trois variables, cette fonction s'écrit
U(X,y,Z)=-4~ ~\)/(X";,,Z')dx'dY'dz"
(253)
b
+
où r == V (x - X')2 + (y - y')2 (z - Z')2. Si f est continûment dérivable dans l'adhérence D du domaine bornée D, alors la fonction (253) possède des dérivées premières et secondes continues dÇ\ns D et vérifie l'équation (252) dans D. Il existe au contraire des fonctions continues f pour lesquelles la fonction (253) ne possède pas de dérivées secondes continues, par conséquent, n'est pas une solution classique de l'équation (252). Montrons que la fonction u est une solution distributionnelle de L 2 de l'équation (252) pour toute fonction f continue dans D. Pour cela il faut prouver que u E L 2 (D'), D' c n et que pour tout 'riE C~ (D) (254)
Sous les conditions imposées à l, la fonction u est continue et continûment dérivable dans IJ, donc elle appartient visiblement à
184
CH. 1. TimORlE DES
~QUATIONS
AUX
DOIV~ES
PARTIELLES
L 2 (D). Pour vérifier (254) considérons les fonctions
(x y z)
u (h)
,
= __1_ 4n
,
\ \ \ h(x ' , y', l')
J "J
r
D
dx' dy' dz'
'
(255)
sont les fonctions moyennes de f (tome IV l' [III-2l) prolongée par 0 en dehors deD. Les fonctions U(h) et fh vérifient l'identité (254) OÙ
fh
1.\ ) D
U(h)
â'r) dx dy dz =
111 !h
'YI
dx dy dz.
(256)
D
Lorsque h -+ 0, les fonctions fh convergent vers f pour la norme de L 2 (D) ét convergent uniformément dans tout domaine D'intérieur à D. Il s'ensuit que U(h) convergent uniformément vers u dans tout dOl:naine D'. On peut donc passer à la limite dans (256) pour h -+ 0 (et T) E C': (D) fixe) et s'assurer que (254) est vraie pour U,. La relation (254) est également vraie pour toute fonction f E L 2 (D). Bien plus, si f E L 2 (D), les solutions u (x) de l'équation (252) possèdent des dérivées distributionnelles premières et secondes par rapport à :cet sont solutions presque partout de cette équation. Nous prouverons ceci au [11-2-55] directement pour des équations elliptiques gél).érales. Signalons que le théorème que nous venons de prouver dans ce numéro est valable pour l'équation de la chaleur, autrement dit, les solutions distributionnelles d.e L 2 de l'équation de la cha~ leur sans second membre sont classiques. Une démonstration de cette assertion figure dans l'ouvrage ·de S. S 0 bol ev: Equations de physique mathématique. M., Gostekhizdat, 1950 (en' russe). Le lecteur n'éprouvera aucune difficulté à l'effectuer seul.
1-3. Systèmes d'équations 1-3-1. Caractéristiques de systèmes d'équations. On passe maintenant à l'étude des systèmes d'équations aux dérivées partielles. Dans le cas analytique, le problème de l'existence et de l'unicité de la solution du problème de Cauchy a été examiné au (1-1-28]. Dans le cas non analytique, ce problème est bien plus compliqué que pour une seule équation. Des résultats assez généraux ont été obtenus dans cette voie par I. P é t r 0 v ski dans ses travaux Sur le problème de Cauchy pour les systèmes d'équations aux dérivées partielles (Matem. sb., 1937, 2, nO 5) et Sur le problème de Cauchy pour les systèmes d'équations linéaires aux dérivées partielles dans le domaine des fonctions non analytiques (Bul. MGU, 1938). Certains des résultats sont développés dans l'ouvrage: I. P é t r 0 v ski,. Leçons sur les équations aux dérivées partielles. M., Fizmatguiz, 1961 (en russe). Dans cet ouvrage on trouvera une bibliographie et un sommaire de résultats relatifs à cette question.
1-3-1. CARACTSRISTIQUES DE SYS'n::MES
D'~QUATIONS
f85
On 'se contentera de peu sur les systèmes d'équations et on commencera par développer la théorie, des caractéristiques et le problèmedes solutions discontinues rattaché à cette théorie. Notre exposéde la théorie des discontinuités faibles suit l'ouvrage de T. Lev i C i vit a, Caractéristiques des systèmes différentiels et propagation', des ondes. Paris, Alcan, 1932. Soit le système (i=1, 2, ... , m).
Ce système étant du premier ordre, les conditions initiales se traduisent par la donnée des valeurs initiales des fonctions Us (Xl' ••• . . . , x n ) sur une surface bien définie de l'espace (Xl' . . . , X n ). Supposons que la surface support de ces conditions initiales est le plan Xl = 0, c'est-à-dire que nous avons affaire à des conditions initiales spéciales, : (2), (j=1, ... , m). Ces conditions nous permettent de calculer sur le plan Xl = 0 toutes. les dérivées premières à l'exception de ~Uj • Si, après la substiVXl tution Xl = 0 et des autres conditions initiales (2), le système (1} est soluble en ~Uj ,on obtient les valeurs de toutes les dérivées· vXl , premières sur Xl = O. Dans le cas contraire le plan Xl = 0 sera appelé plan caractéristique. D'une façon générale, on dit qu'une surface· 001 (X!' • • • , x n ) = 0 (3)supportant des conditions initiales est caractéristique si ces conditions, combinées au système (1), ne permettent pàs de déterminerde façon unique toutes les dérivées premières. Si les coefficients· aiJ> ne dépendent que de X S , la connaissance dès valeurs initiales. des fonctions Uj sur la surface (3) importe peu. Pour établir les conditions que doit remplir la surface caractéristique (3), introduisons comme au (1-2-11] les nouvelles variables indépendantes xi en posant (4, où les n - 1 fonctions 00 2' • • • , OO n ont été choisies de telle sort6' que le système (4) soit soluble en Xk. On a les formules suivantes:
-186
CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D:mRIV~ES PARTIELLES
En portant ces expressions dans le système (1) et en ne retenant ~ue les termes qui contiennent les dérivées aU! ,on obtient aX i m
~
n
~
LJ Li
•
(If)
ai}
aOh au] -a-a + ... = 0 Xk Xl 1
(i=1, ... , m).
}=1 k=1
Dans les nouvelles variables nous avons affaire à des conditions initiales spéciales supportées par le plan x~ = O. Ce plan sera caractéristique si le système (11) ne permet pas de déterminer les dérivées - aau! de façon unique, c'est-à-dire si le déterminant formé avec Xl
les coefficients en .pose
aau! est nul. Si, pour simplifier l'écriture, on Xi n wij
~
(k) aUl I
(5)
= LJ aii -;)-, oXk
k=1
·on obtient l'équation du premier ordre suivante qui doit être vérifiée par toute surface caractéristique du système (1):
IWijl
=
Wu,
W 12 ,
w2l ,
W 22 ,
· . ., · .. ,
W m2 ,
· .. ,
Wm!, ,
.. .
W 1m W 2m
=0.
(6)
W mm aUll
'Cette equation du premier ordre est de degré ln en les dérivées aXk • Elle est identique à l'équation (53) du [1-2-11]. L'équation (6) doit être satisfaite en vertu de (3). Si l'on exige -qu'elle soit vérifiée identiquement, c'est-à-dire si on la traite comme une équation ordinaire du premier ordre pour la fonction wl (Xl' ••• . . . , x n ), alors on obtiendra une famille W 1 (Xl' • . . , X n ) = C de .surfaces caractéristiques du système (1). On démontre (cf. 1-1-3) que toute surface caractéristique peut être incluse dans une telle famille. Si la fonction W 1 (Xl' . • • , X n ) est telle que le premier membre ·-de l'équation (6) est différent de 0 sur la surface W l = 0, alors en -effectuant le changement de variables (4), on peut résoudre le systè-
au·
me (11) par rapport à -a ~ . Xi
Si dans le premier membre de l' équation (6) on remplace aaUll Xk par a'0 on obtient une équation de degré m pour les composantes du vecteur (al' ... , an), qui définit en chaque point les directions .caractéristiques de la normale. La direction de la normale est carac4éristique en tout point d'une surface caractéristique.
1-3-1. CARACT:eRISTIQUES DE SYSTÈMES D':eQUATIONS
187
On peut d-e la même façon considérer le système d'équations du second ordre m
n
""
"",
L.I
Lj
kl ai}
f)2 Uj
--~--:-~+ VXk VXl
... = 0,
(7)
i=1 k, l=1
en admettant comme toujours que a~'!= a~J.l. Si l'on a affaire à des tJ l conditions initiales spéciales supportées par l'hyperplan Xl = 0: Uj IXl=O
= fP j (x 2 ,
~Uj 1Xl=O -'i'j (x 2 ,
vX l
••• ,
xn )
••• ,
x n );
(j= 1, ... , m),
on sait que toutes les dérivées premières et toutes les dérivées seconpeuvent être déterminées sur Xl = O. En des, hormis ~ui Xl portant les conditions initiales dans les coefficients du système et en égalant à zéro le déterminant formé avec les coefficients en f);U! Xl on obtient la condition que doit remplir l'hyperplan Xl = 0 pour être caractéristique. Dans le cas général, les fonctions et leurs dérivées premières sont données sur la surface (3) et l'on doit chercher la condition sous laquelle le système (7) combiné aux conditions initiales ne permet pas de définir de façon unique les dérivées secondes. Considérons de nouveau le changement de variables (4). On a les formules:
,
En portant ces expressions dans (7) et en ne retenant que les termes f)2 u . contenant f) ,~ ,on obtient le système Xl
Dans les nouvelles variables, les conditions initiales sont supportées par le plan x~ = 0 et l'on doit écrire la condition d'indétermination de ce système. En posant n
(8)
188
CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
on peut mettre cette condition SOUS la forme , , , 0011 0012 ... , OOlm , , ,
Iooijl =
0021
, OOm1
.. . , OO2m ..... , , OOm2 ... , OOmm
0022
=0.
(9)
Le premier membre de cette équation du premier ordre est un polyAh '" d e d egre' 2m en 1es d'" oro1 nome omogene erlvees -;l-. UXh
Revenons aux systèmes du premier ordre. Si dans (6) on substitue ah à ~ro1 , on obtient l 'équa tion UXh
<1> (al' •.. , an)
=
0,
(10)
où <1> est un polynôme homogène de degré menaI' ... , an et dont. les coefficients dépendent de (Xl' ... , X n ). On dit que le système (1) est elliptique dans un domaine D de l'espace (Xl' ... , x n ) si le premier membre de l'équation (10) ne s'annule que pour al = a 2 = . . . . .. = an == O. On définit de façon analogue un système (7) elliptique. Les systèmes hyperboliques sont différents. Mais nous revieudrons sur cette question dans le cas de deux variables indépendantes. On dit que le système (1) est paraboliquement dégénéré en un point (Xl' ... , x n ) ou dans un domaine D si en ce point ou dans ce domaine .on peut, par un changement linéaire ~déquat des variables as, réduire le nombre de variables du polynôme homogène <1> (al' ... . , an)' Si les coefficients a~') du système (1) contiennent les fonctions Uj (c'est-à-dire que le système est quasi linéaire), alors en substituant des fonctions quelconques Uj supportées par. une surface 00 1 = 0 dans ces coefficients, on peut composer l'équation (6) et dire si la surface w 1 = 0 est caractéristique ou non. Ceci vaut aussi pour le système (7) si les coefficients a~J dépendent des fonctions U j et de leurs dérivées partielles premières (cf. U-2-1l). A noter que le système (7) peut être ramené à un système d'équations du premier ordre par l'introduction des mn fonctions
ou j
-aXh - --wik
j _1, ( k-1,
m).
, , n
En faisant le changement (10 1) dans les équations (7), on obtient m équations du premier ordre par rapport à (m mn) fonctions, Uj et Wjh' A ces équations s'ajouteront encore les mn équations (101).
+
1-3-2. Conditions cinématiques de compatibilité. Pour la suite de l'exposé on aura besoin d'un lemme sur la dérivabilité des fonc-
COMPATIBILIT~
1-3-2. CONDITIONS CINeMATIQUES DE
189
tions sur une" surface. Pour plus de suggestion, on prouvera ce lemme pour le cas de trois variables indépendantes. Soit f (Xl' X 2, Xs) une fonction continue d'un côté et sur une -surface S:
'1'
(Xl' X 2, Xs)
=
o.
'Supposons encore que les dérivées partielles premières de f sont .aussi continues de ce côté de S et prennent des valeurs frontières f Xi bien définies sur S. Si une courbe l d'équation Xi = Xi (t) (i = = 1, 2, 3), où Xi lt) possèdent des dérivées continues, est donnée du même côté de S, alors la fonction f est une fonction de t le long de l et l'on a 3
:~
~
=
fXhXk
(11)
(t).
h=1
Lem m e. La formule (11) a lieu si l est située sur S. On peut admettre que la courbe l est assez petite. Soient NI et N 2 ses extrémités et N le point courant de l. Menons par N une parallèle à la normale nI à S en NI vers le côté où f est définie, et portons sur chacune de ces parallèles un segment N N' de longueur ô. Oil admet que les extrémités N' de ces segments forment une courbe l' sans points doubles contenue dans le domaine de définition de f. Si = = Xi (t) Ô cos (nI' Xi). Appliquons la formule (11) le long de l' :
+
3
~~ Il' = ~
fXk (§1' S2' S3)
Xk
(t).
k=1
Intégrons les deux membres par rapport à t entre la valeur t = t i correspondant au po int N 1 et t: t
f(t)ll'-f(tl)ll'=)
3
~
fXkœl'
62'
63)Xk
(t) dt,
tl h=1
où f (t l ) et f (t) sont les valeurs de f aux points de l' correspondant aux t indiqués. Par hypothèse, f et f Xh sont continues sur S, donc l'intégrant du second membre est une fonction uniformément continue du paramètre ô. En passant à la limite pour Ô -+ 0 dans la dernière formule, on obtient t
3
1 (t) -- f (t l ) = ) ~
fXk
[Xl
(t), X 2 (t), X s (t)] Xk (t) dt,
tl k=1
où au premier membre figurent les valeurs de f sur l. Une dérivation des deux membres par rapport à t nous donne la formule (11).
190
CH. 1.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
D~RIV:E:ES
AUX
PARTIELLES
Ce lemme nous sera utile dans ce numéro et dans le chapitre suivant.Passons au cas d'un nombre quelconque de variables et supposons maintenant qu'une fonction f (Xl' ••. , x n ) reste continue en traversant une surface S: 'P (Xl' ••• , X n ) = 0, (12) et que ses dérivées partielles premières possèdent des limites bien définies de chaque côté de S, mais que ces limites sont différentes~ autrement dit, les dérivées premières de f présentent une discontinuité de première espèce sur la surface (12). Chaque côté de la surface sera doté d'un signe. Les limites seront affectées du signe « » ou « - » selon qu'elles auront été obtenues du côté positif ou négatif. Ainsi la condition de continuité de f à la traversée de S sera notée f+ = f-. Introduisons le saut des dérivées partielles premières:
+
[fxh]
= t~h - f~k·
Les quantités f+ et f- sont par hypothèse confondues le long de tout~ courbe l située sur la surface (12). En appliquant le lemme on obtient donc n
2J
h=l
n
2J
f~k dXh =
k=l
f;k dXk
(sur S).
(13}
Les variables Xh ne sont pas indépendantes sur la surface S. Si, par exemple, l'équation de la surface est donnée sous forme explicite~ l'une des variables sera fonction des autres, et seules ces dernières seront traitées comme des variables indépendantes. La formule précédente peut encore s'écrire n
2J
[f Xh] dXh =
h=l
O.
On a d'autre part n
2J
k=l
1Pxk dX h
= O.
Multiplions cette relation par un facteur h, inconnu pour l'instant,. et soustrayons de la formule précédente: n
2J Hf Xh] -
h=l
h'Pxh} dX k
=
o.
Définissons maintenant le facteur h de manière que le coefficient en la différentielle de la variable dépendante soit nul. Les autres coefficients en les différentielles des variables indépendantes seront visiblement nuls (tome l, (V-2-7l) et l'on obtient ainsi les n égali-
1-3-3. CONDITIONS DYNAMIQUES DE COMPATIBILITÉ
tg!
tés suivantes: . (14}
autrement dit, les sauts des dérivées partielles premières doivent êtreproportionnels aux dérivées partielles de (12) par rapport aux variables correspondantes. Ces conditions s'appellent conditions cinématiquesde compatibilité. Traitons maintenant le cas où la fonction f et ses dérivées premières restent continues à la traversée de la surface (12) tandis que ses dérivées secondes présentent une discontinuité. Les raisonnements'. précédents s'appliquent alors à chaque fonction f Xk' Chaque fonction f Xk figurera avec son propre coefficient de proportionnalité h k dans les conditions cinématiques de compatibilité et le saut de la dérivée de f Xk par rapport à Xl doit être proportionnel à 1PxZ" autrement dit, on aura les égalités suivantes pour les sauts des:· dérivées secondes: [!XkXl] = .f~kxl- f~l{xl = h k 1Px[' La dérivation ne dépendant pas de l'ordre dans lequel elle est effectuée tant du côté positif que négatif de S, on a h k 1Pxl = h l 1P x l" • e. ~ hl{ = ~. hl E n d' autres t ermes, 1e rapport h k·. 11, . 1. 't'Xk ne d olt 't'xk
't'Xl
pas dépendre de l'indice k. En posant h k dernière formule à la forme
=
: 1P x k
=
h, on ramène la'
1Pxz·
(15) Ces formules traduisent les conditions cinématiques de compatibi-lité dans le cas d'une discontinuité de seconde espèce, c'est-à-dire· des dérivées partielles secondes. [f XhXl]
h1Pxk
1-3-3. Conditions dynamiques de compatibilité. Revenons au système d'équations du premier ordre (1) et supposons que la surface· (3) est caractéristique pour ce système et qu'une solution u présente· une faible discon tinuité sur cette surface, c'est-à-dire que u est continue sur cette surface et seules ses dérivées premières y sont discontinues. Soient u + et u - les solutions continues respectives, du côté « >} et du côté « - >}, confondues avec u. Ecrivons le système (1) pour u + et u -. Faisons la différence de ces équations sur la surface (3). Les termes Q:>i seront continus à la traversée de cette surface et disparaîtront lors de la soustraction. Nous serons: donc conduits aux m équations suivantes que doivent vérifier lessauts des dérivées partielles premières:
+
(16).
192
CH.
1;
'1'H:mORIE DES :mQUATIONS AUX DBRrvoS PARTm.x,p,s
-Pour établir ces conditions on s'est essentiellement servi du système ~1) qui décrit généralement un processus physique; les conditions -obtenues s'appellent conditions dynamiques de compatibilité. Chaque Jonction Uj figure avec son propre coefficient de proportionnalité .h j dans les conditions cinématiques de compatibilité (14): {ju j [ -{jXh
J=
hj
{jw l
-{jXl>..
(j = 1, 2, ... , m).
(17)
En portant ces expressions dans les conditions (16) et en tenant de la notation (5), on obtient m équations du premier degré .sans second membre pour les coefficients h j : ~ompte
m
1J
wijhj=O
(i=1, 2, ... , m).
(18)
1=1
ne l'équation de la surface caractéristique (6) il s'ensuit immédiatement que le déterminant de ce système est nul et par suite ce système possède une solution non triviale. Dans le cas général, lorsque le œang de la matrice du système (18) est égal à m - 1, la solution :générale de ce système se définit à un facteur multiplicatif près .dont l'influence sur la nature de la discontinuité est insignifiante. Passons maintenant à l'étude du système d'équations du second «)rdre (7). Dans ce cas, la solution qui présèntera une discontinuité laible sera une solution dans laquelle la fonction U et ses dérivées premières sont continues. Comme plus haut, on obtient les conditions dynamiques de compatibilité suivantes pour les sauts des .dérivées secondes: (19) "Chaque fonction Uj figurera avec son propre coefficient de proportionnalité h j dans les conditions cinématiques de compatibilité: ] _ h {jw l {jw 1 {j2U j (20) [ -{j~X-h~{j-xl- j {j Xh {j x l · En portant ces expressions dans les conditions (19) et en se servant -de la notation (8), on obtient de nouveau un système d'équations sans seconds membres en hj, dont le déterminant est nul en vertu ~e (9): m
2J
Wiihj = O.
(21)
i=1 1-3-4. Equations de l'hydrodynamique. Appliquons la théorie des caractéristiques aux équations de l'hydrodynamique. Désignons par (ul' U 2 , us) les -eomposantes du vecteur vitesse, par p, la pression, par p, la densité et par Ir,
1-3-4.
~QUATIONS
DE L'HYDRODYNAMIQUE
193
fI, fs, les composantes de la force extérieure rapportée à l'unité de masse. Les variables indépendantes seront le temps t et les coordonnées spatiales On aura trois équations d'Euler:
Xl' X2' Xs.
(i=1, 2, 3),
et l'équation de continuité (tome II, [IV-2-8]) 3
op ~ -,-+ ot
3
op
-Uk+P
oXk
k=l
~ --=0. ÔUk ôXk k=l
On admettra que le liquide est compressible et que l'équation d'état est une relation liant la pression et la densité p = p (p), où p (p) est une fonction donnée. On aura en définitive quatre équations du premier ordre pour les fonctions Uit U2' Us, P des variables indépendantes Xl' X 2 , Xs, t: (i=1, 2, 3),
3
~
P LJ
3
ÔUk
Ô:Pk
+!.f!-+ ~ !E.... u =0. ôt LJ ÔXk k
k=l
Les quantités
OOi)
k=l
définies par les formules (5) seront de la forme:
(i=1, 2, 3, 4),
1 P dp
dp Ô00 1 • 00' - - - - l4 ÔXi t
(i
=1= 4),
où 001 désigne comme toujours le premier membre de l'équation de la surface caractéristique 001 (XH X2' XS t t) = O. (22) Comme plus haut désignons par g2 la somme
( ~)2 ôXk • 13-01017
194
CH. J. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RJV~ES PARTIELLES
L'équation de premier ordre (6) que doit vérifier la surface caractéristique (22) sera de la forme: . 1 dp ôro t
o
o
p
1 dp
o
dro t
o
o
dro t
ôro t
ôro t
P
àX1
(
·0
dt
ôro t drot
=
dt
"P""d'P
p
ôX 2
+
ôro t àt
ôX 2
1 dp
ôro t
U
ÔXt
1
=0
ôXa
dro 1
--cu-
ôXa
oro t
ôro t
p d'P p ëiP
dt
ôX1
+ ÔX ôro
u
t
2
2
+
oro t u ) ÔXa
3
•
Développons ce déterminant: (
~~1
)
2[ (
d;/ )2 _
g2
J
:~ = O.
(23)
La vitesse P de propagation de la surface (22) dans le sens normal à celle-ci est donnée par la formule (75) du [1-2-14]. La surface (22) traversera à chaque instant des particules liquides. Soit un la composante de la vitesse d'une particule liquide située sur la surface, portée par la normale à cette surface au point considéré. Comme oro 1 : g sont les cosinus directeurs de la normale en question (du côtéÔXk
des roI
>
0), on a 3
Un
=.i~ g LJ
ôrot
UA
àXk·
k=1
La différence P - Un qui exprime la vitesse de propagation de la surface par rapport aux particules liquides s'appelle généralement vitesse de propagation de l'onde. Pour cette vitesse on a l'expression suivante: V = P - un = .
_.!g ôrot ot
_
-!.
3
~
g LJ
.Uk
ôro 1 ÔXk
k=1
ou (24)
L'équation différentielle des surfaces caractéristiques . (23) équivaut aux deux. équations suivantes:
V2 = O·,
f
ll2= dp , 'dp·
(25)
La première équation décrit le cas d'une discontinuité stationnaire, donc dans la suite on n'étudiera que la deuxième. La vitesse II définie par la formule (25} est la vitesse du son: .
ll=,i,d p V ·dp·
(26)
1-3-4.
~QUAT10NS
195
DE L'HYDRODYNAMIQUE
Etablissons' maintenant la nature de la discontinuité en se servant des con~ ditions cinématiques et dynamiques de compatibilité. Désignons par h k les coefficients de discontinuité figurant avec les fonctions Uk dans la formule (17). par r, celui de la fonction p. Les équations (18) s'écrivclll ici dro t hk' dt
+..!..
ôro t ÔXk
dp P dp
r=O
(k = 1, 2, 3)
ou, compte tenu de (24) et de (25), 1 V ôro -ghk+- - t r=O,
P
ôXk
autrement dit (27}
où cos a.k sont les cosinus directeurs de la normale à la surface de discontinuité. On interprétera (ht , h 2 , ha) comme les composantes d'un vecteur h (le vecteur de discontinuité des dérivées de la vitesse). Les formules précédentes peuvent être mises sous la forme vectorielle suivante: rV
h= p n,
où n est le vecteur unitaire de la normale à la surface de discontinuité. On voit donc que le vecteur de discontinuité des dérivées de la vitesse est dirigé suivant la normale à la surface de discontinuité (onde longitudinale). Les composantes du vecteur accélération Wi s'expriment à l'aide des formules: ôU· W"= _ _ l Z
ôt
+
3 ~
ôU· __ Z
Uk
ÔXk
(i= 1,2, 3)
k=1
et sont affectées d'une discontinuité à la traversée de la surface. Supposons qu'il y ait repos d'un côté de la surface. La vitesse étant continue, ses valeurs limites sur la surface sont nulles que l'on se rapproche d'un côté ou de l'autre de cette surface, quant à ses dérivées, elles prendront sur la surface des valeurs égales au saut puisqu'avant d'atteindre la surface elles étaient nulles du côté du repos. Il en va de même des composantes de l'accélération. Le saut de ces composantes est défini, en vertu de (27) et (24), par l'égalité [wi] = hi
-+ ôt ôrot
3 ~
oro t htUk - ôXk
=
dro t hi - = dt
k=1
rgV2
---.;;-- c os a. i , P
ou sous la forme vectorielle: [w]
=-
rgV2 n. p
Cette formule nous donnera l'accélération sur la surface de discontinuité sous la condition de.repos. . . Considérons maintenant le cas stationnaire où les fonctions Uk et p ne dépendent pas de t. En admettant que rot' ne dépend pas non plus du temps, on aura P = et V = -un' Supposons que la vitesse du liqui e est inférieure à P et l'égalitécelle du son (26) dans un domaine. Donc, a fortiori 1 un 1 <
°
' . 13·
dVd
dp
CH. 1. 1'H~ORIE, DES' ~QUATIONS AUX. D:eRIV~ES PARTIELLES
i96
v =";-un est
impossible. On voit donc qu'aux vitesses subsoniques il ne peut
y avoir de propagation des discontinuités dans le cas stationnaire.
1-3-5. Equations de la théorie de l'élasticité. A titre d'exemple d'application de la théorie des caractéristiques à des systèmes d'équations du second ordre, considérons les équations de la théorie de l'élasticité dans le cas élémentaire d'un milieu homogène isotrope. Désignons par (ul' U2' ua) les composantes du vecteur déplacement et par Â. et f.t les constantes usuelles du milieu élastique. Les équations fondamentales de la théorie de l'élasticité se présentent sous la forme du système suivant de trois équations du second ordre pour les fonctions (ul, U2, us) des variables indépendantes Xl' X2, XS, t: 3
(1..
-J- ""LI
+ f.t)
~Uk
vXi
+ f.tL\ui - P
ôXk
k=1
On a
ro·
l oro l , " = (Â+f.t) oro-t3 oXi oX·
+ÔiJ [ f.t
]
."
3
(oro --
~
1 )
OXk
k=1
(l, ]=1, 2, 3)
({o, ÔiJ =
1,
t ) 2] 2 -p ( oroot
i-=l=i) ...
(28)
l =]
L'équation (9) s'écrit après développement du déterminant:
En vertu de la formule (75) du (1-2-14], cette équation nous donne les deux vitesses éventuelles suivantes de propagation de la surface de discontinuité:
Les déformations sont supposées petites dans ce cas et il n'y a pas lieu de parler séparément de la vitesse de propagation, c'est-à-dire de la vitesse du déplacement par rapport aux particules du milieu. Etudions maintenant la nature de la discontinuité. Introduisons les coefficients de discontinuité hi des dérivées partielles secondes des fonctions Uj: (30)
En vertu de (28), les équations (21) s'écrivent l ) [ V-g2 - P ( ôro ôt
2] hi + + (Â.
3
V-) ôro 1 "" Ôrol h J = 0 ôXi ~ ÔXJ 3=1
En tenant compte de oWl ( -ô-- = g cos n, Xk) Xh
(k=1, 2,3),
(i=1,2,3).
1-3-5.
~QUATIONS
DE LA TIœORIE DE
L'~LAST1C1T~
197
où n est la d-irection de la normale à ]a surface (3), on peut mettre les équations précédentes sous la forme:
[J-tg 2_p (
()~l
)
2J hi + (J" +J-t) g2 cos (n,
3
Xi)
~
cos (n, Xj) hj=O.
i=1
Introduisons le vecteur h de composantes (h 17 hl' hs). Les équations précédentes deviennent:
[J-tg 2- p (
()':tl
J
) 2 hi
+ (À. + J-t) g2 cos (n,
Xi) h n = 0,
où h n est le projeté du vecteur h sur la normale n à la surface la forme vectorielle
~3),
ou sous (31)
où n est le vecteur unitaire de la normale à la surface (3). Si la vitesse de propagation est P~, alors le coefficient en h sera nul et l'on doit avoir h n = 0, autrement dit, le vecteur h doit être situé dans le plan tangent à la surface (3) (onde transversale). Si la vitesse est Pl' il s'ensuit immédiatement de (31) que h ne diffère de n que par un facteur numérique, c'est-à-dire que h doit être dirigé suivant la normale à la surface (3) (onde longitudinale). Signalons encore que le facteur qui donne la vitesse de l'onde transversale figure par son carré dans l'équation (29). Cette circonstance sera expliquée dans le numéro suivant qui sera consacré aux équations de la théorie de l'élasticité pour un milieu anisotrope. Voyons la signification mécanique du vecteur h. Supposons qu'il ait repos d'un côté de la surface de faible discontinuité S: roi (Xl' x2' xs, t) = 0, c'est-àdire que les fonctions Uj (j = 1, 2, 3) sont nulles. Ces fonctions et leurs dérivées premières seront également nulles aux points de S. Du côté où il y a mouvement les dérivées secondes de Uj seront~définiessur S par;les formules (30), puisque de l'autre côté de la surface ces dérivées sont identiquement nulles, c'est-à-dire que
(on admet que Xo = t). Prenons pour origine des coordonnées de l'espace Xl' X 2 ' Xs) un point quelconque M de S. Développons Uj en série de Maclaurin au voisinage de M jusqu'aux termes du second degré. En tenant compte des formules précédentes et du fait que Uj et ses dérivées partielles premières s'annulent en M, on obtient l'égalité approchée (xo'
Uj
~
h.
-+ ~ 3
i, k=O
(~::) 0 ( ~:~
) 0 xixh,
l'indice 0 indiquant que les dérivées sont prises au point M. Comme roI = 0 en M, on obtient le développement de Maclaurin limité aux termes du premier degré suivant: 3
roi
~ ~ (~:; i=l
)
0
Xi,
CH. 1. TH-eORIE' I>ES -eQl1ATIO-NS AUX D-enIV~ES PARTIELLES
198
et la formule précédente peut être mise sous la forme
~ ~ (ù~ (xQ,
u
xs).
Xlt X 2 '
Cette égalité approchée pour le vecteur déplacement u sera valable au voisinage de la surface de discontinuité du côté où il y a mouvement. 1-3-6. Corps élastique anisotrope. Introduisons les composantes du tenseur déformation en modifiant légèrement les notations du (tome IVI , [11-35]): ei = ÔUi. ÔXi '
+ ÔU ÔXs
1'1= ôUs
2
ÔX 2
;
+
1'2= ÔU I ÔXs
ÔU s ; ÔXI
_
Ys -
ÔU 2 ÔXI
I + ÔU ÔX
2
(i=1, 2, 3).
Dans le cas d'un corps anisotrope à trois plans de symétrie mutuellement orthogonaux, le travail des forces de déformation rapporté à l'unité de volume s'exprime en fonction des composantes du tenseur déformation sous forme du polynôme homogène du second degré suivant: 1 A = 2" (aei bB~+ cBi+2a'82 8S+ 2b'8sBI +2C'8IB2+ anyi+b"y~+c"yi),
+
où les coefficients a, b, .•. , c" sont des fonctions de (xl' X2' XS, t) ou des constantes en milieu homogène. En présence d'une force d'inertie, les équations du (tome IVI , [11-35]) deviennent:
_ô (~)+_ô ÔX OBI ÔX2
(~)+_Ô_(~)_ ôYs
'ÔXs
ÔY2
(ôA) ÔB 2
ô + ôXs
(ôA)
l
Ô ôXI
(ôA)
ôYs
+ ôXô
2
ÔYl
Ôu + X P ôt2 2
ÔXl
ÔY2
ÔYl
ôX 2
P
ÔEs
ôXs
Ô2u2 i)t2
-- P
_Ô(~)+_Ô_(~)+_Ô_(~)_
l
_ 0
1-
+X
2
,
= 0,
Ô2uS-LX_0 ôt2 1 S•
En substituant l'expression de A, on obtient les équations suivantes: Ô2UI --:--::"-+ a Ôxl
i)2u n
C
ÔX~
1
+ b"
ô2u1 2
ÔX s
+(c' + Cil)
ô 2u 2
L
ÔXl ÔX 2 T
+(b'+b")
i}2 Ug ÔXl i)xs
b• Ô2us 2 ÔXl
+ a"
En posant (i=1, 2, 3),
(32)
1-3-6. CORPS ÉLASTIQUE ANISOTROPE':
O()n peut mettre -les coefficients ro~l = aPi+ c"p~
roi; sous la forme
+ b" p~-pp~;
+ c") PIP2; CJ)~1 = (b' + b") PaPI;
'199
ro~2 = (c'
+ c") PIP2;
ro{a = (b' +b") PIPa,
+ bp~ +a"p~ -PP5; ro~a = (a' + a") P2Pa, ro~2 = (a' + a") P2PS; ro~s = b"pf+a"p~+ cpl-PP5.
ro~l = (c'
ro~2 = c"pf
Il est immédiat de voir que l'équation du premier ordre (9) qui définit les surfaces caractéristiques est confondue avec l'équation fondamentale en Â. = PP;: -qui sert à réduire l'ellipsoïde (api+c'pl+b"pl) ~i+(c"pi+bp~+a"p~)~~+
+ (b"pl+a"pi+cpi) ~~+2 (a' +a") P2Pst 2SS+ +2 (b' +blf) P3PI~S~1
+2 (c' +c') PIP26162=1
(33)
à ses axes de symétrie (tome 111 1 , [11-2-1], [11-2-2]). A noter qu'on peut obtenir le premier membre de l'équation (33) à partir de l'expression de 2A en y posant 811. = PkSh; 111 = P26s PSS2; 112 = PaSI PISS; l1s = PIS2 P261, c'est donc une forme quadratique définie positive de 68 (car A > 0) et par suite l'équation (33) définit bien un ellipsoïde. La résolution de l'équation en Â. nous donne .en tout point du corps trois racines strictement positives Â. = P5, P5 étant une fonction homogène de degré 2 par rapport à Pl' P2' Ps. Si l'on divise les deux membres de l'équation (33) par g2, les Pk se transforment en cos a.h, où cos a.h sont les cosinus directeurs de la normale à la surface de l'onde, et la racine p~ se transforme en P2. Donc, en chaque point on obtient trois vitesses possibles de propagation de l'onde dans une direction fixe. Les composantes (hl' h 2, ha) du vecteur de discontinuité se déduisent du système d'équations sans seconds membres qui définit les directions des axes de symétrie de l'ellipsoïde (33). Donc, si la direction est donnée, on aura en chaque point trois vecteurs de discontinuité deux à deux orthogonaux correspondant aux trois vitesses de propagation. Pour obtenir des ondes longitudinales et transversales, il est nécessaire et suffisant que l'un des axes de symétrie de l'ellipsoïde soit dirigé suivant la normale à l'onde correspondante. Sous cette condition, on aura une onde longitudinale et deux transversales. On admet que, la direction étant fixée, l'équation cubique ci-dessus admet trois racines distinctes. Dans le cas d'un milieu isotrope homogène, on a vu qu'une racine était double. Les cosinus directeurs de la normale à l'onde sont proportionnels à Pl' P2' Pa et par suite la condition nécessaire et suffisante revient à dire que pour une certaine racine Â. = PP5 les quantités (hl. h 2, h~) doivent être proportionnelles à (Pit P2' Ps), quel que soit Pk' c'est-à-dire quelle que soit la direction. En remplaçant ces quantités par les quantités proportionnelles h k dans le système homogène en hk , on obtient:
+
+
(api+ c"pl+ b"pl-ppi) Pl {
+
+ (c' + c") PIPi+(b' +b") PIP§ =0,
(c' +c") pip2+(c"pl+bpi+a"pâ--PP5) P2+(a' +a") P2P§=Ü, (b' +blf) pips+(a'
(34)
+ a") P~P3+ (b"pi+alfp~+cpi-PP~) Ps=O.
Si l'on tient compte du fait que quel que soit le choix de Pl' P2 et Ps, on doit obtenir à partir des équations (34) la même valeur pp~, on est conduit aux conditions suivantes pour les coefficients du potentiel élastique A :
=
c
d'où l'on déduit que PPi nales est
=
a
=
b
=
a'
ag~
+ 2a" =
b'
+ 2b" =
c'
+ 2c",
(35)
et la vitesse de propagation des ondes longitudi-
p=".1 V
Il
p'
200
CH. 1.
TH~OFJ.IE
DES~QUATIONS
D~RIV~ES
AUX
PARTIELLES
Les deux autres racines sont généralement distinctes et dépendent du choix de la direction de l'onde, c'est-à-dire du choix de Pk' Les égalités (35) nous fournissent cinq conditions pour les neuf coefficients qui figurent dans l'expression du potentiel éb.stique A. 1-3-7. Ondes électromagnétiques. Considérons les deux premières équations de Maxwell en milieu isotrope: crot H
=
ÂE
+
crot
BEt ,
E
=
-JA-Ht ,
(36)
où E et H sont les champs électrique et magnétique. c, la vitesse de la lumière, Â, le coefficient de conductibilité du milieu, B et ~, la constante diélectrique et la perméabilité magnétique. Les vecteurs E et H sont fonctions des variables indépendantes (xl' x~, Xa, t). En désignant leurs composantes par (el' e2' ea) et (hl' h 2 , ha), on peut mettre l'équation (36) sous la forme
J:. c
J:.. c
ôh t ôt ôh 2 ôt
+ ôes + ôel
ôXa
J:. iJh a + c
_
iJx 2
Dt
ôe 2 =0, ôXa
_~ ôes =0, ôXI
ôe z _ ôXI
(37)
ôet =0, ôX z
les points de suspension remplacent des termes ne contenant pas de dérivées des fonctions ek et h k • Nous avons affaire à un système de six équations du premier ordre à six fonctions. Numérotons ces fonctions comme suit: UI = el;
= e2;
Ua = ea;
= hl;
= hz;
= ha· En formant les expressions (5) et en écrivant l'équation (6), on obtient l'équation du premier ordre suivante pour les surfaces caractéristiques: U2
B
U4
u6
-Po
0
0
0
Pa
-Pz
0
-Po
0
-Pa
0
Pl
0
0
-Po c
c
0 Pa
-P2
B
c
-Pa
B
Pz
P2
-Pl
ua
0 =0.
~
-Po
0
0 0
c
~
0
-Pl
0
-Po
Pl
0
0
0
c
(38)
~Po c
Multiplions les trois premières colonnes de ce déterminant par
J:c
Po- Puis à la
première colonne ajoutons la cinquième multipliée par (-Pa) et la sixième multipliée par P2; à la deuxième colonne, ajoutons la quatrième multipliée par Pa et la sixième multipliée par (-Pl); à la troisième colonne ajoutons la quatrième multipliée par (-P2) et 'la cinquième multipliée par Pl- En développ ant ensuite ce déterminant suivant les éléments de la sixième, cinquième
I~3~7.
20t
ONJ)ES :eLECTROMAGN:eTIQUES
et quatrième ligne, on est conduit à l'équation
9+ pf
PIP2
P2PI
q+ P~
PaPI
PSP2
=0,
où q= e~ P~_ g2. c
(40).
Le développement de ce déterminant nous amène à l'équation (g2=pi+p~+pi),
q2(q+g2)=0
(41}
°
qui se scinde en deux équations. Si l'on égale la somme entre parenthèses à zéro,. on trouve que Po = et l'on obtient une onde stationnaire [1-2-14]. On examinera ultérieurement le second cas où q = 0, c'est-à~dire lorsque
qt c2 p2_g2=0 0 ,
(42\.r
ce qui conduit à une expression notoire de la vitesse de propagation de l'onde: V=
c Vef-L •
(43)·
Etudions maintenant la nature de la discontinuité. Désignons par (al' a 2 , as) les coefficients de discontinuité des dérivées des composantes du champ E, par (~l' ~2' ~s), les mêmes grandeurs relatives au champ H. Introduisons comme toujours les vecteurs de discontinuité a (al' a 2 , as) et li (~l' ~2' ~s). On a [EXh] = Pha, {
(k=O, 1, 2, 3;
[H Xh ] = Phli
X o=
(44)-
t).
Les trois premières équations (18) deviennent ici: (
1
~
~ POal + PS~2 - P2~3 = 0,
+ c
POa 2
+ PI~S
poas
+ P2~1 -
1
l cB
-
PS~l =
0,
PI~2 = 0,
ou, en désignant par n le vecteur unitaire de la normale au front d'onde dirigé dans le sens où WI > 0, -
(45):
eV a=li X n, c
WI
= 0(46).
le ~econd membre représentant le produit vectoriel des vecteurs li et n. De façon· analogue, les trois dernières équations (18) s'écrivent:
~V c
li= -a X n.
(47)-
De ces équations il s'ensuit immédiatement que les vecteurs a et li sont situés dans un plan tangent à l'onde et sont deux à deux orthogonaux. Supposons que devant le front d'onde, c'est-à-dire dans la région où wi > 0, le milieu soit au repos, ce qui s'exprime par la nullité de E et H. Les formules.
:202
CH. I. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV:E:ES PARTIELLES
.(44) nous donnent les valeurs des dérivées de E et H sur le front d'onde:
E Xk = -Pk a ; H Xk = -Pk~.
(48)
'Considérons le développement taylorien de E et H limité aux termes contenant !les dérivées premières au voisinage du front d'onde. Comme E et H sont nuls :sur le front d'onde, on obtient, compte tenu de (48), les formules approchées :suivantes: 3
E,.., -a
3
2J
H ,.., -~ ~ Pk (Xk -xj"o»,
Pk (Xk-Xit°»;
k=O
'Où (xilO>, fonction 'ID I
k=O
x~o>tx~°l, X~OI) û.)l
est un point du front d'onde. En développant la en série de Taylor, on peut éc.rire, compte tenu de ce que
(x60>, x1°>,
x~o>,
xâo» = 0 : 3
(Xo,
û.)l
Xl'
X 2, X3)"""
2J
Pk (Xil -xk.° l ),
k=O
,et les formules précédentes deviennent (cf. [1-3-4]) E ,..,
-û.)l
(xo,
Xb X 2 '
x3)
a;
H ,..,
-û.)l
(xo,
Xl' X2' X3)
p.
(49)
-Ces formules approchées sont valables au voisinage de l'onde du côté qui est le siège d'un processus électromagnétique. Dans un milieu homogène anisotrope la quantité 8 ne doit plus être considé!l'ée comme un nombre, mais comme une matrice d'ordre 3. Cette quantité figure dans la relation qui lie le vecteur déplacement électrique au vecteur E (tome II, nV-2-12]). La quantité f.t est un nombre comme avant. Choisissons les axes de -coordonnées de telle sorte que la matrice 8 se réduise à la forme diagonale et soient 8 3 > 8 2 > 8 1 > 0 ses valeurs propres (tome 1111 , [II-2-1], [11-2-2]). Sous -ces conditions, les trois premières équations (37) s'écrivent:
!.L C
oel ot
8S
C
oh 2 oXa
oh a
_
+ ... =0,
OX2
a_ + oh oX
oh l oXs
+ . . . =0 ,
oe s +oh l _oh 2 ot OX2 oXl
+ ... =0,
~ oe 2 C
+
0t
l
-et au lieu de l'équation (39) on obtiendra l'équation
+
ql pi PlP2 PIPa PlP2 q2+ p~ P2PS PlPS
qs
P2Pa
=0,
(50)
+ P~
-où En posant
p2O_ _ g2 . __ ql - V~ • 1
(51)
1-3-7. ONDES
~LECTROMAGN~TIQUES
203
En divisant les "deux membres de ]'équation (50) par g2, on peut la mettre :sous la forme q2QS cos2 al
+ qSql cos
2"
az
+ qlqz cos
2
as
+ g21
qlqZqS = 0 .
(52)
Une solution évidente de cette équation est ql = 0, cos al = O. En tenant -compte de (51), on voit que est une éventuelle vitesse de propagation de l'onde dans toute direction paraI èle au plan Xl = O. De façon analogue, Vz et Vs .sont des vitesses éventuelles de propagation de l'onde dans des directions parallèles aux plans X2 = 0 et Xs = O. Dans le cas général, en multipliant les deux membres de l'équation (52) par g2 et en posant qlq2qS = qlQ2QS (cos 2 al cos 2 a 2 cos 2 as) on peut la mettre sous la forme (1-2-14]
VI
+
+
+
3
"" cos 2 a· Z V qIQ2QS.LJ V2_ J~ i=l
(53)
O.
1
En écartant la solution V = 0 à laquelle correspond une onde stationnaire, on -()btient pour la détermination dè V, la direction de l'onde qui est caractérisée par cos ah étant donnée, l'équation bicarrée 3
2
"" cos ai LJ V2- V~ =0. i=l
(54)
t
Ûn démontre exactement comme au (tome II, [V-2-9]) que cette équation possède deux racines strictement positives. Si l'on résout l'équation (50) ou (52) par rapport à Po, on obtient une équation de la forme Po F (Pl' P2' Ps) = 0, (55)
+
<>ù F est une fonction homogène du premier degré. L'équation (55) ne contenant pas Xk' le système de Cauchy pour elle nous donnera des Pk constants et les biearactéristiques seront des droites d'équation d:eh =F ph
(k=1, 2, 3).
Traçons le conoïde caractéristique dont le sommet est à l'origine. Ce conoïde représente le front d'une onde provoquée par une source ponctuelle placée en l'origine des coordonnées à des instants différents. Son équation est xk = = F pk t, ou, si t = 1 : Xk=F ph (k=1, 2, 3). (56) La fonction Fpk étant homogène de degré zéro, les seconds membres des équations (56) contiennent deux paramètres, en l'occurrence le rapport de deux quantités Pl' P2' Ps à la troisième. Soient S la surface (56), P (Xl' X2' xs), un point de S, cS, la distance de l'origine des coordonnées au plan tangent à S en P. Si cos ai sont les cosinus directeurs de la normale à S en P, on obtient en appliquant la formule d'Euler relative aux fonctions homogènes: 3 ·ô=
3
~ Xi COSCli= ~ i=l
i=l
F pi cos Gti =
++
3
~ i=l
+
piFpi= ± :
=+
~o
=
± V.
En retenant pour fixer les idées le signe « », ce qui du reste n'affecte en rien les raisonnements ultérieurs, on peut mettre l'équation du plan tangent à S
204
CH. 1. THBORIE DES SQUATIONS AUX DgRIV:eES PARTIELLES
sous la forme: 3
2J
x cos ai- V =0.
(57)
i=1
. Cette équation contient quatre paramètres: cos ai (i = 1, 2, 3) et V, qui sont reliés par les deux relations suivantes: 3
3
" cos2 ai = 1 ; ~
2
"LJ cos V2 _ ai V~
~1
~1
0,
1
de sorte que l'équation (57) contient deux paramètres indépendants comme il se doit. La surface S est l'enveloppe de la famille de plans à deux paramètres (57). En menant tous les calculs à leur terme on obtient l'équation suivante de la surface: 3
V~X~
1 1 ~ V2i - (2+ Xl x 2+ X s2) =0. 2 "
i=1
Si, par exemple VI = V 2 , alors cette quadrique dégénère en une sphère et un ellipsoïde. 1-3-8. Discontinuités fortes en théorie de l'élasticité. Nous avons abordé précédemment le problème des discontinuités fortes pour les solutions d'une seule équation [1-2-15]. Etudions maintenant ce problème pour les équations de la théorie de l'élasticité. On se limitera au cas plan. Soient (u, v) les composantes du vecteur déplacement dans le plan (x, y); X, Y, les composantes de la force volumique. En désignant comme toujours les composantes du tenseur de contrainte par O'x' O'y, 't XY ' on obtient les deux équations fondamentales suivantes de la théorie de l'élasticité: a2 u P at'l.
a2 v
aO'x
a't xy =X, ay
a't xy
aO'y --=Y. ay
---a;--
1Paï2-
ax
(58)
A ces équations il faut adjoindre une relation liant le tenseur de contrainte au tenseur de déformation (loi de Hooke):
+
+ 2Ilux;.
+
+ 21l Vy, 't Xy =
Il (uy+v x ). (581) En portant les expressions (58 1 ) dans l'équation (58), on obtient les équations de la théorie de l'élasticité pour le vecteur déplacement 00:
O'x = Â (u x
Vy)
a2 00
P ifi2 =
O'y = Â (u x
Vy)
(Â+ Il) grad div 00+ Il dOO + F.
Dans la suite, par (u, v) on entendra deux fonctions quelconques de (x, y, t) possédant des dérivées premières et secondes continues. Sous cette condition, les équations (58) nous permettront de déterminer les quantités X et Y correspondant aux fonctions (u, v) envisagées. Introduisons encore deux opérateurs linéaires contenant les dérivées premières des fonctions (u, v):
f
Px(u, v)=O'xcos(n, x)+'txycos(n, y)-putcos(n, t),
t
P y (u, V)=T xy cos (n, x)+O'y cos (n, Y)-PVt cos (n, t).
(59)
1-3-8. DISCONT1NU1TBS FORTES EN TH1WR1E DE
205
L'~LAST1C1T~
Considérons les deux couples de fonctions (u, v) et (u', v') et soient cr;;, crY' 't~Y' X', Y' les quantités (58 1 ) et X, Y correspondant au couple (u', v'). On a donc cr~ =1. (u~+v~)+2~u~;
cr~=Â (u~+v;)+2~v~;
't~y=J..t (u;+u~).
En se servant de ces expressions et en appliquant la formule usuelle d'Ostrogradski, on obtient l'analogue suivant de la formule de Green:
-)J)
(uX' +vY'-u'X -v'Y) d<=
=~~
[uPx(u', v')+vPy(u', v')-u'px{U, v)-v'Py(U, v)]dS,
(60)
s
où D est comme plus haut un domaine de l'espace (x, y, t), S, la surface limitant ce domaine et n la direction de la normale extérieure à S. La formule (60) est due à Volterra. Signalons que par X, Y de même que par X', Y' on entend les expressions du premier membre des formules (58). Dans l'établissement de la formule (60), on suppose bien entendu que les fonctions (u, v) et (u', v') possèdent dans D des dérivées premières et secondes continues. Passons maintenant au cas où les dérivées premières des fonctions (u, v) :subissent des discontinuités. Supposons que le domaine D est partagé en deux parties Dl et D 2 par une surface cr et que les dérivées premières des fonctions (u, v) sont affectées de discontinuités qui vérifient les conditions cinématiques de compatibilité mentionnées au [1-2-15]. Supposons par ailleurs que les expressions (59) restent continues à la traversée de la surface cr. Dans la suite on donnera une interprétation mécanique de ces conditions dynamiques de compatibilité. De même qu'au [1-2-15] on peut affirmer que la formule (60) est valable sur le domaine D tout entier si les fonctions (u, v) satisfont aux conditions de discontinuité ci-dessus et (u', v') sont des fonctions quelconques possédant des dérivées premières et secondes continues. Voyons les conséquences qui découlent de ces conditions. Comme au (1-2-15], on peut affirmer que les vecteurs grad u X n et grad v X n doivent rester continus à la traversée de cr. Si l'on écrit les composantes de ces vecteurs, on obtient six expressions qui doivent rester continues à la traversée de cr. En leur adjoignant les expressions (59) que l'on aura transformées en y remplaçant les composantes du tenseur de contrainte par leurs expressions (58 1 ), on obtiendra les huit relations suivantes qui doivent rester continues à la traversée de cr:
(i +
cos (n, x) = Ml' Ut cos (n, y) = M 2' Ux cos (n, t) = M 3' v y cos (n, x) = M 4 , Vt cos (n, y) = M 5 , Vx cos (n, t) = M 6' y) - pUt cos (n, t) + ~vx cos (n, y) Âvy cos (n, x) ~vx cos (n, x)
cos (n, y) u y cos (n, t) Ut cos (n, x) Vx cos (n, y) v y cos (n, t) Vt cos (n, x) 2fl) Ux cos (n, x) ~Uy cos (n, Ux
Âux cos (n, y)
+
uy
+
+ ~Uy cos (n, y) + + (Â. + 2~)
+
Vy
+
cos (n, y) -
=
M 7'
pUt cos (n, t) = Ms.
On traitera ces équations comme huit équations en les six dérivées premières des fonctions u et v. Si la matrice de ce système d'équations contenait au moins un déterminant d'ordre six non nul, alors on aurait pu exprimer toutes les six
206
CH. I.
TH~ORIE
DES
~QUATIONS
AUX
D~RIV~ES
PARTIELLES
1-3-8; DISCONTINUIT:eS FORTES EN TH:eORIE DE V:eLASTICIT:e
207
être continues en N, c'est-à-dire qu'une discontinuité forte ne peut affecter que· la composanie u du vecteur déplacement portée par la direction perpendiculaire· à la courbe de discontinuité (discontinuité longitudinale). Donc, les conditions· cinématiques de compatibilité et l'équation (62) étant satisfaites, pour que les· conditions dynamiques le soient il est nécessaire et suffisant que seule la composante du vecteur déplacement, normale à la courbe de discontinuité en mouvement dans le plan (x, y), soit affectée d'une discontinuité forte. On pourrait. ' envisager d'une façon tout à fait an"alogue l'équation
P cos2 (n, t) -
JA.
[cos2 . (n, x)
+ cos
2
(n, y)]
= 0
et établir que seule la composante du vecteur déplacement portée par la tangente à la courbe de discontinuité peut subir une discontinuité forte. . Supposons que le champ des déplacements est potentiel: (u, v) = grad
d'où il s'ensuit que En choisissant les axe's de coordonnées, on s'assurera de la continuité des dérivées: et Vx au point N. La continuité de MG résultera de celle de Vt et par suite· seule la composante du vecteur déplacement portée par la normale à la courbede discontinuité pourra subir une discontinuité forte. Supposons maintenant que le champ des déplacements est solénoïdal,. c'est-à-dire que uY ' v y
Ux
+ vy =
O.
Les dérivées uY ' vy et U x seront continues, done il en sera de même de la dérivéeUt en vertu de la continuité de M 3' Autrement dit, dans un champ solénoïdal seule la composante du vecteur déplacement portée par la tangente à la courbe de discontinuité est affectée d'une discontinuité forte. Donnons maintenant une interprétation mécanjque de la théorie développée ci-dessus, plus exactement, nous allons montrer que dans des cas particuliers élémentaires, l'existence de la formule (60) traduit le fait que la loi des impul-sions est valable également pour un volume contenant une surface de discontinuité. Posons u' = 1 et v' = 0 dans la formule (60). En vertu des formules (581), les composantes du tenseur de contrainte pour (u', v') seront nulles et la formule (60) devient:
)S) X d't= - } }
Px (u, v) d8.
(66).
S
D
De façon analogue, si l'on pose u' = 0 et v' = 1, on obtient la formule
J)D l y
d't= -
JJP
y (u, v)
dB.
(67)-
S
Prenons pour domaine D un cylindre dont les génératrices sont parallèles à' l'axe des t et supposons que les bases 8 1 et 8 2 de ce cylindre sont portées par lesplans t = t 1 et t. t 2 •. ~"upposons que ce cylindre contient une surface de discontinuité <J. Sur 8 1 et 8 2 , on a cos (n, x) = cos (n, y) = O. D'autre part, cos (n, t) ::::::: = -1 sur 8 1 et cos (n, t) = +1 sur 8 2 • Sur la surface latérale, on a cos (n, t) = = O. En désignant par 8 t la section variable du cylindre par un plan perpendicu- . laire à ses génératrices et par lt la courbe d'intersection de ce plan avec la surface-
ca:. t.
"208
TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:enIV:eES PARTIELLES
latérale du cylindre, on peut mettre la formule (66) sous la forme: t2
) [ ) ) X dx dy ] dt = ~l
St
o()ù ()u
=) )
pUt dx dy It=t2 -
St
1)
pUt dx dylt=tl •
St
Le premier terme du premier membre nous donne l'impulsion des forces volumiques appliquées à la surface St du plan (x, y) pendant l'intervalle ftl , t 2 ]. Le deuxième terme définit l'impulsion des contraintes agissant sur le contour de St, quant à la différence du second membre, elle représente l'accroissement de la quantité de mouvement prise pour St, l'impulsion des contraintes et l'accrois:sement de la quantité de mouvement étant projetés sur l'axe des x. La formule (67) nous donnera une relation analogue pour les projections de l'impulsion -des contraintes et de l'accroissement de la quantité de mouvement sur l'axe -des y. On obtient donc bien la loi de l'impulsion pour un domaine D contenant une surface de discontinuité. 1-3-9. Caractéristiques et hautes fréquences. Il existe un lien entre les formules établies dans le cadre de l'exposé de la théorie des caractéristiques pour -des systèmes d'équations et les formules que l'on obtient en tentant de satisfaire approximativement un système d'équations différentielles par des fonctions d'un type spécial. Soit donné le système d'équations du second ordre: m ~
:LJ
n ~
hl
LI aU
8 2 uj
OXk 8xl
+ ... =r0
(i=1, 2, •.. , m)
(68)
1=1 k, l=1
Essayons de satisfaire ce système par des fonctions uJ de la forme ( ]. = 1, 2 U j = X je iwlll , ... ,) m •
(69)
où Xi et
n
.2J 2J
1=1 k, l=1
a~ X j
(i ==1, 2•••• , m).
(70)
On tra.itera ce système comme un système d'équations sans second membre en Xj. Pour que ce système. admette une solution non triviale il faut que son déter-
1-3-9.
CARACT~RISTIQUES
ET HAUTES FReQUENCES
209
minant soit nuL Ceci nous conduit à une équation du premier ordre pour la fonction cherchée <1>: n
1 roiJ 1 = 0
2J
(roiJ =
at' <1>:x; <1>:x; ) ,
k. l=t
k
l
équation qui est confondue avec celle des surfaces caractéristiques. En prenant une solution quelconque de cette équation, on peut déterminer XJ à un facteur multiplicatif près à partir du système (70). Ce système est confondu avec le système (21) qui nous a servi à déterminer les coefficients de discontinuité hj. Les équations du système (21) n'étaient satisfaites que sur le front d'onde. Les équations (70), elles, doivent être partout vérifiées. Ceci étant, le système (68) n'est satisfait qu'approximativement par les fonctions (69). Dans le cas considéré, <1> = const sont des surfaces d'égales phases. Etudions plus en détail le cas d'une seule équation des ondes: Utt
=
a2 (u:x;:x;
+
U yy
+ uzz)
(71)
et cherchons sa solution sous forme d'une oscillation harmonique de fréquence ro par rapport au temps t: U
=
Ae!ül(t"/Il)
,
où A et
=
(72)
A eicD/Il
dans l'équation (73)
On a
+ iroA<1>:x;) eiül4P , (A:x;:x; + iroA <1>:x;:x; + 2iroA:x;<1>:x; -
V:x; = (A:x; v:x;:x; =
iül4P
ro 2 A
•
On obtient des formules analogues pour les dérivées par rapport à y et à z. En portant toutes ces expressions dans l'équation (73) et en égalant le coefficient en ro 2 à zéro, on obtient l'équation en <1>:
+ <1>2Il +<1>2Z=...!... a2·
<1>:x;2
(74)
En égalant encore le coefficient en ro à zéro, on obtient une équation qui contiendra l'amplitude A (x, y, z) de la solution (72): A ~<1> 2 (A:x;<1>:x; + A y <1>y + A z<1>z) = 0 ou
+
1
grad ln A.grad <1>= -2"
~<1>.
(75)
On établit sans peine une relation entre l'équation (74) et l'équation des surfaces caractéristiques. Les surfaces caractéristiques de l'équation (71) sont définies par: a2 [
)
)
( ~~1 2+( ~:1 2+ ( a:Z1 ) 2] = ( a~l ) 2,
+
en y portant ro1 = t <1>, on retrouve l'équation (74). En désignant par n le vecteur unitaire de la normale en un point M à la surface <1> = const passant par 14-0t017
210
CH. I. THeORIE DES
~QUATIONS
ce point, on peut écrire que grad
qJ
D~RIV~ES
AUX
PARTIELLES
(x, y, z) n,
où qJ (x, y, z) est la longueur du vecteur grad
2~
div (qJn),
(7ô,
où grad n ln A est la projection de grad ln A sur la direction de n. Les é9uations (74) et (76) doivent être satisfaites dans l'espace tout entier. Cependant l'equation (71) n'est vérifiée qu'approximativement. De façon analogue, si dans l'équation de Maxwell (36) on porte E = eei CJ)C1);
H = heiCJ)(J),
(77)
où e et h sont des vecteurs,
Cette équation est en fait confondue avec l'équation (46) du (1-3-7]. On obtient par le même procédé une équation analogue à l'équation (47). L'équation (78) doit être satisfaite pas seulement sur la surface
1-3-10. Cas de deux variables indépendantes. Considérons un système d'équations du premier ordre à deux variables indépendantes et supposons qu'il est soluble en les dérivées partielles par rapport à X 2 • Nous avons donc affaire à un système de la forme aUi
m ~
-a= L.J X2
ai}
;=1
aUj -a+
X 2 , Uj
)
(i=1, ... , m),
(79)
où les ai} peuvent dépendre de X It X 2 • L'introduction des vecteurs et cD de composantes Ui et
u
au
oU
-a-=A-a-+cD(x}t x 2 , uJ). x Xl
(80)
2
Faisons le changement (81)
u = Bv,
où B est une matrice dont le déterminant est non nul et dont les éléments b ih dépendent de Xl' X 2 et possèdent des dérivées continues dans un domaine D du plan (Xl' x 2 ). On a
au =B.!!!.-+ v aXi aoB Xi
.::l uXi
(.~=" 1 2)
(82)
la dérivation de la matrice B se ramenant à celle de ses éléments. En portant (81) et (82) dans (80), on obtient l'équation en v:
B .!.!!.... = AB -.!!!.... + 'Y, oX aXI 2
211
1-3-10. CAS DE DEUX VARIABLES INDePENDANTES
où qr est un vecteur dont les composantes sont des fonctions de (Xl' X2' VJ)' Une multiplication des deux membres par B-l nous donne l'équation transformée
!!!-=B-1AB~+ 'If. ôX ÔXI 1
(83)
2
Choisissons si possible la matrice B de telle sorte que la matrice B -lAB soit diagonale. On sait que pour cela il faut résoudre l'équation caractéristique de la matrice A (tome 111 1 , [11-1-8]) : (84) 1 A - Â 1 = Ot où le premier membre est le déterminant de la matrice (A - Â). L' équation (84) s' écrit encore: an-Â, aI2 , ••• , alm a21 , a22 - Â, ••• , a2m (85) =0.
. . .. . . . . .. . . . . .
Supposons qu'au voisinage d'un point (x~O), X~Ol), les coefficients possèdent des dérivées cG>ntinues et ] 'équation (85) admet des racines distinctes Âk (Xl t x 2 ) (k = 1, ... , m). La dernière condition est essentielle pour la suite. Sous ces conditions, on peut grâce à la méthode décrite au (tome 111 1 , [11-1-8]) construire~ dans le voisinage mentionné une matrice B jouissant des propriétés: signalées et telle que la matrice B-lAB soit diagonale. L'équation (83) se met alors sous la forme scalaire:
aik
ôv· -ô Z x2
ôv· Â, (Xl' X 2 ) - ô Z Xl
+ '1'dxu X2' Vi) =
0 (i = 1, 2, ... , m).
(86)
Si les Âi (Xl' X 2) sont tous réels dans le voisinage considéré, le système est dit hyperbolique dans ce voisinage. En utilisant les notations du [1-3-1), on obtient pour le systèmé (86): (87) a~J)= 0 pour i =1= j; a~r) = 1; a~p= -ÂdXl' x 2 ); pour les quantités Cùij=
définies par les formules (5), on a
Cù iit
t O pour z.. -1-. -r-] e
Cùii
=
ôCùI
'1
(
)
ÔCùI
-ô- ._"", Xl' X 2 - ô ; Xl
X2
l'équation (6) devient ÔCùI [ ôX 2
'1
(
""1 Xl' X 2
)
ôCù 1 ] ÔXI
[ • ••
ôCù 1 ÔX 2
'1
""m
(
Xl' X 2
)
ôCù I ] ÔXI
= 0,
et se scinde en m équations linéaires: ÔCùI
- ô -""i Xl' X2
14*
'1
(
X2
)
ôCù1
-ô- = Xl
0
(i= 1, •.. , m).
(88)
212
CH. I. TH:eüRIE DES:eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES
Si
est solution de l'une de ces équations, alors la famille = C est la famille des caractéristiques du système (86). L'équation (88) est équivalente à l'équation différentielle ordinaire:
(01 (XIt X 2 ) (01 (XIt X 2 )
dX1
+ Â (Xl' X 2) dX 2 = 0,
i.e.
i
ddX1 X2
= -
 t (Xl'
x 2),
(89)
et par tout point du domaine dans lequel les fonctions  i (Xl' x 2 ) possèdent des dérivées partielles premières continues il passe m caractéristiques. Considérons un voisinage de l'axe X 2 = et soit la portion de la courbe intégrale de l'équation (89) passant par un point (Xl' X 2), comprise entre ce point et l 'intersection (X~i), 0) de cette courbe avec l'axe x 2 = O. Le long de la ligne li toute fonction 11' (Xl' X 2 ) peut être traitée comme une fonction de X 2 seulement. En vertu 'de (89), on a donc
°
d"1'
dx 2
=
ôô"1' X2
Âi (Xl' X 2)
ôÔ'!' Xl
le long de li.
Le système d'équations (86) est équivalent par conséquent au système d'équations intégrales: Vi (XI' X2)=Vi(4i),
0)-) lI'i(X
1 , 1:
2, vi)dX2
(i=1, ... , m).
(90)
li
Vu que les valeurs des fonctions Vi (Xl' x 2 ) nous sont données sur l'axe X 2 = 0, on peut admettre que Vi (x~i), 0) sont connues et appliquer la méthode des approximations successives au système (90). Ceci nous conduira au théorème d'existence et d'unicité de la solution du problème de Cauchy et à la dépendance continue par rapport aux conditions initiales. Un exposé détaillé de cette question ainsi que l'examen du cas où l'équation (85) possède des racines multipl~s sont accessibles dans l'ouvrage de I. Pétrovski cité plus haut. '1-3-11. Exemples. 1. Considérons le système d'équ~tions qui définit les parties réelle et imaginaire d'une fonction analytique ~tome 111 2 , [1-·2]): ÔU1 _ ÔX1..
ôU2 ÔX2
=0.
ôU2 ÔX1
'
+
ÔUl -0 ôX 2 •
(91)
On a (l) - . a(2) a 11 21 -
a (1)
-1·1
22 -
a(2) -
12 -
-1 ,
les autres h(~) étant nuls. La substitution de ah à ::: ramène le premier membre de l'équation (6) à la forme a~ et par suite le système (91) est elliptique. La relation signalée entre ce système et les fonctions analytiques nous permet d'affirmer que toute solution de ce système pourvue de dérivées premières continues est une fonction analytique de Xi et- x2 • .•
ar +
213
1-3-11. EXEMPLES
2. Considérons le système (O. P e r r OX I
où a est une constante. La substitution de ah à
aa(ùI Xh
n, Math. Z., 1927, 27, nO 4)
aU2 -a aUI +F (X2)=0, aXI aX2
aU2 =0; aX 2
aUI _
0
(92)
ramène le premier membre de l'équation (6)
à la forme ai - aa~ et par suite le système est elliptique pour a < 0 et parabolique pour a = O. Si l'on écrit le système sous la forme résolue par rapport aux dérivées partielles par rapport à Xl' l'équation (85) devient Â
I
°
1 1-0,
'
. Le. '"Il 2 -a =
-À
G,
° ,
pour a > les racines sont réelles et distinctes, donc le système est hyperbolique. Supposons d'abord que a > O. En procédant comme indiqué au (1-3-10) et en effectuant le changement
+
1fa~ u.; VI = Va u,. on ebtient deux équations séparées pour VI et v.: VI
aVI aXI
-ya
=
aVI aX2
+F (x 2) =0;
+ya
aV2 aXI
aV2 aX2
UlI'
(93)
-F (x2) =0.
(94)
Le changement de variables 2't']= --fa Xl +X 2 ,
2s=ytÏ %1 +X2; ramène le système à la forme
(95)
Cherchons la solution de (95) qui vérifie la condition initiale vllx1==o=v.lx1==o=O, Le.
VI
111=i=O;
v2111=~=0.
On déduit à partir de (95) i+11
J2,
,+11
J
F (t) dt;
F (t) dt.
211
Dans les anciennes variables indépendantes, on a 1
l'
F (t) dt;
",= );
Y
F (t) dt,
Y;Xl+ X• - VaxI+X2 et les formules (93) nous permettent de remonter aux solutions Ul' (92) qui vérifient les conditions initiales UI
Ix1==o =
U2
IX1=o =0.
Il est évident que cette solution est unique. Pour a = 0, le système (92) devient aUI _ aXI
au. =0; aX 2
aU2 ax}
+F (X2) = 0,
U2
du système (96)
214
CH. 1. TH:eiORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eiES PARTIELLES
et sa solution qui vérifie les conditions (96) est: UI
= - 2,x~
F' (,x2);
U2
= -,xiF (,x2),
il est entendu que F (,x2) possède une dérivée seconde continue. Traitons enfin le cas où a = - b2 < O. En posant y
b,xl=,x;
,x2=y,
Vt=bUl+
~
) F(t)dt;
(97)
V2 =U2,
e
on écrit le système (92) sous la forme
+ aVI ôy
Ôl'2 =0' aV 2 ôy 'ô,x
ÔVI _ ô,x
=0 •
+
+
On remarque que VI V2i doit être une fonction régulière de z = ,x yi qui en vertu de (96) et (97) doit tendre pour ,x -- 0 vers la fonction réelle . y
~
(98)
) F (t) dt. e
-On peut affirmer que la fonction régulière z doit être prolongée par analyticité .au-delà de la droite x = 0 et par suite doit être analytique sur cette droite même {tome 111 2 , (1-24]). Donc, la fonction (98) et, par suite, la fonction F (y), doivent être analytiques pour y réel. En développant la fonction (98) en série entière de (y - Yo), où Yo est un réel quelconque, soit:
-+ ) y
00
F(t) dt=
~
ak (y-yo)k,
k=O
c
on obtient 00
VI+v 2i= ~ (-i)kak(z-iYo)1~
(z=,x+yi)
k=O
pour les z proches de iyo. Sachant
VI
et V2' on détermine
UI
et U2 grâce à (97).
Chapitre II
. PROBLÈMES AUX LIMITES
11-1. Problèmes aux limites pour une équation différentielle ordinaire 11-1-1. Fonction de Green relative à une équation linéaire du second ordre. Le présent chapitre sera consacré à l'étude des problèmes aux limites aussi bien pour les équations différentielles ordinaires que pour les équations aux dérivées partielles. Nous avons à maintes reprises rencontré de tels problèmes. Nous nous proposons de donner un exposé systématique de cette question. L'application de la méthode de Fourier à la résolution de problèmes aux limites de la physique mathématique nous a conduits à plusieurs reprises au problème aux limites suivant pour une équation différentielle ordinaire du second ordre contenant un paramètre: trouver les valeurs du paramètre  pour lesquelles l'équation sans second membre d
dx
[p (x) y']
+ [Âr (x) -
q (x)] y =
°
(1)
possède une solution non nulle sur un intervalle borné fini [a, b] et vérifiant aux bornes de cet intervalle des conditions aux limites homogènes: O-lY (a)
+ O-zy' (a)
=
°;
~lY (b)
+ ~zY' (b)
= 0,
(2)
et ~k sont des nombres donnés non tous nuls. On admettra que p (x), q (x) et r lx) sont des fonctions continues sur [a, b] et de plus que p (x) ne s'annule en aucun point de cet intervalle et possède une dérivée continue. Désignons la somme des termes de l'équation (1) ne contenant pas le paramètre  par OÙO-k
d
L (y) = Ch [p (x) y']- q (x) y. On appellera comme toujours valeurs propres, les valeurs du paramètre  pour lesquelles le problème homogène possède des solutions non triviales, et fonctions propres, ces solutions non triviales. Ces fonctions sont de toute évidence définies à un facteur multiplicatif constant près. Il est immédiat de voir qu'à toute valeur propre est associée une fonction propre et une seule. En effet, supposons
216
CH. II.
PROB~MES
AUX LIMITES
à l'inverse que l'équation (1) admet pour une valeur propre  deux solutions linéairement indépendantes vérifiant les conditions aux limites (2). L'intégrale générale de l'équation (1) vérifie alors les conditions aux limites (2). Ce qui est absurde, puisqu'on peut trouver une solution de l'équation (1) pour des valeurs initiales y (a) et y' (a) ne satisfaisant pas la première condition (2). Par les transformations élémentaires dont on s'est maintes fois servi (tome 111 2 , [V-8J, lVI-2-3J, lVI-3-2l) on montre que des fonctions propres CPI (x) et CP2 (x) associées à des valeurs propres distinctes sont orthogonales, soit: b
Jr (x) CPl (x) CP2 (x) dx = O. a
_Introduisons pour l'opérateur L (y) une fonction identique à celle qui a défini la déformation statique subie par une corde sous l'action d'une force concentrée (tome IV 1 , (1-1]). Le rôle de l'opérateur L (y) incombait à y". Pour arriver de façon naturelle aux propriétés de la fonction introduite, considérons l'équation d
L (y) = dx [p (x) y'] -q (x) y=
-1 (x)
(3)
et supposons que la fonction 1 (x) est nulle sur l'intervalle la, bJ tout entier sauf un petit intervalle [~ - e, ~ el, où ~ est un point fixe intérieur à [a, blet de plus que
+
~+s
J f (x) dx= 1.
(4)
5- S
Lorsque e tend vers 0, on obtient à la limite l'analogue d'une force concentréa au point x = ~. Sous la condition imposée à f (x) considérons la solution Ye (x) de l'équation (3) qui vérifie les conditions aux limites (2) (on admet que cette solution existe). En intégrant les deux membres de l'équation (3) par rapport à x et en tenant compte de (4), on obtient
p(x)y~(x)
J-.-J. X=S+8
~+8
q(x)y.(x)dx= -1,
ou à la limite lorsque e -+ 0, y'
(~ + 0) -
y' (s - 0) =
-
p
~~)
,
c'est-à-dire que la dérivée y' (x) de la solution y (x) doit subir au point z = ~ un saut égal à - p ~~) • Cette solution dépendra de
217
11-1-1. FONCTION DE GREEN
toute évidence du point de l'intervalle [a, b] qui sera pris pour s~ de sorte qu'elle sera fonction des variables x et On la désignera par G (x, s) et on l'appellera fonction de Green relative à l'opérateur L (y) sous les conditions aux limites (2). Les considérations précédentes nous conduisent à la définition rigoureuse suivante de la fonction de Green: on appelle fonction de Green relative à l'opérateur L (y) avec les conditions aux limites (2) une fonction G (x, s) vérifiant les conditions suivantes: 1) G (x, s) est définie et continue dans un carré k o défini par les inéquations a:::( x, s:::( b; 2) G (x, s), comme fonction de x, possède pour a:::( x < set S< x:::( b des dérivées premières et secondes continues et est solution de l'équation sans second membre L (y) = 0; 3) G (x, s), comme fonction de x, satisfait les conditions aux limites (2) ; 4) la dérivée de G (x, s) par rapport à x que nous désignerons par G' (x, s), subit un saut sur la diagonale du carré ko, c'est-àdire pour x = S, et de plus
s.
r {
G' (s + 0, s) -- G' (s - 0, s) = G'
(s, s+ 0) -
G'
(s, s-
0)
=
p
p
~6)
~6) ,
(5}
•
Les conditions (5) se traduisent par une seule, savoir: à l'approche de tout point x = S de la diagonale, aussi bien d'en haut, c'est-à-dire à partir du domaine S > x, que d'en bas, c'est-à-dire à partir du domaine S< x, la dérivée G' (x, s) doit prendre des valeurs bien définies et la différence de ces valeurs limites doit être égale à p ~s) . Dans chacun de ces domaines, la dérivée seconde par rapport à x s'exprime, en vertu de L (G) = 0, de la manière suivante: p (x) G" (x, s)
=
-p' (x) G' (x, s)
+ q (x) G (x,
s),
et par suite cette dérivée seconde prendra des valeurs bien définies à l'approche de la diagonale d'en haut ou d'en bas. Prouvons maintenant qu'il existe une fonction de Green et une seule satisfaisant toutes les conditions indiquées ci-dessus. On admettra que Îv = n'est pas une valeur propre, c'est-à-dire que l'équation L (y) = ne possède pas de solutions non ~riviales satisfaisant les conditions (2). Nous verrons dans la suite comment il faut modiest une fier la définition de la fonction de Green lorsque Îv = valeur propre. Construisons la solution YI (x) de l'équation L (y) = 0 en prenant pour valeurs initiales YI (a) et Y~ (a) des nombres vérifiant la première condition (2). La solution YI (x) et plus généralement toutes les solutions CIYI (x), où Cl est une constante arbitraire, satisferont la première condition (2). Il est immédiat de voir qu'il n'existe pas d'autres solutions vérifiant la première condition (2). En effet, s'il en existait une, Y (x), on aurait deux équations sans second
° °
°
218
CH. II.
PROB~MES
AUX LIMITES
membre en Ct l et Ct 2 : CtIYI (a)
+ (Z2Y~ (a)
= 0;
(ZiY
(a)
+
Ct 2 y'
(a)
= 0,
et comme on admet naturellement que l'un au moins de ces nombres est non nul, le déterminant de ce système devrait être nul, autrement dit le wronskien des solutions y (x) et YI (x) serait nul pour x = a, donc Y (x) et YI (x) seraient linéairement indépendantes, c'est-à-dire que Y (x) = CYl (x) (tome II, 11-1-1). De façon tout à fait analogue, supposons que C2Y2 (x), où C2 est une constante arbitraire, sont les solutions de l'équation L (y) = qui vérifient la deuxième condition (2). Le théorème d'existence et d'unicité nous dit que les solutions YI (x) et Y2 (x) sont définies sur l'intervalle la, b] et sont linéairement indépendantes. En effet, si elles étaient linéairement dépendantes, alors YI (x) vérifierait les deux conditions aux limites (2) et À = serait valeur propre, ce qui est contraire à l'hypothèse. La fonction G (x; s) est de la forme CIYI (x) pour x ~ et de la forme C 2Y2 (x), pour x ~ Il reste à choisir les constantes Cl et C2 de telle sorte que cette fonction soit continue en x = S et que sa dérivée subisse le saut signalé. Ceci nous conduit aux deux équations suivantes pour la détermination de Cl et C2 : ( CIYI Œ) - C2Y2 (s) = 0, ) 1 (6) l cIY; (s) - C2Y~ (s) = P (6) •
°
°
s,
s.
y;
Le déterminant [Y2 (s) Y~ (S) - YI (S) (S)] de ce système est nOIl nul, puisque les solutions YI (x) et Y2 (x) sont linéairement indépendantes. Donc on obtient des valeurs bien définies pour les constantes Cl et C2. Le wronskien des solutions YI (x) et Y2 (x) s'exprime (tome II, 11-1-11) à l'aide de la formule YI (x) Y~ (x) - Y2 (x) Y~ (x)
= P ~X)
,
où C est une constante non nulle. Quitte à multiplier l'une des solutions, par exemple YI (x), par c, on ramène la relation précédente à la forme p (x) [YI (x) Y~ (x) - Y2 (x) Yi (x)] = 1De cette relation il s'ensuit immédiatement que le système (6) a pour solution: Cl = Y2 (s) et C 2 = YI (S) et la fonction de Green G (x, S) est définie comme suit: G (x, S) = { YI (x) Y2 (s) Y2 (x) YI (S)
(x~ S),
(7)
(x~6)·
On vérifie sans peine qu'elle remplit toutes les quatre conditions. Son unicité résulte directement des raisonnements précédents.
R~DUCTION
11-1-2.
INT~GRALE
A UNE .eQUATION
219
11-1-2. Réduction à une équation intégrale. Considérons l'équation avec second membre L (y)
=
d
- f (x),
(IX [p (x) y'] - q (x) y =
(8)
où f (x) est une fonction donnée, continue sur un intervalle [a, b]. On cherchera la solution de l'équation (8) qui vérifie les conditions aux limites (2). Cette solution est unique. En effet, s'il en existait deux, leur différence satisferait l'équation sans second membre L (y) = 0 et les conditions aux limites (2), c'est-à-dire que 1.. = 0 serait valeur propre. Assurons-nous que la solution unique de l'équation (8) qui satisfait les conditions aux limites (2) est donnée par la formule b
Y (x) = ) G (x, s) f (s) d
s·
(9)
a
L'analogue de cette formule (tome IV l , (1-1]) admet une signification mécanique simple, à savoir que si l'on connaît la déformation statique due à une force ponctuelle, on peut au moyen d'une intégration obtenir la déformation statique due à une force continûment distribuée. Passons à la démonstration du fait que la fonction définie par la formule (9) satisfait (8) et les conditions aux limites (2). Partageons l'intervalle d'intégration en deux, compte tenu du saut subi par la fonction de Green: x
b
y= ) G(x, s)/ (s)ds+ ) G(x, s)f(s)ds. a
x
Une dérivation par rapport à x nous donne x
y' ==
) G' (x,
s) f (6) dx + G (x, x-O) / (x) +
a
b
+ ) G' (x, s) / (s) ds -
G (x, x + 0) f (x)
x
ou encore x
y' =
) G' (x, s) a
b
f (6) ds + ) G' (x, x
b
s) / (s) ds = ) G' (x, s)
f (s) ds, (10)
a
+
puisque la fonction de Green est continue, i. e. G (x, x 0) = = G (x, x - 0). Des formules (9) et (10) et du fait que G (x, s) satisfait les conditions aux limites (2), il s'ensuit aussitôt que la
CH. II. PROBL:E:MES AUX LIMITES
220
fonction (9) vérifie également ces conditions. Pour vérifier l'équation (8) dérivons encore une fois y' par rapport à x. Des transformations peu compliquées nous conduisent à l'expression b
y" = ~ G"(x, s)f(s)ds--!--[G'(x,x-O)-G'(x,x+O)]f(x), a
et de (5) il s'ensuit que b
y" =
JG" (x, s) f (s) d s-
;
~:~
•
(11)
a
En portant dans (8) les expressions (9), (10) et (11) de y, y' et y", on trouve b
~ L(G)f(s)ds-f(x)= -f(x), a
c'est-à-dire que l'équation (8) est bien vérifiée puisque la fonction G (x, s) est solution de l'équation sans second membre L (y) = O. Signalons que les formules précédentes nous disent que la fonction y définie par (9) possède des dérivées premières et secondes continues sur l'intervalle [a, b]. On est donc conduit à la proposition suivante: Si  = n'est pas une valeur propre pour l'équation (8), alors cette équation admet pour toute fonction f (x) définie et continue sur [a, bl une solution unique vérifiant les conditions aux limites (2) et cette solution est donnée par la formule (9). Cette proposition peut encore s'énoncer: Pour toute fonction f ex) continue donnée, la fonction (9) possède des dérivées premières et secondes continues et vérifie l'équation (8) avec les conditions aux limites (2). A noter que si y (x) est une fonction quelconque possédant des dérivées première et seconde continues sur un intervalle fa, blet vérifiant les conditions aux limites (2), alors en la portant dans l'équation (8) on peut construire une fonction f (x) continue. D'après ce qui a été prouvé plus haut, la fonction y (x) s'exprime au moyen de f (x) par la formule (9). Donc, les formules (8) et (9) établissent une correspondance biunivoque entre deux classes de fonctions: la première étant composée des fonctions y (x) possédant sur fa, b 1 des dérivées première et seconde continues et vérifiant les conditions aux limites (2); la seconde, des fonctions f (x) continues sur fa, bl. Le passage de y (x) à f (x) est réalisé par la formule (8), le passage de f (x) à y (x), par la formule (9). On voit donc à la lumière de ce qui vient d'être dit qu'il est possible de ramener le problème aux limites à une équation inté-
°
221
II-f-3. SYM:eTRIE DE LA FONCTION DE GREEN
grale. En effet, en mettant l'équation (1) sous la forme L (y) = -Âr (x) y, on constate immédiatement en vertu des résultats établis que l'équation (1) avec les conditions aux limites (2) est équivalente à l'équation intégrale b
Y (x) =
Â
~ G (x, 6) r (6) y (6) d6.
(12)
a
De façon tout à fait analogue, l'équation avec second membre d dx [p (x) y']
+ [Âr (x) .- q (x)] y =
F (x)
(12 1 )
avec les conditions aux limites (2) équivaut à l'équation intégrale b
y (x) = FI (x)
+ Â ~ G (x, 6) r (6) y (6) d6,
(12 2 )
a
où b
FI (x)
=
-
~ G (x, 6) F (6) d6, a
la solution étant dans les deux cas une fonction continue y (x). 11-1-3. Symétrie de la fonction de Green. La formule (7) définit la fonction de Green non seulement pour x Ela, bl, mais aussi aux bornes x = a et x = b de cet intervalle, c'est-à-dire sur le carré fermé k o : a ~ x, 6~ b, et cette formule entraîne directement la symétrie de la fonction de Green sur k o : G (x, 6)
=
G (6, x).
(13)
Donnons une u utre démonstration de la symétrie de la fonction de Green, une démonstration fondée sur une idée utilisée dans des cas plus généraux. L'identité suivante est de vérification immédiate: d
uL (v) - vL (u) = dx [p (x) (uv' - vu')].
(14)
Dans cette identité, u (x) et v (x) sont deux fonctions arbitraires possédant des dérivées. premières et secondes continues. Posons u = G (x, 61) et v = G (x, 62) dans (14) en admettant pour fixer les idées que 61 < 62" En intégrant sur les intervalles [a, 61], [617 62) et [62' b] et en tenant compte du fait que la fonction de Green est
222
CH. II. PROBL1!:MES AUX LIMITES
solution de l'équation L (y) = 0, on obtient [p (x) (G (x, ~l) G' (x, ~2) -
G (x, ~2) G' (x, ~l»]~_~l = 0,
[p (x) (G (x, ~l) G' (x, ~2) -
G (x, ~2) G' (x, ~l»]~ i~ = 0,
[p (x) (G (x, ~l) G' (x, ~2) -
G (x, ~2) G' (x, ~l»]~=t~2 = O.
En ajoutant ces trois égalités et de par la continuité de la fonction de Green et la discontinuité de sa dérivée première, on trouve G (~l' ~2) - G (~2' ~l) = = [p (x) (G (x, ~l) G' (x, ~2) -
G (x, ~2) G' (x, ~l»]~=~'
(15)
Il est immédiat de vérifier que la différence du second membre s'annule pour x = a et x = b. En effet, la fonction de Green satisfait la première condition (2), soit
alG (a, ~l) alG (a, ~2)
+ a G' (a, + a G' (a, 2
~l) =
2
~2)
0,
= 0,
et comme on admet naturellement que les constantes al et a 2 ne sont pas simultanément nulles, le déterminant de ce système homogène doit être nul, autrement dit, la différence ci-dessus s'annule bien pour x = a. On démontre de même qu'elle s'annule pour x = b et la formule (15) établit la symétrie de la fonction de Green. On peut envisager des conditions aux limites plus générales que les conditions (2), c'est-à-dire des conditions dans lesquelles figurent les valeurs prises par la fonction et sa dérivée première aux bornes de l ' intervalle [a, b]:
alY (a) ~lY (a)
+ a y' (a) + aaY (b) + a,.y' (b) = 0, + ~2Y' (a) + ~aY (b) + ~,.y' (b) = O. 2
Tous les raisonnements précédents, excepté la démonstration de la symétrie de la fonction de Green, restent en vigueur. Pour que la démonstration de la symétrie de la fonction soit valable, il est nécessaire et suffisant que soit remplie la condition suivante: p (b)
al' a 2 R
R
Pl'
P2
=p (a)
a 3 , a.. R
R
P3'
P"
•
Nous glisserons sur la démonstration de ce fait. On vérifie immédiatement que la fonction de Green est symétrique pour des conditions aux limites périodiques: y (a) = y (b); y' (a) = y' (b) si p (a) = = p (b), c'est-à-dire si la fonction p (x) est périodique. Signalons que si les autres coefficients q (x) et r (x) sont périodiques, alors le problème aux limites avec les conditions périodiques mentionnées revient à chercher les valeurs du paramètre 'A pour lesquelles l'équation (1) possède une solution périodique.
11-1-4. VALEURS ET FONCTIONS PROPRES
223
II-1-4. Valeurs et fonctions propres du problème aux limites. Etant donné qu'on a ramené le problème aux limites à une équation intégrale, on peut mettre en œuvre la théorie générale des équations intégrales et établir ainsi des propositions relatives aux valeurs et fonctions propres du problème aux limites. Commençons par le cas r (x) == 1, où l'équation (1) est de la forme
ëfX [p (x) y'] + (1.. - q (x» y = 0, d
(16)
les conditions aux limites étant telles que la fonction de Green est symétrique. L'équation intégrale (12) est une équation à noyau symétrique. Elle admettra des valeurs propres réelles, et les fonctions propres associées aux valeurs propres distinctes seront orthogonales. On a vu au (II-1-11 qu'à toute valeur propre était associée une fonction propre et une seule. Ceci a été prouvé pour des conditions aux limites du type (2). Si les conditions aux limites sont périodiques, à toute valeur propre il peut correspondre deux fonctions propres au plus, car l'équation (16) ne possède que deux solutions linéairement indépendantes. Prouvons encore que le noyau G (x, ~) de l'équation (16) est un noyau complet, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de fonction continue j (x) non identiquement nulle qui soit orthogonale au noyau. Si par absurde on suppose qu'une telle fonction existe, c'est-à-dire que b
~
G(x, s)j(s)ds=Ot
a
on constate alors que la fonction (9) d'un côté est identiquement nulle et de l'autre est, en vertu de ce qui a été démontré plus haut, solution de l'équation avec second membre (8), ce qui est impossible. Le noyau étant complet, il existe une infinité de valeurs propres (tome IV l' (1-421). Soient 1.. n (n = 1, 2, ... ) les valeurs propres de l'équation (16), c'est-à-dire du problème aux limites envisagé, et <"Pn (x), les fonctions propres correspondantes, fonctions qui forment un système orthonormé. Supposons qu'une fonction j (x) vérifie les conditions aux limites (2) et possède des dérivées première et seconde continues. En posant L (j) = -h (x), on obtient la représentation de cette fonction par l'intermédiaire du noyau: b
f (x) = ~ G (x, s) h (~) d~, a
et